Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Alternatives Sud Volume 19-2012/2 : Le "printemps arabe" : un premier bilan
Khader Bichara
SYLLEPSE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782849503461
ÉditorialLe «printemps arabe»: un premier bilanBichara Khader, Professeur et directeur du Centre d'études et de recherches sur le monde arabe contemporain (Cermac), Université catholique de Louvain, Belgique.À la faveur de révolutions sociales et démocratiques surtout portées par les jeunes, l'ensemble du monde arabe est entré dans une nouvelle ère, notamment constitutionnelle. Le mythe culturaliste de l'exception arabe s'est effondré. Les victoires électorales prévisibles des partis islamistes les placent face à de lourds défis politiques et économiques. Les risques sont légion, mais la dignité est retrouvée et l'instinct de liberté contagieux.Le basculement révolutionnaire de la Tunisie a pris le monde entier de court. Les Tunisiens eux-mêmes, acteurs de ce basculement, vécurent l'année 2011 dans un étonnement qui le disputait à l'incrédulité. Malgré des années de contestation du régime, les emprisonnements, la torture, l'exil de nombreux démocrates, et les révoltes périodiques de travailleurs qui ont rythmé les dernières années, «la Tunisie se voyait... assignée à une forme d'immobilisme politique» (Dakhlia, 2011). Le pays du «jasmin», comme le présentaient les affiches publicitaires, respirait la joie de vivre. «La Tunisie des plages occultait la Tunisie des rages». Tout le monde s'accommodait de la situation. Mieux, les institutions financières internationales multipliaient les «satisfecit» en ce qui concerne la croissance économique du pays, tandis que certains dirigeants européens ne se sentaient pas particulièrement gênés par les atteintes systématiques aux droits de l'homme.Mais le pays ressemblait à un vaste champ de broussailles asséchées qui n'attendait qu'une mèche pour s'embraser. Ce fut l'immolation de Mohammad Bouazizi le 17 décembre 2010. Depuis, tout un peuple s'est mis en marche sans crainte, sans leader, sans encadrement d'aucun parti politique. Le mur de la peur brisé, la dictature s'effondre. Le 14 janvier 2011, Ben Ali s'enfuit. Le 25 février, ce fut le tour de Moubarak, surnommé à tort «Pharaon d'Égypte». Plusieurs mois après, Kadhafi est exécuté. Ali Saleh du Yémen résiste à la tempête, mais est contraint à passer la main et s'en va aux États-Unis (étrange?) pour un exil médical. Bachar el Assad sévit sans retenue, mais il est aux abois. À Bahreïn, la monarchie sunnite minoritaire ne doit son salut qu'au soutien des autres pétromonarchies et à la complaisance américaine qui dispose, dans ce pays, d'une grande base navale.Le brutal surgissement de l'événement révolutionnaire a été la riposte des sociétés civiles arabes à des décennies de dérives autoritaires. Brutal ébranlement certes, mais ce n'est pas un météorite tombé par hasard sur une banquise. Même imprévu dans la forme qu'il a prise, l'ébranlement n'était pas moins prévisible. Il y a eu, par le passé, des précédents dans des contextes différents: l'intifadah palestinienne en 1987, le printemps algérien de 1988, le printemps tunisien au tournant de 1990, le printemps de Damas, début 2000, l'ouverture parlementaire koweïtienne. Mais aucun précédent n'a donné lieu à un tel «tsunami» politique, à un tel chambardement. Attribuer tout cela aux «vents de la mondialisation», aux réseaux sociaux, aux chaînes satellitaires, serait un peu court, bien que cela ait joué dans l'amplification du phénomène. Plus fondamentale est l'usure de la logique autoritaire ou plutôt sa dérive prédatrice et dynastique.Certains pays semblent pour l'heure faire figure d'exception. Les monarchies pétrolières peuvent compter sur les pétrodollars pour monnayer le silence de leur population (mais pour combien de temps?). Les monarchies non pétrolières (Jordanie et Maroc) comptent sur leurs titres de noblesse, mais se voient néanmoins contraintes d'ouvrir le système politique de manière contrôlée. L'Algérie se protège derrière le paravent de l'armée, derrière les liasses de pétrodollars, mais aussi derrière l'amoncellement des souvenirs tragiques d'une guerre civile qui a fait plus de 150000 morts dans les années 1990.Un an après le déclenchement des révoltes démocratiques arabes, il est sans doute trop tôt pour dresser un premier bilan, car nous sommes toujours en pleine fièvre révolutionnaire et la situation est loin d'être stabilisée. Aussi ce texte se limite-t-il à esquisser un tableau des évolutions de la scène politique arabe depuis un an et épingler les premiers acquis de ce qui est désormais communément appelé le «printemps arabe».(...)
