Femmes pompiers ou médecins, cadres d'entreprise, magistrates, conductrices de bus ou de camions, peintres en bâtiment ou carreleuses... mais aussi hommes sages-femmes ou caissiers de supermarché, infirmiers, assistants sociaux ou instituteurs en école maternelle: autant d'exemples de l'avancée en mixité dans des bastions longtemps monosexués. La mixité n'est donc pas seulement une question de co-présence de femmes et d'hommes dans différents espaces sociaux. Elle se traduit aussi par la fin de l'exclusivisme de genre attaché à certains métiers. Il est certes important d'en prendre la mesure précise, statistiques à l'appui, mais une évaluation chiffrée ne saurait suffire pour comprendre ce qui se joue dans ces situations atypiques. Le même métier est rarement exercé dans les mêmes conditions, de travail, de rémunération, de promotion selon qu'il l'est par un homme ou par une femme. Des travaux qualitatifs fins et diversifiés, tels ceux qui sont présentés dans cet ouvrage, permettent d'observer par le menu ce qui se transforme, ce qui résiste, ce qui se recompose, dans le but de saisir le sens des logiques sociales complexes qui sont à l'?uvre. Parler d'inversion du genre à propos de ces situations et positions non traditionnelles, c'est donc moins décrire une situation que poser la question de savoir dans quelle mesure l'inversion des positions sexuées est de nature à remettre en cause les processus de catégorisation et de hiérarchisation que désigne le concept de genre.
Cervulle Maxime ; Kergoat Danièle ; Testenoire Arm
Quels sont les effets des rapports sociaux de genre, de classe et de race sur les subjectivités ? Comment celles-ci se frayent-elles des voies pour résister et permettre à un savoir collectif d'émerger ? Autant de questions qui empruntent les chemins reliant le sujet individuel au sujet collectif.
Malgré le fond historique de ce conte, une grande liberté se dessine à travers certains récits des événements. Il ne s'agit donc pas d'un travail objectivement historique, ni même d'un roman historique, mais d'un conte historique. Enfin la partie écrite avant l'indépendance de l'Algérie, avant 1962, fera peut-être sourire ceux qui ont une connaissance historique intégrale de l'ALN et leur paraîtra subjective, voire sentimentale. En 1958-1960, l'auteur décrit l'ALN de la Wilaya IV (Zone 4 - Nahia 2), l'ALN de son secteur, l'ALN qu'il voit de ses yeux, jour après jour. et aussi à travers l'influence positive de son amitié avec le commandant Si Lakhdhar Bouchemaa et avec bien d'autres officiers de l'ALN, sur le terrain rencontrés. Ce n'est qu'après l'indépendance que le regard de l'auteur se révèlera plus objectif, grâce à des travaux d'historiens, comme ceux de Mohammed Harbi, plus particulièrement Le FLN, Mirage et Réalité, de Mohammed Téguia, et de bien d'autres auteurs algériens, comme ce travail remarquable de Mohand-Aarav Bessaoud intitulé Heureux les martyrs qui n'ont rien vu.
Résumé : Le bocage alterne champs cultivés et talus ou bosquets, il fait depuis toujours cohabiter l'homme avec la faune sauvage, indispensable marqueur de la biodiversité de nos campagnes. Du plus petit au plus grand, ce livre offre 250 des plus belles images de près de 160 insectes, batraciens, reptiles, oiseaux et mammifères, donnant sur eux une foule d'informations. Car les aimer et les protéger, c'est d'abord mieux les connaître et savoir les reconnaître. Les plus belles photographies animalières de la faune bocagère, un large choix de 70 espèces (batraciens, oiseaux, insectes, mammifères, etc.). Un regard pertinent sur la sauvegarde de cette diversité.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?