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La Commune. La liasse "k" du Livre des passages, Textes en français et en allemand
Benjamin Walter ; Berdet Marc
PONTCERQ
6,00 €
Épuisé
EAN :9782919648191
Des mille pages du si célèbre et si peu lu Livre des passages de Walter Benjamin, nous en tirons une quinzaine : parmi les 36 liasses (laissées à Paris en juin 40, au moment où l'armée allemande entre dans la ville) nous en prenons une (au hasard ?) - la liasse "k", intitulée "La Commune" ; et, en fabriquant ce petit manuel, la remettons gaiement en circulation, en France, en cet automne 2016. Le but ? Proposer d'entrer dans le chantier du Passagen-Werk, par la petite porte de cette liasse "k" ; et à l'exemple de celle-ci, montrer ce que pouvait bien faire Benjamin, assis à la Staatsbibliothek de Berlin (1928-29) puis à la Bibliothèque nationale à Paris (1934-40), sous la lampe, recopiant et accumulant des morceaux de citations, classant, coupant, marginant de "croix jaunes couchées", de "lignes ondulantes", ou de "disques bleus avec croix noires", son immense tas de notes destiné à préparer le livre énorme... Mais il s'agit aussi et surtout de s'interroger sur ce que pouvaient représenter, pour le philosophe, la Commune de Paris - et le projet politique de celle-ci. "Que voulait faire Benjamin avec ces notes aussi disparates, dans un paysage politique aussi contrasté ? Y a-t-il quelque part une quelconque indication" ? C'est la question que se pose Marc Berdet dans la préface qu'on lira ici. Et pour apporter à cette question les éléments de réponse qu'elle exige, on verra qu'il est nécessaire d'installer sa recherche au plus près du matériau de cette liasse - jusque dans les trous de citations laissés par Benjamin...
Résumé : Ce volume prend sa place naturelle après Trois pièces radiophoniques déjà parues dans la même collection. Il regroupe en effet les émissions destinées à la jeunesse réalisées par Benjamin avant la mainmise des nazis sur la radio. Que Benjamin ait aussi été un conteur, on le savait déjà. Mais ici, à travers le prisme de l'enfance, et dans la profusion labyrinthique de récits hantés par le merveilleux, c'est le projet d'une pédagogie libre qui s'énonce familièrement, à la façon des devinettes. Tant dans le "je me souviens" berlinois qui ponctue le livre que dans l'évocation d'événements lointains, ces "lumières" pour enfants clignotent pour tous comme le butin enjoué de ce collectionneur d'histoires qu'était Benjamin.
Dans cette lecture très novatrice, qui se situe aussi bien à l'écart de la critique littéraire que d'une analyse sociologique, il ne s'agit pas de décrypter dans les thèmes baudelairiens les bouleversements économiques et sociaux mais, par un effet de miroir, d'éclairer les uns par les autres. Le développement d'une société industrielle de masse, l'avènement d'un prolétariat, l'expérience de la foule dans une grande ville, celle du choc, la marchandise, la "perte d'auréole" du poète, autant de situations exemplaires à partir desquelles Baudelaire "le premier à avoir appréhendé la force productive de l'homme réifié" ici rapproché de Blanqui et de Nietzsche, invente, selon Benjamin, un héroïsme moderne.
Ce volume rassemble des proses courtes de Walter Benjamin qui rapportent pour la plupart des expériences recueillies au cours de ses voyages. La description d'une ville (Moscou, 1927), l'art de collectionner, un repas, une ivresse au haschich, un rêve (1932), le jeu, tels sont quelques-uns des sujets abordés dans ces proses magiques où l'on retrouve en filigrane toutes les notions qui sont au coeur de la réflexion philosophique de Benjamin : le proche et le lointain, le pouvoir des noms, le surgissement du passé dans le présent, l'espoir arraché au fond du désespoir, la prophétie, la prose, l'éthique de la sobriété. Benjamin cultive dans ces textes un genre qui tient à la fois du poème en prose et du petit traité philosophique.
