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Slovo N° 53 : Archives et traces : enjeux, usages et poétiques . Actes des Doctoriales de l’Europe m
Kozyreva Anastasia ; Lakine Denis ; Wolkenstein Pa
INALCO PRESSES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782858314249
En quoi les archives peuvent-elles nourrir le travail des chercheurs, mais aussi celui des artistes et, plus largement, fonder l'identité d'un individu ? Cette interprétation du passé par les archives devient d'autant plus problématique dans les pays de l'espace post-soviétique. A la fois outils et objets de recherche, les archives sont des lieux de mémoire qui permettent une enquête sur le passé associant des interrogations sur l'origine, l'identité et l'avenir. Abordées du point de vue de la construction, des usages et des spoliations par des institutions et par des individus, les archives présentées dans les études des jeunes chercheurs rassemblées dans ce numéro de Slovo deviennent un point de départ pour une interrogation sur les transformations des sociétés dans les aires géographiques d'Europe centrale et orientale et de l'ex-URSS. Cette interrogation nous permet d'abord de découvrir les différentes formes de mémoires (individuelle, collective, institutionnelle, identitaire) dans leur interaction avec des archives aux supports variés. Que le dispositif soit écrit ou oral, appartenant aux réseaux sociaux ou à la presse, de nature politique ou sociétale, les archives sont utilisées pour une réécriture ou une manipulation de l'histoire. Quant au domaine des arts et de la littérature, les archives non seulement apparaissent comme les témoins d'un processus de création, mais aussi participent de la conception esthétique d'une oeuvre. Questionner les archives revient ici à interroger leur statut en tant que source d'inspiration, outil d'interprétation, lieu de création et geste poétique. Enfin, les différents usages des archives par les chercheurs mettent en lumière des perspectives pour un renouvellement des études architecturales, littéraires ou musicales.
Près de l'une des portes, il se passe quelque chose d'incompréhensible. La petite fille se tient devant, les sourcils froncés, les mains dans les poches de son tablier... " Tel un tableau, une scène muette, l'image de la porte fermée ponctue le parcours initiatique de la petite écolière soviétique Victoria. Empêtrée dans une existence mouvementée et déroutante, qu'elle décrypte à sa manière, l'enfant est témoin sans le savoir de grands événements, la terreur stalinienne, la guerre. L'Histoire lui offre sa face grise, quotidienne, ou l'autre, absurde et dérisoire. Les adultes font et disent des choses incompréhensibles. Ils recouvrent la réalité de mots trompeurs. Pour grandir, Victoria doit apprendre leur langage et, parfois même, d'autres langues. Car de porte en porte, de perte en perte, son destin la mène de Moscou jusqu'en Ouzbékistan. Ainsi, peu à peu, le monde s'ouvre à elle, dans toute sa beauté, dans toute son horreur. La Petite Fille devant la porte est l'histoire d'une survie, qui ne va point sans l'art. Lorsque rien ne va plus, Victoria se met à réciter de la poésie. Les vers ont alors une force magique quand, perçant la monotonie et la misère des jours, ils font apparaître des êtres proches que l'on croyait disparus, ou font surgir des justes. Il y en aura toute une galerie dans ce texte riche en portraits. Grâce à eux, Victoria traversera les épreuves. Chaque fois qu'un être lui ouvrira sa porte, il disparaîtra. Mais chaque fois, Victoria réinventera le monde.
L'Asie du Sud, qui dispose de deux des plus grands bassins hydrographiques de la planète, est l'héritière d'une longue histoire urbaine. De nombreuses villes saintes, considérées comme les demeures de forces divines, se sont développées sur des rives également propices à l'installation de capitales et à l'essor de centres de commerce. A travers l'analyse de sept couples villes/fleuves, des plaines du moyen Indus au Pakistan (Sehwan Sharif) à celle du Brahmapoutre en Assam (Guwahati), de la vallée du Gange et de la Yamuna (Bénarès et Delhi), à celle de la Vaigai en Inde du Sud (Maduraï) en passant par le bassin de la Narmada, en Inde centrale (Amarkantaka et Omkareshwar), l'ouvrage explore la multiplicité des visions et des émotions qui continuent de susciter des pratiques et des aménagements spécifiques sur les berges urbaines. Ce volume collectif propose une réflexion pluridisciplinaire sur cet héritage singulier, aujourd'hui menacé par l'explosion démographique et par la pollution, et sur les perceptions contemporaines contradictoires des dévots et des touristes, des populations locales et des décideurs nationaux, des habitants de bidonvilles et des citadins des classes moyennes.
Afin de comprendre ce qu'implique l'acte de traduire, il convient de déconstruire le processus dans tous ses états, car il s'avère essentiellement pluriel. Où traduit-on ? Les champs de l'édition, de la critique et de l'université se disputent une autorité qu'ils refusent aux traducteurs, priés de faire preuve de modestie et de rester transparents. Qui traduit quand on traduit ? Les acteurs de la traduction sont étrangement nombreux, qui interviennent non seulement sur le paratexte, mais dans le texte lui-même. Des conceptions obsolètes de la langue et de l'Ainsi Nommée Littérature imposent des choix qui concourent trop souvent à l'annexion de l'original. Que traduit-on quand on traduit ? Il est temps de dégager le traduire des déterminations linguistiques pour considérer l'objet à traduire dans tous ses états : texte, livre, marchandise. Une fois défini le "traduire" comme une opération fondamentalement littéraire, il convient de définir des méthodologies pour procéder à un transfert de socialité dans une opération unique. A chaque trace, indice et valeur doit correspondre dans le texte traduit une trace, un indice, une valeur. Y compris ce que révèlent les rythmes, la matérialité, l'histoire des Ainsi Nommées Littératures, trop souvent gommés.