L'idée d'associer l'agriculture aux sciences et techniques peut sembler étonnante pour les périodes anciennes. Or, dès le milieu du XVIIIe siècle, des formes nouvelles d'agriculture se développent parallèlement au mouvement physiocratique, puis l'agronomie se construit comme discipline durant le XIXe et le début du XXe siècle. Aujourd'hui, sciences, techniques et agriculture sont intimement intriquées, tant elles ont accompagné l'essor puis le triomphe d'une agriculture capitaliste et productiviste après la Seconde Guerre mondiale. Elles sont aussi devenues le réceptacle des critiques dont le modèle productiviste fait l'objet depuis la fin du XXe siècle, tout en formant un socle, quoique discret, du développement d'agricultures alternatives jugées plus soutenables. L'un des principaux enjeux de cet ouvrage est de proposer au lecteur un panorama de la recherche en histoire sur les aspects abordés, avec des analyses et des études sur les techniques agricoles (techniques culturales au sens large, mécanisation puis motorisation, techniques et pratiques d'élevage, etc.), à différentes échelles et selon les multiples points de vue abordant ces thématiques. La question des degrés et rythmes d'appropriation des sciences et techniques dans le monde agricole, celle des ajustements et bricolages, celle des résistances et critiques face aux évolutions des pratiques et à leurs retombées sur l'environnement et la santé constituent un autre axe essentiel de réflexion du livre.
Ce livre est le fruit du travail d'un historien et d'un sociologue soucieux de rendre accessible la connaissance du système éducatif français et d'en faire comprendre les évolutions majeures depuis deux siècles. Si les manuels d'histoire de l'école, d'un côté, et ceux de sociologie de l'éducation, de l'autre, sont fréquents, rares sont les ouvrages de synthèse qui combinent ces deux regards disciplinaires. Opter pour une telle démarche présente pourtant de nombreux avantages. Conjuguer histoire et sociologie de l'école offre l'opportunité notamment de multiplier les cadres d'analyse. Cet ouvrage s'adresse à un public large mais principalement aux étudiants de Master se destinant aux métiers de l'enseignement (professeurs des écoles, enseignants du secondaire, futurs certifiés ou agrégés quelle que soit leur discipline dont les documentalistes, conseillers principaux d'éducation...) et préparant les concours de recrutement de l'Education nationale. Cependant il s'adresse aussi aux historiens et sociologues de l'école et plus largement à ceux qui souhaiteraient parfaire leurs connaissances sur le sujet. Il peut, enfin, intéresser toute personne sensible à l'histoire et à la sociologie de l'école française du XIXe siècle à nos jours.
Les objets techniques, leur manipulation, sont presque toujours renvoyés au masculin. Or, ce stéréotype n'est que partiellement vrai une fois que l'on s'est efforcé de mener une analyse fine des rapports entre genre et techniques, ambition de tous les auteurs de ce livre. Dans l'historiographie francophone, comme le lien entre genre et techniques a été rarement effectué, les principales questions à la croisée de ces deux thématiques doivent encore être étudiées et les réponses déjà apportées approfondies. Ainsi, l'étude du rapport entre les femmes et les techniques n'est qu'une première approche qui doit être étendue dans le cadre d'une problématique plus large tenant compte de tous les aspects du genre, notamment les questions liées à la masculinité. Ces aspects méritent d'ailleurs une attention toute particulière, dans le sens où l'enseignement technique contribue à la construction d'un certain type de masculinité, reproduisant, par exemple, des différences genrées à l'école et dans les milieux professionnels. Cet ouvrage permet de s'interroger sur une thématique innovante. Si les travaux d'historiens dominent, le sujet abordé rend néanmoins nécessaire une approche pluridisciplinaire. La sociologie, la philosophie et l'anthropologie apportent donc également ici un éclairage sur les liens qui peuvent exister entre genre et techniques.
Résumé : En Occident, les êtres humains consomment lait et fromages depuis le Néolithique. Ce régime alimentaire a entraîné des modifications génétiques dans les populations européennes dorénavant capables de digérer le lactose. Mais les difficultés de conservation n'ont pas permis une consommation importante de lait, de beurre, de fromage ou de crème avant le XXe ? siècle, si bien que durant l'Ancien Régime, leur production demeure artisanale et la consommation locale. Cet ouvrage propose une analyse des techniques laitières, beurrières et fromagères traditionnelles au sein des principaux systèmes agraires d'Europe de l'Ouest, pour comprendre leur place dans l'histoire de l'agriculture et de l'alimentation. Des caves à fromages médiévales à la production de lait dédiée aux chocolatiers au début du XXe ? siècle, la fabrique du lait est ici étudiée sur le temps long, jusqu'au moment où les transformations scientifiques et industrielles entraînent une reconfiguration totale des modes de production. A partir de l'exemple du lait, ce livre offre un observatoire des mutations des mondes ruraux et des pratiques agricoles en Europe occidentale.
