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Aristote et le mouvement des animaux. Dix études sur le De motu animalium
Laks André ; Rashed Marwan
PU SEPTENTRION
22,00 €
Épuisé
EAN :9782859398408
Si Aristote est le penseur de la différenciation des domaines du savoir, dont les objets spécifiques répondent à des principes propres et appellent des méthodes distinctes, il sait aussi, à l'occasion, marquer leurs analogies, leurs croisements et leurs interférences. Aucun texte, de ce point de vue, n'est plus instructif que le petit traité sur le Mouvement des animaux (De motu animalium), dont le titre, s'il correspond à une section identifiable du programme aristotélicien de recherche en matière de philosophie naturelle, entre le ciel et les plantes, et aux côtés de l'Histoire des animaux et de la Génération des animaux, est aussi un miroir où se reflètent et s'articulent, mais aussi où s'approfondissent, quelques-unes des grandes problématiques de la pensée aristotéliciennes, en matière de logique, de psychologie, d'éthique, de physique et de métaphysique. Les dix études ici réunies, sans prendre la forme classique d'un commentaire, couvrent l'ensemble des chapitres du traité. On a souhaité qu'elles puissent servir, à leur manière, de guide de lecture, et promouvoir la réflexion sur cette oeuvre singulière, qui reste moins fréquentée que d'autres. Biographie de l'auteur André Laks est Professeur de Philosophie ancienne à l'Université Charles-de-Gaulle - Lille 3, où il travaille dans le cadre de l'équipe CNRS "Savoirs et textes", et membre de l'Institut Universitaire de France. Ses travaux récents portent sur les philosophes présocratiques, avec un volume co-édité avec Claire Louguet, Qu'est-ce que la philosophie Présocratique? (PUS, 2002), et un essai intitulé Le vide et la Haine. Éléments pour une histoire archaïque de la négativité (PUF, 2004). Marwan Rashed est chargé de recherches au CNRS, rattaché à l'équipe "Centre de recherches sur la pensée antique", Paris. Il s'intéresse notamment à la philosophie naturelle grecque, arabe et latine. Il a publié Die Überlieferungsgeschichte der aristotelischen Schrift `De generatione et corruptione', Wiesbaden, 2001, et son édition du De generatione et corruptione d'Aristote est actuellement sous presse aux Belles Lettres.
Les Lois de Platon constituent une ?uvre majeure dans l'histoire de la pensée politique. La perspective systématique, qui remonte vers les fondements de la législation, s'y combine avec l'élaboration concrète de lois détaillées, ce qui les distingue de la République. Leur importance vient en outre et avant tout de ce qu'elles ont élaboré une série de concepts et de principes politiques appelés à un long avenir. Négativement, les Lois, en un contraste frappant avec la thèse du philosophe-roi de la République, thématisent pour la première fois le principe en vertu duquel " le pouvoir absolu corrompt absolument " (principe dit de Lord Acton). Positivement, les notions de " constitution mixte ", de " règne de la loi ", et de " préambule législatif " y trouvent leur première articulation conceptuelle, voire leur première formulation. Dernier ouvrage de Platon, les Lois restent un texte peu fréquenté, en dépit de leur importance obvie. C'est que, outre leur longueur, elles sont d'écriture difficile et opaques dans leur structure. Le présent essai vise à fournir, d'abord de manière synthétique, puis en commentant un certain nombre de passages, les éléments clefs permettant de s'orienter dans le maquis de développements dont elles sont faites. Il propose ce faisant une interprétation originale de la relation complexe que les Lois entretiennent avec la République, en mettant au centre de l'analyse la question de la relation entre loi et persuasion.
Laks André ; Saetta Cottone Rossella ; Trédé-Boulm
Les Nuées, qu'Aristophane même considérait comme la plus "savante" ou "habile" de ses oeuvres, inaugure avec éclat la longue histoire des rapports de l'intellectuel avec le monde. Le chemin qui conduit à l'abolition des dettes contractées par un fils dispendieux passe-t-il par celui de la connaissance? Le père endetté, qui répond au nom transparent de Strepsiade - M Retourneur, tente sa chance. En vain : c'est un lourdaud. Lui-même emberlificoté par un fils qui excipe de la leçon des philosophes pour le frapper, il se retournera finalement contre le "Pensoir", l'école philosophique dont Socrate est ici le représentant attitré. La pièce d'Aristophane, avec la virulence propre à la comédie et les ressources propres au théâtre, parle de la relation entre la théorie et la pratique, mais aussi de celle entre les Nuées, divinités aussi suprêmes que complexes, et les simplets que nous sommes tous ; elle parle aussi de la langue et des théories philosophiques, dont elle construit l'unité sous-jacente et dénonce la complicité profonde, par-delà leur confrontation de surface. En fin de compte, la comédie se révèle aussi école de pensée. Platon saura s'en souvenir.
Cet essai développe une communication présentée au colloque "Que faisons-nous du négatif?", organisé en décembre 2002 par l'Institut de la pensée contemporaine. J'y avais posé la question de savoir ce qu'eux avaient fait du négatif - eux, les Grecs - et plus précisément, ce qu'en avaient fait, après Parménide, le penseur de l'Etre (mais aussi, moins connu, celui de l'Amour), Leucippe, le philosophe du vide (et du plein), et Empédocle, celui de la Haine (et de l'Amour). Au lecteur de juger s'"ils" nous parlent encore de "notre" négatif.
