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La mémoire de Job. 1993
Khoury Elias ; Assaf Roger
ESPACE INSTANT
13,00 €
Épuisé
EAN :9782375720639
Des graffitis sur les murs de Beyrouth pendant le siège de la ville en 1982 étaient signés Ayyoub (en français Job). En 1993, pour célébrer le cinquantenaire de l'Indépendance du Liban, une troupe de comédiens invente la biographie de ce personnage (resté inconnu) en en faisant le héros et le conteur de l'Histoire de Beyrouth à travers les épisodes les plus importants que la capitale a traversés au XXe siècle. Cette célébration est entrecoupée par les interventions des femmes dont les époux ou les enfants ont disparu pendant la guerre civile et dont le sort est inconnu jusqu'à ce jour. Leurs récits et leurs revendications sont le contrepoint tragique du récit héroïcomique auquel Ayyoub prétend donner une dimension épique. Né à Beyrouth en 1948, Elias Khoury est dramaturge, romancier et critique littéraire. Défenseur de la cause palestinienne, grièvement blessé pendant la guerre civile, il a dirigé plusieurs revues, notamment avec Mahmoud Darwich. Ses romans, dont La Porte du soleil, sont publiés chez Actes Sud. La Mémoire de Job a été représenté en 1994 au théâtre du Rond-Point à Paris, dans une mise en scène de Roger Assaf.
Alice, ancienne prostituée devenue femme de service dans un hôtel de passe à Beyrouth, raconte au narrateur les multiples histoires qui font d'elle la gardienne d'une mémoire collective. Surtout depuis ce jour de septembre 1982 - juste après l'entrée des Israéliens dans Beyrouth - où elle a trouvé dans la rue le corps du cireur de chaussures Abdelkarim, surnommé "le petit Gandhi". Autour de cet homme, de son fils Hosn le coiffeur, de sa fille Soâd la "demeurée", du pasteur Amin qui devint fou, de l'Américain Davis, inconsolable depuis la mort de son chien, de la voluptueuse madame Noha, de l'impresario (le proxénète) Abou Jamil et de tant d'autres se tissent les mille et une nuits des passions humaines - quête de sagesse, mirages d'amour ou de fortune -, qui toutes confluent vers le chaos de la guerre promise.
Résumé : A New York où il enseigne la littérature arabe, l'auteur dit avoir rencontré un certain Adam Dannoun, mystérieux marchand de falafel israélien ; il aurait réussi à acquérir des cahiers en partie calcinés trouvés dans l'appartement après la mort de ce dernier. Il s'agit de deux romans inachevés. Le premier raconte l'histoire d'un poète arabe de l'époque omeyyade, Waddâh al-Yaman, amant de la femme du calife. Celle-ci le cachait dans un coffre du palais ; l'ayant appris, le calife ordonna de déposer le coffre au fond d'un puits, où le poète mourut noyé sans avoir pu ou voulu prononcer un mot. Le second manuscrit, bien plus ample, se présente comme un récit autobiographique. Il rapporte en détail, en retraçant la destinée d'une foule de personnages, les événements tragiques survenus à Lod en 1948, quand presque tous les habitants de la ville furent expulsés ; ceux qui y étaient restés, dont Adam, encore nourrisson, furent regroupés dans un camp sordide auquel les vainqueurs donnèrent cruellement le nom de ghetto...
Yalo, qui appartient à la minorité syriaque, a grandi à Beyrouth pendant les années de la guerre civile comme une bête de guerre et de sexe, jusqu'au jour où il tombe amoureux d'une des femmes qu'il a violées. Mais elle le dénonce et c'est en prison que commence son calvaire : Yalo est torturé pour avouer des crimes qu'il n'a pas commis ou dont il ignore tout. Au fil d'une confession écrite et plusieurs fois récrite à la demande des enquêteurs, il parvient à comprendre le passé de sa famille et son propre parcours. Cet acte autobiographique forcé donnera peut-être naissance à un autre - ou au véritable - Yalo.
Pourquoi le corps de Khalil Ahmed Jâber a-t-il été retrouvé, nu, au milieu d'un tas d'ordures, en plein centre de Beyrouth ? Pourquoi ce modeste fonctionnaire avait-il quitté son domicile et disparu trois semaines avant sa mort abominable ? Intrigué par ce fait divers, dérouté par les rumeurs qu'il suscite, un journaliste enquête et rassemble les témoignages. La veuve prend la parole, puis un ingénieur, une concierge, un éboueur, un médecin légiste, un étudiant fedayin racontent chacun à leur tour ce qu'ils ont sur le coeur, que cela ait ou pas un rapport direct avec le crime. Car qui pourrait affirmer qu'une atrocité n'est pas liée à une autre dans une ville où les guerres ne cessent de se succéder ? Avec empathie, tendresse et douleur, Elias Khoury raconte la tragédie d'un peuple et écrit le roman de Beyrouth, ville martyre transformée en décombres sur lesquels plane le souvenir des temps de paix, comme un parfum de paradis...Né à Beyrouth en 1948, Elias Khoury est considéré comme l'un des meilleurs écrivains arabes de sa génération. Auteur d'une dizaine de romans, il a reçu le plus grand prix littéraire palestinien pour La Porte du soleil, traduit dans plusieurs langues et adapté au cinéma par Yousry Nasrallah en 2004. Chez Actes Sud, il a publié La Porte du soleil (2002: Babel n° 586), Yalo (2004), Le Petit Homme et la Guerre (Babel n° 6391) et Comme si elle dormait (2007).
