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La finance autoritaire. Vers la fin du néolibéralisme
Benquet Marlène ; Bourgeron Théo
RAISONS D AGIR
10,00 €
Épuisé
EAN :9791097084110
Ce livre décrit la montée de régimes autoritaires dans les démocraties occidentales depuis 2010 (Trump; Brexit; Johnson; Bolsonaro). Ce n'est pas le produit de l'insurrection électorale des classes populaires, mais de l'action organisée d'une nouvelle forme de patronat financier dans un contexte d'effondrement écologique. Une analyse des sources de financement des élections, du référendum sur le Brexit : le poids de la finance est considérable et il ne s'agit pas de n'importe quelle finance.C'est un livre fort et passionnant, qui décrit une lutte à mort entre fractions traditionnelles et récentes du patronat pour le contrôle de ce qui reste des démocraties occidentales et des ressources planétaires. L'enjeu de cette lutte, c'est le minimum d'équilibre politique, social et environnemental qui permet aux sociétés de fonctionner. C'est un livre très important qu'il faut lire pour comprendre la situation politique contemporaine.Bonnes Feuilles dans le Monde diplomatique de janvier 2021.
Ce dossier présente les résultats de recherches récentes portant sur la construction sociale de la finance par les institutions publiques après la crise financière de 2008. Il s'inscrit ainsi dans le domaine de recherche qui, au carrefour de l'économie régulationniste, de la sociologie économique et des études sociales de finance, renouvelle depuis le début des années 2000, une approche institutionnaliste des activités financières. Opposée à l'idée d'une autonomisation de l'économique, cette approche souligne les médiations sociales et notamment institutionnelles qui sous-tendent la circulation, l'allocation et l'accumulation du capital au cours du temps. Ces travaux décrivent la centralité des processus d'institution et de réglementation de l'économie dans la structuration de la finance contemporaine. Le rôle de l'Etat fait l'objet d'une attention particulière. Les articles proposés s'inscrivent dans des disciplines scientifiques diverses (sociologie, science politique, économie) et se concentrent sur des acteurs financiers multiples, qu'il s'agisse des banques centrales, des acteurs des marchés monétaires, des fonds d'investissement, des institutions financières d'aide au développement ou encore du secteur financier dans son ensemble. Ils ont comme objectif commun de saisir la manière dont la finance contemporaine, en apparence déréglementée, est cependant le produit d'une construction institutionnelle de long terme.
Résumé : Marlène Benquet a mené pendant trois ans une enquête sur une des principales entreprises françaises de grande distribution : d'abord caissière, elle a ensuite fait un stage au siège du groupe et un autre au sein de l'organisation syndicale majoritaire. Elle révèle dans ce livre stupéfiant les " dessous " de la grande distribution. L'identité des fondateurs (" des épiciers ") a été bouleversée par l'arrivée de nouveaux actionnaires financiers : le management par la promotion a largement disparu, et l'ensemble des salariés accepte mal ce qu'ils vivent comme une insécurité grandissante. Dès lors, pourquoi acceptent-ils d'" encaisser " ces réorganisations fragilisantes ? " Je voulais savoir ce que cela faisait d'être caissière pour comprendre pourquoi elles ne se révoltaient pas ou, en tout cas, moins que dans d'autres secteurs professionnels. " Au sein du siège, le cloisonnement est de règle : impossible de se déplacer dans d'autres services sans une bonne raison. Quant à l'organisation syndicale majoritaire, comment a-t-elle réussi à s'implanter ? Comment contribue-t-elle à la paix sociale ? Ni l'" adhésion " ni la répression ne suffisent à expliquer pourquoi les salariés s'investissent dans leur travail. Plus proches du jeu de go que des échecs, les stratégies patronales neutralisent les salariés mais ne les soumettent pas.
Résumé : Au cours des années 2000, la montée en puissance de la question climatique dans les médias généralistes français, en rendant plus évidents les dégâts environnementaux provoqués par le capitalisme, aurait pu conduire à interroger l'emprise des rationalités marchandes sur l'organisation des sociétés. Revenant sur la genèse et le déroulement ordinaire de ce débat public, ce livre montre comment s'est au contraire imposée une vision dépolitisée de la question climatique. Pour attirer l'attention des journalistes, les défenseurs conventionnels de cette cause doivent en livrer une version consensuelle propre à satisfaire les verdicts du "plus grand nombre". Ils développent alors une entreprise de moralisation des individus ce qui, du même coup, met à l'abri de la critique les logiques économiques et politiques engendrant la catastrophe écologique en cours. Et ce d'autant plus que les prescriptions "éco-citoyennes" occultent le coût environnemental plus élevé des styles de vie socialement valorisés, permettant ainsi aux plus favorisés de faire valoir leur bonne volonté écologique sans avoir à questionner leurs aspirations consuméristes. Loin d'être neutre, la dépolitisation des enjeux climatiques conforte une organisation sociale hautement inégalitaire et écologiquement dévastatrice. C'est donc à une sociologie des mécanismes concourant à la préservation de l'ordre établi que contribue l'enquête présentée dans ce livre. Ce faisant, elle ouvre des pistes pour penser autrement, et au-delà du seul cas français, une transformation sociale et écologique des "sociétés de marché".
