Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
A la force de la pensée. Autobiographie irrégulière
Kornai Janos ; Chavance Bernard ; Karinthy Pierre
L'HARMATTAN
48,50 €
Épuisé
EAN :9782343026084
A la force de la pensée est à la fois le récit et une réflexion sur une expérience exceptionnelle. Jeune journaliste communiste hongrois au sortir de la guerre, où son père avait disparu à Auschwitz, János Kornai rompt avec le marxisme après la contre-révolution de 1956. Chercheur à l'Institut économique de Budapest dans les années 1960, mais interdit d'enseignement, il se fait connaître à l'Ouest par des travaux originaux sur la planification. Il devient un spécialiste reconnu de l'analyse des systèmes socialistes et acquiert une renommée mondiale avec un livre d'une grande force critique, L'économie de la pénurie (1980). De 1984 à 2002, il alternera entre un poste de professeur à l'Université de Harvard et son statut de chercheur à Budapest. Il participe activement aux débats sur le changement de système, le passage du socialisme au capitalisme, après 1989. Il est un des économistes les plus connus et respectés de notre époque. Cette Autobiographie irrégulière est un récit passionnant sur une vie hors du commun. C'est aussi un document marquant sur l'histoire des régimes communistes, sur l'évolution de la pensée du plus influent théoricien et critique des systèmes socialistes, sur les dilemmes existentiels et politiques de la vie dans le bloc de l'Est, sur la vie académique dans les deux systèmes, sur les tensions travaillant la science économique au cours des cinquante dernières années. La réflexion morale de l'auteur, son effort d'évaluation rétrospective de ses actes et de ses pensées, vont bien au-delà de mémoires conventionnels. Par ses aperçus sur de multiples questions historiques, sociologiques, politiques, psychologiques, c'est aussi un ouvrage suggestif de science sociale. Une des contributions majeures d'un des grands intellectuels de l'époque contemporaine, et de la pensée créatrice issue de l'Europe centrale.
Pendant soixante-huit ans, Korneï Tchoukovski tint un journal intime, à travers les années d'ascension sociale, de découvertes, de révolutions, de famine, de terreur. Ce document, dont nous devons la publication en russe à la petite-fille de l'écrivain, Eléna Tchoukovskaïa, est une extraordinaire conversation avec soi ; c'est aussi le fruit de longues insomnies, de peurs, de complexes d'infertilité, de difficulté à résister à la bêtise, à la dictature. Le témoin Tchoukovski voit, comme il le dit, évoluer devant sa fenêtre une multitude de barques et de gens, et observe que la vie se passe de ses services. Mais ce qui a engendré le thème de l'autoaccusation chez tant d'autres intellectuels russes fascinés et mutilés par la Révolution se mue dans son Journal en une attention redoublée aux êtres et en silences (cris de douleurs à la mort de Blok, mais mutisme sur l'exécution de l'autre poète, Goumiliov, pourtant si bien campé par ailleurs...). Pages arrachées, mots biffés, arrestations, bruits fous, famine ponctuent les portraits enlevés de Gorki, d'Alexeï Tolstoï, des Nabokov et de centaines d'écrivains, éditeurs, traducteurs, peintres, tous grelottants dans un Pétersbourg famélique, où, pourtant, l'on continue de lire des vers et de rebâtir la culture mondiale... Ce Journal, dont le deuxième volume sera consacré aux années 1930-1969, est celui de toute l'intelligentsia russe au siècle de son étouffement. Korneï Tchoukovski (1882-1969) est un acteur hors pair de la scène littéraire et culturelle russe du XXe siècle : critique littéraire sensible, historien de la littérature, compagnon de plusieurs générations de poètes et de peintres (comme Répine), connaisseur raffiné de la littérature anglaise qu'il traduit et introduit en Russie, poète pour enfants dont les vers ont accompagné la vie de millions de Russes (le Crocodile, en particulier), il fut un maître du mot _ du mot à sa source, du mot enfantin, dont il se plaît sans fin à relever les trouvailles dignes du futurisme le plus insolite.
