
L'arbre aux haricots
Taylor Greer n'a pas l'intention de finir ses jours dans le Kentucky, où les filles commencent à faire des bébés avant d'apprendre leurs tables de multiplication. Le jour où elle quitte le comté de Pittman au volant de sa vieille coccinelle Volkswagen, elle est bien décidée à rouler vers l'ouest jusqu'à ce que sa voiture rende l'âme. C'est compter sans le désert de l'Oklahoma, où, sur le parking d'un bar miteux, elle hérite d'un mystérieux balluchon : une petite Indienne. On est à Tucson dans l'Arizona ; Taylor a les yeux grands ouverts, de l'énergie à revendre et une bonne dose d'humour. Dans un garage un peu spécial, Seigneur Jésus, Pneus d'occasion, elle va rencontrer à la fois la générosité et l'inacceptable, et trouver l'espoir de garder celle qui est devenue son enfant, la petite Turtle. L'Arbre aux haricots est une histoire de rire et de peine, un magnifique début pour une nouvelle romancière contemporaine.
| Nombre de pages | 278 |
|---|---|
| Date de parution | 17/12/1994 |
| Poids | 410g |
| SKU: | 9782869308558 |
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| EAN | 9782869308558 |
|---|---|
| Auteur | Kingsolver Barbara |
| Editeur | RIVAGES |
| Date de parution | 19941217 |
| Nombre de pages | 278,00 € |
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L'arbre aux haricots
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Lorsque vous écrivez des romans, votre intention est-elle d'apprendre quelque chose au lecteur ou cet enseignement est-il simplement un "produit dérivé" en bonus ? Barbara Kingsolver : Je dirais qu'il s'agit plutôt d'un corollaire. Si les gens en apprennent sur le monde en lisant mes romans, cela me rend très heureuse. Ce n'est probablement pas ce qui me motive à écrire en premier lieu. Généralement je suis plutôt poussée à l'écriture par des questions existentielles sur le monde et la nature humaine, auxquelles je ne trouve d'ailleurs pas nécessairement de réponses au cours de la rédaction du roman. Mais je mets un point d'honneur à ce que les faits que j'avance soient véridiques. Je n'ai pas appris à écrire à l'université. J'ai étudié la biologie. De ce fait, j'écris mes romans de manière très scientifique. Il est clair que j'aime les inventions, et que donc j'aime créer des personnages. Mais je me sens aussi très ancrée dans le monde réel, même dans ma façon de créer mes personnages. Je commence par penser aux thèmes, puis aux intrigues qui vont révéler ces thèmes aux lecteurs... et enfin je pense aux personnages et à leur psychologie. C'est un peu comme une thérapie inversée, je dois leur construire un passé, et même des épreuves, pour qu'ils aient l'air crédibles dans ce qu'ils font. J'essaie donc d'inventer mes personnages de la manière la plus réaliste et factuelle qui soit. Si les faits dont je parle ou le thème de mon roman sont inconnus à un lecteur, j'espère qu'il y apprendra quelque chose. Je tiens à préciser que je porte une grande attention à la véracité des faits que j'avance dans mes romans, et que par conséquent les lecteurs peuvent croire ce qu'ils y lisent. Je fais beaucoup de recherches pour m'assurer que ce que j'avance est vrai, que je ne leur parle pas de quelque chose inventé de toute pièce. Je n'écris pas de science fiction. Dans la lumière aborde vos passions bien connues pour l'environnementalisme et le développement durable, comme vous l'avez fait remarquer, vous êtes biologiste de formation. Le fait d'intégrer la responsabilité sociale dans les univers que vous créez est-il intentionnel ou cela vous vient-il inconsciemment ? Je dirais que c'est probablement complètement accidentel. Ce n'est pas la raison pour laquelle j'écris. Je n'essaie pas d'inculquer à qui que ce soit la bonne façon de penser ou, dieu nous en préserve, la bonne façon d'agir, ce serait absolument malvenu dans ce genre de roman. En réalité l'une des choses que j'aime particulièrement dans les romans de fiction, c'est que c'est l'un des rares styles