Dans cette petite merveille de roman, une femme d'une quarantaine d'années, professeure, sans enfants, se raconte et s'effeuille au fil des états et des situations. Elle évoque l'oscillation permanente entre des envies dichotomiques, entre la soif de liberté, le besoin revendiqué de solitude, et la volonté de nouer des liens et de s'ancrer quelque part. Elle est à la fois entourée - d'amis, de « lui », un possible qui ne sera pas, - et seule. Un jour elle ose le renouveau, le vrai départ et une autre incarnation d'elle-même, elle qui est tout et son contraire à la fois. Jhumpa Lahiri touche magnifiquement du doigt la complexité, l'ambivalence et les paradoxes, qu'elle restitue avec concision et justesse, au fil des saisons qui scandent le temps, l'esprit et le corps.
Effarement et exubérance, enracinement et étrangeté : dans ce nouveau roman, Jhumpa Lahiri pousse l'exploration des thèmes qui sont les siens à leur limite. La femme qui se tient au centre de l'histoire est professeur, elle a quarante ans et pas d'enfants. Elle oscille entre immobilité et mouvement, entre besoin d'appartenance et refus de nouer des liens. La ville italienne qu'elle habite, et qui l'enchante, est sa confidente : les trottoirs autour de chez elle, les parcs, les ponts, les piazzas, les rues, les boutiques, les cafés... Elle a des amies femmes, des amis hommes, et puis il y a "lui", une ombre qui la réconforte et la trouble tout à la fois... Le tour de force de ce beau roman, écrit dans une langue à la fois très simple et précise consiste à faire de cette anti-héroïne spectrale un personnage qui prend progressivement une véritable épaisseur charnelle et fictionnelle, et de ce non-roman une fiction tendue par un suspense transformant ces intrigues dérisoires en matière à un page turner d'un genre fantomatique et mystérieux. Premier roman de Jhumpa Lahiri écrit en italien, Où je suis brûle du désir de passer les frontières et de forger une nouvelle langue littéraire.4e de couverture : Effarement et exubérance, enracinement et étrangeté : dans ce nouveau roman, Jhumpa Lahiri pousse l'exploration des thèmes qui sont les siens à leur limite. La femme qui se tient au centre de l'histoire est professeur, elle a quarante ans et pas d'enfants. Elle oscille entre immobilité et mouvement, entre besoin d'appartenance et refus de nouer des liens. La ville italienne qu'elle habite, et qui l'enchante, est sa confidente : les trottoirs autour de chez elle, les parcs, les ponts, les piazzas, les rues, les boutiques, les cafés, la piscine dans laquelle elle se fond, la station de métro qui l'emmène toujours plus loin, et quelquefois chez sa mère, murée dans une solitude sans remède depuis la mort de son mari. Elle a des amies femmes, des amis hommes, et puis il y a « lui », une ombre qui la réconforte et la trouble tout à la fois. Mais en l'espace d'une année, au fil des saisons, une transformation se produit. Et un jour, à la plage, submergée et comblée par la chaleur vitale du soleil, la femme s'éveille et renaît.Roman spectral et délicat, le premier de son auteur à avoir été écrit en italien, Où je suis brûle du désir de passer les frontières et de forger une nouvelle langue littéraire.Notes Biographiques : Romancière américaine originaire du Bengale et née à Londres, Jhumpa Lahiri est l'auteur à succès de L'Interprète des maladies (prix Pulitzer 2000, Mercure de France) et, plus récemment, chez Robert Laffont de Un nom pour un autre (2006), Sur une terre étrangère (2010) et Longues distances (2015). Chez Actes Sud : En d'autres mots (novembre 2015). Diplômée de philosophie et passionnée de cinéma, Hélène Frappat est romancière et critique de cinéma. Elle a choisi de chercher la "vérité" dans la fiction.Critique de cinéma, elle a écrit (notamment) chez Rivette et Rossellini.Romancière, elle est l'autrice, chez Actes Sud, de Inverno (2011), Lady Hunt (2013), Noublie pas de respirer (2014) et Le Dernier fleuve (2019).
