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La frontière comme méthode ou la multiplication du travail
Mezzadra Sandro ; Neilson Brett ; Guazzini Julien
ASYMETRIE
20,00 €
Épuisé
EAN :9791096441112
Depuis l'Antiquité tardive, le tracé et l'établissement des frontières a été enveloppé de brouillard et de poussière, de violence et de magie. Aux quatre coins du monde, des sources rapportent tes récits merveilleux et terrifiants du tracé des lignes de démarcation entre sacré et profane, bien et mal, privé et public, intérieur et extérieur. Depuis les expériences liminaires des sociétés rituelles, jusqu'à la délimitation de la terre en propriété privée, du fratricide de Remus par Romulus lors de la mythique fondation de Rome, à l'expansion du limes de son Empire, ces récits évoquent la puissance productive de la frontière - le rôle stratégique qu'elle joue dans la fabrication du monde. Ils offrent aussi, d'un simple coup d'oeil, un aperçu de la profonde hétérogénéité du champ sémantique de la frontière, de ses implications symboliques et matérielles complexes. La représentation cartographique moderne et la disposition institutionnelle qui font de la frontière une ligne tout, d'abord en Europe, mondialisée, ensuite par le tourbillon du colonialisme, de l'impérialisme et des luttes anticoloniales - a quelque peu masqué cette complexité et nous a amené à penser la frontière comme littéralement marginale. On assiste aujourd'hui à un profond changement à cet égard. Comme l'ont remarqué de nombreux chercheurs, la frontière est venue s'inscrire au centre de l'expérience contemporaine. Nous assistons non seulement à une multiplication des différents types de frontières, mais aussi à la ré-émergence de la profonde hétérogénéité du champ sémantique de la frontière. Les démarcations symboliques, linguistiques, culturelles et urbaines ne s'articulent plus de façon rigide autour de la frontière géographique. Au contraire, elles se chevauchent, se connectent et se déconnectent de façon souvent imprévisible, contribuant à délimiter de nouvelles normes de domination et d'exploitation. On a coutume de dire, pour s'en féliciter ou le déplorer, que les frontières seraient en train de s'estomper et de disparaitre. A rebours de ces lieux communs, ce livre démontre qu'au contraire les frontières prolifèrent dans le monde actuel et ce, sous des formes et selon des configurations mouvantes, et en constante réinvention, au fil des flux de capitaux, de marchandises et de personnes qu'elles articulent, mais aussi au rythme des luttes qui les environnent et les bousculent. Sandro Mezzadra et Brett Neilson proposent ici un nouveau paradigme qui décloisonne disciplines et théories pour comprendre comment les frontières sont devenues le laboratoire des mutations du capitalisme et de l'Etat.
Cet ouvrage offre un examen critique des nombreuses impasses dans lesquelles se sont engouffrées les sociétés européennes. En analysant le rapport entre division du travail, transformations du capitalisme et mutations de l'Etat, le groupe de recherche "Staatsprojeckt Europa", dont les travaux sont ici pour la première fois traduits en français, montre la spécificité de la crise qui secoue jusque dans ses bases mêmes la construction européenne. Il se concentre sur les politiques migratoires et contribue ainsi à déplacer les lignes du débat français, trop souvent réduit à l'alternative entre souverainisme et européisme. L'analyse des flux migratoires développée dans cet ouvrage éclaire sous une lumière différente la crise actuelle de l'Union Européenne, en articulant ces migrations à l'accumulation du capital à l'échelle mondiale et aux relations géopolitiques.
Mezzadri Bernard ; Momigliano Arnaldo ; Brulé Pier
En gratifiant Hérodote du titre de " Père de l'Histoire ", la tradition humaniste accomplissait d'un même geste un double partage : en direction du futur, elle saluait l'émergence d'une discipline nouvelle, encore embryonnaire certes, mais qui bientôt trouverait en Thucydide un énergique tuteur en direction du passé, elle rejetait dans les limbes incertains du mythique ou du légendaire les pratiques mémorielles antérieures, celle de l'épopée et des premiers auteurs de "généalogies". Ce faisant, elle accomplissait un acte historiographique, puisque la discipline se trouvait ainsi pourvue d'un monument fondateur et d'un prestigieux point d'origine. Proclamer un acte de naissance permettait de disposer d'un terme à partir duquel dérouler jusqu'à nos jours un progrès ininterrompu. On sait que ce modèle évolutionniste n'est plus guère de mise depuis l'implosion des recherches historiques qui s'entêtent à demeurer plurielles - malgré les efforts répétés, surtout chez les tenants de la pensée néo-libérale, pour les réunifier sous les bannières paradoxalement conjointes du néo-positivisme et de la philosophie idéaliste du sujet. Le fructueux éclatement de l'Histoire en une multitude d'histoires a sérieusement écorné l'idéologie essentialiste d'une discipline " une et indivisible ". Avec l'abandon d'une vision téléologique et unifiée des phénomènes historiques, la question ne saurait plus être de savoir si l'Histoire naît avec Thucydide ou si elle existait déjà chez Hérodote. Il s'agit de suivre à la trace l'émergence et la permanence de procédures intellectuelles diverses, à travers des types de discours variés, de sorte que l'enquête sur l'histoire implique de droit une réflexion globale sur toutes les procédures mémorielles d'une culture, de manière à repérer quelles sont les configurations spécifiques qui émergent dans les mondes grec ou romain et qui en font l'originalité. Que la réflexion des contributeurs de ce numéro d'Europe porte sur Hérodote, Xénophon ou Plutarque, sur les " règles du jeu pour étudier l'histoire antique ", sur la singularité des représentations grecques du temps ou encore sur les relations complexes de l'histoire avec le mythe, la religion ou la poésie, on trouvera dans ces pages d'excellentes raisons, en ces temps de doute épistémologique et de scepticisme, pour continuer à faire de l'histoire...
