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Etre en danger
Lacoste Jean-Yves
CERF
35,00 €
Épuisé
EAN :9782204094214
Un mot d'usage quotidien, "danger", est devenu concept chez Heidegger. L'usage heideggerien de "danger" n'est pourtant pas celui de ce livre, qui refuse de s'engager de front dans la "question de l'être" au profit des manières ou modes d'être, dont il explore un échantillon sans prétention exhaustive mais utilisé comme trame heuristique. Mode d'être de l'oeuvre d'art, mode d'être de la "chose" ou du sacrement, mode d'être comme "existence" et comme "vie", un danger est toujours présent : l'existence, telle que décrite chez Heidegger, est déconstituée par des phénomènes auxquels elle ne peut rendre justice ; la vie abrite l'existence mais court le risque perpétuel de n'être que dans les frontières de l'existence, etc. Et si l'étant nous est toujours donné dans un comment - comment de son apparaître, donc comment de son être -, rien ne garantit la pérennité de cette donation : presque tout étant, et d'abord l'étant que nous sommes, est en danger d'apparaître autre qu'il ne nous apparaît maintenant. Aussi convenait-il, après avoir ajointé le concept de vie à celui d'esprit, après avoir dit que la vie est (parfois) "spirituelle", de justifier le titre du livre en liant "être" et "danger" ; et il restait au final le temps de proposer, dans l'élément du possible, l'hypothèse d'une eschatologie de l'être, avant tout de notre être, sur laquelle le danger n'aurait plus de prise.
Voir, laisser voir, faire voir ; apparaître, laisser apparaître, faire apparaître ; nous ne résumons pas ainsi la tâche de la pensée, mais il n'y aurait pas pensée si cela n'avait lieu. Voir la "chose" que nous disons dissimulée derrière le sacrement. "Voir" l'existence telle quelle distribuée en manières d'exister, communes ou moins communes. "Faire apparaître" l'amour, tel que le masquent les jeux du sentiments et tel que le vouloir le restitue à sa destinée propre. "Laisser apparaître" paix et guerre, qui ne sont pas d'abord des phénomènes politiques mais des heurs et malheurs ancrés en nous-mêmes. Et puisque le travail du "faire voir" ne peut se passer des textes qui nous l'apprennent, "voir" aussi comment des textes, malgré les maladresses du dit, font apparaître exactement ce dont ils parlent et prolongent l'intuition. Ce livre constitue un recueil d'exercice en phénoménologie. Qui dit phénoménologie ne dit pas une manière de philosopher ou de théologiser, mais une manière de s'essayer à penser sur un fondement inébranlable d'intuition. Les questions traitées en ce livre sont philosophiques, elles sont théologiques, elles sont le plus souvent l'un et l'autre, et cela n'importe pas. A chaque fois, le cahier des charges était simple : fournir une réponse, ou l'esquisse d'une réponse, à la mesure de la question. Et à la mesure de questions telles qu'elles nous permettent de reconduire le questionneur dans les parages de l'intuition.
Entre philosophie et théologie, pouvons-nous croire à l'existence d'une limite? C'est ce que ce livre tente de nier. Dieu n'apparaît pas ou n'"apparaît" pas comme apparaît ou "apparaît" un cube, une ?uvre d'art, un nombre ou un autre homme. Dieu diffère - jusqu'au point d'être le non-autre. La différence toutefois n'introduit nulle césure dans le champ de la connaissance. Elle nous rend simplement, ce qui n'est pas peu, attentifs à la pluralité des modes d'apparaître. Et s'enquérir de la phénoménalité de Dieu, à ce compte, revient à s'enquérir de toute phénoménalité. Celle de l'objet présumé philosophique et seulement philosophique aussi bien que celle de l'objet présumé théologique et seulement théologique. J.-Y, L. Biographie: Jean-Yves Lacoste est Life member de Clare Hall, université de Cambridge. Dernière publication: Présence et parousie, Genève, 2006.
