Dans son essai Du fanatisme dans la langue révolutionnaire publié au coeur du Directoire (1797), Jean-François Laharpe, homme de lettres autrefois proche des philosophes des Lumières, dénonce la "langue révolutionnaire" qui, selon lui, a conduit au pouvoir sans limites des Jacobins. Par-delà le procès véhément des menaces qui continuent de peser sur la pratique religieuse, Laharpe développe une réflexion sans précédent sur les liens politiques du dire et du faire, sur le caractère proprement performatif de la langue révolutionnaire. De plus, attentif à la diversité des signes de la Révolution (fêtes de la Raison, abjurations publiques, instauration d'un nouveau calendrier etc.), Laharpe esquisse une véritable sémiologie du fait révolutionnaire. Nous reproduisons ici l'édition originale de l'essai de Laharpe, Du fanatisme dans la langue révolutionnaire, ou de la persécution suscitée par les barbares du XVIIIe siècle, contre la religion chrétienne et ses ministres. Chez Migneret, A Paris, An V (1797).
Résumé : Les Tischreden (ou " propos de table ") de Luther sont un véhicule populaire de ses conceptions, mais souffrent de la désaffection de la critique. Pourtant la diversité des thèmes abordés offre un remarquable panorama des idées du réformateur dans la dernière partie de sa vie, marquée par les polémiques contre les Turcs, les Juifs et le pape. Le présent ouvrage étudie le regard porté par Luther sur les Allemands et les étrangers (Italiens, Juifs, Turcs). Si l'antagonisme culturel entre l'Allemagne et l'Italie est confirmé, et si l'image de l'Italie souffre de l'identification avec la papauté, on ne constate pas chez Luther de glorification particulière de l'Allemagne : au contraire, les défauts des Allemands en général et de chaque région en particulier sont fustigés sans pitié. L'anti-judaïsme chrétien et les préjugés qu'il véhicule sont repris par Luther, comme par la majorité de ses contemporains, sans pour autant que les Tschreden, pourtant souvent très hostiles, ne colportent les calomnies présentes dans ses derniers écrits. Malgré sa méfiance viscérale, Luther ne reste pas insensible au sort du peuple juif. Enfin, l'image des Turcs s'articule d'une part autour de la peur suscitée par les événements politico-militaires, et autour de la religion musulmane d'autre part, que Luther refuse de considérer autrement que comme un mensonge. La comparaison des qualités et surtout des défauts de chaque groupe avec ceux du monde montre que le propos de Luther reste avant tout religieux. Il ne s'agit pas de stigmatiser les défauts particuliers de chaque nation mais de dénoncer partout les différentes formes du péché auquel l'homme ne peut échapper.
Les pratiques de l'art-thérapie se développent sans cesse, signant implicitement un retour à l'essentiel d'une des fonctions de l'Art : le soin de l'âme et du corps. Aujourd'hui, elles intéressent autant le champ des sciences humaines et médicales que les sphères artistique, socio-culturelle et politique. Souvent les nouveaux venus à l'art-thérapie, tout comme les anciens, se croisent, se toisent, se chamaillent, s'ignorent... avec en résultante des replis, des incompréhensions, des rigidités où chacun a oublié de s'écouter et d'écouter l'autre dans sa différence. L'ensemble parvient à générer des frustrations, des manques, des déceptions et des désirs de faire entendre sa voix (voie)... Avec cet ouvrage, cela est chose faite ! Artistes, musiciens, éducateurs, art-thérapeutes, musicothérapeutes, infirmiers et autres s'y expriment avec fraîcheur, authenticité et singularité.
Cette oeuvre (édition relié) fait partie de la série TREDITION CLASSICS. La maison d'édition tredition, basée à Hambourg, a publié dans la série TREDITION CLASSICS des ouvrages anciens de plus de deux millénaires. Ils étaient pour la plupart épuisés ou uniquement disponible chez les bouquinistes. La série est destinée à préserver la littérature et à promouvoir la culture. Avec sa série TREDITION CLASSICS, tredition à comme but de mettre à disposition des milliers de classiques de la littérature mondiale dans différentes langues et de les diffuser dans le monde entier.
