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Giogio Agamben à l'épreuve d'Auschwitz
Kahan Claudine ; Mesnard Philippe
KIME
20,80 €
Épuisé
EAN :9782841742530
Ce livre est une réponse à Ce qui reste d'Auschwitz de Giorgio Agamben (1999) où le philosophe tente de délivrer ce qu'il nomme la vérité éthique du témoignage à partir d'une étude du " Muselmann ". Ce terme désignait, à Auschwitz, ceux qui, parmi les déportés, avaient atteint un stade terminal de morbidité et d'apathie. Pour répondre à Agamben, il a fallu mener une interrogation critique de sa réflexion et la confronter aux apories qui lui font gravement négliger, à partir des questions du témoignage, la compréhension du système concentrationnaire et du génocide des Juifs. Au-delà, le lecteur trouvera ici un questionnement du rapport que la philosophie, notamment à partir de ses filiations heideggeriennes et de ses affinités foucaldiennes, entretient avec la politique. Il trouvera également la critique d'une conception de la honte qui compromet le projet éthique annoncé dans Ce qui reste d'Auschwitz.
Seul survivant d'une fusillade de rue, Omar Arafat décide de partir en Europe pour se former dans l'espionnage. Il se lance alors dans une aventure dangereuse en Ukraine. Son objectif est de se confronter à l'assassin de sa famille et d'obtenir justice. Avec ses collègues et amis, il devra affronter la menace d'un groupe de mercenaires au péril de sa vie.
L’oeuvre de fiction de l’abbé défroqué Henri-Joseph Dulaurens (1719-1793) se constitue en champ discursif réceptacle d’une écriture en tension à travers lequel se déploie et se dit l’univers existentiel de l’auteur : tension sociale d’un philosophe gueux, intellectuel qui a son mot à dire et un positionnement à afficher tout en demeurant réfractaire à toute forme d’autorité institutionnelle appréhendée comme la pierre d’achoppement d’une possible recherche de la vérité ; tension politique entre son état d’homme d’Église et ses convictions anti-ecclésiastiques ; tension culturelle et poétique inscrite dans un refus de pratiquer une écriture plus ou moins codifiée, dans sa tendance à mélanger les sous-genres, dans la production d’un genre hybride qui mêle les caractéristiques du conte avec celles du roman et dans sa revendication d’une liberté littéraire qui l’affranchirait de tout modèle contraignant même si cela se fait au prix d’une exclusion professionnelle. C’est à une reconstruction de l’espace de la fiction qui est à la fois la cause de la marginalité auctoriale et le lieu où se dit la marginalité, l’espace où elle prend forme et devient significative que nous convie ce livre. En s’appuyant sur les discours de l’époque, l’auteur propose une esquisse de l’image de soi de l’auteur marginal au XVIIIe siècle, à partir de laquelle elle entame une lecture intégrative de l’oeuvre de Dulaurens. L’apport novateur de cet ouvrage réside dans l’accent mis sur les liens dynamiques qui se tissent entre les éléments sociologiques, biographiques et l’espace de l’écriture où prend forme le geste artistique.
Résumé : Axel Kahn marcheur ? On le savait généticien, médecin, humaniste. On le découvre ici randonneur de haut niveau, capable d'avaler deux mille kilomètres en parcourant "sa" France, de la frontière belge dans les Ardennes à la frontière espagnole sur la côte atlantique, au Pays basque. Itinéraire buissonnier qui le conduit de la vallée de la Meuse à Saint-Jean-de-Luz, en passant par Vézelay, le Morvan, la Haute-Loire, les Causses et le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Ce livre est tout à la fois un carnet de voyage drôle et rêveur, une sorte de manuel d'histoire, où remontent à notre mémoire certains lieux historiques, ainsi qu'une réflexion sur l'état de notre pays, la désertification de beaucoup de régions, la pauvreté de certaines, les effets ravageurs de la mondialisation. C'est aussi l'occasion de rencontrer des hommes et des femmes qui racontent chacun un bout de la France d'aujourd'hui, celle dont on n'entend jamais parler.
Qui aurait imaginé, au début du XXe siècle, qu'en France une force politique qu'on qualifie d'extrême droite ou, de façon réductrice, de "populiste", mais représente la forme spécifiquement française d'un néofascisme de notre temps, serait en mesure de gagner l'élection présidentielle et donc de parvenir au pouvoir ? Qui ? Comment en est-on arrivé là ? Quelles erreurs, nombreuses, redondantes, colossales parfois, a-t-il fallu commettre pour que soit devenu, non pas encore probable au moment où j'écris ces lignes, mais concevable ce qui était jugé radicalement impensable il y a encore quelque temps ? C'est, terrifié par cette perspective, convaincu qu'il faut absolument désigner et analyser ces errements pour cesser de les reproduire et exorciser le spectre du désastre qui en serait la conséquence, c'est décidé à consacrer ce qui me reste d'existence possible à déconstruire ça pour éviter ça, que j'ai entrepris cette exploration. Un décryptage, non seulement des racines et des ailes de nos erreurs d'aujourd'hui confrontées au risque de réédition des catastrophes d'hier, mais également des dimensions intériorisées et historicisées, idéologiques et psychiques de l'erreur en général".
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.