L'Ukraine, terra incognita pour le théâtre français, l'affaire est désormais classée. Après des décennies de silence, une fenêtre s'ouvre sur un théâtre. Nous voilà en terre de catastrophes : le Holodomor, la famine génocidaire organisée par Staline dans les années 1930, plusieurs millions de victimes, un événement longtemps dissimulé au reste du monde ; Tchernobyl, à l'inverse, un nom assuré de passer à la postérité. Et puis l'effondrement de l'Union soviétique, l'indépendance, la transition, la révolution orange et celle du Maïdan, enfin l'annexion des territoires du sud-est par la Russie. Terrain de Grand Jeu... Avec notamment le premier texte dramatique traduit du tatar de Crimée, ainsi que le texte lauréat du domaine étranger aux Journées de Lyon des auteurs de théâtre. Avec Au début et à la fin des temps, de Pavlo Arie ; Les Fugitifs égarés, de Neda Nejdana ; L'Hymne de la jeunesse démocratique, de Serhiy Jadan ; Miel sauvage, d'Oleh Mykolaïtchouk ; En direct, d'Oleksandr Irvanets ; Le Labyrinthe, d'Oleksandr Viter ; En détail, de Dmytro Ternovyi ; Arzy, légende tatare, de Rinat Bektashev ; L'Evangile selon Lucifer, d'Anna Bagriana. Textes traduits de l'ukrainien, du russe et du tatar de Crimée par Estelle Delavennat, Maxime Deschanet, Iryna Dmytrychyn, Bleuenn Isambard, Shirin Melikoff, Aleksi Nortyl, Iulia Nosar, Omer Özel et Tatiana Sirotchouk.
A l'été 1993, de nombreux artistes et intellectuels convergent vers Sivas, en Anatolie. La quatrième édition du festival est prévue en ville, en présence d'Aziz Nesin, le célèbre écrivain qui vient de traduire Les Versets sataniques, de Salman Rushdie. Le 2 juillet, sous le regard impassible des autorités, une foule surexcitée et manipulée par les islamistes radicaux assiège puis met le feu à l'hôtel Madimak, où se trouvent les participants. Trente-sept personnes, journalistes, écrivains, poètes, comédiens et musiciens, majoritairement alévies, y perdent la vie. Genco Erkal est déjà connu pour ses prises de position publiques concernant la vie sociale, politique et religieuse de son pays, la Turquie. En 2007, il décide donc de composer une pièce documentaire sur ce massacre et collecte toutes sortes de témoignages sur cette journée noire de l'humanité. Le spectacle est créé en 2007 à Istanbul avant d'être accueilli en 2009 au Théâtre des Célestins à Lyon, dans le cadre de Sens interdits.
La Trilogia Albanica est une traversée de l'Albanie contemporaine, celle qui a suivi un demi-siècle de dictature communiste avant d'entrer avec fracas dans un capitalisme des plus sauvages. L'ensemble est un chaos, un théâtre de paradoxes, une danse entre modernité et identité. I am from Albania, monologue pour une jeune fonctionnaire, croise la condition féminine et la géopolitique dans un cauchemar grotesque. Mais bien plus que de l'Albanie, c'est le sort de n'importe quel pays émergent qui est ici mis en jeu. Allegretto Albania, comédie noire, confronte deux réalités antagonistes : d'une part celle de la télévision, qui ne cesse de claironner les formidables progrès du pays, et d'autre part celle d'une famille, qui vit recluse sous la menace d'une vengeance coutumière plus ou moins imaginaire. Made in Albania, tragédie comique, joue de la même dualité : dans l'atelier au sous-sol, on partage la vie des esclaves de la délocalisation, tandis qu'au-dessus, dans la rue au soleil, le carnaval bat son plein. Dans ce triptyque détonant, on lit évidemment le destin d'un pays tout entier, où la pratique de l'isolationnisme radical pendant un demi-siècle a bouleversé la relation à l'autre et rendu possible l'engloutissement de 80 % de l'économie nationale dans une pyramide de Ponzi. Le bateau coule, mais l'orchestre continue à jouer.