On a beaucoup discuté autrefois de la "transition" du capitalisme au socialisme. Le problème est aujourd'hui inverse pour tous les pays de l'ancien bloc soviétique : comment passer d'une économie centralement planifiée à l'économie de marché ? Problème aussi difficile qu'imprévu, on s'en rend compte chaque jour davantage. C'est aux multiples questions que soulève cette transition inédite que l'auteur, l'un des économistes les plus réputés de l'Europe de l'Est, s'efforce de répondre sur l'exemple hongrois. Il plaide en faveur d'un plan d'intervention chirurgicale, toutes les mesures de privatisation, de libération des prix et de stabilisation financière devant être prises d'un seul bloc, ce qui exige, par ailleurs, un changement profond des institutions et des mentalités. Ses propositions ont déjà suscité une discussion passionnée en Hongrie. Mais l'ouvrage ne saurait laisser personne indifférent parmi ceux qui refusent de se payer de mots face aux enjeux historiques de la sortie du communisme. Il représente, à ce jour, l'une des tentatives les plus rigoureuses pour éclairer des choix parmi les plus lourds de responsabilité que des peuples et des gouvernants auront eu à faire en ce siècle. Il s'adresse à tous ceux que préoccupe le destin pratique de la liberté.
Le courage de penser, dans le droit fil de la philosophie de Lumières, a toujours animé Aurel Kolnai (1900-1973). La plupart de ses écrits philosophiques attestent du caractère réactif de sa pensée. Le Dégoût (1929), L'Orgueil (1931), La Haine (1935) : l'étude phénoménologique de ces sentiments semble s'être imposée à lui pour des motifs historiques évidents ; ne lui suffisait-il pas de lire la presse, d'écouter les conversations dans les cafés de Vienne et de se remémorer le déchaînement meurtrier de la Grande Guerre qui a conduit à l'éclatement de l'Empire austro-hongrois pour observer la montée de l'orgueil nationaliste et de la haine antisémite, et éprouver alors un profond dégoût ?
Résumé : Le second tome du journal de Korneï Tchoukovski va de 1930 à sa mort en 1969. On y retrouve l'homme de lettres qui fait d'incessantes relectures en anglais ou en russe, qui traduit Mark Twain pour survivre à l'interdiction de son ?uvre en vers pour enfants, connue par c?ur dans toute la Russie ; il relit Tolstoï dont il n'aime pas l'exhibitionnisme sexuel, se console avec son cher et pudique Tchekhov, écrit de brillants essais sur l'art de traduire. Les malheurs domestiques remplissent aussi discrètement le Journal, lui arrachant parfois des accents forts. Si le style de Tchoukovski est toujours retenu, l'homme confie pourtant de temps à autre d'étonnants aveux au papier sur le sentiment d'échec qui le ronge. Echec dans l'entreprise littéraire où cet esprit pétri de culture européenne se sent un second violon, échec personnel à vivre héroïquement en un temps qui connut l'apogée du totalitarisme. Aux années de la plus grande terreur, la brièveté des notations du Journal est en soi tragique. Tchoukovski se sent " calme comme la tombe " pendant les grandes purges : et quel tragique implicite lorsque, en 1937, il note son " enthousiasme ", et celui de Pasternak, au retour d'une soirée publique où Staline les a tous dominés, et même rendus jaloux d'une kolkhozienne placée à Ses côtés ! Mais plus tard le courage de Pasternak lui déclarant en 1958 : " Plutôt me faire crucifier que me renier ! " l'étonne et lui inspire de nouveaux doutes cruels sur soi. Akhmatova, Kouprine ou Evtouchenko lui suggèrent des notations administratives, critiques ou hésitantes. Enfin Soljénitsyne, qui, lui, rompt avec la docilité soviétique, et " resplendit " solitairement, renforce la tonalité mélancolique de ce Journal. A soixante-seize ans, Tchoukovski note en anglais : " How stale ans unprofitable ! " (Comme tout est banal et inutile) ! Chronique politique en pointillé, chronique littéraire obnubilante, chronique intime indirecte -ce livre dit toute une vie d'intellectuel russe à travers deux tiers de notre siècle. Le suicide de la littérature en est un des thèmes majeurs, commençant avec celui de Maïakovski, s'achevant avec celui de Fadeïev. L'amuseur-virtuose-érudit qu'est Korneï Tchoukovski, lui, écoute ce glas de la littérature russe mais ne se suicide pas.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.