Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Préparer l'imprévisible. Lévy-Bruhl et les sciences de la vigilance
Keck Frédéric
PUF
17,00 €
Épuisé
EAN :9782130851523
Lucien Lévy-Bruhl (1857-1939) fit des études de philosophie à l'Ecole normale supérieure en compagnie de Henri Bergson, Emile Durkheim et Jean Jaurès. Il connut une trajectoire d'émancipation méritocratique qui forma son expérience du judaïsme et sa perception de l'affaire Dreyfus, dont il fut un des premiers témoins. Il soutint l'introduction des sciences sociales dans l'Université au début du vingtième siècle et s'engagea dans le mouvement socialiste au cours de la Première Guerre mondiale et dans l'après-guerre. Les débats épistémologiques sur la " mentalité primitive " sont ainsi relus à partir des usages des " sciences de la vigilance ", qui permettent aux sociétés d'anticiper l'avenir sans recourir aux représentations stables de l'Etat. On comprend ainsi le rôle central qu'a joué Lucien Lévy-Bruhl dans l'institution philosophique de la Troisième République, mais aussi son effacement de l'histoire des sciences sociales, puisque son engagement fut plutôt poursuivi par une généalogie de serviteurs de l'Etat. On propose alors en conclusion une hypothèse sur l'actualisation de la pensée de Lucien Lévy-Bruhl à partir de nos débats sur la préparation aux catastrophes imprévisibles.
Si la vie sociale est orientée par une diversité de valeurs, parfois conflictuelles, celles-ci deviennent visibles dans les choses que fabriquent, échangent et collectent les individus. Comment la diversité des valeurs s'insère-t-elle dans l'hétérogénéité de la matière pour lui donner une consistance sociale ? En quoi la matérialité d'un objet donne-t-elle prise à plusieurs formes de valorisation ? Ces questions ouvrent un champ d'étude au croisement de l'anthropologie des arts et de la culture matérielle. A partir d'enquêtes de terrain menées sur tous les continents, ce livre collectif élabore une réflexion commune dans le cadre du musée du quai Branly, en l'ouvrant à d'autres espaces dans lesquels les choses sont conservées et exposées avec des valeurs différentes. Les matérialités analysées dans ces études peuvent servir à la fabrication d'objets d'apparat (maisons, parures, statues) ou résulter de dégradations organiques (restes d'humains ou d'oiseaux) ou apparaître dans des infrastructures technologiques (séance de cinéma). En les inscrivant dans des biographies culturelles au cours desquelles les valeurs se transforment, l'étude de ces matérialités permet de suivre la genèse de valeurs que leur exposition dans un musée peut faire voir comme contradictoires. En revenant sur leur provenance, elle en dessine des futurs possibles.
C'est en s'opposant aux prénotions du sens commun et aux abstractions de la philosophie qu'Emile Durkheim fonde la sociologie dans sa rigueur scientifique. Pour autant, il n'invente pas un nouveau langage. Au contraire, il infléchit et renouvelle le sens des concepts existants afin de constituer le vocabulaire spécifique d'une nouvelle science qui apporte une résolution inédite aux problèmes classiques de la philosophie. C'est ce déplacement propre aux concepts durkheimiens que ce Vocabulaire a pour ambition de détailler. Au regard de sa postérité, la réforme durkheimienne du langage a réussi. Repris et discuté par l'école durkheimienne (Mauss, Halbwachs, Lévy-Bruhl...), réapproprié par les grands courants des sciences sociales au XXe siècle (Lévi-Strauss, Parsons, Goffman, Bourdieu...), le vocabulaire de Durkheim s'est institutionnalisé au point de constituer, aujourd'hui encore, le lexique fondamental de la sociologie. Revenir aux textes en parcourant les interprétations successives qui en ont été données, tel est le second objectif de ce Vocabulaire de Durkheim. Ce Vocabulaire entend être un guide destiné au lecteur de Durkheim, qu'il soit philosophe ou sociologue, néophyte ou averti.
