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L'Oreille divisée. Les discours sur l'écoute musciale aux XVIIIe et XIXe siècles
Kaltenecker Martin
EDITIONS MF
24,00 €
Épuisé
EAN :9782915794526
Ce livre interroge les discours sur l?écoute musicale à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, moment où l?on remarque une inquiétude croissante au sujet des risques qu?elle encourt. L?oeuvre peut alors s?affranchir d?un ensemble de codes qui garantissaient une communication immédiate, par référence à la rhétorique, pour inventer à chaque fois des règles ou des organismes nouveaux, que saisira une écoute répétée. S?adressant au XVIIIe siècle aussi bien à l?amateur qu?au connaisseur, à partir de Beethoven, l??uvre pourra constituer à chaque fois sa propre communauté d?écoute. L?écoute musicale, comprise comme l?appréhension d?une oeuvre, est en même temps étroitement liée aux théories portant sur la perception, qui peuvent même prendre le pas sur elles à certaines époques. Ces théories sont influencées de leur côté par des textes théologiques ou philosophiques assurant la suprématie de l?oeil sur l?oreille, ou l?inverse. Quant à l?écoute musicale, elle revêtira différentes figures dont on suit ici le développement: une écoute par association d?images, une écoute structurelle, une écoute sublime ou une écoute de l?ineffable. Le notion de discours est entendue au sens fort, comme producteur d?effets concrets: aménagement de lieux favorisant telle ou telle écoute, construction sociale d?attitudes, se taire, fermer les yeux, n?applaudir qu?à la fin d?un morceau?, mais aussi marque imprimée sur les oeuvres elles-mêmes, qui visent un certain type d?écoute: un compositeur ne crée pas seulement à partir de techniques d?écriture ou d?une vision poétique, mais aussi à partir de discours, dont la trace se repère dans ses partitions.
Busoni Ferruccio ; Kaltenecker Martin ; Masotta Pa
Contemporain de Claude Debussy, de Gustav Mahler et de Richard Strauss, Ferruccio Busoni (1866-1924) apparaît aujourd'hui encore comme l'une des plus fortes personnalités de son époque. Compositeur, pianiste virtuose, homme de théâtre, il fut aussi un pédagogue et un théoricien extrêmement audacieux. Ses écrits dévoilent son idéal d'un art libre et un ensemble étonnant de préoccupations, d'expériences, de projections vers l'avenir - à propos des micro-intervalles et des nouvelles perspectives sonores, par exemple. On trouvera réunie ici la majeure partie de ses articles et essais, dont le plus célèbre et le plus élaboré, l'Esquisse d'une nouvelle esthétique musicale, présenté dans une nouvelle traduction. Publiées pour la première fois en français, les annotations d'Arnold Schoenberg mettent ce texte en perspective dans un débat musical et esthétique de grand intérêt. Ce recueil, qui couvre une période de plus de trente ans, permet de saisir la pensée de Busoni et son évolution à travers ses interprétations des maîtres du passé (Bach, Beethoven, Mozart, Liszt), sa vision du monde musical, de la création et ses idées les plus visionnaires. Edgard Varèse disait de lui qu'il "incitait les autres à penser et à créer" et qu'il "fut le premier au début de ce siècle à concevoir une nouvelle technique de l'art".
La mélodie est rarement abordée dans le détail : on la considère soit comme le fruit de l'inspiration, et donc impossible à analyser, soit à partir des schémas harmoniques ou des échelles. Ce livre part tout d'abord d'approches qui se distinguent de l'orientation harmonique - les perspectives neumatique, gestaltiste, énergétique et thymique. On esquisse ensuite une petite généalogie de l'écriture mélodique, de son rapport avec la voix polyphonique ou avec le thème, jusqu'à sa dissolution à la toute fin du XIXe siècle, en passant par Wagner qui affirmait : "C'en est fini des jolies mélodies ! ". Au XXe siècle, la mélodie est parfois considérée comme un reliquat ancien, comme anecdotique. De fait, l'écriture mélodique est attirée dans le grand jeu de redistribution des paramètres musicaux. Ces expériences, ludiques ou risquées, avant-gardistes ou illustrant une modernité modérée, voient naître de nouvelles formes, de la mélodie-abeille chez Stravinsky jusqu'à la boucle, si prééminente à notre époque. Mais la permanence d'une phraséologie classique frappe même dans les styles les plus innovants. A travers une bonne centaine d'exemples ce livre propose une histoire de la musique moderne et contemporaine classique vue à travers le prisme de la mélodie, une synthèse de nombreux travaux sans équivalent dans la littérature musicale récente.
