
Les portes du poème
Les portes du poème, hommage à Habib Tengour Textes réunis et présentés par Regina Keil-Sagawe et Hervé Sanson Dessins de Hamid Tibouchi essai, apic éditions, Alger, novembre 2022. Les vingt-sept contributions ici rassemblées et superbement illustrées par Hamid Tibouchi - études critiques et textes de création - rendent hommage à une oeuvre de premier plan dans les lettres algériennes et plus largement contemporaines, mais paradoxalement encore méconnue. Ce volume entend, à l'occasion du soixantième-quinzième anniversaire du poète Habib Tengour, inaugurer de nouvelles pistes de recherche quant à cette oeuvre et permettre une plus juste appréhension de ses enjeux. Les hommages des pairs - poètes du monde entier - donnent à l'ouvrage une dimension affective, charnelle, et prolongent les analyses des chercheurs en ménageant des échos inattendus. "N'entre dans le poème que celui animé d'une intention droite ! " , nous a avertis Tengour. LES PORTES DU POEME s'entrouvrent ainsi sur une des voix poétiques les plus importantes de sa génération (prix Dante en 2016, prix Benjamin Fondane en 2022, prix Dante Alighieri en 2023, pour l'ensemble de son oeuvre). Regina Keil-Sagawe (Université de Heidelberg) est traductrice et chercheuse. Elle a traduit en allemand de nombreux auteurs maghrébins dont Habib Tengour, mais aussi Mohammed Dib et Driss Chraïbi, entre autres. Hervé Sanson, enseignant-chercheur (ITEM-CNRS), est spécialiste des littératures francophones du Maghreb. Ses auteurs de prédilection se nomment Habib Tengour, Mohammed Dib, Albert Memmi et Assia Djebar. Hamid Tibouchi est peintre et poète. Sa production plastique est protéiforme : peintures, dessins, gravures, estampes numériques, photos, livres d'artistes, livres-objets, décors de théâtre, vitraux, illustrations de livres et revues.
| Nombre de pages | 390 |
|---|---|
| Date de parution | 10/11/2022 |
| Poids | 520g |
| Largeur | 150mm |
| SKU: | 9789969525021 |
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| EAN | 9789969525021 |
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| Titre | Les portes du poème, |
| Auteur | Keil-Sagawe Regina ; Sanson Hervé |
| Editeur | APIC EDITIONS |
| Largeur | 150 |
| Poids | 520 |
| Date de parution | 20221110 |
| Nombre de pages | 390,00 € |
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Même si je me définis comme écrivant en vers libre, sans tenir compte des formes régulières ou de la longueur des vers, je crois fermement aux rythmes du discours incluant les alternances de l'accentuation. Aujourd'hui, j'ai l'impression que la poésie se matérialise rarement dans le vers. Pourtant, le poète a intégré la prosodie ; il en connaît les règles, avant de les violer délibérément. 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ? Parfois, pour l'oeil, poésie et prose semblent ne faire qu'un. Ce qui les sépare néanmoins, ce sont les images et la musique ; et l'impression demeure que le lyrisme se ressent mieux dans le vers libre que dans la prose. Certes, ce genre de règles et de procédés n'est pas étanche car le son véhicule les images et le message. Hors de cela, pas de poésie. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise. Le poème est un montage. Artificiel, il s'adresse au coeur et à l'esprit. La forme ne devrait jamais se contenter du rôle de lit de légumes. 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Et, codicille du traducteur : J'ajouterai que, pour ce qui est du passage de l'anglais au français (et vice-versa), le traducteur de poésie évolue nécessairement dans un système contraignant clairement paramétré. Si ces deux langues ont le même nombre de sons voyelles et diphtongues, pas un seul n'est identique, à l'infime exception près du 'U' français qui correspond à peu près à l'écossais dans True Scot, par exemple. Par ailleurs les rythmes nobles, instinctifs, diffèrent aussi : si le pentamètre anglais se retrouve, dans le miroir, en alexandrin français, ils n'ont rien en commun. Au rythme iambique anglo-saxon, porteur ou non de rime (5x 1+1) nettement accentué sur le mot, fréquemment monosyllabique, correspond le dactylique/anapestique, lesté de rime, qui n'est qu'accent de phrase (4x3). Je passe sur les variantes indispensables pour vaincre l'ennui naissant de l'uniformité. Mais cela débouche sur un rapport proportionnel incontournable : si l'on considère, théoriquement parlant, cela va de soi, que le sonnet, poème par excellence, vaut de façon très souple 14x10 syllabes en anglais, il en vaut très rigoureusement 14x12 en français, soit exactement 20% de plus. A différente musique, différente partition. Le traducteur se doit de re-composer : il est donc "créateur associé" comme vient de l'écrire Yusef Komunyakaa. La mauvaise traduction aura tendance à dépasser cette norme. La moyenne s'y tiendra, plus ou moins. La bonne descendra le plus possible. Quant à l'excellente, qui existe à l'occasion, il lui arrivera de faire plus court encore. Si ce n'est pas toujours possible, il y a très souvent mieux à faire, après réflexion. Tout ceci, bien sûr, ne concerne que l'écrit. Souvent, lorsqu'il s'entend pour la première fois en traduction, l'auteur a l'impression de se découvrir une face cachée. C'est la surprise du chef.ÉPUISÉVOIR PRODUIT13,00 € -
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