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Le fils du concierge
Koumandaréas Ménis ; Barzin Michel ; Le Bris Nicol
ESPERLUETE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782359840582
Il s'appelait Zissis ; c'était le ?ls d'un concierge du voisinage. Un grand gars pataud avec les cheveux huileux, et moi je devais faire de cet escogriffe une créature ornée d'une brosse de porc-épic. Naguère, je me souviens, c'était un enfant réservé, poli, toujours premier à l'école ; de ce temps-là il m'appelait Monsieur. Maintenant c'était Evri tout court. Dans ses yeux s'était allumée une lueur curieuse ; il voulait, paraît-il, être un homme - comme si quelqu'un y avait fait obstruction. La nouvelle de Ménis Koumandaréas s'organise autour d'incidents survenus dans le salon de coiffure d'Evripidis (Euripide) et des histoires qu'il raconte à ses clients. La mort plane autour du jeune Zissis, le fils d'un concierge des environs. Mais est-il bien celui qu'il prétend être? ? et qui est ce vieil homme qui apparaît et qui affirme être son père alors que son propre fils s'est tué dans un accident de moto? ? de quel drame le concierge est-il le témoin? ?... Toute la tension du récit est là, dans ce huis-clos absurde. Cette fable sur la vieillesse, le temps, la mort, nous renvoie à la vanité des choses d'ici-bas. Les dessins de Michel Barzin, avec leur fausse légèreté, accentuent ce tragique et entrent en résonance avec le destin du Concierge, de Ménis Koumandaréas (assassiné fin 2014 pour quelques billets de banque) et de la Grèce actuelle.
Au moins, m'a-t-elle demandé, tu as aimé la musique? Ah, beaucoup madame, au dernier acte, quand elle est sur son lit à l'agonie et que le jeune homme vient la voir, j'ai fondu en larmes. Tu sais pourquoi tu pleurais? a-t-elle dit les yeux rivés sur moi. Elle avait une façon prodigieusement insistante de vous regarder tout en ayant l'air distrait."Comment se peut-il qu'un jeune Corfiote de dix-sept ans, serveur à l'hôtel de Grande-Bretagne, ait connu de près Maria Callas et l'ait entendue chanter pour lui seul? Trente ans après, Alfredo, tel est son nom, parvenu à la cinquantaine et devenu patron de restaurant, livre l'histoire à un journaliste venu l'interroger dans son île natale.
Roman ? Récit autobiographique ? Nouvelles ? Dans les dix histoires que voila, qui se suivent, un adolescent ressemblant fort à l'auteur grandit dans Athènes juste après la guerre. Il découvre le monde adulte et surtout la sexualité, ses enchantements, ses moments sordides. On a rarement décrit aussi finement le petit dieu Eros, avec sa cour de mauvais anges — ces divers marginaux, aussi attirants qu'inquiétants, qui tournent autour du jeune fils de famille. Mauvais anges ? Pas très orthodoxes en tout cas, aussi ambigus que les désirs du héros, dont le coeur balance entre filles et garçons. Enfer et paradis, tendresse et ironie, humour et douleur, Koumandarèas est là tout entier.
Un jeune journaliste débutant ? plus rocker que journaliste ? se présente au domicile d'un écrivain célèbre pour une série d'interviews. Se nouent entre eux des relations ambivalentes d'intérêt et d'exaspération réciproques. " Play ", c'est la touche du magnétoscope qui permet au " reporter " novice de réentendre les entretiens. Ce face à face dans lequel Koumandarèas se figure lui-même relève de la fiction. Il n'en est que plus authentique, peut-on dire sans paradoxe : voilà des propos que nul n'aura dénaturés. Et surtout, ils se trouvent pris dans une construction où le lecteur ? témoin caché de ces échanges ? se trouve placé comme au théâtre, récepteur d'un dialogue qui par sa nature même donne la sensation d'un arrière-plan inexprimé. L'interview imaginaire écrite ici par Mènis Koumandarèas lui permet ainsi de dresser de lui-même un autoportrait à la fois fidèle et ironique. Mais le cadre fictif dans lequel il l'insère, et où il déplace l'intérêt de sa propre personne vers celle de son jeune partenaire, pourrait bien en dire sur le compte de l'écrivain.
Dans un quartier en lisière de forêt, où les branches des hêtres touchent presque les toits, entre ville et frondaisons, s'établit doucement une coutume qui veut que l'on dépose sur son appui de fenêtre ou son seuil, les objets et les vêtements dont on n'a plus usage ou utilité. Ainsi, quand le temps est clair et qu'il n'est pas annoncé d'averses, fleurissent les "?à donner?" ou les offrandes silencieuses, hétéroclites. Dans ce quartier que longe la forêt, on entend, la nuit, par grand vent, la mer. Le ressac des branches, la houle des troncs, créent des marées forestières. Au matin, quand les rues se réveillent, un goût d'embruns se mêle au quotidien. Anne Herbauts a alors imaginé que les nuits de tempête, la marée forestière abandonnait des objets divers, marins, flottés, sur les pas de porte et au bord des fenêtres. Ce catalogue en est la preuve certaine, archéologique. Un glanage au fil de quelques rues, en lisière, les matins de jusant.
Faire ses blancs pains, au Pays des Collines, c'est pétrir le drap du lit comme pour préparer une offrande pour l'au-delà. Ce geste annonce alors que la mort est proche et que le mourant, doucement, se prépare. En trois textes qui s'enchaînent, Françoise Lison-Leroy interroge la place prise par chacun dans sa famille, les présents comme les absents, ceux à la longue vie ou les enfants partis trop tôt. Comme cette tante de deux ans, emportée par la fièvre dans un temps où la vie des enfants était plus fragile. Au cimetière du village, sa tombe côtoie celles d'autres enfants ; un respect sacré, partagé, inné, entoure ce petit coin du cimetière. Sa présence habite les pensées et les promenades de l'auteur. Evocations légères, souvenirs, bribes glanées au fil des pérégrinations, mémoire de la famille... ce qui reste de vie pour ceux qui grandissent. Précédée par cet enfant, l'auteure se sent aussi portée par celle qui lui offre alors une bienveillante attention. Elle tisse un monde où les sentiments se transmettent par delà les mots. Diane Delafontaine accompagne ce texte d'images qui, elles aussi, s'ancrent au passé comme au présent. Une manière de faire le lien et de donner au texte une tonalité faite de photos anciennes et de retouches à l'encre.
Claire, étudiante, est à la recherche du monde et d'elle-même. En quête d'absolu, elle pense naïvement qu'elle pourra découvrir LA vérité ou une sorte de formule magique qui lui permettrait d'appréhender l'univers. Elle cherche d'abord dans les livres, puis dans les rencontres de hasard, enfin, c'est un voyage, décidé sur un coup de tête, qui l'emmènera vers une métamorphose...