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La notion d'école
Peltre Christine ; Lorentz Philippe
PU STRASBOURG
22,00 €
Épuisé
EAN :9782868202864
La notion d'"école", ancienne et d'utilisation internationale, est un outil d'investigation familier des historiens de l'art: les musées et les bibliothèques en font un usage constant. Cette notion n'a pourtant pas fait l'objet d'une étude monographique, et le présent ouvrage en ouvre le chantier. Des chercheurs français et étrangers s'interrogent ici sur l'évolution de cette notion de l'Antiquité à nos jours - à propos de l'architecture, de la sculpture ou de la peinture - et jusque dans ses implications stylistiques, historiographiques et territoriales. Ces travaux rejoignent les recherches actuelles ; ils manifestent l'association étroite qui s'est progressivement créée entre l'histoire de l'art et la géographie - relation qui tend à se déconstruire au XXe siècle, suite aux dérives nationalistes.
Cet ouvrage (étayé par une iconographie richissime) suit l'évolution du regard occidental - et particulièrement français - sur les arts de l'Islam, regard qui passe de la curiosité et de la fascination de certains artistes et collectionneurs à la reconnaissance des chefs-d'oeuvre dans tous les domaines : architecture, décor, objets d'art, faïences, tapis, orfèvrerie, etc. Ce n'est que depuis l'aménagement du Grand Louvre qu'une section spéciale d'Art islamique est créée. Elle va se transformer, dans les prochaines années, en un département autonome, le huitième du Louvre.
Longtemps Théodore Chassériau (1819-1856) fut l'un des grands oubliés de l'histoire de la peinture. Célébré de son vivant pour son audace picturale, pour la vivacité de son trait et sa capacité à renouveler les thèmes iconographiques, Chassériau, dès la fin du XIXe siècle, fut pourtant relégué, à tort, dans la catégorie infamante des peintres pompiers.L'auteur de cette monographie, Christine Peltre, est ainsi confronté à une rude tâche : restituer l'importance de l'?uvre d'un artiste que ces contemporains comparaient à Delacroix. Le texte cohérent et précis retrace donc avec justesse la vie de Chassériau. Mais c'est surtout l'iconographie qui rend cet ouvrage intéressant. Riche de dessins, d'esquisses et même de vues des grandes fresques qu'il réalise pour les institutions, cet album montre la spécificité de ce peintre dans le milieu français de l'époque. Dès lors, on saisit mieux sa fascination pour les motifs exotiques ou même historiques. Ce Théodore Chassériau doit donc être considéré comme une bonne monographie sur ce peintre à découvrir. --Damien Sausset
Dans le sillage de L'Orientalisme d'Edward Saïd, les études postcoloniales ont mis en évidence la couche de "? pittoresque ? " contenue dans les images des peintres occidentaux de l'Orient, au point que certaines d'entre elles pourraient s'assimiler à des images d'Epinal. Selon cette perspective, l'Europe aurait considéré la Méditerranée et le Proche-Orient à l'aune de sa propre fascination, à la fois quête des origines, appel de l'ailleurs, fantasme de sensualité et déprédation symbolique. Cela posé, quelles sont les conséquences d'un tel dessillement sur l'art et sur l'histoire de l'art ?? Par épisodes tirés d'une vie de recherche sur l'art des XIXe et XXe siècles, Christine Peltre retrace l'histoire savante et subjective d'un "? décadrage ? " de l'Orient. En un peu plus d'une douzaine d'étapes, elle nous guide à travers certains de ces hauts lieux de l'"? ailleurs ? " que nous connaissons souvent par les images de nos musées - Athènes, Istanbul, Izmir, Smyrne, Alger, Marrakech, Tunis... - et dans ces villes d'Europe de l'Ouest - Marseille, Barcelone, Madrid - où universitaires et institutions culturelles s'efforcent d'écrire à frais nouveaux, l'histoire du pourtour méditerranéen. Elle-même amenée à s'y rendre pour prendre part à des colloques, l'auteure, au fil d'échanges avec des collègues étrangers, de rencontres avec des artistes et de déambulations urbaines, met à l'épreuve de la réalité le cadre académique de ses réflexions et son regard "? orienté? ". Délicat exercice de décentrement, qui consiste moins à laisser le réel d'aujourd'hui dompter les fantasmes d'hier qu'à concilier la rigueur scientifique, la probité de l'observation et "? cette voix lancinante qui s'élève vers l'inaccessible ? " et qui continue de résonner aux oreilles du voyageur. Dans un dialogue sensible avec les grands témoins de "? notre ? " Orient - Delacroix, Gautier, Hugo, Fromentin, Flaubert, Loti... - et les recherches artistiques et universitaires actuelles, Christine Peltre combine essai érudit, récit de voyage et autobiographie intellectuelle.
Jusqu'alors patrie mythique des peintres, la Grce s'offre au XIXe sicle, avec la libration progressive de son territoire, l'exploration in situ. Des premires images, inspires par le noclassicisme, l'inventaire officiel de l'Expdition de More (1829), une prolifration de tmoignages traduit la fbrilit des retrouvailles. Celles-ci, pourtant, ne sont pas simples : le philhellnisme parisien est sur place perturb par la multiplicit des hritages francs, byzantins ou ottomans qui brouillent une image qu'on croyait ternelle. Le voyage dans un pays ruin et fort peu poussinesque est une rude odysse qui entretient le dsenchantement mishellne du milieu du sicle bientt tempr par les rvlations de l'archologie, activement diffuses par les Athniens , ou l'volution europenne de la Jeune Grce . Souvent inspir par des documents indits lettres et carnets de croquis , ce livre veut tre la chronique d'un sicle de voyages qui tentent d'apprivoiser la moderne Arcadie et prparent, dans une transition indite et passionnante, l'autre retour l'antique , celui de la modernit.