Dans la foulée d'un précédent ouvrage intitulé Art Poems publié en 2018 dans la même collection, ce recueil est composé de brèves suites consacrées à la création picturale, depuis l'art pariétal jusqu'à la création la plus contemporaine, que ce soit à travers les oeuvres de Mark Tobey, de Lee Ufan, de Gerhard Richter ou encore d'Evi Keller. Sa poésie demeure parole d'ouverture et plus particulièrement encore lorsqu'il s'attarde à la création picturale appréhendée comme avènement d'un événement. Ici, Stéphane Lambert rejoint les thèmes les plus décisifs qui traversent son oeuvre littéraire, que celle-ci épouse la forme du roman, de l'essai, et bien sûr, de la poésie. Pour l'auteur de ces textes, sentir et percevoir trouvent leur manifestation sensible à travers la recherche de nouvelles formes expressives, si ce n'est par la figuration, par la construction d'un espace pictural visant une représentation, pour ne pas dire une présentation. Tout au long de ces suites, l'auteur parvient sans difficulté à étonner son lecteur, à la fois par la rigueur dont il fait preuve, par la précision de ses observations, du fait que sa propre expérience intérieure rejoint celles qui se manifestent au coeur des créations picturales qui sont aussi d'autres expériences de la vie. Stéphane Lambert (né à Bruxelles en 1974) est licencié en langues et littératures romanes de l'Université de Bruxelles (ULB). Essayiste et poète, il a été éditeur littéraire, journaliste, réalisé plusieurs documentaires sonores pour la RTBF et a été primé à deux reprises par l'Académie royale de langue et de littérature française. En mai 2009, l'actrice Micheline Presle, avec laquelle il a publié un livre d'entretien (Di(s)gressions, Stock), a lu son texte L'Adieu au paysage consacré à Claude Monet dans la salle des Nymphéas de l'Orangerie puis au Grand Palais en 2010. En 2012, Dans le désordre de Claude Régy (Arles, Actes Sud), coécrit avec Stéphane Lambert, a obtenu le prix du Meilleur livre sur le théâtre décerné par le Syndicat de la critique théâtrale. Ila également publié à La Lettre volée : Le Jardin, le séisme. Dans les pas de François Muir (2013) et Art Poems (2017)
Résumé : C'est à Berne, où Paul Klee (1879-1940) est né et enterré, que Stéphane Lambert nous entraîne, questionnant le lien entre paysage et créativité, entre ancrage et vision, entre réalité et mythologie. Il explore la matière et les effets de l'oeuvre en tissant un lien subtil entre le chemin de l'homme et le cheminement de l'artiste. C'est à Berne, où Paul Klee (1879-1940) est né et enterré, que Stéphane Lambert nous entraîne, questionnant le lien entre paysage et créativité, entre ancrage et vision, entre réalité et mythologie. Il explore la matière et les effets de l'oeuvre en tissant un lien subtil entre le chemin de l'homme et le cheminement de l'artiste. Cent mètres séparent la sépulture de Paul Klee de la fondation qui porte son nom (superbe réalisation de Renzo Piano à partir d'un motif de Klee) cette proximité entre la réalité concrète de l'abîme et la vitalité de la création est au coeur de l'émotion. Chaque chapitre a pour titre une citation de Klee. Ainsi l'esprit du peintre accompagne le lecteur dans ce voyage à travers son oeuvre et révèle le souffle de l'invisible qui la traverse.
François Muir (1955-1997), poète et prosateur, laissa une oeuvre importante qui aura tardé à être découverte. Stéphane Lambert revient à la fois sur la trajectoire et les textes de l'auteur en privilégiant une approche poétique. A partir d'éléments glanés dans ses nombreuses archives et parmi les témoignages de proches, il donne ici une vision de la vie du poète dans son temps. Il en résulte un portrait forcément subjectif d'une grande complexité.
Résumé : Ici l'apocalypse avait déjà eu lieu. La dévastation avait engendré la beauté avant qu'à son tour la beauté ne sème la dévastation. Dans ce décor propice à l'invention des dieux, nous nous baignons tranquillement aux portes de la mort, savourant la proximité du ciel et de l'abîme. Dans ce livre majeur, Stéphane Lambert dit le chaos d'une enfance abusée. Au hasard des jours, en se rendant chez un thérapeute, il se retrouve à son insu, trente ans plus tard, dans l'immeuble-même de son ancien abuseur. A partir de là il remonte le fil de son enfance et de ce qu'on a voulu taire, en mesurant avec quelle force le passé imprégnait sa vie présente. Il perçoit dans le souvenir traumatisant d'une famille qui vole en éclats, l'écho de la crise qu'il traverse en tentant d'aimer. Et quand survient la mort du père, d'anciens séismes se réveillent sur cette île grecque où il a trouvé refuge pour écrire. Ce sont dans les failles les plus profondes que les livres tentent la difficile communion du meilleur et du pire.
Les premiers baisers sont des poisons qui intoxiquent les corps du sentiment de l'amour. " Qu'advient-il de l'élan des amants au rythme des jours et des années ? A travers trois récits où l'amour se lie tragiquement à la mort, trois histoires où se rejoignent douloureusement le sordide et le sublime, Comme de se dire d'un amour qu'il sera le dernier décrit des passions d'aujourd'hui avec une justesse de ton et une apparente froideur afin de les saisir dans leur poignante vérité.
Rares sont ceux qui ont mis autant de soin qu'Henri Michaux à s'effacer de la vie publique, à disparaître du quotidien. Lui qui n'était que mouvement refusait qu'on puisse le voir réduit à une silhouette figée ; lui qui disait "Je peins et j'écris pour me trouver" s'insurgeait qu'on essaie de traquer son image, de la lui dérober, de l'exhiber ensuite. Très tôt, il s'est mis à l'écart et, refusant la preuve et la trace, il s'est estompé : "Quand vous me verrez, allez, ce n'est pas moi." Il s'est pourtant attaché à la reconquête de lui-même par les mots et par les traits, de sorte que, comme l'a dit Asger Jorn : "Autant il s'efface dans son entourage, autant il se déploie souverainement dans ses oeuvres." Cet ouvrage qui accompagne et prolonge l'exposition "Henri Michaux. Face à face", présentée à la Biblioteca Wittockiana à Bruxelles puis au centre Wallonie-Bruxelles de Paris, fait apparaître ce que disent les textes d'Henri Michaux sur la peinture, la sienne et celle des autres (de Klee à Zao Wou-Ki, de Matta à Magritte), et ce qu'ils disent face à la peinture (dans des livres illustrés qui sont de vrais livres de dialogues). Il montre aussi une série de portraits tracés rageusement ou tendrement, dans la saisie rapide ou la contemplation et qui sont peut-être un immense et fascinant autoportrait...