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Au sud de l'Est N° 2
Kis Danilo ; Goumeziane Smaïl
NON LIEU
20,00 €
Épuisé
EAN :9782352700227
Notre seule tradition, c'est de ne pas en avoir... Je me fous de l'Europe, s'il n'y a pas de palinka... Parodie de tout... Nous sommes nés dans un paysage maladif Il y a des vers qui le sauvent d'une mort certaine... Marie-Antoinette d'Europe répond encore le plus souvent par le même syntagme initial, emblématique, et complexe : " Donnez-leur de la brioche ! "... Le silence est question d'habitude... Mais l'histoire n'est pas terminée. Et c'est notre chance... L'essentiel n'étant pas de se comprendre mais de s'entendre... Une province balkanique inconnue, sans nom spécifique, que nous construirons à partir de ce lieu improbable... Par chance, il existe une réalité parallèle... La méfiance est lente à se dissiper... Je viens d'un endroit éclectique et c'est pour ça que ma musique est comme ça, éclectique... A chaque fois que l'homme transforme le dialogue en parole, il exclut la possibilité originelle à répliquer, de celui qui écoute. La littérature bulgare n'est pas une fleur exotique... Parodie de la parodie aussi... Les traditions culturelles puisent à des racines communes, mais plusieurs générations ont déjà été élevées dans l'ignorance du voisin... Entre ses cuisses elle portait la mort. Sous ses aisselles elle cachait une étoile... L'art, c'est avant tout une sélection d'associations, le courage de détruire les pensées encore dans l'?uf... La parodie est inévitable et inéluctable si nous assujettissons l'objectivité aux caprices subjectifs de la langue... Ô Français, mon français... n'est pas le vôtre !... Trop de sous-texte. Trop de sexe. Trop de texte... Cette voix finirait donc par être entendue... par un grand nombre de seuls... dans un autre siècle... Attendre l'inespéré...
Dans cet ensemble d'essais, Danilo Ki ? aborde de façon vivante certains thèmes qu'il prisait particulièrement : l'essence de la littérature, la poétique et l'éthique de l'écriture, le métier littéraire dans le sens le plus étroit du terme. Partant toujours de son expérience, du contexte socio-politique dans lequel il a vécu et écrit et qui lui fut ô combien hostile, il élargit ses analyses aux grandes littératures européennes et américaines et consacre des pages magistrales à des écrivains qui lui étaient chers : Borges, Flaubert, Nabokov, Sade, etc. Des " Conseils à un jeune écrivain " aux " Variations sur des thèmes d'Europe centrale ", il nous fait traverser le siècle d'une aire culturelle à l'autre, d'un système politique à l'autre. Comme toujours chez Danilo Ki ? , le style est brillant, alerte, l'érudition alliée aux expériences personnelles, et l'on reconnaît partout la fascination de l'écrivain pour la beauté, ainsi que son implacable rigueur envers la bêtise et les lieux communs. Dans le contexte de la guerre en ex-Yougoslavie et de la montée des nationalisme, certains textes qui font plus directement allusion à l'expérience personnelle de Ki ? et au milieu culturel dans lequel il a écrit prennent un étonnant caractère d'actualité, offrant des éléments d'analyse et d'explication de cette tragédie de notre temps. Danilo Ki ? a passé les dix dernières années de sa vie à Paris, où il est mort en octobre 1989, à l'âge de cinquante-quatre ans. Il est l'un des noms les plus prestigieux des littératures de l'ex-Yougoslavie. Styliste remarquable, il aborde dans son oeuvre, tantôt par le biais de l'autobiographie, tantôt dans des récits de " fiction document ", les grands thèmes de ce siècle, en particulier l'oppression totalitaire, aussi bien dans le nazisme que dans le communisme. Parmi son oeuvre, citons : Un tombeau pour Boris Davidovitch ; Sablier ; Jardin, cendre ; Chagrins précoces ; Encyclopédie des morts ; la Mansarde.
