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Siège passager
Khalid Alaa
APIC EDITIONS
17,00 €
Épuisé
EAN :9789969525137
SEPT QUESTIONS A ALAA KHALID 1/ Une autobiographie en quelques mots. Alâa Khalid est né à Alexandrie en 1960. Il est diplômé de la faculté des sciences de l'université d'Alexandrie en 1982. Depuis 1999, il publie et édite la revue "Amkina" (Lieux) avec la photographe et artiste Salwa Rachad. Cette revue a pour objet la culture du lieu. Le poète et écrivain Mahâb Nasr, avait pris part aux premiers numéros. Il a huit recueils de poésie dont le dernier, Le néant aussi est un lieu de nostalgie, a été publié par l'Autorité générale du livre du Caire en décembre 2022 ; quatre romans dont le dernier, Le labyrinthe d'Alexandrie, est paru chez Dâr as-Shurûq au Caire en 2021 ; trois ouvrages sur la littérature de voyage parus chez Dâr as-Shurûq et Dâr as-Sharqiyyât ; quatre ouvrages en prose à mi-chemin entre l'autobiographie et la critique littéraire. 2/ Comment répondre à une injonction brusque : "Définissez la poésie". Pendant mon périple d'écriture poétique avec laquelle a commencé mon périple avec la littérature, une relation fluctuante est née avec la poésie. Sa présence, puis son absence, puis sa présence et ainsi de suite. Il y a toujours un iceberg immergé qui est seul à décider du moment de son apparition. Au départ, la poésie était le moyen de s'exprimer sur soi et de dire "la vérité" . Son principal moteur était à quel point elle était proche de la vie, de ses détails, jusqu'à se transformer avec le temps en de rares archives du quotidien. Mais bien sûr, à l'intérieur d'un contexte d'idées et de concepts auxquels je croyais à ce moment-là. Pendant les années où l'écriture de la poésie s'est arrêtée et qui a duré, peut-être cinq ou six ans ; je n'ai pas écrit une seule ligne. Comme si je redevenais illettré et que je ne connaissais pas les alphabets de ce monde. Puis un jour, le sommet de l'iceberg a commencé à poindre, j'ai commencé à glaner des signes pour des phrases qui bourdonnaient dans ma tête et une série de poèmes s'est mise à se succéder, comme si cet iceberg s'était formé une nouvelle fois et pouvait à présent flotter. Ce processus s'est répété environ cinq ans tout au long de ma vie avec la poésie qui s'est poursuivie plus d'une trentaine d'années. Cependant, à force, la crainte que la poésie ne se moque de moi a disparu, parce que je sais qu'il y a quelque chose qui se forme, des visions qui massèrent et une transposition quelconque en attente d'apparaître. Peut-être que ces interruptions constituaient le rythme du temps poétique en moi, ou bien le rythme de la vie d'une autre manière. La vie dont je cherchais les détails et en me les donnant, elle m'a donné ce rythme où elle vit. La vie a une autre révolution qu'elle effectue en tournant à l'intérieur du monde la poésie et des sens. Durant tous les moments de désespoir que je ressentais, où j'ai souvent décidé que je n'écrirai plus de poésie ou que la poésie de m'écrira plus, la poésie était tournée dans l'autre direction, en train de regarder mon navire en mer contre lequel elle risquait de se heurter. Peut-être est-ce la vie qui prit de nouveaux sens pendant mon périple avec la poésie, quittant les détails pour se mettre à la recherche de la structure ou de la forme qui la distingue. En effet, la structure ou la forme c'est ce qui donne le tempo, c'est ce qui guide le conscient et l'inconscient ensemble. Jusqu'à présent, elle ne m'a pas trahi. Je lui fais confiance parce qu'elle a préservé mon identité poétique, malgré ses interactions avec d'autres identités et d'autres manières d'écrire. 