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Figures de l'anonymat. Médias et société
Lambert Frédéric
L'HARMATTAN
31,50 €
Épuisé
EAN :9782747505901
Sans auteurs, les langages font autorité : ils surgissent dans la collectivité et pour elle, ils signent du ciment des mythes et des croyances l'identité de nos sociétés et leurs sphères de pouvoirs. Dans le confort de cet anonymat en nom collectif, nous pouvons sans cesse construire notre propre anonymat de citoyen. Les médias nous proposent toujours de nouveaux échantillons d'anonymes, captés sur nos trottoirs ou dans nos villes inconnues, surgissant de situations improbables ou trop ordinaires. On trouvera dans les textes ici réunis les notions d'auteur, seul ou " en collectif ", de " lecteur ", individu singularisé ou confondu dans une audience, ainsi que celle d'acteur, celui d'un jour de l'actualité, qui défie de son ombre éphémère la caste des hommes de renommée. Les contributions rassemblées dans ce volume constituent les actes d'un important colloque dont l'objectif était d'explorer l'histoire de l'anonymat, les images et les publics anonymes, les dispositifs de la production et de la reproduction des discours anonymes et enfin les, nouvelles configurations de l'espace public que l'anonymat dans les médias induit. Cet ensemble constitue une exploration précieuse et rare d'un domaine qui retient trop peu souvent l'attention.
Quand en 1932 le jeune André Kertész reçoit une commande du magazine Sourire pour des photographies de nu, il a l'occasion de réaliser un projet médité depuis longtemps : celui de photographier les images que renvoie un miroir déformant d'un corps de femme. Il réalise ainsi un ensemble remarquable de photographies connues sous le nom de Distorsions. Ces images font immédiatement scandale. Interdites, censurées, elles sont rarement vues avant les années soixante-dix : le corps féminin y subit des transformations tellement surprenantes que le regard commun s'en trouve chaviré. Ce livre rassemble deux études à propos des Distorsions. Dans la première, Frédéric Lambert retrace le cheminement de leur invention, l'histoire des réactions qu'elles ont suscitées et en propose une interprétation informée par la psychanalyse. Dans la seconde, Jean-Pierre Esquenazi fait de l'œuvre de Kertész un modèle pour une esthétique de la photographie qui ne serait plus dépendante de la représentation, qui privilégierait la métamorphose et le jeu sur le temps et qui produirait des êtres fantomatiques mais porteurs de pensées intimes.
Comment les artistes transforment-ils une image ou un texte médiatique ? Cette question très simple interroge les relations qui se tissent entre les mondes de l'information, de la communication, des industries culturelles et de l'art. Si les frontières entre ces territoires ont toujours été perméables, l'art participe aujourd'hui au même titre que les médias à la circulation et à une visibilité renouvelée des débats publics. Quand des artistes se saisissent du matériel de l'information contrainte par des impératifs économiques, politiques et juridiques, ils participent dans les arènes publiques — en ligne et hors ligne — aux débats que génère l'actualité. Hors de l'injonction des présents incessants de l'actualité médiatique, l'oeuvre d'art répond aux normes de l'information par son ouverture esthétique et politique.
Les écrits de rue — Mai 1968, Septembre 2001, Janvier 2015 (Charlie Hebdo et l'Hypercasher), Novembre 2015 (le Bataclan et les terrasses parisiennes), les écrits des 32, 33, 34 mars 2016... (Nuit Debout et son calendrier Dada) ou ceux des révolutions arabes — font événement au sein d'une actualité. Ils sont en même temps événements d'écriture, mais aussi écritures en événement. Ici, l'écrit entre littéralement dans l'espace politique, met en visibilité une crise et son moment discursif, souligne les formes poétiques et graphiques de la légende collective que partage à ce moment précis une société. l'enjeu de ce dossier est donc d'identifier et d'analyser ces écritures qui font elles-mêmes événement. Ces textes partagés, repris, reconfigurés, sur les murs, sur les affiches, sur les banderoles, tagués sur le socle d'une statue, reproduits à la Une des journaux papiers, aujourd'hui proliférant sur les pages des réseaux sociaux, forgent un temps nos esprits, participent à l'écriture d'une histoire au présent. Les écritures en événement sont attendues par une armada de professionnels : à peine jetées au sol, taguées au mur, brandies sur un carton, que des institutions s'en saisissent. Elles sont gérées et budgétisées deux fois : par les services de la Propreté et par les conservateurs. Collections ou échantillons, elles peuvent se constituer en archives. Cette parole spontanée, éphémère, hurlée et murmurée appartient aujourd'hui aux registres d'une histoire, d'une anthropologie et d'une sémiotique des langues vivantes au sein des arènes publiques.
Résumé : Aux marges du langage de la prière travaillent les langues du pouvoir. Et l'expression de la prière dans les arènes publiques, souvent, permet aux communautés de croyance de s'inscrire dans les territoires du politique. Les études ici réunies interrogent les représentations médiatiques et les communications de la prière et du recueillement. Dans les sociétés laïques, dans les sociétés en guerre, dans les sociétés au moment d'une révolution, la prière s'invite sans complexe dans le débat politique et l'espace publique. Qu'il s'agisse d'un rituel républicain dans le cadre des obsèques nationales ou d'une franche propagande dans le contexte de la Grande Guerre, le dire du religieux n'est pas sans conséquence sur le dit de la vie politique. Ces questions sont prises aujourd'hui dans l'actualité de nos sociétés. Avec d'autres mots, et bien évidemment dans d'autres contextes, ces pages poursuivent l'étonnant travail de Marcel Mauss, La prière, que nous avons souhaité publier ici en fin d'ouvrage.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.