littéraires qui ne vous dira pas comment penser, quoi acheter ou comment vous habiller. Nous sommes entourés de publicité, de commandements, oui, de commandements ! C'est exactement le mot que je cherchais. Nous sommes entourés de commandements, et je pense que la littérature ne devrait pas en être porteuse. J'en suis persuadée. Mais comme j'écris des fictions inspirées de faits réels, mes lecteurs sont amenés à se questionner sur certains dilemmes et préoccupations modernes, et même sur les catastrophes, qu'ils ne percevront plus de la même façon une fois leur lecture achevée... Je ne suis pas là pour leur dicter leur manière de penser, je veux simplement leur montrer dans quel pétrin nous sommes actuellement. C'est le cas dans ce roman - il apprend au lecteur certaines choses sur le monde dans lequel nous vivons tous, et sur la façon dont le climat a déjà changé. Écrire un roman contemporain demande donc d'aborder des sujets contemporains ? Exactement. Mais je ne dirai jamais à mes lecteurs quoi penser ou qui croire. J'essaie simplement de leur présenter des personnages qui pensent différemment, et j'examine leurs raisonnements. Quelles raisons nous poussent au déni ? Ça dépend du déni ! [rires] C'est certain. Mais c'est une part vraiment importante de l'humanité. En un sens, c'est ce qui nous motive à aller de l'avant. Jusqu'ici j'ai évité de parler de l'intrigue, mais dans ce roman où l'action se situe dans une région rurale au sud des Appalaches, quelque chose se passe. Je ne donnerai pas plus de détails mais c'est quelque chose de magnifique qui retourne du miracle et qui pourrait prendre des allures de catastrophe. Cela attire l'attention de beaucoup de monde, mais les personnes qui vivent réellement au cœur de cette "catastrophe magnifique", doivent trouver une solution . C'est par là que commence le roman. Il est question de la psychologie humaine et du monde qui nous entoure. Et des scientifiques dans le roman cherchent à comprendre ce qui est en train de se passer réellement. […] En plus d'écrire des romans, vous êtes également l'auteur d'essais, de poèmes et de non-fiction. Est-ce que vous vous inspirez de votre propre vie pour écrire, ou est-ce que d'autres faits vous inspirent ? Une fois, j'ai assisté à une lecture de Lucille Clifton, une excellente poétesse. Et quelqu'un dans le public a demandé : "Pourquoi les poèmes sont-ils toujours aussi courts ? Ils ne font jamais plus de 14 ou 16 lignes". Et sa réponse fut "J'ai élevé 6 enfants. C'est le nombre de lignes que j'arrivais à mémoriser chaque jour. J'attendais simplement le moment où je pourrais m'asseoir à mon bureau et les écrire". Je comprenais ce qu'elle voulait dire, surtout qu'à cette époque, j'avais un enfant en bas âge. J'avais payé une babysitter pour garder mon bébé pendant 1 heure pour aller l'écouter. Donc oui, indéniablement, tous les auteurs, et plus encore les femmes auteurs qui élèvent des enfants, ont des contraintes de vie qui affectent leurs choix d'écriture. Et je ne fais pas exception. Mais j'ai la chance d'avoir une famille très conciliante qui m'autorise à écrire des romans entiers en m'interrompant rarement. [rires] Mais j'ai également le sentiment qu'avoir une vie de famille qui a immensément enrichi la personne que je suis aujourd'hui et m'a donné toute la sagesse dont je dispose. En parlant de sagesse : En 1999 vous avez créé le prix Bellwether, destiné aux jeunes écrivains qui n'ont pas encore écrit d'œuvre majeure. Lorsqu'un écrivain de cette catégorie vous demande des conseils, ce qui doit être fréquent, quelle est la première chose que vous leur répondez ? Arrête de fumer. [Mia rit] Parce que je pense que lorsque les gens lisent des romans, ils recherchent une certaine forme de sagesse. C'est ce que je fais. Et c'est ce que la plupart d'entre nous aime à faire. Si un roman nous plaît vraiment c'est parce qu'il nous a appris quelque chose que nous ignorions jusqu'alors. 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