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ? Il n'y a pas de distinction entre la poésie et la prose parce qu'en un sens, elles obéissent à une loi plus grande qui les anime, à savoir l'âme de la poésie. Je crois que l'écriture, sous toutes ses formes, est partie de ce lieu sacré. Ce paradoxe qui a fait que le langage dévie de ses origines pour exprimer ce niveau d'expression nouveau et inouï. L'âme de la poésie est l'origine qui s'est propagée dans de nombreuses et diverses formes d'expression. Pendant les périodes où l'écriture de la poésie s'est interrompue, elle lui trouvait d'autres échappatoires dans l'écriture de la prose. Cependant, même ainsi, elle ne s'est pas complètement diluée dans la prose. Peut-être a-t-elle pris une nouvelle version à l'intérieur de la prose, car il y a une différence entre l'âme de la poésie et le fait poétique. Ce qui s'est glissé vers la prose c'est l'âme de la poésie, tandis que le fait poétique avec lequel j'ai inauguré mes écritures avec la poésie, il n'en a jamais trop fait ni ne s'est perdu dans d'autres expériences. Ce "fait" a façonné la structure à travers laquelle la poésie peut apparaître, comme si la poésie créait sa propre coïncidence avec elle-même et non d'un autre contexte. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise. Peut-être que la crise humaine que nous vivons tous désormais et qui menace la poésie en ceci qu'elle menace le moi de l'Homme et réduit sa liberté, peut-être que cette crise a généré un enchevêtrement des formes, des structures et des genres d'expression poétique. Bien plus, elle a créé de nouvelles formes, à mi-chemin entre le conte et la poésie, entre le journalisme et la poésie, entre la poésie et la musique. Si bien que d'autres critères se sont ajoutés à son essence, afin de prendre le dessus sur ce moi contracté du fait de la crise. En ce qui me concerne, avec le temps et beaucoup de lacunes qui ont imprégné ma relation avec elle, le concept de "Vérité" s'est transformé, de même que s'est transformé mon concept de moi-même. La poésie s'est emmêlée avec des formes narratives qui inclinent vers le conte ou la narration. Cette construction narrativo-dramatique a fait en sorte que la poésie concentre son devenir sur la forme. Cet événement dramatique attend de flotter à sa surface, même si la poésie se trouve toujours au-delà des événements, des faits, et n'attend aucune histoire dans laquelle elle prendrait forme. J'ai commencé ces dernières années à tendre vers cette mystérieuse quintessence poétique qui cède plus à une intuition poétique et est loin d'un événement de vie en particulier. Peut-être que la mémoire enfantine s'est vidée, ou que son espace de révélation, de vérité, s'est heurté aux obstacles de la langue, du tabou et du normal ; ou du rétrécissement de la possibilité d'expression en raison de la crise humaine. La révélation s'est ainsi vidée de l'énergie de la culpabilité, de la transgression ou de la capture symbolique et iconique de la sphère privée. C'est pourquoi je me suis plus dirigé vers des espaces baignés dans l'ambiguïté existentielle qui sort d'un autre réservoir, autre que la mémoire de l'enfance. Peut-être est-ce le réservoir de la culture elle-même, dans l'une de ses représentations et son lourd héritage humain à l'instant où elle croise l'existence personnelle. 5/ Quel avenir pour la poésie ? Maintenant, partout dans le monde, la poésie est isolée et vit seulement des bourses dans les académies et les universités. Rien ne représente une poétique mondiale malgré la globalisation de la vie aujourd'hui. Mais c'est une globalisation qui ne forge aucun modèle humain. L'idée/ la référence commune se dissout au milieu de cette fragmentation de la vie malgré les nombreux abonnements à l'initiative des médias, mais la plupart ne sont que consommation. Cette fragmentation s'est reflétée sur la poésie et à présent, le poète, en dépit de ses liens avec le monde, est isolé. Ainsi, il y a un récit d'une expérience personnelle sans la moindre référence, intérieure ou extérieure, pleine de peurs et un flou quant à l'avenir et peut-être même une rupture avec le passé. Une expérience personnelle suspendue qui ne vit peut-être qu'à l'intérieur de la langue. 