Il n'existe pas pour l'instant de volume spécifiquement consacré à Joris-Karl Huysmans critique d'art des primitifs allemands et flamands. Ce volume veut réparer cet oubli en accordant une place prépondérante aux Trois Primitifs, et en particulier à l'analyse du retable d'Issenheim de Grünewald. Cet essai qui ne veut pas se contenter d'être un bilan, une somme, se livrera à une analyse détaillée de l'imaginaire dermographique de la critique d'art huysmansienne (d'où le titre du livre évidemment). Dans son désir de sublimation Huysmans veut toujours exténuer les intériorités physiologiques pour les faire passer sur l'extériorité épidermique. C'est cette fort complexe opération que mettra à jour le livre, montrant qu'à cet égard il existe une véritable solidarité, pour le moins inattendue, entre les premiers textes consacrés aux impressionnistes et ceux consacrés aux primitifs après la conversion. Mais en vérité s'agit-il encore vraiment de peinture une fois que Huysmans a rejoint l'église ?
Van Der Meersch Maxence ; Melliez Mary ; Morzewski
Romancier à succès dans l'entre-deux-guerres (La Maison dans la dune, Invasion 14, Corps et Ames...), Prix Goncourt 1936 avec L'Empreinte du dieu, Maxence Van der Meersch (1907-1951) fut aussi un chroniqueur et nouvelliste recherché dont les textes parurent régulièrement dans la presse entre 1925 et 1950. Marianne, L'Intransigeant, Candide, Le Figaro, Paris-Soir... publièrent ses chroniques et nouvelles, ainsi que les grands titres de la presse du Nord de la France. Articles de commande ou de circonstance, textes d'humeur voire véritables "manifestes" où l'écrivain, fidèle à ses engagements humanistes, prend position sur différents problèmes de société, un important florilège de cette production se trouve rassemblé dans ces deux volumes qui permettent de nuancer considérablement l'image "réactionnaire" de l'écrivain. Sensible à la souffrance et à la misère des "gens de peu" dont il partagea le sort, révolté par l'inégalité et l'injustice mais aussi par le sort fait aux femmes dans le monde du travail à son époque, il est hanté par les ravages de la guerre dans sa région. La même inspiration anime aussi ses nouvelles, dont certaines constituent les embryons de romans édités ultérieurement, mais aussi inédits ou inachevés (Paternité, Invasion 40...). Van der Meersch y exploite avec une maîtrise accomplie toutes les tonalités du genre, et certaines de ces nouvelles sont dignes d'un Maupassant. Enfin, un long texte inédit, "L'Affaire Jean Boudart", apporte un témoignage exceptionnel sur la "première carrière" de Van der Meersch, qui fut avocat au barreau de Lille, y déployant le même généreux engagement social que dans son oeuvre d'écrivain.
De Gaulle, Vendroux, la Résistance, autant de figures et de thèmes connus et méconnus. Le colloque qui s'est tenu à Calais en 2010 les aborde et apporte sa pierre au grand édifice de l'histoire. La Résistance dans le Nord de la France, le Gaullisme et les attaches du Général et de son épouse Yvonne Vendroux à la région, à Calais, à Boulogne étaient au coeur de ces journées. Cette publication s'adresse donc à un public élargi tant les aspects évoqués sont variés. Comment la Résistance se met en place dans le Pas-de-Calais ? Comment ces thèmes ont-ils été évoqués dans les manuels scolaires ? Quels itinéraires pour De Gaulle et la famille Vendroux dans cette période et après ? Qu'en est-il resté politiquement ? Quelles visions les musées régionaux nous offrent-ils ?
Le présent recueil réunit les articles de chercheurs littéraires et linguistes qui ont travaillé sur un même thème, "la métaphore, entre langue et texte", lors d'une journée d'études organisée à Arras en mars 2002. Mais à vouloir ainsi croiser regards et perspectives, n'encourt-on pas le risque d'une certaine incohérence? Visiblement non. Bien que l'objet et les outils d'analyse ne coïncident pas nécessairement, cette confrontation montre la complémentarité des approches et la relative continuité des points de vue. Chacun sait que forme et sens sont liés. Tout est donc question de proportion entre priorité donnée au texte et importance accordée à la langue.