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LES COMBARELLES
JULLIEN MICHEL
ECARQUILLE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782954013497
La compréhension que nous avons des grottes ornées n'a pas deux siècles. Elle remonte à la découverte d'Altamira (1879) puis des Combarelles (1901). L'étude de l'art rupestre en est aux prémices. Pas d'Aristote ou de Ptolémée, de Kepler, de Galilée, pas de Copernic, de Newton, aucun jalon. De plein fouet les grottes se sont ouvertes au regard, sans autre forme d'annonce. Dès lors, comment voir les oeuvres pariétales ? En marge de son oeuvre romanesque, Michel Jullien nous livre ici une réflexion sur l'art rupestre sous forme d'essai, d'échappée, de rêverie. Il nous convie au seuil des Combarelles, dans le Périgord noir, près de la Vézère, un long boyau maculé de centaines de gravures. En promeneur érudit, il s'invite dans une vingtaine d'autres grottes, convoque une multitude de figures littéraires, mais plus encore, tisse son texte à partir d'un corpus iconographique des plus insolites. Le bestiaire magdalénien y côtoie des images comme celles de la Nasa envoyées dans l'espace dans les années 1970, celles d'Hiroshima après le bombardement atomique, des dessins de Hugo, les corps de Pompéi, les photographies de Fox Talbot, les chevaux de Géricault..., foison visuelle intriquée à son propos, qui déconcerte le lecteur comme les oeuvres pariétales saisissent le visiteur des cavernes.
À travers une suite de quinze textes courts, Michel Jullien propose une quête du toucher, il évoque le souvenir de sensations issues de l'enfance, communément partagées et souvent oubliées. Comme tempo, il est donné que l'ennui fut un apprentissage inéluctable avec lequel l'enfant devait compter. Pour mieux y faire face, afin de le tromper, de contrecarrer l'attente, il crée un univers clos dans lequel s'établissent des connivences particulières, des "compagnies tactiles" : avec un aimant, un vélo, une clarinette démontée, une machine à écrire, une bougie de voiture, l'algue, la figue... Autant de variations sur les fétiches qui ont sa faveur. Avec eux, il construit des conversations hésitantes, menées à voix basse, des dialogues intimes, des modulations sensuelles. Ces objets, ces matières formant des mondes aimés, sont à ce point disséqués que les quinze pièces introspectives constituant ce recueil - qui n'est pas sans rappeler la manière de Ponge - finissent par former elles-mêmes des objets palpables : à son tour la lecture devient tactile.
Perret Jacques ; Jullien Michel ; Frangne Pierre-H
Des sommets mythiques. Des ascensions historiques. En laissant la parole aux acteurs de la conquête du massif du Mont-Blanc, cet ouvrage donne le récit de quinze premières ascensions historiques (1770-1904), de quinze sommets mythiques. Sur un ton neutre ou conquérant, vif, polémique ou désuet, voici décrits les cheminements originels, les tentatives et les échecs, l'instant où les pionniers foulèrent pour la première fois le Buet, le Mont-Blanc du Tacul, l'aiguille du Midi, celle d'Argentière, le Dolent, la Verte et les Drus, les Jorasses, le Grépon, les Grands Charmoz, la République... Et plus principalement, après le brassage de deux cents ans de polémique et de relations partiales, cette anthologie livre le récit le plus exact qui puisse être de la première ascension du Mont-Blanc, inédit en français par Michel Paccard (d'après ses notes) et Jacques Balmat.
