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D'encre, de fer et de feu. Lettres à Henry Charpentier (1914-1918)
Krémer Louis ; Charpentier Henry ; Campa Laurence
TABLE RONDE
43,65 €
Épuisé
EAN :9782710330851
Oui, je vous revois encore, morts des combats inexpiables, qui êtes tombés là-bas, sur les pentes de la Colline sanglante ou dans le creux du ravin maudit, et qui êtes restés couchés sur le sol, crispés et raidis, pendant les longues journées de la Bataille, sans qu'aucune main pieuse ait pu venir vous relever et vous emporter. Je vous revois tous, lamentables caricatures d'une humanité de déments, spectres terribles, formidablement sinistres et grimaçants, figés dans les attitudes de vos agonies solitaires. Tous, depuis ce jeune adjudant pâle, à la mince moustache, au calme visage cireux, qui s'est endormi, les mains jointes, sage et tranquille, et dont la capote presque propre porte encore la fiche blanche des blessés (sans doute a-t-il succombé pendant le transport), jusqu'aux effroyables masques des suppliciés, roulés dans leurs loques terreuses, semblables à des momies révoltées, à d'atroces statues de boue. Sont-ce vraiment les débris d'une humanité jadis vivante, ou bien les inventions irréelles et fantastiques d'un sardonique démon ? Ces choses sans nom furent-elles des créatures agissantes, purent-elles vraiment parler, respirer, sourire, oser des mots d'amour ? " Le poète Louis Krémer (né en 1883) écrit ces lignes en octobre 1916, dans le secteur de Fleury-devant-Douaumont, alors que la bataille de Verdun entre dans son huitième mois. Mobilisé en août 1914 comme simple fantassin, il a déjà connu l'Artois, le Chemin des Dames et la cote 304. En juin 1918, lors d'une des dernières offensives allemandes, il est touché devant Compiègne et meurt des suites de ses blessures le 18 juillet 1918, à Paris. Pendant quatre ans, Louis Krémer a écrit des lettres pleines de révolte, d'ironie et de stupeur à son ami d'enfance, le poète Henry Charpentier. Il lui a également envoyé des proses, des dessins, et toutes sortes de documents qu'il voulait sauver de la destruction. Cet ensemble, âpre et lyrique, est demeuré inédit jusqu'à ce jour. Témoignage littéraire atypique sur la Grande Guerre, D'encre, de fer et de feu raconte l'histoire d'un poète en des temps de supplices.
Dans Mission Antarctique, Annabelle Kremer vous raconte son immersion pendant près de deux mois en Antarctique sur la base de Dumont d'Urville. Avec ce récit de terrain illustré de plus 60 photographies, vous vivrez une aventure exceptionnelle et vous verrez des scientifiques lever, pour vous, un coin du voile sur les questions qui les animent. Vous découvrirez aussi une galerie des métiers où des femmes et des hommes passionnés, qui font fonctionner la base au quotidien, présentent leur parcours de vie et leur travail.
194 plantes médicinales parmi les plus connues; leurs caractéristiques; leurs traits intéressants; de superbes photos; des dessins des détails et bien sûr leur valeur thérapeutique. Indispensable à tous ceux qui aiment se soigner par les plantes.
Les fantômes traditionnellement sont anglais : la période victorienne (1837-1901) constitue l'âge d'or de ce personnage vénérable de la littérature anglaise. Virginia Woolf définit parfaitement le cadre de leur résurrection : "ils n'ont rien de commun avec les violents spectres d'antan (vieux loups de mer barbouillés de sang, dames décapitées [...] ils ont leur origine en nous [...] ils sont présent chaque fois que l'étrange fait vibrer l'ordinaire". Malaises, névroses, adultères condamnés, misère sociale, alcoolisme, maladies mentales, crimes crapuleux, usure, spéculation effrénée constituent bien le revers des choses dans cette époque prude et moralisatrice. D'une façon générale, le fantastique a valeur de symptôme et permet de mettre à mal la morale dominante et les valeurs sociales. Onze récits marquants - pour la quasi totalité, inédits en français - ont été retenus : ils offrent un contraste saisissant avec les romans bourgeois ou aristocratiques de l'époque, pleine de fausse sentimentalité. Les Fantômes de ces onze écrivains sont comme les figurants décentrés, dédoublés, d'une société inquiète, oppressive, il s'agit rarement d'un simple divertissement littéraire. Ce volume contient : Wilkie Collins, Neuf heures ! ; Charles Dickens, Le Fantôme dans la chambre de la mariée ; Patrick Kennedy, Les Fantômes et la partie de football ; Anonyme, Le Spectre de la visiteuse ; Joseph Sheridan Le Fanu, Le Fantôme et le rebouteux ; Sir Arthur Conan Doyle, Comment c'est arrivé ; Vincent O'Sullivan, Quand j'étais mort ; Bernard Capes, La Maison qui s'est évanouie ; Arthur Quiller-Couch, La Chance du Laird ; George Moore, Un théâtre dans la lande ; E.M. Forster, L'omnibus céleste.
