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FIGURES DU DEMONIAQUE HIER ET AUJOURD HUI
LAGREE/CROUZEL/SEVRI
FUSL
16,11 €
Épuisé
EAN :9782802800835
Le "retour de Satan", observable aujourd'hui en des manifestations fort diverses, pourrait bien renvoyer à la redécouverte, bruyante ou quotidienne, à la suite d'événements terrifiants ou d'une déréliction sans remède au plan de l'histoire d'un "abîme noir" en l'humain. Redécouverte qui se laisse appréhender comme un double brouillage d'identité : l'image de Dieu oscille entre un versant négatif et l'humain s'en trouve comme traversé d'une fêlure, voire dédoublé. Si la foi toute chrétienne tient, tout entière, à la reconnaissance d'un salut gratuitement donné dans l'Evénement christique, insondable comme tel, comment fait-elle droit à la dimension d'épreuve, de combat, mais aussi à l'impératif de solidarité sans lesquelles la réalité et l'annonce du salut seraient privées de signification et de résonance ? Tels sont la question et l'enjeu de la session théologique, tenue aux F. U. S. L. en 1991. Le parcours proposé comporte deux étapes : des mises en situation historique - restitution de synthèses doctrinales et de glissements historiographiques - et anthropologiques font écho et interrogent des apports exégétiques, éthiques et théologiques visant à préciser ce qui nous est suggéré, à travers les figures du démoniaque, de ce qu'il peut advenir de la liberté humaine lorsqu'elle se retourne vers "Celui qui a, par la Croix, vaincu le Prince de ce Monde".
Résumé : La résistance du religieux, naguère jugé en voie de dépassement, intrigue et dérange. Régression passagère de l'humaine raison, en des temps marqués par l'effacement des idéologies de progrès, ou solidité inaltérable d'une forme culturelle sui generis ? Le philosophe, tenant depuis deux millénaires d'une réflexion émancipée, se doit d'affronter la question. Analyse de la notion : On confrontera deux approches adverses, celle selon laquelle aucune société ne peut se passer de religion, et celle qui maintient que l'âge de la religion est en un sens terminé. D'un côté, la religion apparaît comme un constituant indépassable du lien social, de l'autre, elle appartient à l'ordre de l'imagination subjective, particulière, potentiellement abusive. Dans ce débat, se nouent les questions vives de la tolérance, de la laïcité et des choix éthiques. Etude de textes : Cicéron met en avant l'aspect civique de la religion ; Spinoza considère la foi d'un point de vue pragmatique et développe un noyau rationnel commun à toutes les religions ; Lucrèce démontre que la terreur religieuse est produite par l'homme lui-même, qui s'en délivrera par le savoir ; pour Bergson, l'intelligence frôlant à tout moment la dissolution, il appartient à la religion, force créatrice, d'assurer la cohésion du tout. Pour Hegel enfin, le contenu théorique de la religion est le même que celui de la philosophie : c'est une manifestation authentique mais partielle de la vie de l'Absolu.
Que voulut exprimer Montaigne lorsqu'il écrivit, à l'adresse du " lecteur " de l'automne de la Renaissance, " Car c'est moy que je peins " ? Pourquoi le motif de la peinture de soi s'imposa-t-il ainsi fermement à lui au tournant de 1580 ? Dans ce livre singulier, Marie-Clarté Lagrée réfléchit, en historienne, à l'imaginaire de la personne humaine, et donc à la construction culturelle de l'intériorité qui est au travail en amont et en aval des Essais, entre 1560 et 1630. Elle isole les différentes figures de soi qui ont cours et sont élaborées alors que le royaume de France bascule dans la division religieuse, et dévoile un glissement capital autour de 1580. La représentation dominante de la personne, qui prévalait, appuyée sur les Écritures, sur Aristote, sur Thomas d'Aquin, sur Hippocrate ou encore sur Galien, fut mise en crise : le cheminement de ce livre scrute un délitement subjectif insidieusement en oeuvre dans les consciences, puis discerne les mouvements et les tensions de restructuration qui interviennent durant le premier tiers du xvue siècle. Marie-Clarté Lagrée invite le lecteur à entrer, comme par effraction, dans une appréhension troublée de soi, toujours mouvante et bien souvent inquiète, qui était celle des contemporains du temps des conflits religieux.
Notre imaginaire, très français, de la laïcité nous conduit souvent à penser que la modernité s'est construite contre la religion: le monde social se serait constitué, à partir de la grande transformation des XVIIe - XVIIIe - siècles, sur le fondement d'une séparation radicale d'avec l'ordre de Dieu, et aurait échoué sur la relégation de la croyance dans le seul espace privé des individus. Constitué d'une série d'enquêtes philosophiques, historiques, et sociologiques, menées sur plusieurs terrains culturels, ce livre remet en cause cette théorie ordinaire de la modernité politique. II révèle, d'une part, que la constitution de la laïcité est largement redevable aux productions théologiques nées sur le terreau des monothéismes, chrétien sans doute, mais aussi juif et musulman. II constate, d'autre part, que le fonctionnement de la laïcité, s'il fait fond certes sur le principe de souveraineté du politique, admet bien plus qu'on ne le croit la présence du religieux dans l'espace public, parce qu'il est considéré comme une expression de la liberté du sujet et comme un élément de consolidation du lien social.
La politique, le théâtre, la philosophie de l'âge classique sont parcourus par le néostoïcisme. Il est impossible de comprendre Descartes, Leibniz ou Spinoza sans connaître Juste Lipse (1547-1606), le dernier des grands humanistes chrétiens. Editeur de Tacite et de Sénèque, il inspira la politique moderne, ressuscita la physique des stoïciens pour l'opposer à celle d'Aristote et donna une nouvelle vie aux catégories morales et métaphysiques du Portique, toile de fond des tragédies de Corneille ou des débats sur la rationalité du destin et l'harmonie de l'univers. Ce volume analyse sa vie et sa pensée et donne à lire ses pages les plus marquantes : une relecture du stoïcisme et une introduction à la modernité.
La loi, qui a peut-être été trop célébrée à une certaine époque, n'a pas bonne presse dans l'éthique chrétienne actuelle, c'est le moins qu'on puisse dire, puisque certains n'hésitent pas à l'en bannir purement et simplement. Il s'agit cependant d'une notion et d'une réalité fondamentales dont il faudrait redécouvrir la fonction constitutive pour l'agir humain en général et pour l'agir chrétien en particulier. Cet ouvrage veut y disposer par une réflexion pluridisciplinaire qui fait appel à la philosophie, au droit, à la sociologie, à l'exégèse, à la psychanalyse et à la théologie, en vue d'éclairer quelque peu la signification du concept de loi et, par conséquent, la fonction que celle-ci joue dans l'éthique chrétienne.