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La guerre des identités. Grammaire de l'émancipation
Laclau Ernesto ; Orsoni Claude
LA DECOUVERTE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782707188991
Grand inspirateur des stratégies politiques des gauches latinoaméricaines et aujourd'hui de Podemos en Espagne, Ernesto Laclau analyse dans ce livre les conséquences d'un prodigieux basculement politique initié dans les années 1990. Entre la fin du XVIIIe et la fin du XXe siècle, l'objectif premier de la lutte politique est resté celui de la libération : peuples, classes ou individus, tous les sujets de l'action politique n'aspiraient qu'à s'émanciper. Cette visée de la libération affirmait en même temps le principe de l'égalité de tous les êtres humains, dessinant ainsi la figure de l'universalisme : dans les " jeux de langage " de la politique moderne, l'égalité l'emportait sur les différences. Or, miné par ses contradictions internes, ce discours de l'émancipation s'est décomposé : la guerre des identités ? de genre, d'origine, ou de culture ? a pris le pas sur la lutte pour l'égalité. Partout, c'est la revendication de l'identité culturelle qui s'est affirmée et l'a emporté sur l'idéal d'égalité. Pour comprendre ce qui se joue désormais à l'échelle planétaire, pour définir de nouveaux objectifs politiques prenant le relais de la tradition de la gauche, c'est l'ensemble des catégories centrales du discours politique hérité ? la libération, l'universalisme, le particularisme, le pouvoir, l'idéologie, etc. ? qu'il importe de soumettre à un examen critique. C'est ce à quoi s'emploie, avec une rare rigueur, cet ouvrage qui rassemble les éléments d'une théorie générale du politique organisée à partir du concept central d'hégémonie.
Dès sa première publication en anglais en 1985, ce livre a suscité de nombreuses discussions et controverses, toujours pas apaisées. Penseurs à l'origine du mouvement post-marxiste, Ernesto Laclau et Chantal Mouffe y défendent une vision de l'émancipation conçue comme " radicalisation de la démocratie ". L'émergence de nouvelles luttes sociales et politiques, en lien avec les transformations du capitalisme, a rendu l'approche théorique qu'ils proposent plus pertinente que jamais pour envisager un projet de gauche capable de fédérer les demandes de la classe ouvrière et celles d'autres mouvements sociaux (féministes, antiracistes, écologistes, LGBT...). Au moment où la crise de l'hégémonie néolibérale peut ouvrir la voie à des solutions autoritaires, ce texte fondateur fournit les bases philosophiques permettant de poser les questions politiques essentielles pour concevoir une stratégie populiste de gauche.
Ducoudray Emile ; Laclau Alexandra ; Monnier Raymo
Instrument de recherche, bilan en marche, ouverture sur de nouveaux chantiers... Cet atlas, au-delà des cartes d'inventaire, présente des cartes et des graphiques de réflexion et d'interprétation. Il invite à poser les bases d'une réflexion sur la géopolitique de la France révolutionnaire, sur l'importance de l'héritage et des ruptures de ce gigantesque façonnement de l'espace national. " François Furet, Michel Vovelle " La série des Atlas de la Révolution française, commencée en 1984, ne pouvait rester sans l'Atlas de Paris. Voici donc cartes, graphiques, interprétations consacrés à la capitale. La question de son rôle est centrale, car c'est celui d'une capitale politique, économique, sociale et culturelle, symbolique de tous les mouvements qui marquent et transforment les années 1789-1800, qui fixent ainsi définitivement le rôle centralisateur de Paris. C'est ainsi l'occasion d'interroger simultanément les traditions dénoncées du jacobinisme oppresseur ou du fédéralisme libérateur présents dans nos mémoires. Paris révolutionné est inséparable du reste de l'histoire de la Révolution qui transforme toute la France. Son histoire n'est cependant pas celle de toute la Révolution car elle se coule dans des structures antérieures fortement établies, les modifiant et les réactivant autrement. Les horizons de la liberté nouvelle n'y sont pas exactement équivalents à ceux des provinces. Ils sont marqués par l'accumulation de capitaux multiples où tous les Parisiens sont les premiers acteurs, mais inégalement engagés. La politisation intense qui les mobilise près d'une décennie a bouleversé les relations quotidiennes, redessiné les espaces, inventé des comportements nouveaux car l'idéologie, le changement et l'opposition qu'elle entraîne a envahi le quotidien. Les moments de la rupture, l'événement, qu'il faut lire dans tous les domaines, sont alors visibles et éclairés par d'autres enchaînements. L'Atlas de Paris donne une cartographie du politique saisi dans ses pratiques et confronté à d'autres pratiques. " Daniel Roche
