Ce volume donne la parole à toutes les voix qui représentent les patois de Suisse romande aujourd'hui. Elles proviennent de trois groupes, qui, habituellement, évoluent sans se croiser. Tout d'abord, les associations de locutrices et de locuteurs incarnent la parole vivante, qui devient de plus en plus rare et menace de disparaitre faute de transmission. Les responsables politiques, fédéraux et cantonaux, relaient ensuite la parole officielle : celle des institutions qui encadrent et protègent les langues minoritaires en Suisse, pays officiellement plurilingue. La parole scientifique, finalement, est portée par des linguistes, des sociolinguistes et des dialectologues, qui présentent leurs projets de recherche autour de ces langues. Rassemblées dans un même ouvrage, ces voix, complémentaires, offrent un panorama de la situation actuelle des langues francoprovençale et oïlique de la Suisse romande. L'avenir de ces langues historiques repose, en grande partie, sur les actrices et les acteurs qui s'expriment ici. Leur témoignage décrit les rencontres, les spectacles, les projets culturels, scientifiques et pédagogiques qui se déploient, en Suisse et dans les régions voisines de France et d'Italie. Les patois investissent aussi la sphère numérique, impératif de notre siècle. Conscientes de la richesse et de la diversité des patois romands, ces voix, à l'unisson, cherchent à donner une juste place à tout un pan, encore sous-estimé, du patrimoine linguistique et culturel de la Suisse.
Résumé : Le travail du théologien Thomas d'Aquin a consisté en partie à commenter des oeuvres d'autres auteurs, et certains livres bibliques. Ces commentaires venaient compléter l'enseignement ex professo des Sommes et des Questions, qui ont donné lieu à un premier recueil : Thomas d'Aquin, Penser le politique (Dalloz, 2015, 608 p). A part la Politique d'Aristote, les oeuvres commentées par s. Thomas ne traitaient pas uniquement de questions de cet ordre, mais certaines de leurs parties y avaient trait : Sentences de Pierre le Lombard, synthèse, au XIIe siècle, des questions suscitées par l'explicitation du contenu de la foi chrétienne ; Ethique à Nicomaque et Métaphysique d'Aristote ; passages du Nouveau Testament importants pour l'évangélisation de la Cité humaine. Traitant de politique, Thomas use de références philosophiques plutôt que théologiques. Car la foi théologale ne dispense pas du travail d'analyse rationnelle dont les philosophes grecs ont été les premiers promoteurs : elle stimule ce travail comme une condition et un moyen de sa propre intelligence. La foi ne disqualifie pas plus la raison que la grâce ne supprime la nature : elles apportent un surcroît de perfection à ce qu'elles présupposent. Michel Nodé-Langlois, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, agrégé de philosophie, professeur honoraire de philosophie en Première supérieure (khâgne classique) au lycée Pierre-de-Fermat, et chargé d'enseignement honoraire à l'Institut Catholique de Toulouse.
Résumé : Une paire de ciseaux en main et une pile de papier sur la table, comment débuter son premier collage ? Bien qu'il n'existe pas de règles strictes, l'artiste Andrea D'Aquino démontre qu'il y a des choses importantes qu'un débutant doit savoir pour commencer. Il était un bout de papier est un régal pour les yeux et une mine de conseils pour celles et ceux qui souhaitent explorer le monde du collage. Au fil des pages, l'auteur propose des idées pour se lancer dans la composition d'images fraîches, originales et pleines d'humour. Son approche haute en couleur de l'art du collage stimulera votre créativité tout en vous encourageant à prendre des risques et à tirer profit de vos maladresses, qui sont surtout d'heureux accidents !
Résumé : Je ne voudrais pas retomber dans l'erreur habituelle qui consiste à détacher Léonard de son temps : car il fut pleinement homme de son temps, plus que d'autres, dans la mesure où il porta à son apogée la réflexion autour de l'art qui caractérise son siècle. Mais s'il paraît de prime abord reprendre le précepte de l'art comme imitation (mimêsis), tel que le lui avait légué une tradition pluriséculaire revivifiée par les recherches du XVe siècle, on reconnaîtra bien vite que l'accepter et dire, par exemple, que " la peinture offre aux sens, avec plus de vérité et de certitude, les ?uvres de nature " ne signifie pas pour lui l'épuiser. Cela signifie, au contraire, mieux mettre l'accent sur cette " vérité et certitude " et vouloir perfectionner les expérimentations du Quattrocento sur la perspective pour en mettre eu moins trois à l'étude - la diminution des corps avec la distance, les couleurs et la perspective aérienne - afin de réaliser le beau rêve d'une pleine domination figurative du réel. (Extrait de l'introduction e Mario Pomilio).