6/ La part de la prosodie dans l'élaboration du poème. Je crois que la prosodie est aujourd'hui très différente du passé. Ce n'est plus cette parole de mesures et de rimes, mais elle a une autre place. C'est comment préserver le rythme à l'intérieur du poème, à travers des formes répétées et diverses d'idées, et des manières de les formuler à l'intérieur de chaque poème. Peut-être que ce "rythme" est l'équivalent de l'ancienne prosodie et qui aujourd'hui se trouve à l'intérieur d'une large surface expérimentale. Par exemple, parfois, en libérant la langue de l'éloquence en la transformant en surface transparente révélatrice de sens. Bien sûr, il y a plusieurs façons selon la vision de chaque poète, mais toutes dépendent d'un effort organisé afin de transcender la surface de la langue en direction du sens. C'est pourquoi la poésie est à présent à même d'être traduite d'une langue à l'autre ; le sens est devenu flottant avec la surface de la langue ou se tient à proximité. 7/ La place de la traduction dans l'écriture poétique. Je pense que le rôle de la poésie aujourd'hui, dans cet instant de fragmentation que l'on vit, est d'unifier ou de créer un commun mondial et universel, ce que la culture globalisée n'a pas réussi. Peut-être parviendra-t-elle à relier de nouveau ces existences humaines à la fois unies et désunies sur un commun plus grand qui n'est pas la globalisation. Peut-être que la globalisation a forgé un monde unique, mais ses disparités sont grandes et chacun vit sa globalisation à sa façon. C'est pourquoi la traduction peut guetter cette pulsation différente de l'impact de la globalisation, afin de créer une universalité nouvelle, résistante, à travers laquelle le moi poétique, où qu'il soit, peut voir qu'il n'est pas à l'écart, ou seul face à la crise. Peut-être que cela redonnera au poète foi en l'avenir.
Fruit d'une étroite collaboration entre enseignants-chercheurs marocains, français et chiliens, cet ouvrage traite de l'articulation entre l'aménagement touristique et l'impact sociétal, dans une perspective à la fois comparative, pluridisciplinaire et internationale. La complexité des problèmes posés par l'aménagement touristique est en grande partie imputable à la particularité du contexte dans lequel les territoires construisent et mettent en uvre leurs politiques de tourisme. Les fondements d'un tel questionnement amènent les chercheurs à s'interroger sur le sens de sa pratique et à faire preuve de ré¬flexivité quant à son impact sociétal.
Arrivés en bord de mer, ils contemplent au loin, sur l'autre rive les lumières de la ville, pour s'y projeter en rêvant toute la nuit. Algesiras les habite et le désir qu'elle inspire leur met le coeur au ventre. Quelle force maléfique les chasse de leur village ? Faut-il vraiment extirper le rêve de la tête de l'homme s'il ne lui reste que le rêve ? Ceux qui sont encore là ont, depuis longtemps, le regard rivé sur l'horizon attendant le signe d'un départ. Patience.
Ce livre a pour but premier d'introduire le lecteur à la théorie des points fixes métrique et topologique et ses applications. Il s'adresse aux étudiants de Master de mathématiques appliquées, aux élèves d'écoles d'ingénieurs, aux chercheurs et aux enseignants-chercheurs désireux de s'initier et se familiariser avec les aspects métriques et topologiques de la théorie des points fixes et leurs applications. Il est constitué de quatre chapitres. Le premier est consacré au principe des contractions de Banach et à ses différentes généralisations. Le second chapitre porte sur les théorèmes des points fixes de Brouwer, Schauder, Darbo, Sadovskii, Krasnosel'skii et leurs diverses extensions. Le chapitre 3 traite de la théorie des points fixes dans les espaces de Banach munis de leurs topologies faibles. Chacun de ces trois premiers chapitres est suivi d'une série d'exercices corrigés dont les solutions sont très détaillées. Quant au quatrième chapitre, il est consacré aux applications aux équations différentielles et équations intégrales de type Hammerstein et Nemytskii et aux équations de transport neutronique. Un appendice présente les différents résultats d'analyse fonctionelle et les outils mathématiques utilisés dans ce livre pour le rendre autonome.
