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La catastrophe invisible. Histoire sociale de l?héroïne (France, années 1950-2000)
Kokoreff Michel ; Coppel Anne ; Peraldi Michel
AMSTERDAM
24,00 €
Épuisé
EAN :9782354801687
L'héroïne : sans doute la drogue la plus emblématique, la plus énigmatique aussi. Comment s'est-elle diffusée en France, dans quels mondes sociaux et urbains, selon quels cycles ? Mais aussi, pourquoi cette drogue plutôt qu'une autre ? Que nous dit-elle d'une société et, en proie à bien des bouleversements culturels et des crispations identitaires depuis les années 1960 ? Restituer, au présent, l'histoire de cette diffusion longtemps invisible en dehors des initiés, c'est dessiner les logiques de ce qui fut une aventure collective, un trip, avant la désillusion profonde qu'incarna le punk et la "catastrophe sociale et sanitaire" des années 1980 : overdoses en masse, épidémie de sida, hépatites. La diffusion de l'héroïne entraîna une véritable hécatombe collective, en particulier dans les quartiers populaires, chez les enfants d'immigrés et d'ex-colonisés. Le régime de guerre à la drogue et de panique morale, l'absence de culture de la santé publique, le déni de réalité y furent pour beaucoup. Or, l'expérience d'autres pays et la réduction des risques le démontrent, la catastrophe n'était pas fatale. Tel est l'objet de ce livre fondé sur une recherche collective.
Des émeutes aux violences de la police, des zones à défendre aux places occupées, des Black Blocs aux gilets jaunes, de la viralité des réseaux à la rage de la rue, c'est tout l'espace de la contestation sociale qui s'est transformé radicalement ces dernières années. Et cela loin des formations politiques et syndicales, de leurs rites et folklores, dans une quête d'indépendance et d'auto-organisation bien fragile face au rouleau compresseur du néo-libéralisme autoritaire. Ce livre retrace l'histoire de ces mouvements qui débordent le cadre de la politique traditionnelle, de mai 68 à nos jours. C'est l'histoire de la France « d'en bas », celle de ces hommes et ces femmes qui se soulèvent face aux diverses oppressions qu'ils subissent au quotidien, dressant ainsi cette diagonale de la rage, des quartiers populaires aux gilets jaunes.
Résumé : Michel Kokoreff propose dans cet ouvrage une généalogie des violences policières qui s'inscrivent dans l'héritage colonial, se prolongent en 68 et dans la gestion policière des quartiers populaires, pour perdurer aujourd'hui. Il montre comment ces violences sont ancrées au coeur de l'Etat français. De la guerre d'Algérie aux Gilets jaunes, elles n'ont jamais cessé. Il analyse les logiques qui les sous-tendent : militarisation de la police, volonté politique de neutraliser toute forme de contestation, mutation du syndicalisme policier, autonomie de la base policière qui impose ses pratiques à la hiérarchie. Jamais depuis un demi-siècle la France n'a connu une telle escalade de violences des forces de l'ordre alors que les dirigeants politiques s'enferment dans le déni. Michel Kokoreff montre qu'on ne peut pas la comprendre sans la relier à une violence plus structurelle. celle des inégalités sociales et raciales.
Kokoreff Michel ; Peraldi Michel ; Weinberger Moni
Résumé : La question des économies criminelles suscite à nouveau bien des débats dans nos sociétés. Qu'en savons-nous ? Qu'en est-il de leurs modes d'organisation sociale, des échelles territoriales sur lesquelles elles se déploient ? Que dire de leur implantation dans la ville ? En quoi leur histoire permet-elle de comprendre comment se sont constituées des traditions criminelles et des mémoires urbaines du crime ? Cet ouvrage s'efforce de répondre à ces questions à partir de la confrontation des outils d'analyse, des résultats d'enquêtes et des méthodes mis en ?uvre par des chercheurs tant italiens que français provenant de divers horizons disciplinaires. Il consiste à réinterroger la ville comme scène du crime et les mafias comme moteur de l'action publique à partir de nouvelles perspectives.