Ecrites entre 1980 et 1986, les six nouvelles posthumes qui constituent le Luth et les cicatrices (augmentées ici d'un texte laissé sans titre par l'auteur, " A et B ") ont été retrouvées puis rassemblées à partir des manuscrits inédits de Danilo Kis . Tels la nouvelle-titre (unique récit belgradois dans l'oeuvre de Kis), certains de ces textes sont autobiographiques. D'autres se sont attachés à ressusciter en protagonistes romanesques des célébrités choisies de la littérature centre-européenne ; ainsi nous faut-il identifier, plus ou moins distinctement au gré d'intrigues imaginaires ou historiquement attestées, les figures d'Odön von Horvarth et d'Endre Ady (" L'apatride "), d'Ivo Andric, prix Nobel yougoslave (" La dette "), ou bien encore de Piotr Rawicz. Sur fond délibéré de régimes oppresseurs et d'exils politiques slaves, sur fond également de destins tragiques, du souvenir, on retrouvera comme conjonction essentielle de toutes ces nouvelles le thème littéraire privilégié entre tous de la mort et l'écriture : la mort comme coïncidence allégorique ou comme acte volontaire symbolique selon les cas, et l'écriture comme sa conjuration absolue et imprenable, l'écriture comme seule survivance possible. Danilo Kis (1935-1989), écrivain yougoslave, a passé les dix dernières années de sa vie à Paris. Styliste remarquable, il aborde dans son oeuvre, tantôt par le biais de l'autobiographie, tantôt dans ses récits de " fiction document ", les grands thèmes de ce siècle, en particulier l'oppression totalitaire, tant dans le nazisme que dans le communisme. Il a reçu en 1980 le Grand Aigle d'Or de la ville de Nice. Parmi ses oeuvres, citons : Un tombeau pour Boris Davidovitch ; Sablier ; Jardin, cendre ; Chagrins précoces ; Encyclopédie des morts ; la Mansarde ; Homo poeticus ; la Leçon d'anatomie ; le Résidu amer de l'expérience.
Les neuf nouvelles qui composent ce livre illustrent de manière éclatante les deux thèmes de l'amour et de la mort suggérés par l'exergue emprunté à Georges Bataille : «Ma rage d'aimer donne sur la mort comme une fenêtre sur la cour.» Que ce soit la mort de Simon le Mage, révolté contre la hiérarchie humaine et divine, la biographie d'un homme ordinaire en Yougoslavie relatée dans une encyclopédie de cauchemar, le somptueux enterrement d'une prostituée amie des révolutionnaires dans les années vingt, la mort héroïque d'un jeune aristocrate hongrois, les confessions de celle qui fut longtemps la compagne d'un poète soviétique, ou le véritable roman policier reconstituant la genèse du Protocole des Sages de Sion, tous ces récits mêlent, en des époques et des lieux différents, le fantastique, l'érudition, le lyrisme et l'ironie qui étayent de façon brillante les résonances métaphysiques de cette encyclopédie très spéciale.
Danilo Kiš a pris pour matériau de sa fiction la réalité des liquidations, des procès, des camps et des tourmentes qui sévissent en Europe depuis le début du siècle. Six des sept chapitres de ce livre présentent des biographies de révolutionnaires, terroristes, bagnards ou renégats profondément attachés les uns et les autres à leurs croyances. Une abondante documentation, des témoignages, des Mémoires, reconstitués par une plume habile à l'exercice de style, se mêlent au récit. Le procédé laisse penser que l'auteur n'a fait que mettre au point et présenter des documents. C'est en partie cet aspect parodique qui donne au livre son ton d'objectivité glaciale dans la mise au jour des mécanismes de l'oppression et de la répression, de l'énergie brutale de la victime et du bourreau ou de leur éventuelle connivence. Récits cruels où la concision de la phrase souligne la violence de l'action, ces biographies prennent parfois un aspect légendaire, telle l'histoire de Boris Davidovitch, victime de la répression stalinienne, qui disparaît et réapparaît sous de faux noms si bien qu'après sa mort dans un camp on croit l'avoir encore revu à Moscou. Histoire vraie ? L'auteur nous laisse le soin d'en décider et nous voici là au c?ur du problème posé par ce livre.
Cette dictature d'Asie centrale est l'un des pays les plus fermés du monde - l'un des pires, avec la Corée du Nord, en terme de liberté de la presse. Il est donc particulièrement méconnu. Les rares informations qui s'en échappent donnent lieu dans les médias occidentaux à des portraits souvent caricaturaux qui ne retiennent que le culte de la personnalité du Turkmenbachi et les formidables réserves de gaz dont il dispose. Pour la première fois, ce livre présente ce pays complexe, entre tradition et modernité, dans tous ses aspects: sa géographie et son histoire, sa politique et son économie, sa population et sa culture. Des mouvements d'opposition au blocage des sites internet, du zemzem, ce lézard du désert, aux öwlats, les tribus sacrées, du contenu des programmes télévisés à la cérémonie de mariage, des violences conjugales à l'internement psychiatrique forcé, du travail des enfants à la rentrée universitaire 2009, du grand jeu des gazoducs au développement surveillé du tourisme, du système agricole aux prénoms des enfants, de la fusillade de septembre 2008 au trafic de drogue, des superstitutions quotidiennes à l'alphabet, du théâtre au nomadisme en passant par la cuisine, un lac artificiel géant au milieu du désert ou la réécriture de l'histoire officielle, ce livre offre une présentation complète, claire et synthétique de la société turkmène contemporaine, avec de nombreuses informations récentes et inédites, et près de 300 photographies.