SEPT QUESTIONS A MIA LECOMTE 1/ Une autobiographie en quelques mots. Née à Milan, grandi en Suisse, et puis encore en Italie : Florence, Rome, et maintenant en Toscane, avec un pied à Paris... Deux mariages, trois enfants, beaucoup de chats et un sentiment permanent d'étrangeté : nationale, sociale, créaturale. Un handicap de l'identité, pourtant accompagné d'un amour imprudent de la vie. Bien résumé dans ces vers : "Debout entre l'arme pointée et sa cible / je mène une vie aisée" . 2/ Comment répondre à une injonction brusque : "Définissez la poésie". Par une brusque réponse "Jamais ! " . Je ne voudrais pas prendre le risque de suggérer le chemin pour s'approcher de mon unique refuge, entrouvrir la porte du seul lieu où je suis capable d'exister... 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ? Le sens d'une distinction entre chant, aria et récitatif dans une pièce d'opéra. Il s'agit d'une question de fonctions et de durata. Mais ils partagent le même dessin musical global, le même langage soumis à la nécessité du rythme. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise. Le bénitier qui recueille l'eau du déluge. 5/ Quel avenir pour la poésie ? La poésie persistera tant que persistera l'humanité, son exil intérieur, sa nostalgie d'une mémoire de beauté. C'est une évidence plutôt banale. Mais après ? Dans ces temps apocalyptiques et informatisés, on se demande quelquefois si la poésie peut exister au-delà de l'homme. 6/ La part de la prosodie dans l'élaboration du poème. Brodsky a dit que les poètes, comme les oiseaux, sont identifiables par leurs chants. Il y a donc plutôt une "marque prosodique" , une sorte de "destin" musical - biologique et culturel, lié à la chimie et aux émotions de la langue maternelle - dont on ne peut s'échapper. 7/ La place de la traduction dans l'écriture poétique. Quels sont les confins d'une langue et à quel moment les dépasse-t-on ? A une époque de migrations globales, de transferts et d'échanges plurilingues, il faut repenser les langues comme une construction collective. Et le défi de la poésie consiste justement à toujours faire de sa propre langue une langue étrangère.
SEPT QUESTIONS A DAVIDE RONDONI 1/ Une autobiographie en quelques mots. Né en 1964 à Forli, Davide Rondoni est poète, dramaturge, écrivain et traducteur. Il a fondé le Centre de poésie contemporaine de l'Université de Bologne ainsi que la revue "clanDestino" . La poésie de Rondoni offre au lecteur un voyage dans les nombreuses démonstrations de l'amour. Ses vers traversent les ténèbres de l'expérience et de toutes les choses pour les éclairer d'une lumière soudaine. La lumière qui perce l'apparente opacité de ce qui existe. 2/ Comment répondre à une injonction brusque : "Définissez la poésie". Art des mots, la poésie met la vie en lumière. 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ? Oui. C'est une question de rythme. Et d'intensité analogique. Je pense que ce sont des gestes différents, deux formes d'art des mots. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise. Forme et crise de la forme sont le mouvement de la poésie. Sans forme, il n'y a pas de vie, donc même pas d'art qui est toujours composition, à l'inverse de la décomposition qui est la mort. La crise interne et extérieure de chaque forme acquise est la vie de l'art, pas nécessairement selon une banale et stricte idée de progression, mais dans toutes les directions possibles. Chaque artiste est expérimental quand il travaille sur les traditions et les innovations avec des alchimies personnelles. Le contraire de la forme n'est pas la crise, mais la mort. La vie est une crise en croissance, c'est-à-dire une crise qui engendre. 5/ Quel avenir pour la poésie ? La poésie a toujours un avenir car elle s'enracine dans la nature humaine et non dans l'acquisition et la perte dans le temps d'une compétence particulière. Son avenir coïncidera avec l'avenir de l'individu et de l'humanité entière. La poésie vit dans l'histoire, elle anticipe et suit ses mouvements dans les traditions individuelles en les faisant dialoguer. Il n'y a que les catégories historicistes qui ne fonctionnent pas avec elle. Aujourd'hui, je peux me sentir contemporain d'un poète d'il y a sept cents ou trois mille ans. Je ne me préoccupe donc jamais de l'avenir de la poésie. Il faut bien sûr se préoccuper de l'avenir de certaines choses (l'édition, l'école, la formation du goût) qui accompagnent la vie de la poésie mais qui ne la génèrent pas, ni ne la tuent. 