Ce volume rassemble la plupart des textes autobiographiques de Walter Benjamin. De 1906 à sa mort, Benjamin, sans avoir, semble-t-il, tenu régulièrement de journal, obéit à sa propre injonction: "Ne laisse passer aucune pensée incognito, et tiens ton carnet de notes avec autant de rigueur que les autorités tiennent les registres des étrangers." Ce registre, Benjamin l'ouvre à l'occasion de voyages (Italie), d'une rencontre importante (Brecht) ou lorsque affluent les souvenirs d'enfance: c'est alors la Chronique berlinoise, d'autant plus précieuse qu'elle n'est rythmée que par l'épiphanie du souvenir. On sait que Benjamin proscrivait le "je" de ses textes s'il semble déroger à cette règle ici, c'est au moyen de la note, où celui qui écrit se tait pour laisser parler les choses et fixer les idées au moment où elles surgissent. Ces textes, souvent fragmentaires, témoignent par leur diversité de la cohérence d'une pensée; ils ne livrent pas seulement les matériaux infatigablement recherchés des chantiers à venir, il donne à lire le parcours d'une vie où les crises personnelles font souvent entendre leur écho.
Ce petit livre réfléchit aux conséquences qu'aura sur la Vision, sur le Regard, le couplage de nos ordinateurs sur les images du google (monde copié). Il dit que vont s'inverser les rapports entre expérience et connaissance — celle-ci allant se mettre à précéder celle-là... Il prend le regard à son premier commencement : Perceval yeux fixés sur les trois gouttes de sang laissées sur la neige par l'oie blessée. Puis il dit que le problème de la reconnaissance, au sens où Aristote l'étudie dans la Poétique, va se trouver comme dissout. Que, partant, tragédies et comédies seront comme dissoutes... et qu'Oedipe, en sacrifiant sa vision, pourra sauver ses yeux... Il dit que ce sera la fin de la tragédie, la fin de l'expérience. Et qu'Oedipe sauvera ses yeux. Mais il n'est pas impossible de lire aussi ce livre, à l'envers, comme un éloge de la Vision — un éloge de ce qu'est voir —, et qui serait alors tout ensemble éloge de l'expérience et éloge de la tragédie — éloge de la violence de la perception. Ce petit livre, alors, serait écrit comme pour Lucie de Syracuse, sainte violentée, aimée de Dante, et protectrice de la Vue. Tandis que la quasi-totalité des articles et études portant sur le google s'en tient à la question des mondes virtuels, des mondes parallèles et des effets de déréalisation à venir, ce livre au contraire pose la question des conséquences du google à même l'expérience la plus simple et la plus quotidienne — au plus réel et au plus bas : dans une phénoménologie de la perception.
Entre 1870 et 1880, une partie de la jeunesse instruite des villes de Russie se lança à travers les campagnes à la rencontre du peuple, portée par l'enthousiasme, le désir de dévouement, le dégoût des privilèges. Les tchaïkovtsy, à Saint-Péterbourg, furent le noyau dur et tendre de ce grand mouvement qui marqua la Russie pour des générations. Quelques années plus tard, l'un des membres de ce groupe entreprit d'en écrire la genèse.
Ce pamphlet politique, d'une rare et particulière violence, puise à la veine de Kraus et de Péguy : celle de la citation. Il réalise un montage étonnant entre des morceaux traduits et copiés (des bouts attestant l'évolution de la Grèce la plus actuelle, de l'Europe la plus actuelle, de l'Université la plus actuelle) et des morceaux pris aux études grecques les plus antiques - sur le sujet des Mystères d'Eleusis , sur les saccages lacédémoniens en Attique, quand Athènes fut la plus menacée.
Si les objets du monde sont bel et bien des poissons perdus, des res nullius ou des corps comme Nicolas Bon le montre dans cet essai effréné en forme de harangue publique, citant pêle-mêle Rousseau, Melville et saint Augustin, alors les individus qui s'en emparent sont eux-mêmes des inventeurs d'objets trouvés, c'est- à-dire des batteurs de grèves, des écumeurs d'eau douce, des « ravageurs » - c'est- à-dire encore des voleurs susceptibles de se faire voler à leur tour à tout moment. Simplement l'humanité se divise entre ceux qui s'efforcent de trouver là l'occasion de leur liberté, en renonçant aux chimères de la propriété privée, autrement dit en se laissant voler aussi souvent qu'ils volent, et tous les autres, ceux qui voudraient pouvoir voler sans jamais être volés eux-mêmes. Et ce n'est peut-être que ça, le capitalisme : cette supercherie ontologique concertée visant à organiser les conditions de monopole du vol légitime, en naturalisant le statut fallacieux et scélérat de poisson attaché, de res in patrimonio ou de corps-mort ; cet appareil de capture à grande échelle visant à s'approprier tyranniquement tous les vergers de la planète, sans admettre qu'on vienne y cueillir un seul de leurs fruits - car quel voleur accepte qu'on le vole ?