Le Grand Remplacement est à nos portes ! ", "La civilisation européenne est menacée ! ", "Le féminisme a proclamé la fin des hommes ! ", "Les valeurs de la nation sont bafouées ! "... Ce bref florilège serait risible par son absurdité s'il ne cachait pas des croyances bien réelles et une percée idéologique virulente, appelant à un nécessaire retour aux sources du "roman national". C'est donc à déjouer les pièges de cette fiction que s'emploie Elise Thiébaut. Elle s'interroge d'abord sur sa propre "identité" : qu'est-ce que l'histoire de cette Française dite "de souche" a-t-elle à nous dire de l'histoire de France ? En se livrant à des tests ADN, à des recherches généalogiques et archivistiques, elle pose des questions qui révèlent des tabous et impensés de la mémoire collective. Que nous apprend la génétique ? Quels sont les liens entre généalogie et patriarcat ? Quel impact la traite négrière et la colonisation ont-elles eu sur sa famille et plus largement sur son pays ? Quel rôle les cocottes et courtisanes du XIXe siècle ont-elles joué dans le mythe de la séduction à la française ? Avec un plaisir aigu et une vivacité pugnace, l'autrice livre une autobiographie de la France singulière comme antidote au roman national.
Harper Kyle ; Pignarre Philippe ; Rossignol Benoît
Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s'est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L'Empire tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l'évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais "les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte". Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé. Face à ces catastrophes, les habitants de l'Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l'islam, ont alors triomphé des religions païennes.
Crawley Quinn Josephine ; Pignarre Philippe ; Bonn
Qui sont les Phéniciens ? Un peuple de l'Antiquité auquel les Grecs auraient emprunté l'alphabet ? Des commerçants et des navigateurs exceptionnels partis du Levant (Tyr, Sidon, le Liban actuel) pour fonder Carthage, dont l'empire concurrencera les cités grecques en Sicile ou en Sardaigne, jusqu'à sa destruction par Rome ? Un peuple pratiquant une religion cruelle avec un dieu exigeant l'immolation d'enfants, source d'inspiration du Salammbô de Flaubert ? Pourquoi, comparés aux Grecs et aux Romains, sont-ils finalement presque insignifiants dans nos histoires et nos récits de l'Antiquité ? Comme dans une enquête policière, l'auteure retrace tout ce que l'on sait sur eux et qui renverrait à une " identité " phénicienne, à un peuple original. Elle explore successivement la langue, la religion, les colonies, l'influence régionale de Carthage. Elle s'appuie sur l'épigraphie, la numismatique, l'architecture, les dernières découvertes archéologiques. A chaque fois que l'on croit saisir cette identité, elle s'échappe... On n'est désormais même plus du tout certain que Carthage ait été une colonie de Tyr ou de Sidon... Les Phéniciens constituaient-ils un véritable peuple ? Etaient-ils reconnus comme tel par leurs contemporains ? Ce qui est certain, c'est qu'ils ont fait l'objet d'une multitude d'opérations d'instrumentalisation (et de fantasmes ! ) : par les Grecs, les Romains et, quelques siècles plus tard, par les Irlandais puis les Anglais et, enfin, les Français !
Pourquoi la question migratoire est-elle aujourd'hui réduite, en Europe, à cette notion de crise ? Dans un contexte de tensions politiques, de débats médiatiques véhiculant souvent des catégories d'analyse impropres ou erronées, l'ouvrage se propose de faire le point sur les enseignements que ladite crise a révélé en termes de nouvelles pratiques, et de logiques latentes. Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de " crise des migrants ", ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle " crise " parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ? Pour les auteur. e. s de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des Etats européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre Etats membres qui est supposé fonder l'Union européenne. Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil. Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la " crise " nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.