Médée, terrible Médée ! Femme révoltée qui trahit son père, tua son frère pour l'amour de Jason et la conquête de la Toison d'or. Dix ans après, Jason se déprend de Médée et s'apprête à épouser la fille de Créon, roi de Corinthe. Refusant la fuite et le "bonheur, le pauvre bonheur", Médée va continuer à semer le feu... Je t'ai aimée, Médée. J'ai aimé notre vie forcenée. J'ai aimé le crime et l'aventure avec toi. Et nos étreintes, nos sales luttes de chiffonniers, et cette entente de complices que nous retrouvions le soir, sur la paillasse, dans un coin de notre roulotte, après nos coups. J'ai aimé ton monde noir, ton audace, ta révolte, ta connivence avec l'horreur et la mort, ta rage de tout détruire. J'ai cru avec toi qu'il fallait toujours prendre et se battre et que tout était permis", Jean Anouilh.
En 1938, désespéré par les compromissions de l'Eglise et par la lâcheté des démocraties, Georges Bernanos quitte l'Europe avec sa femme et ses six enfants pour recréer une "nouvelle France" en Amérique latine. Au Brésil, l'écrivain passe sept longues années en exil, à Rio de Janeiro, Itaipava, Juiz de Fora, Vassouras, Pirapora et Barbacena. Contrairement à Stefan Zweig, venu lui rendre visite dans sa ferme quelques jours avant son suicide, le romancier français n'a pas laissé de livre pour célébrer ce pays qu'il a tant aimé. Toutefois, au fil des pages consacrées à cette terre d'espérance et d'amitié dans Lettre aux Anglais, Les Enfants humiliés, Le Chemin de la Croix-des-Ames, sa correspondance trop peu connue et quelques articles publiés après son retour en France, on découvre que Bernanos s'est fait du Brésil une image toute à lui, au coeur des soubresauts de la Seconde Guerre mondiale. Et l'on comprend que c'est un homme profondément changé qui a dit adieu au Cristo Redemptor du Corcovado, le 2 juin 1945.
Ohl Michel ; Dussert Eric ; Ohl Jean-Pierre ; Nogu
C'est par pur altruisme que Michel Ohl a rejoint le groupe des écrivains imaginatifs débordants, et s'est laissé classer dans ce club informel des gens d'esprit avec ses pairs Maurice Roche, Jean-Pierre Verheggen, Alphonse Allais, Raymond Queneau, Boris Vian, Alfred Jarry et quelques moralistes carabinés du genre de Félix Fénéon. Ajoutez à cela son goût personnel pour les collages à usage épistolaire, vous avez le portrait de l'original bravant les conventions d'un monde codifié qui n'apprécie rien tant que le sérieux et la morgue. Dans ces pages où se percutent les notes de zinc, les détournements, les anagrammes, les calembours, les anecdotes, les récits de rêves fous et ses méditations de lecteur frénétique, ces pages où résonne le "mastaraglu", la langue des morts de son invention, on retrouve toute la jubilation et toute la déflagration de la littérature en marche.
Au début des années 1990, Mark Senders, dessinateur bohème et amateur de paradis artificiels, se retrouve vautré comme un SDF dans un parc new-yorkais. Il écoute un homme qui décrit le crépuscule sur la baie de l'Hudson. C'est parce que la précision des termes employés le frappe qu'il s'approche de l'inconnu et assiste à son assassinat. Pour percer le secret du "sourire contenu" - expression la plus difficile à rendre pour un dessinateur - d'une femme aux yeux violets qu'un tueur s'est juré de crever, Mark va se lancer dans une enquête, du New York des médiums au Cambodge déchiré par les coups d'Etat, en passant par Hong-Kong à la veille de la rétrocession à la Chine. Dans ce roman noir qui s'attache autant à un monde finissant qu'au sort des cochons en Asie du Sud-Est, Serge Quadruppani est en quête d'une "Shelter Island", d'une île-abri. Inutile de dire qu'il ne l'a pas encore trouvée, vingt ans après la première parution de cette errance géostratégique et sentimentale.
