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L'Etat et la langue
Lafont Robert
SULLIVER
21,00 €
Épuisé
EAN :9782351220474
Dès l'instant où les Grecs empruntent l'alphabet aux Phéniciens pour écrire leur langue, l'Etat pointe sous la forme de la Cité. Langue et écriture se prêtent désormais secours dans son service. Comme il y a pour la communication orale une fixation systémique dite phonologie, il y a pour fixer la langue en écrit un système phonématique dont l'Etat établit les règles. D'après le codage grec se construit le codage latin, le nôtre, avec son contrôle maximal de la Lettre sous ses trois aspects de système de langue écrite, de système de ce qui sert à l'écrire et de système de ce qu'on écrit avec elle sous l'autorité - et quelquefois la censure - de l'Etat. Ainsi naquirent en Gaule romaine deux langues nouvelles: oc au Sud, oïl au Nord, dont l'auteur suit en parallèle émergence et développement dans un réexamen de l'Histoire de France. Restera, au XVe siècle, à l'Etat France, à se bétonner sur l'hégémonie militaire, économique, administrative, littéraire, sous le joug culturel et même psychologique du Nord (spécialement de Paris) et selon une lente et continue dévoration linguistique du Midi. Ensuite il parcourra quatre siècles jusqu'au temps du Premier Empire, où une France déclarée une et indivisible est devenue un Etat intérieurement oppressif, extérieurement conquérant, intellectuellement convaincu de sa supériorité à tout autre.
Cet ouvrage présente les repères majeurs d'un itinéraire singulier, qui couvre près d'un demi-siècle et qui a su, comme en témoigne l'ensemble des textes réunis, ne jamais dissocier réflexion théorique et pratique sociale culturelle. Ecrites résolument depuis la périphérie (géographique mais aussi épistémologique) ces études et interventions doivent permettre au lecteur de saisir la cohérence profonde d'une recherche sociolinguistique multipolaire pensée hors des modes et des chapelles : qu'il s'agisse de revisiter les situations de dominance culturelle ou de revoir le statut du sujet dans les sciences du langage, jusqu'à la construction d'une nouvelle linguistique, la praxématique.
Peut se lire, entre autres, comme une réflexion sur l'art contemporain. On y découvre dans sa première partie l'?uvre inconnue d'un artiste, dont le dernier projet donne son titre à l'ouvrage. "Aujourd'hui, comme première trace de son ?uvre, et le terme par lui fut médité, on ne dispose guère que d'une courte correspondance éditée en annexe d'une biographie de Theo Tutmacher, fils d'un allemand de l'Est émigré aux Etats-Unis après la confiscation par le régime communiste de son entreprise de mécanique de précision et de façonnage des aciers spéciaux. L'histoire de Mathieu ben J. commence ainsi, signe des temps, dans celle du complexe militaro-industriel américain." Fiction constituée à partir de deux projets d'art expérimental, l'ouvrage explore la translation de la notion d'?uvre et la signification qu'elle tente de prendre dans le temps industriel disloqué. La voix d'un narrateur lentement s'élève qui raconte dans la seconde partie sa rencontre avec un autre peintre, aveuglé celui-là par son art. Les deux récits tracent deux lignes divergentes pour tenter de fixer la naissance de la beauté.
La découverte de lItalie par Albert Camus, en 1936 et en 1937, est un moment essentiel dans lémergence dune pensée et dun rapport particulier à lart. LItalie est terre de lart, mais aussi dengagements. Lors du voyage quil fait en 1954, à linvitation de lAssociation culturelle italienne, Camus rencontre quelques-unes des grandes figures italiennes, politiques et littéraires. Ce voyage est aussi loccasion de conférences ayant pour thème "LArtiste et son temps" que Camus reprendra à Stockholm en 1957, lors de la remise du prix Nobel.
Si vous vous contentez d'observer tranquillement, en sceptique convaincu; si vous restez en dehors des luttes qui vous paraissent secondaires, ou si, même étant d'une factions, vous osez constater les défaillances et les folies de vos amis, on vous traitera comme une bête dangereuse ; on vous traquera partout ; vous serez injurié, conspué, traître et renégat ; car la seule chose que haïssent tous les hommes, en religion comme en politique, c'est la véritable indépendance d'esprit. " Guy de Maupassant. Cette indépendance d'esprit, Maupassant l'exerce, de 1881 à 1889, dans les chroniques écrites pour les grands journaux de l'époque. Elles éclairent un angle de découverte d'une brûlante actualité, toute moderne, avec des analyses quotidiennes qui ne cessent de mettre en valeur la vie parlementaire, la vie sociale, toute la perspective d'une pensée libre et ouverte, un regard implacable sur la vie politique d'une société. Cet intérêt nouveau d'un journaliste-chroniqueur pour un monde dont il dénonce les tares et les faux semblants, précise une couleur d'époque où s'exaspèrent l'affairisme et la dégradation morale. La société a perdu ses plus solides repères et ceux qui la dirigent sombrent dans la médiocrité. La parole polémique du chroniqueur devient alors parole politique, celle d'un homme qui ose prendre parti, aller à contre-courant des idées toutes faites, vers un nihilisme grandissant. Regroupées pour la première fois, les Chroniques politiques de Maupassant sont présentées par Gérard Delaisement auteur, en 1956, de Maupassant journaliste et chroniqueur (Albin Michel), d'éditions de Bel-Arni (Garnier), de Fort cantine la mort (Gallimard), des Contes et Nouvelles (Albin Michel) et qui a consacré sa vie à rassembler les Chroniques de Maupassant dont il a réalisé l'édition critique.