Résumé : Avec sa figure de bonté, son sens actif de la charité, saint Vincent est sans doute l'un des saints les plus populaires, avec François d'Assise ou Thérèse de Lisieux. Ce berger landais cherchait au départ à faire carrière. La vie de Vincent de Paul comporte ombres et lumières. La grâce de Dieu aidant, il est devenu l'âme de tout un peuple, l'ami des indigents et affamés, des galériens et des prisonniers. Par ailleurs, il est le confident des grands de ce monde et des personnalités religieuses de son temps. Il est le fondateur des lazaristes et, avec lui, Louise de Marillac fonde les Filles de la Charité. On l'appellera d'ailleurs le "saint du Grand Siècle". La figure lumineuse de Vincent éclaire l'Eglise et l'Europe un siècle avant la Révolution française, avec une spiritualité très incarnée dont l'abbé Pierre ou Soeur Emmanuelle sont aujourd'hui les héritiers.
En mars 1997, suite à l'écroulement des pyramides financières dans lesquelles beaucoup avaient investi leurs économies, la population albanaise se soulève. En quelques semaines, dans une bonne partie du pays, la classe politique et la quasi-totalité du pouvoir d'Etat sont balayées. La pétrification progressive du mouvement malgré quelques tentatives d'auto-organisation sera toutefois rapidement parachevée par l'intervention de l'armée italienne sous mandat de l'ONU. Ce soulèvement unique par son intensité dans la période récente est pourtant très peu connu et documenté et, à l'heure où l'on met l'insurrection à toutes les sauces, il est donc urgent de le redécouvrir. Cette anthologie présente des analyses et témoignages de l'époque et d'aujourd'hui avec des traductions de l'albanais, de l'anglais, de l'allemand, de l'italien et du grec.
Alors qu'un renouveau de la critique du travail s'impose, c'est non sans ironie, que nous republions dans la collection Réverbération, ce texte vieux de trente ans qui n'a pas pris une ride. Car, en effet, aujourd'hui encore : "C'est l'activité humaine qui est essentielle, emprisonnée dans le travail, elle en détermine l'évolution et les crises. Parce que cette activité est le centre de la vie sociale, la dualité antagonique travail-activité est décisive pour une révolution future". Texte est suivi d'une postface de Gilles Dauvé.
Résumé : L'étude menée par Damien Hélie (1939-1967) entre 1963 et 1966 est l'une des rares recherches in vivo sur les débuts de l'autogestion industrielle en Algérie. Il y examine un processus en cours, dont il n'a donc pas vu l'aboutissement : l'absorption finale du secteur autogéré dans le "secteur socialiste" d'Etat. Il y met en lumière des obstacles liés au fait colonial - qui a laissé l'Algérie indépendante sans cadres techniques ni moyens ni supérieurs, ce qui affecta a productivité -, mais également des facteurs liés à l'extrême pauvreté du peuple, entraînant l'embauche "sociale" d'un surcroît de travailleurs sous-employés dans le secteur autogéré. Donnant la parole à tous les acteurs, il montre l'absence de politisation des ouvriers et des nouveaux cadres et la volonté d'empêcher cette politisation ; en sera favorisée l'émergence d'une "nouvelle classe" dirigeante qui fera fonctionner le développement à son profit. Se pencher aujourd'hui sur l'expérience autogestionnaire en Algérie permet d'interroger, sans certaines des oeillères d'hier, la construction pour le moins chahutée des rapports sociaux postcoloniaux dans ce pays et son ombre portée sur la situation actuelle.
Résumé : Comment relier les diverses crises qui rythment ce début de XXIe siècle ? Cest de cette interrogation que part J. W. Moore dans "Le capitalisme dans la toile de la vie, Ecologie et accumulation du capital" où il propose une nouvelle synthèse critique sappuyant sur diverses traditions théoriques (écologie, marxisme, féminisme) et sur une dialectique rénovée permettant daller au-delà des polarisations classiques entre lhomme et la nature. Les crises actuelles sont le signe que le capitalisme en tant que forme dorganisation de la nature, en tant qu "écologie-monde" , nest plus en mesure, comme avant, de créer ou dobtenir une nature "à bon marché" , quil sagisse du travail, de la nourriture, de lénergie ou des matières premières. En dressant un long panorama historique et intellectuel des dynamiques qui convergent vers le faisceau de crises actuel, l'auteur ouvre de nombreuses pistes pour penser lémancipation d'une humanité saisie comme humanité dans la nature.