En 1977, Jean-Patrick Manchette commence d'archiver méthodiquement son courrier, dont émergent plus de deux cents lettres inédites ici réunies. Tapées à la machine ou manuscrites, elles dessinent le cercle de ses relations en même temps que l'évolution de ses réflexions, politiques, artistiques, stylistiques. Une correspondance de longue haleine, entretenue avec un soin extrême, parfois avec humour et toujours dans la langue dont il a le secret, capable de la plus subtile nuance comme du pire uppercut. Avec ses amis ou ses ennemis, il parle polar, traduction, économie du livre, cinéma, politique, art et marchandise... Jusque dans ses parties d'échecs avec Pierre Siniac et lesmots doux adressés à la banque, à son éditeur ou aux voisins, chacune de ses missives est un travail d'écrivain, tantôt éprouvant, tantôt récréatif. On y devine, entre les lignes, les réponses que lui ont faites Jean Echenoz, Donald Westlake, James Ellroy, Robin Cook ou Ross Thomas. On y devine, aussi, l'homme souvent intransigeant, mais jamais indifférent, que fut Jean-Patrick Manchette, jusqu'à ses dernières heures.
Nul lecteur du Journal d'André Gide n'ignore le nom de Marcel Drouin (1871-1943) : il y est souvent cité avec ferveur et y apparaît comme l'un des plus anciens et intimes amis de l'auteur des Nourritures terrestres, avec Pierre Louÿs et Léon Blum, et avant même Paul Valéry, leurs amis communs. Gide a été immédiatement fasciné par les capacités intellectuelles de son ami normalien, futur professeur à qui d'abord tout réussit (major à Ulm, major à l'agrégation) et au contact duquel il se sent exalté et comme sublimé, si différent soit-il de lui-même. Drouin est aussi le seul philosophe du groupe des "pères fondateurs" de La NRF, où sa culture très diversifiée, sa connaissance de la civilisation allemande et la sûreté de son jugement vont faire autorité. Aux côtés et par l'intermédiaire de son ami et bientôt beau-frère André Gide - dont il va épouser en 1897 la cousine germaine Jeanne Rondeaux, soeur de sa propre femme Madeleine -, Marcel Drouin devient l'un des critiques littéraires importants de La Revue blanche, de L'Ermitage, puis de La NRF à ses débuts. Avec Gide, il échange alors de nombreuses lettres où s'affinent les stratégies éditoriales et s'expriment des jugements multiples qui permettent d'imaginer la richesse des très nombreux entretiens qu'ils ont ensemble, à chaque période de vacances à Cuverville, où s'élaborent des oeuvres travaillées ou corrigées en commun. Ainsi ces lettres nombreuses qui témoignent d'une amitié durable, malgré des hauts et des bas inévitables, sont traversées de questions hautement sensibles : la relation de l'écrivain à la réalité, l'affaire Dreyfus et l'antisémitisme, la liberté de moeurs et l'aveu d'homosexualité, la position des intellectuels face aux totalitarismes... Elles offrent également des vues émouvantes et souvent tendres sur la vie au jour le jour d'une famille singulière et chérie, dont Gide a dit à plusieurs reprises qu'elle n'était nullement visée par le fameux : "Familles je vous hais ! "
Céline Louis-Ferdinand ; Sollers Philippe ; Fouché
Né en 1894 à Courbevoie, près de Paris, Louis-Ferdinand Céline (pseudonyme de L-F Destouches) prépare seul son baccalauréat tout en travaillant. Engagé en 1912, il est gravement blessé en novembre 1914. Invalide à 75 % et réformé, il devient agent commercial et part au Cameroun (1916), puis à Londres (1917). Après la Victoire, il fait des études de médecine, puis accomplit des missions en Afrique et aux États-Unis pour le compte de la Société des Nations. De retour en France, il exerce la médecine dans la banlieue parisienne et publie en 1932 son premier ouvrage Voyage au bout de la nuit, suivi, en 1936, de Mort à crédit. De 1944 à 1951 Céline, exilé, vit en Allemagne et au Danemark. Revenu en France il s?installe à Meudon où il poursuit son oeuvre (D?un château l?autre, Nord, Rigodon) et continue à soigner essentiellement les pauvres. Il meurt en 1961.
Résumé : Dans ses Carnets, Henry James a consigné moins les événements de sa vie que ceux de son oeuvre, c'est-à-dire la vie de son oeuvre : invention de sujets, genèse des textes, résumés, projets, interrogations.