Résumé : A la frontière entre la philosophie et la théologie, cinq études, significatives du travail phénoménologique contemporain, composent Le monde et l'absence d'?uvre, dont l'unité est triple. - Thématique, elle est celle d'une interrogation sur le monde : un monde dont l'essentiel se joue peut-être dans les marges, là où s'ouvrent paradoxalement les modes les plus riches de l'expérience, et d'abord l'aise (étude I). Un monde perpétuellement déconstitué et reconstitué dans l'affect (études III et IV) - affect dont la vie n'est pas seulement mondaine, comme en témoigne l'?uvre d'art (étude III). - Méthodique, elle est celle d'une recherche qui juxtapose questions supposées théologiques et questions supposées philosophiques et requiert d'être jugée à ses résultats. Ainsi la question de l'avenir absolu de l'homme (étude II) n'est purement théologique qu'en défendant son propre logos contre des philosophies que l'avenir absolu fascine elles aussi. - Programmatique, elle est celle d'une tâche : en proposant la généalogie de philosophèmes et de théologoumènes qui ont préparé les chemins du nihilisme, c'est bien d'en sortir qu'il s'agit (y compris dans le champ de l'éthique, étude IV). Les interdits et les vieilles oppositions ne sont plus de mise en ces régions frontalières : les concepts, théologiques ou philosophiques, se jugent aux acquis que leur rigueur et leur précision permettent. Il n'y a pas plus de tournant théologique de la phénoménologie que de virage phénoménologique de la théologie : il y a des histoires à comprendre (études II et IV) et des expériences à penser (études I, III et IV). Si la parole théologique se distingue pourtant de la parole philosophique, c'est en ce qu'elle est un dire pressé : la théologie vit d'une urgence - même si des délais lui sont concédés, ne fût-ce que pour s'acquitter de tâches herméneutiques (étude V).
Biographie de l'auteur Jean-Yves Lacoste est Professeur invité à l'Université de Chicago et life member de Clare Hall, Université de Cambridge. Parmi ses publications: Expérience et Absolu (1994), Le monde et l'absence d uvre (2000). A dirigé le Dictionnaire critique de théologie, (2004).
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Deux fois millénaire, le christianisme implique un cinquième de l'humanité. Ce volume en offre d'abord un survol historique ("Le Christianisme raconté"), de Jésus à Jean-Paul II, en passant par l'apogée du Moyen Âge et Vatican II. Suit l'abécédaire proprement dit (70 notices). On s'y repère par des carrés de couleurs indiquant s'il s'agit de doctrine (Apocalypse, Docteurs de l'Église, Péché...), de rituel (Musique sacrée, Reliques, Saints...), ou d'histoire (Hérésies, Judaïsme, Oecuménisme...). Des renvois par astérisques incitent aussi aux chemins de traverse. Les 100 illustrations, presque toutes en couleurs, font ressentir l'impact considérable du christianisme sur la culture occidentale. Chronologie, bibliographie sélective et index des noms viennent s'y ajouter. Très maniable, concis, suggestif, d'une présentation agréable sur papier glacé, ce livre présente les qualités de la collection ABCdaire. Ancien rédacteur en chef du quotidien La Croix, Jean Potin a écrit maints ouvrages sur l'Écriture Sainte. Pierre Chavot a collaboré à de nombreux travaux sur le christianisme. Colette-Rebecca Estin
Dans notre société laïque, la chrétienté constitue-t-elle encore un sujet pertinent pour l'histoire ? Plus que jamais, répond Françoise Hildesheimer. En explorant celle de l'Eglise sur le temps long, l'historienne retrace les origines et les développements du conflit d'influence entre religion et Etat qui a enfiévré l'Occident des siècles durant. Or c'est en France qu'il a connu son paroxysme. Doctrine politique originale, le gallicanisme a prôné dès le XIIIe siècle l'indépendance temporelle de l'Eglise de France vis-à-vis du pape ; une spécificité qui, via la rupture de la Séparation, a durablement marqué notre histoire. La France, fille aînée de l'Eglise ? De Clovis à Aristide Briand en passant par Charlemagne, Charles VII et Jeanne d'Arc, Louis XIV et Bossuet ou Napoléon, ce parcours passionnant entrecroise théologie, politique, récit historique et débats d'idées pour proposer une vision inédite de l'histoire de l'Eglise catholique en France.