Les différents essais regroupés par Adorno lui-même sous le titre schubertien de Moments musicaux appartiennent à des époques très différentes : certains sont des écrits de jeunesse datant de la fin des années vingt et des années trente ; d'autres ont été écrits après la guerre, jusqu'au plus récent publié au début des années soixante. Ils témoignent de l'évolution d'Adorno dans son effort pour articuler la réflexion philosophique et une approche sociologique de la musique à la logique interne des oeuvres. Les sujets traités sont extrêmement divers : Schubert, le style tardif de Beethoven, le Freichütz de Weber, les Contes d'Hoffmann d'Offenbach, Parsifal de Wagner, mais aussi le jazz, le Quintette à cents de Schoenberg, Mahagonny de Kurt Weill, Krenek, le rapport entre progrès et réaction, etc. Adorno y déploie une pensée engagée, liée à la musique de son temps, mais dans laquelle le passé demeure un enjeu. Martin Kaltenecker, traducteur de cet ouvrage qu'il a également annoté, propose en fin de volume un commentaire développé et approfondi dans lequel il replace les problématiques abordées dans les Moments musicaux à l'intérieur du contexte général de la pensée d'Adorno.
Ingénieur, écrivain, compositeur, acteur et théoricien visionnaire des médias, Pierre Schaeffer (1910-1995) a révolutionné la musique contemporaine, introduisant en son coeur les expérimentations les plus audacieuses, pour aboutir à la remise en question de notions a priori évidentes comme l?écoute, le timbre, le son... Des premières expériences théâtrales au sein des associations scouts dans l?entre-deux guerres au long compagnonnage avec Gurdjieff, des recherches de formes nouvelles pour la Radio ou la Télévision jusqu?aux défis de l?homme d?institution à la tête du Service de la Recherche de l?ORTF, cet album richement illustré fait revivre l?oeuvre et les engagements de l?auteur du Traité des objets musicaux. La somptueuse iconographie reproduite dans l?ouvrage provient des archives privées de Pierre Schaeffer, conservées à l?IMEC : partitions, manuscrits, catalogues, photographies, dessins?Un beau livre en forme d?hommage au polytechnicien-musicien, qui a marqué de son empreinte le XXe siècle intellectuel et artistique.
Une école d'art est un lieu à part, un lieu bizarre, enchanté, maudit, un abri, un théâtre, un microcosme, une île. Il s'agit dans ce livre de décrire cette île de l'intérieur pour les gens qui n'y sont pas. On y arrive sans trop savoir comment, on en repart sans trop savoir vers quoi. On y scrute les horizons incertains de l'art tout en essayant de donner formes aux questions qu'on se pose sur le monde et sur soi. Et pour peu qu'on y enseigne, on peut y percevoir le bruissement des rêves, des peurs, des désirs, des contradictions de ceux qui l'explorent. Composé par fragments, rêveries, questions, réminiscences, ce texte fait le portrait d'une jeunesse dans ses efforts pour surnager dans le grand marasme du présent. Il est aussi une invitation à réfléchir sur le sens du mot apprendre.
Economie Eskimo a ?t? ?crit pour r?pondre ? la question suivante : le bonheur est-il accessible aux terriens ? Et, si oui, comment ? Dans une pratique qui allie ? la fois l'exp?rience et le savoir, et dans lequel on sent grandir sa puissance d'a ecter et d'?tre a ect?. Dans la continuit? conceptuelle et la constitution de la bulle singuli?re. Frank Zappa r?pondrait : dans la musique. Economie Eskimo est un livre sur la pens?e de Zappa : un h?ros ?nigmatique dans le combat des hommes libres contre l'ignorance, la paresse et la peur.
La Manadologie est un roman d'aventure. Sur le mode d'une science-fiction spéculative qui remet en jeu des textes de philosophie classique, deux personnages (un humain dancartésien et un Streck) parcourent le monde physique et métaphysique à bord d'une navette spatiale de troisième génération. Chassés par les autorités du métaroyaume du coin de galaxie où ils étudiaient leur première manade, ils prennent le large en spatio-clandestins et découvrent des univers problématiques empruntés à Borges, Spinoza et Leibniz. La mesure, le langage, le performatif et la fiction sont au coeur de leurs aventures manadologiques effrénées. Au cours desquelles ils découvriront les gestes essentiels de la vie dans l'espace : comment replier une manade, comment boire ses hrön à la paille, comment parler dans un langage fluide sans y perdre son latin, comment mesurer le monde sans le découper. Si d'aventure, le lecteur passé par tous les périls de cette réactivation narrative elle-même performative, était amené à (r)ouvrir la vraie Monadologie et à la (re)lire en se disant, comme Gilles Deleuze, qu'il n'y a pas de meilleur auteur de science-fiction que Leibniz, le Streck en bleuirait d'aise.
L'ouvrage se propose de montrer le sens qu'il y a à s'orienter, en politique, par affinités, tout en distinguant la logique affinitaire d'une logique identitaire et clanique discriminante, et en questionnant son rapport à la prise en compte de la coexistence non choisie des êtres humains, avec la pluralité de leurs préférences et de leurs genres de vie. Il propose la thèse suivante : c'est paradoxalement l'orientation affinitaire, sensible, consciemment partiale, plus qu'une prétention à s'orienter d'après des raisons, qui est la plus à même de faire une place à la coexistence de la multiplicité, parce qu'elle reconnaît l'absence de principe et donc l'illégitimité de toute prétention à l'uniformisation du monde. Cette problématique conduit à poser la question de la place de la raison dans le domaine politique, à penser le rapport entre pensée logique et sensibilité politique. Par là, c'est aussi une éthique des choix politiques qui est esquissée.