6/ La part de la prosodie dans l'élaboration du poème. La poésie est composition. La prosodie en est une partie importante. L'art du rythme coïncide avec l'art de la poésie, autrement les poésies seraient notes philosophiques ou journal. Alors que la prosodie coïncide avec la nature spéciale de la poésie et que s'exprime en elle la fidélité et l'innovation par rapport à la tradition de chaque poète. Trouver la prosodie de sa propre voix est le but de chaque poète. 7/ La place de la traduction dans l'écriture poétique. Nous vivons dans la traduction, le monde est traduction. Et la traduction est soeur de la poésie. C'est-à-dire expérience de la limite et de la rencontre. Dante disait que l'on ne peut pas "transmuer" une langue en une autre. Les alchimistes ou Dieu, plutôt, peuvent transmuer. Alors que nous, nous traduisons, c'est-à-dire que nous nouons des dialogues et des rencontres avec l'autre. Nous l'accueillons. La traduction est la démonstration que nous ne sommes pas déjà au paradis, et il n'y a rien de plus dangereux que quelqu'un qui veut construire le paradis ici-bas. Je veux dire que la nécessité inévitable de la traduction (et son dialogue spectaculaire et dramatique) est le signe du fait que nous habitons le langage, et donc, que nous habitons la limite. Ce n'est pas une condamnation dont il faut essayer de sortir à la vaine poursuite d'un "niveau zéro" de différence entre une langue (concepts, sons, rythmes) et une autre. C'est une condition à habiter comme hospitalité réciproque et fête des rencontres. Grâce à mon expérience de traduction de Baudelaire, Rimbaud, Péguy, Shakespeare ou Jimenez, j'ai élargi mon univers et étendu les touches du piano de mon italien pour les accueillir avec leurs voix. Traduire, c'est étendre les bras de la poésie.
SEPT QUESTIONS A ISSA MAKHLOUF 1/ Une autobiographie en quelques mots. Ecrivain et poète libanais, Issa Makhlouf réside à Paris. Il soutient une thèse de doctorat en Anthropologie sociale et culturelle à l'Université de la Sorbonne. Il a publié plusieurs ouvrages aussi bien en poésie qu'en prose. Il a été Conseiller spécial des affaires sociales et culturelles à New York, dans le cadre de la soixante-et-unième session de l'Assemblée Générale des Nations Unis (2006-2007). En 2009, Issa Makhlouf a reçu le prix Max Jacob pour son livre Lettre aux deux soeurs. 2/ Comment répondre à une injonction brusque : "Définissez la poésie". La poésie est une perception de la vie et du monde. La poésie est un transpercement. Un regard qui invalide le prédominant et que la langue emploie d'une manière particulière le faisant sortir du registre de l'usage quotidien si limité vers l'illimité. La poésie est un état difficile à décrire avec si peu de mots. 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ? La prose peut s'attarder et entrer dans les détails, tandis que la poésie repose sur la densité et l'allusion. Christian Bobin affirme que la lecture d'un roman peut prendre quelques heures alors que celle d'un poème dure toute une vie. Il y a cependant des pages dans la prose arabe, celles de certains mystiques notamment, pleines d'une poésie faisant parfois défaut à la poésie elle-même. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise. La forme seule ne saurait définir la nature de la poésie. 