Résumé : Les signaux d'alerte se multiplient sur les catastrophes écologiques. La valeur de ces signaux n'est pas régie par le critère de la vraie ou de la fausse alerte, ni par le principe du bon ou du mauvais gouvernement, mais par l'attractivité du signal, c'est-à-dire sa capacité à susciter l'attention et l'intérêt de ceux qui le reçoivent. En s'appuyant sur une étude des sentinelles des pandémies dans les sociétés asiatiques, Frédéric Keck montre que les territoires qui émettent des signaux d'alerte, comme Hong Kong, Taiwan ou Singapour, ont entre eux des relations de compétition et de collaboration analogues à celles des oiseaux qui concourent pour alerter sur la présence d'un prédateur. Dans cette émulation, où les pays échangent des informations pour prendre les mesures les plus rapides, se joue une nouvelle forme de solidarité globale et de justice sociale. Pour prendre la mesure de ce phénomène, l'auteur propose une lecture de quelques penseurs des signaux d'alerte (Claude Lévi-Strauss, Amotz Zahavi, Anna Tsing) ; puis une histoire des grandes crises sanitaires depuis vingt ans ; enfin, une approche de certaines oeuvres d'art (romans, films, expositions), qui nous préparent aux prochaines crises en faisant travailler notre imaginaire.
La pandémie de grippe est un des événements qui suscitent une mobilisation au niveau global. Le caractère cyclique des pandémies ? la « grippe espagnole » en 1918, la « grippe asiatique » en 1957, la « grippe de Hong Kong » en 1968 ? a conduit les experts à penser qu?une nouvelle pandémie était imminente, et qu?elle tuerait des millions de personnes. La question, selon les autorités de santé globale, n?était pas de savoir quand et où la pandémie commencerait, mais si nous étions prêts pour ses conséquences catastrophiques. Il faut donc se préparer aux pandémies pour limiter non seulement le nombre de victimes humaines mais aussi ses effets politiques et moraux. Une pandémie commence quand un pathogène infecte une population humaine non immunisée. On considère que les microbes mutent à travers les espèces animales, où ils se développent habituellement de façon asymptomatique dans leurs « réservoirs animaux », avant de passer aux humains, où ils produisent infection et contagion. Les virus de grippe, en particulier, mutent et se réassortissent chez les oiseaux, notamment aquatiques, et les porcs, décrits comme des « véhicules intermédiaires » parce qu?ils ont des récepteurs dans leurs voies respiratoires qui peuvent s?attacher aux virus aviaires et humains. Quand les microbiologistes suivent les pathogènes dans leurs réservoirs animaux pour anticiper leur émergence chez les humains, ils introduisent ainsi les animaux dans la société. Ce livre montre, avec les méthodes de l?anthropologie sociale, comment les techniques de préparation pour une pandémie de grippe ont transformé nos relations aux oiseaux. Des milliards de volailles ont été tuées à travers le monde pour éviter que des pathogènes potentiellement pandémiques ne passent la frontière d?espèces. Les oiseaux migrateurs ont été surveillés pour comprendre la diffusion des virus de grippe en-dehors de leur lieu d?émergence. L?anthropologie sociale, en tant qu?elle produit du savoir sur les similarités et les différences entre les humains et les autres animaux, peut prendre les pathogènes franchissant les barrières d?espèces comme point de départ pour une enquête sur les transformations des relations entre humains et non-humains. La connexion entre les relations hommes/animaux et les mesures de santé publique s?opère dans les deux sens?: de nouvelles relations entre hommes et animaux (comme l?intensification de l?élevage industriel) a produit de nouveaux risques d?