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Charles Nodier. Le politique masqué
Kupiec Anne
KLINCKSIECK
24,99 €
Épuisé
EAN :9782252041741
Bibliophile exceptionnel, polygraphe, précurseur du romantisme, l'écrivain Charles Nodier (1780-1844) a publié à la fois des romans, des contes, des récits, des allégories et des articles pleins d'ironie. Il lui arrivait de ne pas signer ses livres, de prendre des pseudonymes et de multiplier les masques au point que s'impose assez vite la question de son rapport aux divers régimes politiques qui, depuis la Révolution jusqu'à la Monarchie de Juillet, ont constitué le temps historique dans lequel il écrivait. L'hypothèse d'Anne Kupiec est d'emblée politique : Nodier a éprouvé d'une manière suraiguë le moment révolutionnaire, en dépit du fait qu'il l'a vécu en étant encore un enfant. Le fil conducteur politique qui ouvre la lecture de l'oeuvre se confronte alors à des difficultés irréductibles, celle des formes changeantes de l'expression littéraire de Nodier, celle des masques multiples de l'écrivain et, enfin, celle d'une ambiguïté des positions politiques. En effet, Nodier fait à la fois l'éloge de Bonald et de Saint-Simon, de Madame de Staël et de Babeuf ou de Buonarroti, il critique le despotisme de l'Empire et se trouve déçu par la Monarchie de Juillet. L'analyse doit ainsi s'élever à la saisie du sens profond de l'ambiguïté, après en avoir traversé toutes les formes et toutes les variations. Ainsi s'éclaire peu à peu la nature d'un scepticisme politique qui doute de tout sans renoncer à rien, qui use des formes multiples de l'écriture pour éveiller son lecteur à l'interrogation, sinon à la critique, du présent et des éléments de positivité de ce présent. La pensée politique fait le détour du fantastique, du rêve animalier, de l'éloge paradoxal, de la "monomanie réflective" , de la fiction pour conjurer le désenchantement et ménager des perspectives d'écart, de recul, d'exil par rapport aux déceptions que la période post-révolutionnaire a suscitées. De manière étonnante Nodier est celui qui, en 1835, au moment de l'édition du Discours de la servitude volontaire par Lamennais, propose d'éditer les oeuvres complètes de La Boétie. Cette proposition est d'autant plus significative que Nodier a été l'éditeur des Institutions républicaines de Saint-Just... Le penseur politique n'est pas démasqué, mais son masque d'écritures découvre ses vrais enjeux.
Bentouhami Hourya ; Grangé Ninon ; Kupiec Anne ; S
La réflexion sur le droit apparaît aujourd'hui comme l'un des centres d'intérêts les plus productifs de la philosophie et de la sociologie politique, démontrant par là que la relation entre droit, morale et politique ne cesse d'être questionnée, entraînant un continuel déplacement de frontières entre ces trois sphères. Le droit est-il politique? Ou encore : quel rapport le droit entretient-il avec la morale? Loin d'être formelles, ces questions rappellent combien le souci pour le droit doit être avant tout un souci pour la politique comme préservation des conditions de réalisation de la liberté. D'où l'identification du politique à la critique. Mais comment le droit qui est l'axe qui structures nos sociétés peut-il être politique? Autrement dit, comment peut-il être à la fois l'objet et l'instrument d'une critique qui conduise à transformer notre rapport au monde? Peut-il être dialectiquement l'objet d'un souci qui soit à la fois une inquiétude ou un soupçon jeté à son égard, et une attention ou un soin particulier?
Karl Mannheim, grande figure intellectuelle européenne, est l'un des fondateurs de la sociologie de la connaissance. Né en Hongrie en 1893, Mannheim a enseigné en Allemagne de 1920 à 1933 puis, contraint à l'exil, il s'est installé en Angleterre jusqu'à sa mort en 1947. Face à la crise dans laquelle s'enfonce l'Allemagne d'abord puis l'Europe tout entière, Mannheim tente d'élucider les raisons qui poussent certains à s'accrocher au passé et d'autres à dessiner un avenir en rupture avec le présent. Faisant appel à de nouvelles modalités du connaître, il essaie d'élaborer ce qu'il appelle une nouvelle science du politique pour surmonter les difficultés de l'entre-deux-guerres. Mais son approche originale - ce qu'il appelle l'exploration des possibles - présente un caractère suffisamment général pour constituer une leçon stimulante pour le présent. Grâce à sa manière d'écrire, Mannheim compose une sorte de modèle socratique qui aménage les conditions d'une relation active avec son lecteur ainsi conduit à une analyse constante et autonome. L'on comprend pourquoi L'oeuvre de Mannheim a suscité les réactions, souvent passionnées, de nombreux penseurs occidentaux du xxe siècle. Ce livre veut donner sa vraie dimension à une ?uvre trop négligée en France ces dernières décennies.
Ce Cahier autour de Pierre Clastres propose au lecteur un ensemble de textes de l?ethnologue, sinon inédits du moins difficilement trouvables, et des contributions de philosophes et d?écrivains réfléchissant aux voies nouvelles ouvertes par une oeuvre qui, malgré son inachèvement, apporte un autre regard pour penser la question politique et la condition de la liberté. En outre, des articles et des préfaces aident à prendre connaissance de la réception de Pierre Clastres dans les pays d?Amérique latine, où son oeuvre est une référence constante pour les ethnologues aussi bien que pour les philosophes. Il semblerait ne pas en être de même en France, où les différentes orthodoxies qui définissent la « science normale » sont rétives à la nouvelle anthropologie politique développée par Pierre Clastres. La publication de ce livre est une tentative pour y remédier et accorder à cette oeuvre phare la place qui lui revient aux côtés des plus grands.
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.