5/ Quel avenir pour la poésie ? C'est aujourd'hui que le poème vit son avenir. Sorti de l'espace commun, il est plus marginalisé que jamais. Ce qui n'entre pas dans le moule de la consommation, ce qui ne se commercialise ni ne se vend, autrement dit, ce qui n'obéit pas à la loi de l'offre et de la demande, n'a pas sa place. Le sens culturel change à travers le monde, de même que le sens de la poésie. La culture est globalement perçue comme une marchandise dont la valeur est réduite à sa rentabilité matérielle. Cette direction impose de plus en plus ses lois sur les littératures, les arts, les connaissances et les critères esthétiques. Ceci a pour conséquence de rendre ceux qui détiennent le monopole de la culture et/ou de la littérature plus importants que les intellectuels et les écrivains. On parle beaucoup ces dernières années de la mort de la poésie. Peut-on cependant évoquer la mort de la poésie sans regarder les changements qu'a subi le monde depuis la seconde moitié du XXème siècle ? Ce qui a atteint d'autres champs de la création encore vivants aujourd'hui - avec des divergences bien sûr - ne diffère pas tellement de ce que vit la poésie. Peut-on par ailleurs ignorer le défi qu'impose le développement scientifique ? Peut-on faire fi des inventions technologiques qui incarnent certaines visions et donnent forme à l'intuition, devançant ainsi bien souvent les romans de science-fiction, allant même jusqu'à ouvrir devant le rêve de nouveaux horizons ? Le développement technologique et son impact ne devraient-ils donc pas être pris en considération dans le profond changement des sociétés et des relations humaines et environnementales ? Dans l'actuel tableau culturel, en Orient comme en Occident, la poésie n'est pas seule à bouger. Elle fait partie d'une mesure culturelle aux aspects changeants comme change la manière d'interagir avec elle, la façon de la considérer au sein même de la vie en tant qu'elle est un tout. En Occident, la poésie est réduite au minimum. Certaines sociétés comme la société française par exemple posent sur la poésie le même regard qu'elles posent sur la langue latine aujourd'hui révolue. Les festivals de poésie ayant lieu ici et là parfois sous couvert de bienfaisance ne signifient nullement que la poésie se porte bien. Dans le monde arabe, que signifie que l'on parle de poésie ? Et le fait d'en parler rend-il compte de sa présence ? Dans les médias arabes, la poésie n'est présente que parce que la plupart des responsables des pages cultuelles, à Beyrouth notamment, sont eux-mêmes des poètes. Pourtant, l'abondance des articles relatifs à la poésie et la couverture médiatique des poètes et de leurs livres ne veut pas dire pour autant que la poésie soit présente. La publication s'est éloignée de cet "étrange être" que si peu lisent et dont beaucoup de poètes eux-mêmes se détournent. Il se peut que la poésie trouve dans internet un nouveau souffle. Certains sites spécialisés dans la poésie peuvent à l'évidence jouer un rôle important pour les chercheurs arabes et occidentaux, mais ces sites s'apparent plus à un entrepôt poétique où toutes sortes de poésie cohabitent, la bonne comme la médiocre. Or ceci entrave parfois la recherche du poème. Dans l'accumulation quantitative et l'absence de critique, on peut craindre de voir se perdre les Bachiques d'Abou Nawwâs, L'épitre du pardon de Maarrî et La Divine Comédie de Dante... Jamais le poème n'a été aussi étranger qu'il ne l'est aujourd'hui. Pas seulement étranger à l'autre, mais aussi à lui-même. S'il sort de sa cachette, nul ne le reconnaît et il ne reconnaît personne. Cela ne concerne pas seulement le poème, mais toute la littérature de valeur, toute la création de valeur qui parce qu'elles sont en dehors du cercle économique, se retrouvent en dehors du petit écran, en dehors de l'espace social. Le recul de la valeur sociale de la littérature se répercute ainsi négativement sur les talents créatifs et sur l'écriture elle-même. "La voix de la poésie" est recouverte par cette autre voix que chante Sophocle depuis des âges profondément enfuis : "Ô enfant de l'espoir doré, parle... Ô voix de l'éternel ! " . 6/ La part de la prosodie dans l'élaboration du poème. Le poème est libre et n'obéit à aucun ordonnancement. Il est par essence contre toute entrave, toute capture. 7/ La place de la traduction dans l'écriture poétique. La traduction de la poésie, si difficile soit-elle, a réussi à faire connaître un grand nombre d'expériences poétiques de par le monde et de contribuer à l'interaction entre les poètes, leur ouvrant bien des perspectives.