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La vie de Morgan. Un enfant du XXIe siècle
Ségalat Laurent
MICHALON
17,00 €
Épuisé
EAN :9782841867042
Morgan s'assit sur le divan avec précaution.- Évitez de vous plier en deux les premiers jours, avait dit l'infirmière.En dépit de la douleur qu'il ressentait au postérieur, Morgan était satisfait de sa décision. L'environnement, la pollution, la préservation de la nature, le réchauffement de la planète, les énergies propres, Morgan s'était toujours senti concerné. Et puis, cette année, le gouvernement prenait à sa charge la moitié du coût de l'opération. Pour l'autre moitié, il avait pris un crédit auprès de Bellevie Vos Rêves, la filiale crédit du groupe Belle-vie. Six mille points, c'était encore cher; mais, entre les économies de carburant qu'il ferait et les excédents qu'il pourrait revendre à Bellevie Énergies, il espérait les récupérer rapidement.Morgan sortit de l'emballage la ceinture réservoir de méthane. C'était une poche plastique de quatre-vingts centimètres de large sur vingt de haut. Cinq crochets permettaient de la fixer autour de la taille. Du milieu du réservoir pendait le tube souple à raccorder à la valve rectale. Le modèle qu'il avait choisi avait une capacité de quatre litres, la contenance recommandée pour débuter. Ensuite, il pourrait en acquérir une de capacité supérieure s'il le souhaitait.Morgan imagina la poche remplie de méthane de sa propre fabrication. Il eut un sourire de contentement. Le pet, source d'embarras et de moquerie pendant des siècles et des siècles, trouvait enfin son utilité. L'homme, dans son génie moderne, avait enfin domestiqué cette source inépuisable d'énergie, comme autrefois il avait dompté les rivières avec des barrages pour en faire sortir une énergie propre. Morgan se leva et attacha la ceinture à sa taille. Elle lui allait parfaitement. Vide, elle était invisible sous un pull; remplie, une veste la dissimulerait sans mal. Il fut tenté de brancher le tuyau mais se ravisa. L'infirmière avait conseillé d'attendre six jours pour laisser au rectum le temps de cicatriser.L'extrémité du tuyau était munie d'un embout universel prévu pour s'adapter aussi bien à la valve rectale qu'au réservoir à dépression de sa Renault. Deux petits clics et le précieux gaz y serait transféré sans déperdition. Morgan avait acquis l'année précédente un modèle tribride essence - méthane - électricité. Ce n'est pas qu'il ait eu beaucoup l'usage d'une voiture; seulement une occasion par ici ou par là. Mais, dans ce monde où les déplacements étaient limités à cause de la cherté de l'énergie, la voiture représentait paradoxalement une forme de rêve et de liberté. Celle de pouvoir aller là où on le voulait, à son rythme, à sa guise. Sans être contraint par les itinéraires et les horaires des transports publics et des taxis collectifs. Alors Morgan s'était laissé tenter. D'autant plus qu'acheter une tribride - modèle commercialisé uniquement par Renault et Peugeot - permettait d'échapper à l'emprunt obligatoire. La sienne avait une autonomie de deux cents kilomètres en fonctionnement électrique; le méthane et l'essence octroyaient une autonomie supplémentaire. L'essence resterait pour longtemps hors de prix, sauf si d'aventure l'économie mondiale devait subir une nouvelle crise. L'électricité était devenue très chère depuis la privatisation des fournisseurs. Restait le méthane de fabrication artisanale.
Chacun donne un sens particulier au mot " responsabilité ". Tout dépend de sa formation et de l'époque dans laquelle il vit. Un trait commun unit cependant toutes ces acceptations : l'idée que l'individu responsable est obligé à raison de son acte, qu'il est redevable envers le corps social. Il peut dès lors s'agir d'une responsabilité en raison d'une faute commise, ou d'un choix retenu. L'individu peut être considéré comme seul responsable, mais ce peut être aussi un groupe. De plus, certains peuvent être déclarés irresponsables. Ce premier volume ouvre un dossier dont l'objectif est de présenter les variations subies par cette notion dans les différentes civilisations issues de la romanité.
Félix Marie-Anne ; Labouesse Michel ; Ségalat Laur
Le ver nématode Caenorhabditis elegans (ou C. elegans) est devenu en quelques décennies un organisme modèle en biologie. Premier organisme multicellulaire dont le génome ait été entièrement séquencé, ses qualités particulières (simplicité, cycle de vie rapide) ont fait son succès auprès des chercheurs. On ne compte plus les apports fondamentaux que la recherche sur ce petit animal a permis dans de nombreux domaines des sciences du vivant, depuis la biologie cellulaire jusqu'à la physiologie en passant par la neurobiologie. Rédigé par trois spécialistes reconnus du C. elegans et illustré de nombreux schémas clairs et didactiques, cet ouvrage a pour premier objectif de mettre à la portée des enseignants et des étudiants des universités et des grandes écoles les principales connaissances acquises sur cet organisme. Le second objectif, grâce à quelques encarts techniques et références plus approfondies, est de permettre aux chercheurs venus d'horizons différents de faire le point sur certains domaines récents de la recherche dans ce domaine et de cerner les possibilités offertes par cet animal.