Wall Street est le symbole même de la finance des années 1980, du capitalisme triomphant, des empires bâtis sur des opérations de bourse de grande ampleur, par des personnages à la réputation sulfureuse (George Soros, Ted Turner, Michael Milken) qui se sont assurés, en un temps record, des fortunes personnelles immenses. Vingt ans plus tard, les mêmes se lancent dans de grands projets de fondations privées qui auraient pour seul objet de faire le bonheur de l'humanité. Ces financiers devenus philanthropes évoquent l'épopée des "barons voleurs', les Carnegie et Rockefeller qui, partis de peu, avaient fondé les plus grandes entreprises du capitalisme du début de XXe siècle aux États-Unis, en recourant eux aussi aux marchés financiers. Et qui, sur le tard, avaient également cru bon de léguer à la postérité de grandes fondations, des universités ou des hôpitaux. A partir de cette analogie historique, Nicolas Guilhot montre que ce mouvement du capitalisme vers la bienfaisance universelle exprime une dimension essentielle de la reproduction du capital qui, pour se perpétuer, doit trouver les formes de sa propre légitimation."
Que veut dire être gayfriendly ? Avoir des amis gais ? Soutenir. le "mariage pour tous" ? Envisager sans effroi que sa fille devienne lesbienne ? Sortir dans des bars gais et même renouveler ses propres pratiques sexuelles ? Il n'y a pas de "bonne" gayfriendliness, mais des attitudes différentes, en France et aux Etats-Unis, variables selon les âges, le sexe et les parcours de vie. L'acceptation de l'homosexualité, qui progresse indéniablement, n'est pas non plus réservée aux plus riches : ces derniers l'ont plutôt intégrée au sein d'une morale de classe qui leur permet de se distinguer des pauvres, des habitants des banlieues ou encore des populations racisées. Interviewer des hétérosexuels de milieu aisé montre que, dans des espaces de tolérance et de mixité comme le Marais à Paris et Park Slope à Brooklyn, le contrôle n'a pas disparu : la sympathie s'exprime avant tout en direction de gays et de lesbiennes de même statut socioéconomique, qui manifestent leur envie de couple et de famille, et mettent en sourdine tout autre revendication. La gayfriendliness a donc fait reculer la violence et les discriminations ; elle accompagne aussi l'invention, par les femmes surtout, de modes de vie moins conventionnels. Pourtant, si elle a mis fin à certains préjugés, elle ne s'est pas encore complètement affranchie de ce qui reste un élément structurant de nos sociétés : la domination hétérosexuelle.
Dépensier, "inefficace", l'État social est la cible d'attaques récurrentes et l'objet de multiples réformes. Mais que sait-on des professionnels qui ?uvrent en son nom au quotidien? Comment font-ils face aux changements incessants de leurs conditions de travail? Au cours d'une longue enquête dans plusieurs services sociaux, la sociologue Delphine Serre a choisi comme fil directeur les signalements d'enfant en danger qui sont envoyés à la justice. Entre 1994 et 2006, le nombre de mineurs concernés a quasiment doublé. A travers ces signalements on découvre les savoirs et les pratiques, les règles juridiques et les normes éducatives qui guident les assistantes sociales chargées d'identifier les désordres familiaux. La décision de faire appel au juge dépend aussi du contexte de travail, de l'appartenance générationnelle et de la trajectoire de ces agents. Partagées entre le souci d'agir et la peur d'aggraver des situations déjà dramatiques, les assistantes sociales doivent surmonter leurs doutes et trancher. Elles sont d'autant plus déstabilisées qu'elles sont soumises à un nombre croissant d'injonctions, parfois contradictoires, et disposent de peu de ressources pour venir en aide à un public de plus en plus précarisé. Derrière leur réticence ou au contraire leur empressement à signaler apparaissent les causes structurelles du "malaise" des travailleurs sociaux. En nous faisant entrer dans les coulisses de l'Etat social, ce livre permet de comprendre l'épreuve que traversent les professions du public qui, sur le terrain, sont confrontées au désarroi des familles tout en voyant leurs moyens se réduire.