Résumé : Un spectre nous hante aujourd'hui : non plus le communisme - comme au temps de Marx - ou encore l'anarchisme, mais l' "ultragauche" . De l'affaire dite "de Tarnac" et ses prétendues cellules terroristes invisibles à son fiasco judiciaire majeur, des blacks blocs et "totos" " et autres "antifas" aux zones à défendre, de la radicalisation des "ultra-jaunes" sur les Champs Elysées aux sabotages des radars ou des "islamo-gauchistes" de l'université, elle semble partout une figure de la dangerosité : ennemie devenu menace. Or telle qu'elle est imaginée, l'ultragauche n'existe pas : elle est une pure construction policière et médiatique du pouvoir, une fiction efficace. Ce livre entend ainsi déconstruire le mythe de l'ultragauche, en faire l'histoire. Il vise à restituer un regard plus ethnographique de l'expérience de groupes dont la radicalité semble passer de la fragmentation à la pulvérisation, qui appelle de nouvelles hypothèses politiques à l'ombre des présidentielles.
Brève histoire du néolibéralisme retrace un processus de redistribution des richesses, une "accumulation par dépossession". La financiarisation, l'extension de la concurrence, les privatisations et les politiques fiscales des États redirigent les richesses du bas vers le haut de la hiérarchie sociale. Les néolibéraux se moquent de l'enrichissement collectif. Ils lui préfèrent celui de quelques-uns, dont ils font partie. Plaider en faveur d'un "socialisme libéral" n'a aucun sens. Le néolibéralisme n'est pas une pensée du bien commun. Et pourtant, c'est de cette conception de l'action publique que nous sommes aujourd'hui à la fois héritiers et prisonniers. Le néolibéralisme s'est transformé en institutions. Ces dernières ont produit des dispositifs d'intervention publique, construits sur la durée, qui façonnent des manières d'agir et de penser. À commencer par cette quasi-règle de nos sociétés contemporaines, selon laquelle le marché serait le meilleur outil de satisfaction des besoins humains. Formulée de la sorte, la proposition étonne peut-être. Elle est pourtant le principal pilier de l'édifice. Celui que David Harvey nous invite, en priorité, à abattre.
Dans Le Pouvoir des mots, Judith Butler analyse les récents débats, souvent passionnés, sur la pornographie, la violence verbale dirigée contre les minorités et l'interdiction faite aux homosexuels membres de l'armée américaine de se déclarer tels. Il s'agit pour elle de montrer le danger qu'il y a à confier à l'État le soin de définir le champ du dicible et de l'indicible. Dans un dialogue critique avec J. L. Austin, le fondateur de la théorie du discours performatif, mais aussi avec Sigmund Freud, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida ou encore Catharine MacKinnon, elle s'efforce d'établir l'ambivalence du hate speech, de la violence verbale et des discours de haine homophobes, sexistes ou racistes: s'ils peuvent briser les personnes auxquelles ils sont adressés, ils peuvent aussi être retournés et ouvrir l'espace nécessaire d'une lutte politique et d'une subversion des identités. Elle esquisse ainsi une défense pragmatique du principe de la liberté d'expression, qui ne s'en tient pas aux arguments employés classiquement par les doctrines libérales, mais est surtout préoccupée par le souci de maximiser la puissance d'agir des dominés et des subalternes. Les lecteurs français trouveront dans ce livre des instruments inédits pour repenser à nouveaux frais les questions soulevées par les débats sur la pénalisation des discours de haine.
Bâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.
Ville globale, ville créative, ville multiculturelle, ville intelligente... Autant de slogans à la mode qui imposent et diffusent une vision aseptisée et consensuelle des réalités urbaines. Les villes doivent au contraire être bousculées, chahutées, contestées. C'est précisément ce que ce recueil se propose de faire en réunissant pour la première fois un ensemble d'auteurs dont la réflexion n'épargne ni les espaces urbains, ni les élites qui les façonnent et les gouvernent. Par la radicalité de leurs analyses, qui portent entre autres sur la financiarisation de la production urbaine, sur les trompe-l'oeil que représentent le développement durable, la mixité sociale ou le multiculturalisme, sur les dispositifs de surveillance et de contrôle des populations, et plus globalement sur les formes de domination qui régissent les rapports sociaux en ville, les onze textes réunis dans ce recueil parviennent à identifier, et par là à contester, les nombreuses contradictions spatiales et urbaines que le système capitaliste produit et reproduit. Ils nourrissent ainsi une géographie critique de l'urbain et, indirectement, une critique en profondeur des sociétés contemporaines.