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Homo poeticus
Kis Danilo ; Delpech Pascale
FAYARD
19,05 €
Épuisé
EAN :9782213030722
Dans cet ensemble d'essais, Danilo Ki ? aborde de façon vivante certains thèmes qu'il prisait particulièrement : l'essence de la littérature, la poétique et l'éthique de l'écriture, le métier littéraire dans le sens le plus étroit du terme. Partant toujours de son expérience, du contexte socio-politique dans lequel il a vécu et écrit et qui lui fut ô combien hostile, il élargit ses analyses aux grandes littératures européennes et américaines et consacre des pages magistrales à des écrivains qui lui étaient chers : Borges, Flaubert, Nabokov, Sade, etc. Des " Conseils à un jeune écrivain " aux " Variations sur des thèmes d'Europe centrale ", il nous fait traverser le siècle d'une aire culturelle à l'autre, d'un système politique à l'autre. Comme toujours chez Danilo Ki ? , le style est brillant, alerte, l'érudition alliée aux expériences personnelles, et l'on reconnaît partout la fascination de l'écrivain pour la beauté, ainsi que son implacable rigueur envers la bêtise et les lieux communs. Dans le contexte de la guerre en ex-Yougoslavie et de la montée des nationalisme, certains textes qui font plus directement allusion à l'expérience personnelle de Ki ? et au milieu culturel dans lequel il a écrit prennent un étonnant caractère d'actualité, offrant des éléments d'analyse et d'explication de cette tragédie de notre temps. Danilo Ki ? a passé les dix dernières années de sa vie à Paris, où il est mort en octobre 1989, à l'âge de cinquante-quatre ans. Il est l'un des noms les plus prestigieux des littératures de l'ex-Yougoslavie. Styliste remarquable, il aborde dans son oeuvre, tantôt par le biais de l'autobiographie, tantôt dans des récits de " fiction document ", les grands thèmes de ce siècle, en particulier l'oppression totalitaire, aussi bien dans le nazisme que dans le communisme. Parmi son oeuvre, citons : Un tombeau pour Boris Davidovitch ; Sablier ; Jardin, cendre ; Chagrins précoces ; Encyclopédie des morts ; la Mansarde.
Jardin, cendre est le portrait d'un personnage mythique, le père, l'inoubliable Édouard Sam, juif de Hongrie. Faisant une encyclopédie d'un indicateur des chemins de fer, entraînant sa famille dans l'errance et la misère, pris pour un sorcier, disparaissant peu à peu pour réapparaître après la guerre, ce personnage extravagant, très fou, atteint la vérité poétique.
Résumé : Ce recueil rassemble essentiellement des textes de jeunesse de Danilo Kis écrits et publiés au cours de ses années d'études en littérature comparée et de la première décennie de son activité d'écrivain (1954-1970) : des articles, qui reflètent le climat artistique de l'époque (métier d'écrivain, goûts du public, réflexions socio-esthétiques) ; des essais, où se dessine clairement la Figure du rebelle confronté au " statut ontologique du monde " et où la poésie occupe une place importante ; des nouvelles, esquisses de ses futurs romans ; des interviews, qui soulignent la sensibilité de Kis aux phénomènes de violence idéologique de notre temps, en particulier à l'antisémitisme. Aux lecteurs familiers de son oeuvre, ces textes offrent un subtil " portrait de l'artiste en jeune homme ". Aux autres, ils donneront envie de découvrir ce qu'a produit une telle énergie intellectuelle chez un jeune écrivain libre et radical, à une époque troublée de l'histoire de cette partie de l'Europe.
Danilo Kiš a pris pour matériau de sa fiction la réalité des liquidations, des procès, des camps et des tourmentes qui sévissent en Europe depuis le début du siècle. Six des sept chapitres de ce livre présentent des biographies de révolutionnaires, terroristes, bagnards ou renégats profondément attachés les uns et les autres à leurs croyances. Une abondante documentation, des témoignages, des Mémoires, reconstitués par une plume habile à l'exercice de style, se mêlent au récit. Le procédé laisse penser que l'auteur n'a fait que mettre au point et présenter des documents. C'est en partie cet aspect parodique qui donne au livre son ton d'objectivité glaciale dans la mise au jour des mécanismes de l'oppression et de la répression, de l'énergie brutale de la victime et du bourreau ou de leur éventuelle connivence. Récits cruels où la concision de la phrase souligne la violence de l'action, ces biographies prennent parfois un aspect légendaire, telle l'histoire de Boris Davidovitch, victime de la répression stalinienne, qui disparaît et réapparaît sous de faux noms si bien qu'après sa mort dans un camp on croit l'avoir encore revu à Moscou. Histoire vraie ? L'auteur nous laisse le soin d'en décider et nous voici là au c?ur du problème posé par ce livre.
Les neuf nouvelles qui composent ce livre illustrent de manière éclatante les deux thèmes de l'amour et de la mort suggérés par l'exergue emprunté à Georges Bataille : «Ma rage d'aimer donne sur la mort comme une fenêtre sur la cour.» Que ce soit la mort de Simon le Mage, révolté contre la hiérarchie humaine et divine, la biographie d'un homme ordinaire en Yougoslavie relatée dans une encyclopédie de cauchemar, le somptueux enterrement d'une prostituée amie des révolutionnaires dans les années vingt, la mort héroïque d'un jeune aristocrate hongrois, les confessions de celle qui fut longtemps la compagne d'un poète soviétique, ou le véritable roman policier reconstituant la genèse du Protocole des Sages de Sion, tous ces récits mêlent, en des époques et des lieux différents, le fantastique, l'érudition, le lyrisme et l'ironie qui étayent de façon brillante les résonances métaphysiques de cette encyclopédie très spéciale.