Bichara Khader adresse aujourd'hui cette longue lettre à son frère Naïm (premier représentant de l'OLP, assassiné à Bruxelles), au cours de laquelle il lui relate les événements survenus, depuis sa disparition, le chemin parcourus, les espoirs et les déceptions, les combats menés. Cette lettre émouvante pour le moins nous fait prendre conscience qu'il y a eu des hommes qui ont sacrifié leur vie pour un idéal, qu'il est de notre devoir de ne pas les oublier.
Il y a peu d'ouvrages sur l'ensemble arabe, offrant une vue panoramique et une approche multidisciplinaire. Celui-ci est conçu comme un voyage patient au coeur des grandes problématiques arabes, une interrogation sur l'histoire ancienne et plus récente, une analyse des défis et des enjeux, et une réflexion sur les sentiers du futur. Le lecteur y trouvera une esquisse historique de l'ensemble arabe, une brève histoire de la question palestinienne, une analyse du système régional arabe, une étude sur les imaginaires collectifs, une réflexion sur la démocratie, la laïcité, l'islamisme, le terrorisme, le projet du Grand Moyen-Orient, ainsi qu'une incursion dans les questions économiques et géopolitiques, telles que le développement économique des pays du Machrek et du Maghreb, les intégrations régionales (FUMA et le CCG), ainsi que la géopolitique de l'eau et du pétrole. Cet ouvrage s'adresse à tous les lecteurs pour lesquels le Monde arabe demeure une grande énigme. Et s'il s'adresse plus particulièrement à l'Europe, c'est en raison de la persistance des malentendus et des lieux communs qui vicient les regards, déforment des réalités complexes, et finalement crispent les relations entre des voisins proches et intimes. Biographie de l'auteur Bichara Khader est professeur à l'Université Catholique de Louvain où il dirige le Centre d'Etudes et de Recherches sur le Monde Arabe Contemporain (CERMAC). Il a été membre du Groupe des Hauts Experts sur la PESC et membre du Groupe des Sages pour le dialogue culturel en Méditerranée. Auteur et éditeur de vingt quatre ouvrages sur le Monde arabe, la Méditerranée et l'Union européenne, il est considéré comme l'un des meilleurs analystes des relations entre l'Europe, le Monde arabe et la Méditerranée.
Depuis plus d'un siècle, un peuple est dépouillé, déplacé, abandonné. Tandis que 80.000 tonnes de bombes ont été larguées sur Gaza depuis le 8 octobre 2023, la colonisation se poursuit en Cisjordanie et la solution des deux Etats s'éloigne chaque jour davantage. L'Europe regarde... et ne fait rien. Dans cet essai, rigoureux et accessible, Bichara Khader retrace la genèse de la tragédie palestinienne de 1897 à 2025. Ce n'est pas une énième histoire de la Palestine. Il s'agit d'une autre manière de la regarder en soulignant l'asymétrie structurelle entre Israéliens et Palestiniens et son effet domino sur la région du Moyen-Orient, sur l'espace méditerranéen et sur l'Europe. Dans la perpétuation de cette tragédie, l'Occident porte une lourde responsabilité historique. Le soutien indéfectible des Etats-Unis à Israël et la diplomatie d'affichage et d'indifférence de l'UE ont permis la pérennisation de l'occupation israélienne, la colonisation rampante en Cisjordanie, la destruction de Gaza, et finalement la dérive religieuse et suprémaciste de l'Etat d'Israël. C'est en cela que la question palestinienne est le révélateur de notre faillite morale. L'essai se termine par une réflexion humaniste appelant Israéliens et Palestiniens à sortir de l'écologie de la souffrance et de la haine qui obstrue les sentiers du futur, et à négocier une issue raisonnable à ce conflit qui ne peut se résoudre par la formule explosive "eux ou nous".