Indienne, Anglaise, Américaine... Je n'ai jamais su répondre à la question: "D'où êtes-vous?" affirme Jhumpa Lahiri. Couronnée par le prix Pulitzer pour son premier livre, L'Interprète des maladies, où elle évoquait le parcours chaotique d'expatriés indiens en Angleterre et aux Etats-Unis, Jhumpa Lahiri choisit de s'attacher cette fois aux pas de leurs enfants. Sur une terre étrangère dessine le portrait sensible de la deuxième génération de migrants - la sienne -, nourrie de deux cultures, soumise à des attentes contradictoires et en quête d'un monde perdu. Exil, solitude, crise d'identité... Jhumpa Lahiri accomplit le prodige de donner une portée universelle aux blessures les plus secrètes des protagonistes de ses nouvelles. Porté par une écriture aussi classique que singulière, Sur une terre étrangère donne à entendre la voix d'un très grand écrivain.
À la naissance de leur fils, Ashoke et Ashima attendent une lettre de la grand-mère qui doit, c'est la coutume en Inde, choisir son prénom. Mais la lettre ne semble jamais arriver jusqu'à Boston. Contraint d'improviser, Ashoke choisit d'appeler son fils Gogol. Grandissant comme un jeune Américain sous le regard à la fois déconcerté et fier de ses parents, Gogol refusera longtemps qu'on l'appelle par le prénom bengali dont il a finalement été doté: Nikhil. Mais, à la mort de son père, quelque chose se rompt en lui, révélant cette identité qu'il avait niée. Les deux syllabes oubliées, Nikhil, résonnent alors avec une profonde familiarité... Sensible et juste, Jhumpa Lahiri offre une évocation vivante du déracinement et des conflits intimes liés à la double culture.
L'homme que les sciences humaines et sociales prennent pour objet est le plus souvent étudié dans un seul contexte ou à partir d'une seule dimension. On l'analyse en tant qu'élève, travailleur, consommateur, conjoint, lecteur, pratiquant d'un sport, électeur, etc. Or, dans des sociétés où les hommes vivent souvent simultanément et successivement des expériences socialisatrices hétérogènes et parfois contradictoires, chacun est inévitablement porteur d'une pluralité de dispositions, de façons de voir, de sentir et d'agir. S'interroger sur les manières dont la pluralité des mondes et des expériences s'incorpore au sein de chaque individu, observer son action sur une diversité de scènes, voilà l'horizon scientifique vers lequel tend cet ouvrage. Sociologue, l'auteur noue un dialogue avec une partie de la psychologie, de l'histoire, de l'anthropologie et de la philosophie. Ses réflexions débouchent sur le programme d'une sociologie psychologique et s'attachent à mettre en évidence les plis les plus singuliers du social.
Résumé : Tout semble a priori opposer Subhash et Udayan. Autant l'aîné, Subhash, est introverti et respectueux des us et coutumes, autant son cadet de quinze mois, Udayan, se montre exubérant et rebelle à l'ordre établi. Une ressemblance physique troublante et un indéfectible lien familial unissent cependant les deux frères. Issus de Tollygunge, un quartier modeste de Calcutta, ils ont également en commun d'être des élèves brillants. Quand ils deviennent jeunes adultes, leurs chemins se séparent : Subhash choisit de poursuivre ses études de doctorat aux États-Unis, tandis qu'Udayan décide de rester enseigner dans un lycée technique de Calcutta. À Rhode Island, où il a émigré, Subhash mène une vie rangée de célibataire, aussi studieuse que monotone ; à Tollygunge, au contraire, et bien que désormais marié et demeurant toujours sous le même toit que leurs parents, Udayan fraie avec les mouvements clandestins en lutte contre le pouvoir en place. Par-delà les océans, la correspondance entre les deux frères s'espace et finit par s'interrompre. Jusqu'au jour où Subhash reçoit le message suivant : " Udayan tué. Reviens si tu peux. " De retour en Inde, Subhash fait la connaissance de Gauri, la femme d'Udayan. Enceinte, elle est rejetée par sa belle-famille. Subhash lui propose de le suivre aux États-Unis et de s'occuper de l'enfant de son frère. Ce qu'elle accepte. Tragédie moderne inspirée du mythe de l'androgyne, qui postule que chacun d'entre nous est en permanence à la recherche de sa part manquante, réflexion sur l'exil, le déracinement et l'identité, Longues distances apporte une nouvelle fois la preuve éclatante de l'immense talent de conteuse de Jhumpa Lahiri, dont les héros, nourris comme elle de deux cultures et en butte au décalage entre deux civilisations, sont en quête d'un monde perdu. Indienne, américaine, européenne? " Je n'ai jamais su répondre à la question : D'où êtes-vous ? " affirme Jhumpa Lahiri.