Les études réunies dans ce livre reprennent des travaux publiés de manière dispersée entre 1989 et 2014. Elles considèrent neuf moments significatifs de la réception philosophique de la philosophie et des philosophes antiques du XVIIIe au XXe siècle. Anaximandre, Héraclite, Parménide, Platon, les Cyniques, mais aussi les traditions doxographiques qui ont modelé leurs images, sont pris dans l'espace complexe où la philosophie et ses historiens croisent tant les théories de l'histoire que les pratiques philologiques. L'unité du propos est assurée non seulement par une trame chronologique, allant de Brucker à Kant, de Kant à Schleiermacher et aux Néokantiens, de Burckhardt à Nietzsche, de Nietzsche à Heidegger et Gadamer, et de la philosophie elle-même à la psychologie historique de Vernant, mais aussi par l'attention qui est portée, dans chaque cas, aux tensions et équilibres intellectuels et disciplinaires mis en jeu. La question générale est celle des critères et de la légitimité des actualisations qui guident la recherche historique. L'ensemble constitue ainsi, à partir d'un domaine spécialisé, une contribution à un domaine de recherche, l'historiographie de la philosophie, dont un critique pouvait encore dire en 1991 qu' "il n'y a guère de discipline dont la procédure est historique où l'investissement exigé en matière de théorie et de méthodologie soit plus réduit" , mais qui a connu au cours de ces dernières années d'importants développements. On peut penser que la voie est désormais ouverte à une discussion interdisciplinaire et interculturelle de grande ampleur et portée.
Les mémoires humaines - celles de nos sociétés, des mémoires collectives et individuelles - sont en pleine mutation dans un monde en formidable accélération et en production de nouvelles connaissances. Ces mémoires plurielles peuvent-elles tout conserver, se faire à la fois témoins, souvenirs, ressources et réflexions de notre époque dans un monde lui-même en transformation ? A cette question et d'autres, huit points de vue complémentaires apportent des éclairages actuels sur ces notions de mémoires. Ces regards scientifiques concernent l'histoire et la relation à notre passé, à son examen, son archéologie et ses enjeux modernes. Ils envisagent aussi notre mémoire humaine dans ses processus individuels grâce aux neurosciences et à la psychologie cognitive. De plus, les technologies actuelles de l'information interrogent les mémoires artificielles qui étendent notre mémoire humaine.
Créé pour soutenir Vladimir Poutine, le parti Russie unie domine largement le paysage politique russe depuis plus de quinze ans. Résurgence du parti communiste de l'Union soviétique ou instrument entre les mains des dirigeants : quel rôle joue-t-il ? L'enquête, basée sur des entretiens et des observations auprès des représentants du parti, montre la situation inconfortable d'une institution qui ne cesse de se développer tout en restant sous le strict contrôle du pouvoir exécutif central. Elle apporte un éclairage nouveau sur les mécanismes de la domination politique à l'uvre dans la Russie de Poutine en insistant sur la place centrale occupée par les références étrangères dans la vie partisane : idéologie inspirée de la pensée conservatrice occidentale, primaires, dispositifs managériaux. A l'heure où les démocraties occidentales connaissent des transformations profondes, le cas de la Russie permet de poser un regard décentré sur la relation problématique entre un dirigeant et sa majorité.
Les sneakers sont bien plus que des chaussures dédiées aux sports ou aux loisirs. Elles sont les fétiches qui cimentent une communauté : celle des sneakerheads. Ces passionnés ont créé une sous-culture autour d'elles, au sein même de la culture hip-hop. La sociologue Yuniya Kawamura a bâti son livre au carrefour de plusieurs disciplines et thématiques : l'anthropologie, l'histoire, la technique, la communication, la marchandisation, la mode, le genre ou encore la jeunesse. Elle y décèle l'ensemble de la dynamique qui a fait passer les sneakers de la marginalité du Bronx à la culture de masse mondialisée. "Je suis ce que je porte à mes pieds", dit un membre de la sous-culture. Taille haute ou basse, épurées ou bariolées, ces chaussures peuvent exercer une emprise sur leur porteur, lui conférer un statut, mais aussi être revendues pour une somme extravagante. Les sneakers sont un mythe contemporain. Ce livre est la première étude universitaire nous invitant à en suivre les aventures.
Benoist Stéphane ; Gautier Alban ; Hoët-van Cauwen
Voici vingt-cinq façons de rendre compte des mémoires des empereurs romains Trajan et Hadrien (98-117 et 117-138 de notre ère). Elles nous offrent de multiples variations et angles d'approche pluridisciplinaires, et se placent sous le patronage illustre de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien (1951). Elles participent de surcroît à la commémoration des mille neuf-cents ans de la mort du vainqueur des Daces et des Parthes et de l'arrivée au pouvoir de son fils "adoptif", prince philhellène que la romancière avait élu, afin d'aborder les rapports entre mémoires humaines et Histoire. La littérature des périodes ancienne, médiévale, moderne et contemporaine est convoquée par les études ici rassemblées, tout autant que les arts et les nombreuses formes de représentations et illustrations des aventures humaines de ces deux princes placés naguère en tête de cet âge d'or de l'histoire romaine, le fameux siècle des Antonins, revisité depuis à toutes les époques qui se sont succédé.