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La fabrique des corps nationaux. Autour de l'institutionnalisation de l'éducation physique en Suisse
Brühwiler Ingrid ; Horlacher Rebekka ; Quin Grégor
ALPHIL
29,50 €
Épuisé
EAN :9782889304868
Apolitique sur la scène internationale sportive, le sport devient dans les écoles un puissant outil de formation (et de contrôle) de la jeunesse au service des projets politiques des gouvernements de tous bords. Obligatoire à l'école depuis la deuxième moitié du XIXe siècle en Europe, l'éducation physique (la "gymnastique"! ) scolaire verra ses contenus définis par les Etats, mais surtout par les enseignants responsables de la branche. "Universitaires" depuis le début du XXe siècle à travers le continent, les formations des futurs maître.se.s d'éducation physique ont beaucoup évolué depuis la fin du XIXe siècle. Ces transformations sont les conséquences de dynamiques internes au champ académique, des dynamiques socio-politico-économiques que traverse l'Occident, mais aussi des transformations de l'espace du sport de haut niveau, où le besoin en savoirs scientifiques explose en marge d'une instrumentalisation politique persistante. Un tournant majeur est la période qui s'étend entre les années 1990 et 2000, entre la mise en oeuvre de nouvelles institutions para-universitaires de formation pédagogique, l'introduction des réformes dites "de Bologne" et l'amorce d'un développement du champ sportif, appelant de nouvelles compétences de la part de ses acteurs. Entre ces deux dates, les principales universités occidentales vont introduire des nouvelles formations en "sciences du sport", pour un abandon progressif d'une spécialisation exclusive en "éducation physique" au profit d'enseignements et de recherches dans les différentes sciences de base, définissant des orientations nouvelles de formation en activités physiques adaptées, en entrainement ou en management du sport. Dans le cadre de ce projet collectif, notre ambition est de donner à lire la complexité des processus aboutissant aux formations contemporaines en sciences du sport. S'il ne s'agit pas de créer des liens arbitraires entre les pionniers de la gymnastique du début du XIXe siècle et les formations en management du sport qui font aujourd'hui le succès des instituts à travers l'Europe, force est de constater que l'éducation physique est un objet particulièrement stimulant qui appelle à de nouveaux travaux aux confins de dynamiques transnationales et de processus d'affirmation nationale.
Le bébé est un être en construction. À la naissance, il est doté d'une capacité lui permettant de tisser des liens avec autrui. Car " un bébé seul" n'existe pas. Il dépend de son entourage et particulièrement de la personne qui occupe la fonction maternelle, personne dont l'attention relationnelle et la préoccupation psychique permettent de s'ajuster aux besoins de son bébé. Pour une mère, un père fragilisés par un parcours de vie chaotique, créer un lien suffisamment bon u avec le bébé s'avère être une épreuve douloureuse, difficile, parfois impossible. Confronté à la défaillance parentale, le bébé fait l'expérience de soins inadaptés, source d'angoisse, d'insécurité et de désorganisation. Le bébé en bonne santé dispose de ressources pour lutter contre un environnement défavorable. Mais, celles-ci n'étant pas inépuisables, il peut développer des troubles fonctionnels, signes de sa souffrance psychique. Reconnaître ces signes pour soutenir le bébé et ses parents est d'autant plus complexe pour le professionnel que la souffrance du tout-petit le plonge parfois dans le déni. Penser la souffrance psychique du bébé, c'est aussi penser des dispositifs de soins précoces tenant compte des différents partenaires de la relation.
Placer un bébé répond toujours à une nécessité de le protéger de la violence et de la destructivité qu'il subit dans son cadre familial. Cependant, si la séparation est nécessaire, elle ne soigne pas. Aider un enfant à grandir au sein d'une autre famille ou en institution doit se penser dans la continuité de son histoire, en prenant en compte les difficultés et les souffrances et en organisant les soins et conditions nécessaires à son développement. Ces modalités comprennent aussi l'attention portée aux parents et le soutien à la famille d'accueil et aux professionnels. Car prendre soin d'un enfant qui a vécu des relations carencées et présente des troubles du comportement représente un défi à relever ensemble. Partant d'un besoin de continuité et de cohérence de soins, cet ouvrage apporte des pistes de réflexion aux professionnels engagés auprès des bébés négligés ou traumatisés.
L'échographie a apporté un savoir sur l'enfant à naître. Les " compétences perceptives du foetus " lui permettent de réagir à son environnement et lui donnent un statut de sujet à part entière. Mais de quel sujet parle-t-on ? Aux changements corporels et physiologiques de la gestation, s'articule un travail psychique intense : neuf mois pour penser l'enfant à venir et se penser mère, père de cet enfant. Cette période interroge et ravive un passé relationnel parfois " oublié ". L'enfant à naître convoque les acteurs du passé, liés ou non à des souvenirs traumatiques qui peuvent interférer douloureusement dans le processus du " devenir mère " et du " devenir père ". Accompagnant ce processus, les professionnels sont aussi interpellés à titre personnel. Comment garder son cadre de travail face aux émotions ? Comment appréhender et donner sens à ce que vit une mère, un père en souffrance ?