Si bell hooks est connue pour son engagement féministe, l'articulation de cet engagement avec les pratiques dans le domaine de l'éducation et de la pédagogie a été peu débattue en Europe. Ce livre est un recueil d'essais sur la pédagogie de l'émancipation qui aborde non seulement l'importance du féminisme dans les salles de classe mais aussi l'articulation de la théorie et de la pratique dans la lutte féministe afro-américaine. hooks y parle de solidarité et d'économie politique, et de la façon dont la pédagogie des opprimés à laquelle elle a été formée par Paulo Freire peut s'appliquer à l'émancipation des Afro-américaines. Des cas particuliers y sont décrits pour souligner l'importance de l'enseignant·e dans la pratique de la liberté. La traduction de cet ouvrage présente un intérêt bien au-delà du monde universitaire francophone. bell hooks est une enseignante-chercheuse mais son travail trouve une résonance tant dans la théorie que dans les pratiques politiques. Ainsi, Apprendre à transgresser parlera aux lecteurs·rices intéressées par le féminisme, par les pratiques éducatives et par les stratégies antiracistes. C'est d'ailleurs ce qui la distingue de beaucoup d'ouvrages féministes publiés en français : le déploiement de la théorie en pratique de l'enseignement et la transformation de la salle de classe en lieu d'émancipation Les pratiques éducatives françaises et la singularité des élèves dans le contexte scolaire ont été débattues en France ces deux dernières années, et ce livre apporte un regard différent en décrivant des stratégies d'enseignement dans un monde multiculturel. Par ailleurs, l'intérêt du public pour l'intersectionnalité et le féminisme antiraciste s'est développé en France. Le modèle universaliste français étant réinterrogé et la question de l'identité plus que jamais d'actualité, l'ouvrage constitue une contribution importante au débat, que ce soit dans le champ disciplinaire des sciences humaines et politiques et dans le milieu associatif féministe, LGBT et antiraciste.
Résumé : Pourquoi et comment un médiocre parlementaire d'extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d'Amérique latine ? L'arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n'est ni un événement fortuit, ni une parenthèse sans lendemain. Portée par une lame de fond, elle est à la fois le produit des circonstances et la conséquence d'un travail de conquête et de formatage de l'opinion par de nouvelles droites radicales et militantes. Dans un contexte marqué par une profonde crise économique, morale et institutionnelle, ces courants ont exploité les frustrations et les ressentiments de la société brésilienne, pour s'imposer aux affaires. Avec l'appui des vieilles oligarchies et des secteurs les plus conservateurs, ils entendent aujourd'hui solder l'héritage du "lulisme" et dicter leur agenda ultralibéral, rétrograde et autoritaire. Révision des droits sociaux, démantèlement des protections environnementales, privatisation des entreprises publiques, réalignement de la politique étrangère sur les Etats-Unis, croisade morale et sécuritaire..., le tournant engagé risque de réduire à néant les progrès démocratiques engrangés au terme de plusieurs décennies de luttes. Sonnée et divisée, la gauche s'est jusqu'à présent montrée impuissante à contrer la vague réactionnaire. Elle devra, coûte que coûte, retrouver son unité et proposer un nouveau projet mobilisateur pour éviter que le pays, champion toutes catégories des inégalités, ne s'enfonce dans l'abîme.
En 2010, Lula quittait la présidence du Brésil avec 80% d'approbation et des indicateurs économiques au beau fixe. Moins d'une décennie plus tard, Dilma Rousseff qui lui a succédé est destituée par un coup d'Etat parlementaire et Lula est emprisonné à la suite d'un procès politique. Pire, l'élection présidentielle de 2018 a livré le pays à un militaire d'extrême droite. Que s'est-il donc passé? ? fabio luis barbosa dos santos tente d'y répondre en brossant le portrait des mandats du Parti des travailleurs à la tête du pays. Il montre la dérive d'un parti qui fut le centre de gravité des luttes sociales au début des années 1980 pour finir par devenir le "bras gauche" de l'ordre en vigueur au cours des années 2000. Essai sur l'histoire récente du Brésil, ce livre revient aussi sur l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro et scrute le chapitre brésilien du glissement mondial vers un néolibéralisme toujours plus violent, autoritaire et inégalitaire.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.