Quand Valentina, une fillette de cinq ans, est assassinée à Hambourg en mangeant un bonbon bourré de cyanure, l'enquête sur le cas Holler est relancée. Car déjà la mère et le fils aîné ont été assassinés à un an d'intervalle, sans que la police ait pu découvrir le moindre indice ni surtout le moindre mobile. Or si pour les citoyens de Hambourg, le nom de Holler est celui du plus grand agent immobilier d'Allemagne du Nord, un homme irréprochable, riche et respecté, il sonne différemment aux oreilles de Stachelmann, un historien spécialiste de l'époque nazie. C'est donc lui qui en conseillant son ami, le commissaire Oscar Winter, va orienter l'enquête et exhumer des archives la clé de l'énigme dans un terrible passé que le miracle allemand a peut-être un peu trop vite recouvert.
Résumé : Cora Bender et son mari Gereon ont décidé de profiter de cette belle journée ensoleillée pour pique-niquer au bord d'un lac. Assise sur sa serviette de plage, Cora est en train de couper une pomme pour son petit garçon. Devant eux, des jeunes gens rient et s'amusent en écoutant de la musique. Soudain, elle se lève, se dirige vers le groupe et poignarde l'un des hommes a plusieurs reprises. La police est dépêchée sur les lieux, mais il n'y a aucun doute possible, Cora a avoué son crime et des dizaines de témoins affirment l'avoir vue tuer le jeune homme. Pourtant, le commissaire Rudolf Grovian, chargé de l'affaire, refuse de boucler si facilement le dossier. Il veut comprendre ce qui a poussé une jeune femme, a priori sans histoire, à commettre un tel geste. Commence alors une plongée vertigineuse et fascinante dans l'âme tourmentée de Cora et dons le sombre passé d'une famille tout entière tournée vers sa jeune soeur atteinte d'une maladie rare.
Résumé : Une vague d'attentats s'abat sur l'Europe. Après Paris, l'Allemagne est touchée à son tour. Dans ce climat tendu, toutes les polices et tous les services secrets, aidés par les cellules antiterrorisme internationales, sont sur les dents. Tout laisse à croire que le suspect principal, Yusuf Asmani, introuvable, projette un nouvel attentat, cette fois à Hambourg. Les célébrations de l'anniversaire du port, auxquelles va participer Angela Merkel, lui offrent une occasion idéale de faire des milliers de victimes. Les soupçons des enquêteurs se portent également très vite sur Djamal Khadim, un jeune homme de bonne famille d'origine irakienne qui semble avoir aidé Yusuf Asmani a échapper aux agents qui le surveillaient. Valerie Weymann, célèbre avocate, n'y croit pas. Convaincue de son innocence - Djamal est le petit ami de sa fille Leonie -, elle va tout mettre en oeuvre pour aider le jeune homme. Mais Djamal va se retrouver au centre d'une machination infernale qui le dépasse... Ce thriller haletant, roman noir de la fabrication d'un potentiel terroriste, pose la question de la manipulation d'esprits qui, fragilisés par un climat pouvant leur être hostile, deviennent des proies faciles pour les djihadistes.
Résumé : Entre roman policier et secrets de famille, le roman d'Alex Berg décrit la complexité de ces destins d'exilés (ici, celui très actuel d'une petite Syrienne) où les familles sont brisées et le passé souvent enfoui sous les décombres de l'Histoire.
Résumé : Claudio Magris a rassemblé dans Instantanés un bouquet de textes brefs qui lui ont été inspirés par une chose vue, un événement de la vie quotidienne ou un fait d'actualité relevé dans la presse. La plupart de ces microrécits se déroulent en Italie, plus particulièrement à Trieste et dans ses environs, mais il en est qui nous transportent sous d'autres latitudes, de la Scandinavie à l'Inde, de Moscou à New York et au Grand Nord canadien. Certains "instantanés" ont trait aux relations intimes entre les êtres, d'autres concernent un épisode de l'histoire du XXe siècle, d'autres encore touchent à des questions de société et aux modes de vie de nos contemporains. Chez Claudio Magris, la description d'une scène saisie sur le vif offre toujours une résonance éthique et philosophique. Ce sont d'une certaine manière des "leçons de vie" que prodigue ce livre, mais sans que l'auteur se mette dans la situation d'exercer un pesant magistère. Au contraire, un mélange unique s'opère dans ces brèves vignettes entre le sérieux du propos et les nuances de l'humour. La gravité et la légèreté font ici si bon ménage que l'on est conquis par ce petit livre captivant et savoureux.