Si les chroniques de langage ont joué un rôle majeur dans les discours sur la langue au XX e siècle, ce genre y occupe encore une place centrale aujourd'hui. Particulièrement propices à l'analyse des idéologies langagières, elles sus- citent l'intérêt des scientifiques et sont un lieu d'interrogation privilégié de la sociolinguistique. Toutefois, à l'exception du Québec, on dénombre peu d'études consacrées à ce genre dans la francophonie. Pour combler ce manque, ce volume regroupe des analyses qui portent sur trois régions dites 'périphériques' : l'Acadie, la Suisse romande et la Belgique. Parallèlement, pour la première fois, y sont aussi rassemblées les voix de chroniqueuses et de chroniqueurs qui partagent leur vision de la langue, leurs motivations et leurs méthodes de travail. Enfin, l'article d'ouverture offre un état des lieux de la recherche scientifique sur les chroniques de langage et propose un trait d'union entre les témoignages directs et les analyses sociolinguistiques.
Les barrières socio-économiques érigent des remparts dans l'accès aux postes politiques ! Cet ouvrage révèle comment la rémunération des mandats exécutifs a sculpté une élite exclusive dans les villes suisses. Plongez au coeur d'une recherche historique minutieuse sur 73 ans dans les archives de Zurich, Lausanne, Lucerne et Lugano, dévoilant une professionnalisation précoce remettant en question le principe suisse de la " milice ". Les salaires visent à attirer les cadres des classes supérieures, engendrant une fracture sociale dans le paysage politique. D'un côté, les notables fortunés issus de professions libérales, de l'autre, les professionnels du secteur public et de la politique. Cette étude révèle l'essor d'une nouvelle élite excluant les salariés modestes et redessinant le pouvoir au sein de nos villes. Une exploration saisissante des transformations des élites politiques, révélant les complexités et les défis d'une démocratie confrontée à des hiérarchies sociales profondes.
J'ai dix-huit ans passé, je n'ai aucun métier dans les mains, c'est vraiment triste." Voici comment Gérard, placé dans diverses familles et foyers d'accueil, résume sa situation professionnelle. Tout comme lui, de nombreux enfants et adolescents-es placés durant les années 1950 à 1980 peinent à acquérir des ressources pour leur entrée dans la vie adulte. Pourtant, à cette même époque, commence une transition économique et sociale permettant la démocratisation des études et l'explosion de la culture et de la sociabilité de la jeunesse. La modernisation et les progrès apparents ne touchent cependant pas toutes les catégories de population de la même manière. Les jeunes placés sont particulièrement prétérités et peuvent être considérés comme les oubliés des Trente Glorieuses : ils restent en marge de ces évolutions et sont confrontés à une réalité bien différente de celle de la majorité lorsqu'il s'agit d'effectuer une formation et de nouer des relations durables. A partir de dossiers individuels, cet ouvrage met en évidence les difficultés rencontrées par les jeunes placés pour acquérir du capital humain et du capital social. Comment les autorités justifient-elles les placements et comment ces mesures sont-elles concrétisées ? De quelles opportunités de formation les jeunes placés disposent-ils ? Quelles relations sociales peuvent-ils développer pendant la durée de l'intervention ?
S'appuyant sur un rappel de ses racines italiennes, la présente série d'entretiens commence par évoquer en détail les premières années de cet enfant du Val-de-Travers, entre fratrie nombreuse, parents mal appariés et aïeux profondément aimants. On évoque ensuite ses séjours à Genève et à Engelberg (OW), passages obligés vers le Grand séminaire. C'est de cette abbaye bénédictine que le choc d'une lecture le ramène à Neuchâtel, pour y achever ses études gymnasiales et universitaires. A côté de quelques mentions discrètes sur sa vie de couple et de famille, on le suit, à compter du milieu des années 1960, dans sa carrière d'enseignant, d'abord, puis de conservateur au Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel, qu'il codirigera de main de maître pendant près de trois décennies. Le fait de renvoyer en sous-titre à la forme des " carnets de route " relève à la vérité d'une aimable provocation : c'est en effet un des petits secrets du personnage que d'avoir été marqué, durant la première moitié de sa vie d'adulte, par une réelle phobie des voyages ou, comme il aime à le dire, des " déplacements latéraux "! Au final, ce petit clin d'oeil ne fait donc que souligner mieux encore la persistante fidélité de Jean-Pierre Jelmini à l'axe de la verticalité. Celui-là même qui l'aspira d'abord vers le Ciel avant de le plonger dans le fécond gisement des siècles passés, qu'il ne cessa d'exploiter pour le plaisir et l'édification des Neuchâtelois curieux de leur propre histoire.Entretien avec Julien Knoepfler.