S'appuyant sur un rappel de ses racines italiennes, la présente série d'entretiens commence par évoquer en détail les premières années de cet enfant du Val-de-Travers, entre fratrie nombreuse, parents mal appariés et aïeux profondément aimants. On évoque ensuite ses séjours à Genève et à Engelberg (OW), passages obligés vers le Grand séminaire. C'est de cette abbaye bénédictine que le choc d'une lecture le ramène à Neuchâtel, pour y achever ses études gymnasiales et universitaires. A côté de quelques mentions discrètes sur sa vie de couple et de famille, on le suit, à compter du milieu des années 1960, dans sa carrière d'enseignant, d'abord, puis de conservateur au Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel, qu'il codirigera de main de maître pendant près de trois décennies. Le fait de renvoyer en sous-titre à la forme des " carnets de route " relève à la vérité d'une aimable provocation : c'est en effet un des petits secrets du personnage que d'avoir été marqué, durant la première moitié de sa vie d'adulte, par une réelle phobie des voyages ou, comme il aime à le dire, des " déplacements latéraux "! Au final, ce petit clin d'oeil ne fait donc que souligner mieux encore la persistante fidélité de Jean-Pierre Jelmini à l'axe de la verticalité. Celui-là même qui l'aspira d'abord vers le Ciel avant de le plonger dans le fécond gisement des siècles passés, qu'il ne cessa d'exploiter pour le plaisir et l'édification des Neuchâtelois curieux de leur propre histoire.Entretien avec Julien Knoepfler.
Sur les hauteurs de la Riviera vaudoise se dresse le Palace de Caux, siège d'un mouvement international répondant au nom mystérieux de " Réarmement moral " s'apprêtant à fêter ses huit décennies d'existence. Des élites de tous bords y convergèrent en masse dès 1946 pour assister à ses conférences annuelles. Qui formait la nébuleuse de ce cercle porté par un réseau de bénévoles consacrant leur vie à " changer le monde " ? Comment qualifier ce qui ne fut ni un nouveau mouvement religieux, ni une organisation politique ? Quelles furent ses activités et comment expliquer sa pérennisation ? Brassant des millions durant un âge d'or encore mythifié, le RAM est resté dans les mémoires pour son anticommunisme. A partir d'archives inédites croisées avec des entretiens de sympathisant·e·s, cet ouvrage analyse ses mécanismes de pérennisation comme les expressions de la pensée d'un mouvement devenu aujourd'hui l'ONG Initiatives of Change. Une première partie du livre dissèque les influences qui traversent l'idéologie de Troisième voie (méthodisme, personnalisme, libéralisme économique et conservatisme moral) et les procédés systématiques du mouvement. Les formes et les stratégies discursives de la propagande qu'il met en place après la mort de son fondateur sont l'objet de la seconde partie. Le RAM adapte son agenda à celui du reste de la société : face à l'activisme des milieux progressistes des années 1960, il élabore une " contre contre-culture " destinée à la jeunesse ainsi que des écrits antiféministes. La chute du Mur lui donne un nouveau souffle, avec des missions en ex-URSS et la promotion d'une justice restauratrice.
Depuis l'introduction de l'assurance obligatoire des soins en 1996, les controverses sur l'organisation et le financement de l'assurance-maladie, les coûts croissants du système de santé ou encore les relations tendues entre assureurs et professions médicales, constituent autant de points d'achoppement majeurs de la politique suisse. Malgré cette actualité brûlante, l'histoire du système de santé demeure largement méconnue. En s'appuyant sur des archives jusqu'alors inexploitées, ce livre éclaire pour la première fois l'histoire de longue durée des caisses-maladie, qui forment le socle institutionnel du système de financement des soins. Il révèle la façon dont les myriades de sociétés de secours mutuels du XIXe siècle, à fort ancrage local et s'adressant en premier lieu aux hommes de la classe ouvrière, se sont transformées au cours du XXe siècle en caisses-maladie opérant sur l'ensemble du territoire national. La diffusion de l'assurance-maladie auprès de couches toujours plus larges de la population a modifié la gouvernance et le fonctionnement des sociétés mutuelles, qui ont progressivement adopté les technologies commerciales issues du monde de l'assurance-vie. Cet effacement des anciens idéaux mutualistes et leur remplacement par des mécanismes de marché se sont accompagné d'une concentration sectorielle croissante et ont conduit à l'émergence, après la Seconde Guerre mondiale, de l'assurance-maladie en tant que produit de consommation de masse. La thèse de doctorat dont ce livre est issu a reçu le Prix Pierre du Bois 2021, récompensant annuellement la meilleure thèse en histoire défendue à l'Institut des hautes études internationales et du développement de Genève.
J'ai dix-huit ans passé, je n'ai aucun métier dans les mains, c'est vraiment triste." Voici comment Gérard, placé dans diverses familles et foyers d'accueil, résume sa situation professionnelle. Tout comme lui, de nombreux enfants et adolescents-es placés durant les années 1950 à 1980 peinent à acquérir des ressources pour leur entrée dans la vie adulte. Pourtant, à cette même époque, commence une transition économique et sociale permettant la démocratisation des études et l'explosion de la culture et de la sociabilité de la jeunesse. La modernisation et les progrès apparents ne touchent cependant pas toutes les catégories de population de la même manière. Les jeunes placés sont particulièrement prétérités et peuvent être considérés comme les oubliés des Trente Glorieuses : ils restent en marge de ces évolutions et sont confrontés à une réalité bien différente de celle de la majorité lorsqu'il s'agit d'effectuer une formation et de nouer des relations durables. A partir de dossiers individuels, cet ouvrage met en évidence les difficultés rencontrées par les jeunes placés pour acquérir du capital humain et du capital social. Comment les autorités justifient-elles les placements et comment ces mesures sont-elles concrétisées ? De quelles opportunités de formation les jeunes placés disposent-ils ? Quelles relations sociales peuvent-ils développer pendant la durée de l'intervention ?