Svevo Italo ; Fusco Mario ; Piroué Georges ; Miche
Tu dois te représenter quelle violence je me suis fait pour sauter à pieds joints dans mes nouvelles occupations. Je dois en être intimement secoué et, lorsque, sans me le demander, mon roman se présente à moi, moi qui ai toujours aimé tout ce que j'ai fait, je reste stupéfait devant l'évidence de mes images, et j'oublie le monde entier. Ce n'est pas l'activité qui me rend si vivant, c'est le rêve..." Italo Svevo, à sa femme, 1900. "Vers la fin de l'après-midi, ne sachant à quoi m'occuper, je pris un bain. Je sentais sur mon corps une souillure et j'éprouvais le besoin de me laver. Mais une fois dans ma baignoire, je pensai:"Pour me nettoyer, être vraiment net, il faudrait que je sois capable de me dissoudre tout entier dans cette eau."En moi toute volonté était si bien abolie que je ne pris même pas le soin de m'essuyer avant de remettre mes vêtements. Le jour tomba. Je restai longtemps à ma fenêtre à regarder, dans le jardin, les feuilles nouvelles des arbres; et, là, je fus pris de frissons. Avec une certaine satisfaction, je pensai que c'était un accès de fièvre. Je ne souhaitais pas la mort, mais la maladie; une maladie capable de me servir de prétexte pour faire ce que je voulais, ou de m'en empêcher" La Conscience de Zeno, chap. VI.
Résumé : A la fin de Celle qui fuit et celle qui reste, Lila montait son entreprise d'informatique avec Enzo, et Elena réalisait enfin son rêve : aimer Nino et être aimée de lui, quitte à abandonner son mari et à mettre en danger sa carrière d'écrivain. Car elle s'affirme comme une auteure importante et l'écriture l'occupe de plus en plus, au détriment de l'éducation de ses deux filles, Dede et Elsa. L'histoire d'Elena et de Nino est passionnelle, et bientôt Elena vit au gré de ses escapades pour retrouver son amant. Lors d'une visite à Naples, elle apprend que Lila cherche à la voir à tout prix. Après avoir embrassé soixante ans d'histoire des deux femmes, de Naples et de toute l'Italie, la saga se conclut en apothéose. Plus que jamais, dans L'enfant perdue, Elena Ferrante nous livre un monde complet, riche et bouillonnant, à la façon des grands romanciers du XIXe siècle, un monde qu'on n'oublie pas.
Résumé : "Nous sommes en 1985 : quinze ans à peine nous séparent du début d'un nouveau millénaire. Pour le moment, je n'ai pas l'impression que l'approche de cette échéance éveille la moindre émotion particulière. Quoi qu'il en soit, je ne suis pas là pour parler de futurologie, mais de littérature. Le millénaire qui s'achève a vu naître et se répandre les langues modernes de l'Occident et les littératures qui en ont exploré les possibilités expressives, et cognitives, et imaginatives. Il a aussi été celui du livre, en tant qu'il a vu l'objet-livre prendre la forme qui nous est familière. Le signe que ce millénaire est sur le point de s'achever, c'est, peut-être, la fréquence avec laquelle on s'interroge sur le sort de la littérature et du livre à l'ère technologique dite postindustrielle. Je n'ai guère envie de m'aventurer dans ce genre de prévisions. Ma confiance dans l'avenir de la littérature tient à ce que je sais qu'il est des choses que la littérature est la seule à pouvoir donner, avec ses moyens spécifiques. Je voudrais donc dédier ces conférences à quelques valeurs, ou qualités, ou spécificités de la littérature qui me tiennent particulièrement à coeur, en tâchant de les situer dans la perspective du nouveau millénaire". Ces "propositions pour le prochain millénaire" sont une formidable leçon de littérature, un art qui, pour le grand écrivain italien, repose sur cinq piliers : légèreté, rapidité, exactitude, visibilité, multiplicité.