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Albert Caquot 1881-1976. Savant, soldat et bâtisseur
Kerisel Jean
PONTS CHAUSSEES
36,50 €
Épuisé
EAN :9782859783433
Le temps ne cesse d'apporter un éclairage supplémentaire à l'?uvre d'Albert Caquot. Ce grand savant fut l'un des plus marquants de son siècle et l'un des esprits les plus éclairés de son époque. Il est des chercheurs qui n'ont qu'une corde à leur arc ; tel ne fut pas son cas. Qu'y a-t-il de commun, en effet, entre un ballon à empennage, une usine marémotrice, un pont à haubans ou une caquoïde ? Toutes ces inventions furent l'?uvre de ce grand ingénieur, dont le talent s'exerçait avec bonheur dans de multiples domaines. Habile dessinateur, infatigable calculateur, Albert Caquot savait aussi discerner le trajet des forces dans la matière pour les discipliner, passant par ailleurs avec aisance de l'aérodynamique à l'hydrodynamique. C'est à ce dernier domaine qu'il consacra la fin de sa vie, développant ses réflexions de visionnaire. Ce livre est aussi le témoin de la plus grande partie du siècle écoulé. Volonté réelle pour de jeunes intelligences issues d'un milieu modeste de s'élever dans la société. Dévouement des maîtres de l'instruction. Premiers vols aériens et primauté du plus léger que l'air dans les batailles terrestres et navales. Patriotisme indomptable pendant la Première Guerre mondiale. Dans la lignée des ouvrages des Expositions universelles, enthousiasme populaire manifesté encore durant plusieurs décennies envers les grands ouvrages de génie civil. Et aussi, rivalités européennes, laisser aller de nos finances, dévaluations ruineuses, faiblesse de nos réserves de change avec l'absolue nécessité d'exploiter tous les sites d'énergie renouvelable... Oui, la vie d'Albert Caquot s'inscrit sur cette toile de fond, la toile de fond du XXème siècle dont elle épouse tous les contours. A travers la description de la vie et de l'?uvre de ce personnage hors du commun, c'est tout un pan de l'histoire du XXème siècle que ce livre rééclaire, une histoire pleine de richesse et de passion.
L intervention de l'homme pour façonner la matière n'a pas été bénéfique en toutes circonstances. Il y a eu souvent une sorte d'esclavage du règne minéral contraint de suivre la pensée humaine, même viciée. La pierre est ainsi devenue esclave des ambitions des bâtisseurs ou de leurs commanditaires : au début, tout est harmonie, intelligence mutuelle, puis une trop grande témérité conduit à la catastrophe. L'auteur remonte la cascade des siècles pour en donner des exemples. Erreur répétée, celle de la juxtaposition, sous un même fardeau et côte à côte, de deux architectures de sensibilités différentes : elle a été fatale aussi bien au pharaon Chéops qu'aux bâtisseurs de campaniles ou à Soufflot, l'architecte du Panthéon français. L'esprit de grandeur et l'orgueil inexpiable des Beauvaisiens éclatent dans l'édification de la tour-lanterne de leur église Saint-Pierre, qui se voulait plus haute que la Grande Pyramide mais qui se solda, finalement, par l'écroulement d'une montagne de pierres. Que dire du rêve d'éternité du pharaon Ramsès II, qui voulait encore être le premier au-delà de la vie ? Il advint que, énorme ignorance de la connaissance du terrain qu'il avait choisi pour sa dernière demeure, sa tombe fut secouée par une sorte de danse macabre et devint bientôt la bouche d'égout de la vallée des Rois. Jean Kerisel, l'auteur de ce livre, est connu de nos lecteurs par les nombreux ouvrages à caractère technique ou historique qu'il a publiés. Familier des égyptologues de profession, il a déploré, en maintes circonstances, leur ignorance de certains aspects techniques et, parfois même, leur mépris pour les spécialistes des sciences exactes et des sciences de la terre : géologues, hydrologues, etc. La conclusion de son livre est en définitive optimiste. " L'esprit qui meut la matière " est aujourd'hui plus intelligent et nous connaissons mieux celle-ci. Nous savons dorénavant éviter les catastrophes rappelées dans le livre : il n'y aura plus d'écroulement subit de campaniles. Nous saurons combattre les penchants dangereux des tours et élever sans danger les dômes les plus lourds.
Aux temps lointains de la Chine ancienne, un jeune homme, ivre de liberté, quitte un beau jour la cour de l'Empereur. Li Po parcourt le pays du haut de son cheval Yiyi, il peint, il chante et écrit des poèmes, parmi les plus beaux de la littérature chinoise. Quelques années plus tard, Tou Fou, un jeune poète qui l'admire, se lance à sa poursuite... Cette histoire vraie, racontée avec délicatesse par Françoise Kerisel, relate la quête pleine de sagesse de Tou Fou et la rencontre extraordinaire des deux grands poètes chinois.
Ce livre délivre un message clair : le travail social est communautaire ou n'est pas, tout en dévoilant comment il se donne : par le croisement des expériences mais aussi dans la solitude, celle du doute et de l'errance. Ce texte est fait d'expériences de vie, croisées au fil des ans et des rencontres, dont bon nombre sont autobiographiques mais dont l'auteur lui-même se demande ce qui les relie, éclairant paradoxalement la continuité du travail et la discontinuité de l'histoire. Ce qui les relie ? la volonté, la force, l'espoir et le doute, la présence à l'autre, l'amour, l'engagement. Ce qui pose question : les situations limites, la responsabilité, la reconnaissance, l'amour et la juste distance, la répétition et la reprise, l'accueil, le savoir supposé des experts, le savoir du profane, qui ne sait pas encore qu'il sait. Il s'agit en fait de rencontrer l'autre en personne, " qui " et non pas " quoi ", " qui il est " et non pas " ce qu'il est " — toxicomane, prostituée, malade, schizophrène, mauvais pauvre ou précaire. L'auteur montre le pouvoir de changement qui existe dans la rencontre. Comment aller vers les gens est une vraie question. Vers qui aller en est une autre : qui en a le plus besoin ? On ne peut que remarquer la quantité de femmes — il y a moins d'hommes que de femmes dans les cas présentés — prises ici comme exemples de situations qui emprisonnent doublement le travailleur social et son autre dans une réalité sombre et misérable, celle d'une identité qui n'a pas été choisie et que la violence catégorielle n'a cessé de montrer du doigt et d'abîmer au fil du temps. Il s'agit d'être en permanence en altérité. Dans les termes de Ricoeur, ce livre est dans la confrontation de soi à l'autre un " parcours de reconnaissance ".