Un moment peu connu de la vie de Picasso. Un tournant dans son oeuvre. Déconcerté par l'art nouveau, victime de la drogue, le peintre allemand Wiegels (celui dont Mac Orlan ferait le héros de Quai des Brumes) se pendit dans son atelier de Montmartre, en 1908. Picasso, qui entretenait un rapport ambigu avec le jeune peintre homosexuel, fut durablement déstabilisé par sa fin tragique. Sa dépression s'accompagna d'une rupture dans son mode de vie et dans son premier style pictural, même si nombre de personnages de son oeuvre (les Arlequins) resteront "wiegelsiens". En même temps qu'elle s'attache au folklore et aux rapins de la Butte à la Belle Epoque, l'étude éclaire "l'homosexualité secrète" de Picasso, selon l'expression de Cocteau. Cette homophilie éclate parfois dans ses toiles et explique le caractère sado-masochiste larvé de certaines de ses amitiés, sa misogynie, son homophobie — exorcisme de protection.
Ce livre, fruits de nombreuses études de terrain menées par l?auteure dans les années 1990, étudie le phénomène des vierges jurées, ces femmes qui deviennent hommes, dans le nord de l?Albanie. Il explique comment, pour clore un cycle de "reprise du sang", des femmes prennent socialement la place des hommes au sein de famille décimée par la vendatta. Le marqueur principal de cette "masculinisation" est l?habit. Pour devenir homme, la transformation doit être totale : ces femmes acquièrent le droit de porter le pantalon, interdit aux femmes dans cette région. L?accès aux prérogatives masculines (droit de boire, de fumer, de mener un troupeau, de porter le fusil, négocier les conflits familiaux) est aussi, et surtout, accompagné de l?obligation de chasteté. Devenant homme, ces femmes renoncent à tous rapports sexuels (essentiellement pour éviter l?enfantement, marqueur de la position sociale peu enviable de la femme dans la société). A partir d?une situation bien spécifique, le nord de l?Albanie régie par le code du Kanun, l?ouvrage d?Antonia Young montre en quoi la construction du genre est avant tout social, et non pas un phénomène naturel déterminé par des organes sexuels reçus à la naissance. Si la société n?a pas assez d?hommes pour assumer les tâches dévolues traditionnellement aux hommes, alors les femmes sont transformées en hommes par cette société. En plus de l?étude d?Antonia Young, traduit par Jacqueline Dérens, l?ouvrage comporte une préface de Nicole Pellegrin, éclairant les enjeux de la question du genre aujourd?hui. Il comporte également une douzaine de photographies noires et couleurs, un aparat critique enrichi, une annexe sur le Kanun, un index des lieux et une carte du nord de l?Albanie.
Le match sans fin- Lève-toi!Meduna fait une belle passe à Srba. Celui-ci avance résolument balle au pied; à peine le temps de dire «ouf» et le ballon fait trembler les filets...- Lève-toi! te dis-je.... immédiatement le public envahit le terrain... Eman sent que le policier le tient au col et le secoue. Il se débat...- Tu m'entends? Combien de fois dois-je te dire de te lever?Le froid s'immisça sous la couverture. Eman replia ses jambes; il se défendait, refusant de quitter ce rêve plein de suspense! Mais Eman senior, debout au-dessus de lui, lui arracha la couverture et répéta sans ménagement:- Tu vas te lever, oui? C'est toi qui es de service aujourd'hui!Eman s'étira et bâilla bruyamment.- Pourquoi vous tempêtez? demanda-t-il plaintivement à Eman senior. Il n'y a pas le feu. On ne peut vraiment pas...Et il se blottit à nouveau dans son coin, dans l'espoir d'apprendre l'issue de son beau match.Mais Eman senior était intraitable. Il attrapa la jambe de son fils et le tira du lit en criant:- Fini de dormir! Faire la fête avec des amis et refuser de te lever le lendemain matin, eh bien non, il n'en est pas question!Eman junior s'assit sur le lit et entama les pourparlers. Et si, aujourd'hui, le vieux s'occupait du service, non? C'est qu'Eman junior ne se sentait pas très bien. Il va de soi qu'en guise de compensation Eman junior en ferait le double plus tard.Eman senior lâcha un rire narquois. Que nenni! On essaie de l'avoir avec une astuce politique? Ce morveux se mettrait-il en tête que son vieux père se taperait le boulot à sa place? Eh bien non, tout se fera dans le respect des règles. Aujourd'hui, c'est le tour du fils, point final! Toute autre considération est à proscrire.Eman junior pensa que c'était là beaucoup de bruit pour rien. Il glissa les mains sous sa tête et s'étira délicieusement. Il savait qu'il avait tort mais enfin... où s'était-on arrêté tout à l'heure? Ah oui, Srba ralentit la course du ballon et...