Ritournelles semées au fil d'échanges et de partages, l'auteur portant son écritoire, son baradelle, sur l'épaule vous entraîne sur son chemin dans des mélanges de saveurs qui composent la vie, la société et le monde qui est le sien. Ecrit dans un groupe d'écriture, chaque jour, un mot, un poème, qu'il partage en traçant son chemin avec des joies, des peines, des souffrances, des souvenirs, comme on porte la vie au quotidien jour après jour. Ces jours, qu'il partage, aujourd'hui, avec vous pour que vous aussi vous partagiez ces moments d'un regard ou d'une personne croisée, de ces silences qui en disent long, de ces mots qui en disent plus qu'ils ne veulent dire. Prenez le temps de les saisir en vous baladant en ce chemin de vie.
Cet ouvrage décrit et analyse les différents emplois de nom mono (chose, objet) en japonais contemporain. Comme le mot français chose, ce terme d'usage très courant a la particularité de ne pas avoir de signifié en propre mais de pouvoir tout aussi bien désigner un objet concret qu'un concept abstrait ou encore une classe d'individus partageant les mêmes traits. Il est aussi fréquemment employé à des fins fonctionnelles, voire purement énonciatives. A travers des observations en discours, cet ouvrage précise les contours de ces deux emplois référentiel et fonctionnel et explore la contribution sémantique de mono à la réalisation de tournures expressives plus ou moins figées.
Regourd François ; Castelnau-l'Estoile Charlotte d
Comment les empires de l'époque moderne ont-ils gouverné à distance des terres lointaines encore méconnues ? Comment la collecte et la diffusion des savoirs sur les espaces d'outre-mer ont-elles été organisées ? Quelles étaient les finalités de cet effort de connaissance dirigé vers les périphéries du monde moderne européen ? Les liens complexes et ambigus qu'entretiennent les savoirs et les pouvoirs politiques ou religieux au sein des espaces impériaux de l'Ancien Régime sont au coeur du livre. Nourri des récents renouvellements de la recherche dans les domaines de l'histoire des savoirs et des pouvoirs impériaux, l'ouvrage illustré d'une trentaine de documents rares pose la question de la connaissance du monde et de l'"autre" dans une perspective impériale, au cours de la première vague de l'expansion européenne, 16-18e siècles. Adoptant une démarche comparatiste entre trois empires majeurs de l'époque moderne (Espagne, France et Portugal), alternant études spécialisées et articles de synthèse rédigés par des spécialistes internationaux originaires du Brésil, d'Espagne, des Etats-Unis, de France, du Mexique et du Portugal, l'ouvrage met à la disposition du public français des clés originales pour comprendre les fondements intellectuels qui sont aux origines de la mondialisation.
Lehn Jean-Marie ; Parisot Jean-Paul ; Reisse Jacqu
L'exobiologie a pour objet l'étude des origines de la vie, de son évolution et de sa distribution sur Terre et dans l'Univers. Cette nouvelle discipline s'intéresse aux conditions et aux processus qui ont permis l'émergence du vivant sur notre planète et ont pu ou pourraient le permettre ailleurs. Ce vaste domaine thématique touche à la fois l'astronomie, la géologie, la chimie, la biochimie et la biologie. Le présent ouvrage constitue le second livre d'une collection initiée en 2001 avec la parution de L'environnement de la Terre primitive. Le premier livre a été très favorablement accueilli tant par les scientifiques actifs dans le domaine que par un public moins averti, intéressé par une discipline qui tente d'apporter des réponses à des questions d'importance majeure et que l'homme se pose probablement depuis qu'il est Homo Sapiens. Les traces du vivant est construit sur le même canevas que le livre précédent : un ensemble de chapitres écrits par des spécialistes, mais rédigés de manière telle qu'ils soient compréhensibles par des non-spécialistes du domaine concerné. L'exobiologie est par essence interdisciplinaire et c'est du dialogue entre praticiens de diverses disciplines que sont nés les idées originales, les scénarios plausibles, les hypothèses à tester. Pour que ce dialogue soit fructueux, il faut que le biologiste puisse interagir avec l'astronome, que le chimiste puisse interagir avec le paléo-climatologue... Il est donc impératif pour l'exobiologie elle-même, que les praticiens de cette discipline s'expriment en faisant usage d'un langage qui réduit au maximum le caractère parfois ésotérique des modes d'expression des spécialistes. Le volumineux glossaire en fin d'ouvrage est là aussi pour que le lecteur puisse trouver aisément les définitions de termes et de concepts qui lui sont moins familiers.