L?auteur nous propose une approche pragmatique, grâce à une analyse pointue des symboles contenus dans l?église. Après toute une jeunesse passée au sein de l?Église, il ne retrouvait pas, dans l?étrange décor de Rennes, ses repères. Les éléments d?architecture et la position des statues l?ont mené sur une piste étonnante, celle de la Franc-maçonnerie. Mais, en soulevant ce coin de voile, il ne révèle pas seulement la véritable histoire de l?abbé Saunière, il montre aussi qu?en réaction à la Franc-maçonnerie laïque et républicaine s?est élevée, un peu partout en France, une tradition monarchiste, catholique, relevant d?une maçonnerie aujourd?hui disparue. Enfin? peut-être! Enfin un livre et une réflexion qui nous laissent entrevoir ce que fut la réalité de cette fin du XIXe siècle dans ce coin perdu de l?Aude.
Florence Niederlander a été diagnostiquée Alzheimer en 2013, à l'âge de 42 ans. Depuis l'annonce de la maladie, elle écrit, quand elle le peut, sur des petits bouts de papier ou dans des carnets, un journal intime épars. Sa mémoire, souvent, lui joue des tours. Florence ne se rappelle plus les visages, peut faire ses courses deux fois de suite sans s'en apercevoir, oublier l'utilité de certains objets, se trouver dans un lieu sans savoir pourquoi, ni comment elle y est arrivée. Elle peut, aussi, ne plus reconnaître son fils, Théo. Pour la première fois, un témoignage apporte un regard neuf sur les symptômes d'Alzheimer : sentiment d'égarement permanent, oubli des siens et de soi-même, émotions décuplées... Florence se bat au quotidien contre l'évolution progressive de la maladie, pour retarder au maximum sa perte d'autonomie. De sa mémoire qui doucement se fragmente, elle a su faire naître un texte à son image : lumineux, solaire, empreint d'amour et d'un courage exemplaire, car, malgré la maladie, elle conserve une simplicité et une joie de vivre qui nous questionnent : que reste-t-il lorsque l'on vit dans un éternel présent ?
Condorcet, entre Lumières et Révolution, est l'auteur des cinq Mémoires sur l'instruction publique (1791) et d'un Projet de Constitution (1793). Par ces oeuvres, il entend contribuer à l'institution du citoyen qui suppose à la fois l'instruction publique et la fondation de la République. L'exercice de la citoyenneté est bien l'affaire de tous, mais tous ne s'en avisent pas encore. Condorcet donne ainsi un testament politique à l'héritage philosophique des Lumières. Instituer le citoyen, c'est affirmer et défendre la République qui existe mais c'est aussi penser à celle qui vient, en se souvenant de la longue histoire de la liberté humaine. Ainsi pourrait-on reconnaître Condorcet, lui-même dans ces lignes consacrées, en 1790, à son ami du Nouveau Monde, Benjamin Franklin : "Sa politique était celle d'un homme qui croit au pouvoir de la raison et à la réalité de la vertu, et qui avait voulu se rendre l'instituteur de ses concitoyens avant d'être appelé à en devenir le législateur".
Témoin capital de notre siècle, Hannah Arendt n'a cessé de construire son ?uvre sur les rapports entre " l'être citoyen " et l'actualité du monde. Comment aurait-elle fait autrement puisque l'Histoire, pour elle, s'est confondue avec sa propre vie ? Chassée d'Allemagne par le nazisme où elle étudiait la philosophie avec Jaspers et Heidegger, exilé d'abord en France puis aux Etats-Unis, celle qui se sentait " l'obligée du monde " a réfléchi, en s'interrogeant sur le pouvoir, sur sa propre destinée et à ce tire, son livre le plus célèbre, Les origines du totalitarisme, constitue la narration dramatique des évènements de l'Europe des années trente et quarante. Attachée à identifier les ruptures de la société européenne à la lumière de la perte du monde commun et de l'affaiblissement de " l'être-citoyen ", Hannah Arendt offre une appréhension nouvelle de notre situation propre, entre le passé et l'avenir, sans l'appui d'autorités et de traditions. Penseur de notre temps, elle a reconnu la fragilité de l'homme. Mais elle a aussi montré sa capacité à imposer un sens à sa vie sociale et morale grâce aux expériences fondamentales de la vie publique.
Quel avenir pour les jeunes placés en foyer et les jeunes des cités ? Après quatorze années passées entre les mains de l'Aide sociale à l'enfance, Adrien se retrouve livré à lui-même à sa majorité. Une fois obtenu son bac pro, il doit se lancer seul dans la vie active. Ses premiers pas le conduiront vers une banlieue du sud de la France. Il y découvre ses nouvelles conditions de vie - gérer un budget, s'occuper du quotidien, première expérience professionnelle - en même temps que la vie de cité, où règnent chômage, insécurité, trafics, règlements de comptes et radicalisation. De rencontres en discussions, Adrien se rapproche peu à peu de ces jeunes fracassés. Sans repères ni famille, il côtoie l'extrême violence de certaines banlieues, territoires gangrenés que la République a désertés... Face à l'inertie des pouvoirs publics, où trouver la force de ne pas sombrer ? Jeune placé, adolescent au parcours chaotique, puis banlieusard - comment faire mentir les statistiques qui vous collent à la peau ? Comment arracher l'étiquette que la société vous impose ? Entre lutte et résilience, le récit choc d'une jeunesse en perdition.
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.
Résumé : " Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l'Université catholique de Louvain. Qui n'a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c'est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu'à en effacer l'encre par endroits. Ma mère ne sait pas lire. Elle aurait pu porter son intérêt sur des centaines de milliers d'autres ouvrages. Alors pourquoi celui-là ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Elle ne le sait pas elle-même. Mais c'est bien celui-ci dont elle me demande la lecture à chaque moment de la journée où elle se sent disponible, où elle a besoin d'être apaisée, où elle a envie tout simplement de profiter un peu de la vie. Et de son fils. "