émergence, mais les techniques utilisées pour limiter ces risques (comme l?abattage massif de volailles ou l?usage de poulets sentinelles) a aussi changé la façon dont les hommes interagissent avec les animaux. Ce livre est basé sur une recherche ethnographique conduite à Hong Kong, Taiwan et Singapour entre 2007 et 2013. Ces trois territoires ayant été affectés par la crise du SRAS en 2003, ils ont investis dans les techniques de préparation à une pandémie de grippe. Mais ces trois territoires étaient aussi mobilisés contre un virus de grippe aviaire venant de Chine, où le nombre de volailles domestiques avait dramatiquement augmenté au cours des quarante dernières années. Hong Kong, Taiwan et Singapour sont trois points de passage pour la diaspora chinoise, qui pouvait ainsi s?identifier avec les oiseaux migrateurs accusés de propager la grippe à travers le globe. L?un des arguments soutenus dans ce livre est que ces trois territoires situés aux frontières de la Chine et connectés au reste du monde ont trouvé avec la grippe aviaire un langage pour parler des problèmes qu?ils ont avec le continent chinois, considéré comme une puissance émergente dont les conditions de vie manquaient de transparence. Ce livre associe un argument théorique en anthropologie sociale avec une ethnographie des relations entre hommes et animaux dans des techniques de santé publiques afin de saisir ce qu?est « la préparation au niveau aviaire » dans des territoires asiatiques singuliers.Table des matières : Introduction Première partie : Maladies animales Chapitre 1 : Abattre, vacciner et surveiller les animaux contagieux Chapitre 2 : Controverses sur la biosécurité dans la surveillance des zoonoses Chapitre 3 : De la santé globale aux écologies de la conservation Deuxième partie : Techniques de préparation Chapitre 4 : Sentinelles et signaux d?alerte précoce Chapitre 5 : Simulation et scénarios inverses Chapitre 6. Stockage ordinaire et prioritaire Conclusion Bibliographie
Ce vocabulaire est un succès inégalé depuis sa première édition en fascicules dans le Bulletin de la Société française de philosophie, de 1902 à 1923 puis en volume (18 éditions reliées, 2 éditions en poche). Le but originel de l'auteur était de contribuer à l'unité de la philosophie à travers la définition d'un langage philosophique commun, ce vocabulaire est ainsi devenu un manuel du « bon usage du langage philosophique permettant l'accord des esprits ».
La perte d'une personne aimée est toujours éprouvante et trop souvent aboutit à des perturbations émotionnelles durables et profondes, en particulier à de l'angoisse et de la dépression. Ce livre, troisième et dernier de l'oeuvre que John Bowlby a consacré au concept de l'attachement, décrit les réactions des enfants et des adolescents à la perte d'un parent en les comparant aux réactions des adultes à la perte d'un conjoint ou d'un enfant Une attention toute particulière est accordée aux perturbations du deuil aux différents âges et aux événements récents ou anciens qui les favorisent Les différents types de réactions ainsi que les circonstances qui aboutissent à des évolutions favorables ou perturbées s'avèrent être semblables à tous les âges. John Bowlby intègre à la théorie psychanalytique les notions les plus récentes tirées de l'éthologie, de la cybernétique et de la psychologie cognitive. Sa pensée stimulante est parfois controversée, mais elle a le mérite de conduire les cliniciens à une réflexion renouvelée sur les notions de perte, de deuil, de dépression, permettant des approches thérapeutiques nouvelles.
Ce Dictionnaire de psychologie allie les qualités d'un bel ouvrage accessible à tous avec les avantages de l'exhaustivité, ce qui ravira les spécialistes. Les termes de la langue courante (adolescence, leurre, agression, réaction, tempérament...) et du vocabulaire de la psychologie (autisme, psychodrame, test de Rorschach...) y sont définis, tandis que les notions fondamentales sont mises en perspective par un rappel des doctrines qui les ont élaborées. Ainsi, le lecteur pourra se demander s'il est plutôt allocentrique ou égocentrique, après avoir distingué les fantômes de son passé des fantasmes de sa libido. Grâce à un système de renvoi entre les définitions et à la prise en compte de notions qui font intervenir aussi bien la psychologie, la sociologie et la psychanalyse, cet ouvrage très utile offre un panorama complet des sciences humaines. --Paul Klein
Publié dans une version reliée en 1991, puis réédité dans un format poche, ce dictionnaire est un « outil culturel » passionnant et indispensable, non seulement pour connaître les grands noms de la discipline (94 ethnologues sont présentés) mais aussi pour comprendre leur langage et leurs concepts, car « c'est avec cet instrument analytique qu'ils affrontent la réalité sociale, organisent leur savoir et définissent les orientations de leur réflexion et c'est à travers leur langage que, de l'extérieur, la discipline est identifiée » (P. Bonte et M. Izard).