Résumé : C'était une ville étrange qui, pareille à une créature préhistorique, paraissait avoir surgi brusquement dans la vallée par une nuit d'hiver pour escalader avec peine le flanc de la montagne. Tout, dans cette ville, était ancien et de pierre, depuis les rues et les fontaines jusqu'aux toits des grandes maisons séculaires, couverts de plaques de pierre grise semblables à de gigantesques écailles. On avait de la peine à croire que sous cette puissante carapace subsistait et se reproduisait la chair tendre de la vie. Oui, c'était une ville tout ce qu'il y avait d'étrange. Quand on marchait dans la rue, on pouvait par endroits, en étendant un peu le bras, accrocher son chapeau à la pointe d'un minaret. Bien des choses y étaient singulières et beaucoup semblaient appartenir au royaume des songes. Préservant à grand mal la vie humaine dans ses membres et sous sa carapace de pierre, elle ne lui en causait pas moins bien des peines, des écorchures et des plaies, mais quoi de plus naturel, puisque c'était une ville de pierre et que son contact était rugueux et glacial. Non, ce n'était pas facile d'être enfant dans cette ville-là.
Résumé : Il s'appelle Sainte-Marie-du-Mont, village posé au bord de la Manche, à la base de la presqu'île du Cotentin. C'est le personnage de ce livre. La plage est commode. En l'an 900, le Viking Vieul Aux Epaules y jeta ses drakkars. Dix siècles plus tard, l'Américain Eisenhower lança sur elle ses barges ; depuis, on la nomme Utah Beach. Juché sur la colline, le bourg essuie depuis toujours les tempêtes magistrales : guerre de Cent Ans, guerres de religion, révolutions, occupations... Il n'est pratiquement pas d'événement majeur qui n'ait laissé sa trace sur ce coin de bocage enclavé dans ses haies, de sorte que la chronique communale ne cesse de renvoyer à l'histoire de France. Mais aujourd'hui comme hier, les gens d'ici vivent à leur pas, car l'Histoire est peu de chose, au bout du compte, auprès des histoires qui tissent la trame des jours ordinaires.
Résumé : Il est grand temps de ne plus opposer les traitements conventionnels aux traitements à base de plantes, mais trouver la bonne harmonie entre les deux. Faire confiance au pouvoir thérapeutique de la nature vous permet de réduire l'option médicaments, dont les limites sont reconnues aujourd'hui. Si nos ancêtres, du paléo au XIXe siècle, choisissaient les plantes à partir d'un savoir empirique, les dernières analyses scientifiques ouvrent de nouvelles perspectives fascinantes pour soigner vos troubles ou vos maladies. Véritable guide pratique de la décroissance médicamenteuse, ce livre vous donne toutes les clés pour utiliser les plantes de manière rationnelle pour vous soigner et vous nourrir.
Carnages. Des millions de morts dont le décompte pourrait avoisiner celui des victimes de toutes les guerres depuis 1945. Qui en parle? Qui s?intéresse à ces « carnages incompréhensibles »? Rwanda, Kivu, Sud-Soudan, Somalie, Darfour? Invoquer la folie des hommes ne fournit aucune clé d?interprétation; et l?on ne peut pas se contenter de regarder l?Afrique sous le seul angle des Droits de l?homme ou de la Françafrique.Étonnamment, ces conflits majeurs n?ont jamais été appréhendés dans leur globalité. Qui ont été les soutiens, voire les promoteurs de toutes ces guerres? Quels intérêts ont-elles servis? À contre-courant de tout ce qui s?écrit sur l?Afrique, Pierre Péan expose les logiques stratégiques qui visent à remodeler l?Afrique, et dont les « dégâts collatéraux » ont été d?une ampleur inédite et tragique.Il nous révèle ainsi les dessous du Grand Jeu africain des puissances occidentales et les affrontements feutrés entre elles. Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis, aidés notamment de la Grande-Bretagne et d?Israël, ont décidé d?étendre leurs aires d?influence sur le continent africain, en réduisant notamment le pré carré français. L?instauration du nouvel ordre mondial y a été d?autant plus profonde que l?Afrique est devenue un des principaux terrains du « choc des civilisations » qui a installé, avant le 11-Septembre, l?Est africain dans l?espace conflictuel du Proche-Orient. Les regards braqués sur le Grand Moyen-Orient n?ont pas vu que le Soudan était devenu pour Israël et pour les États-Unis un pays potentiellement aussi dangereux que l?Iran: il fallait donc « contenir » et diviser le plus grand pays d?Afrique.Les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, la France, le Canada, la Belgique et plus récemment la Chine ont été les belligérants fantômes de ce conflit. Il est temps que l?on tire au clair les responsabilités des uns et des autres. Pierre Péan est écrivain et enquêteur. On lui doit notamment Une jeunesse française: François Mitterrand (Fayard, 1994), La Face cachée du Monde (avec Philippe Cohen, Mille et une nuits, 2003); Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005), Le Monde selon K (Fayard, 2009).