Mai 1945, les troupes soviétiques hissent le drapeau rouge sur le toit du Reichstag, à Berlin. Trois années passent et partout dans les rues de Leningrad traînent des vétérans, héros déchus, patriotes aux bravoures affadies, des "rabroués de l'armée", une jeunesse physiquement injuriée qui ternit les lendemains de la victoire. Une partie de ces parasites sera reléguée à Valaam, une île de Carélie perdue sur le plus grand des lacs d'Europe. Le livre s'ouvre sur un travelling de la petite communauté insulaire avant de se fixer sur deux protagonistes, Kotik et Piotr, amis comme cochons. Tout les rapproche, les dates, leur âge, leurs médailles et blessures, l'élan soviétique, leur jeunesse avortée, leur pension de vétérans, la vodka, mais plus encore. Confinés sur l'île, les deux compères vouent un culte à Natalia Mekline, une aviatrice (1922-2005), une héroïne inaccessible et soeur. Ils connaissent ses bravoures, ils possèdent d'elle une photographie qu'ils déplient chaque soir ; un rituel. Après quatre ans de proscription sur l'île de Valaam, Kotik et Piotr nourrissent le projet de quitter la colonie, de traverser le lac pour aller lui rendre hommage. Leur équipée est prête, les voilà partis...
Qu'elle s'exalte dans la gloire ou se dissolve dans la déchéance, la dignité humaine ne va pas sans une part d'absurde, d'ironie saugrenue, de dérision subsidiaire. C'est ce que relève Bernanos lorsqu'il affirme que " le ridicule n'est jamais très éloigné du sublime ". Dans une suite de tableaux aussi tendres que cruels, Michel Jullien décline cette loi en l'appliquant à une galerie de héros des siècles passés. Hommes, femmes, enfants, animaux se débattent sous nos yeux, en plein risible, lorsque vacille leur destin, quand s'interrompt pour eux l'agitation vaine du monde. Ovide chez les Barbares, Sarah Bernhardt amputée face à Roald Amundsen conquérant du pôle Sud, l'éléphant neurasthénique de Léon X enfermé au Vatican, un condamné devenu appât des sauvages sur la route des Indes, l'athlète Astylos de Crotone voué à l'anathème par ses concitoyens... toute une humanité qui, face à l'adversité du monde - guerre, racisme, ostracisme, exil, maladie - ou en quête de prodiges dérisoires ou admirables, tantôt s'effondre, s'efface ou enchérit, tantôt consent à sa condition.
Livre neuf. L'atlas mnémosyne par Aby Warburg.Si Aby Warburg a été le premier à définir une méthode d'interprétation iconologique, s'il a créé une bibliothèque des sciences de la culture unique au monde, l'innovation décisive qu'il a introduite dans le champ épistémologique de l'histoire de l'art est bien Mnémosyne : oeuvre absolument originale et unique, dont l'ambition n'est rien moins que de poser les fondements d'une grammaire figurative générale, et qui ouvre des perspectives dont la portée n'a pas encore été totalement mesurée. Par la complexité des problèmes auxquels s'est confronté Warburg face à cet immense corpus d'images, c'est l'attention de l'ensemble des sciences humaines qu'il a attirée sur son oeuvre. Resté inachevé à la mort de l'auteur, ayant mobilisé l'énergie intellectuelle et physique de ses dernières années, Mnémosyne peut être considéré comme l'aboutissement de toutes ses recherches. Il constitue le plus ambitieux corpus d'images jamais réuni, dont la genèse et l'évolution sont liées à une pratique discursive et à un mode de transmission du savoir que préconisait Warburg, mais qu'il convient aussi d'examiner sous l'angle de ses relations avec le problème de la mémoire et avec sa bibliothèque. L'essai de Roland Recht se propose de replacer ce work in progress dans son contexte intellectuel.
Wölfflin Heinrich ; Zilberfarb Sacha ; Cohn Danièl
Résumé : Nous qui voyons trop, nous avons besoin d'apprendre à voir le visible. En s'efforçant d'appréhender la vision que les peintres construisent et reconstruisent à chaque époque dans l'espace de leurs tableaux, les Principes fondamentaux de l'histoire de l'art nous proposent un précieux exercice du regard. L'essai de Heinrich Wölfflin, paru en 1915 et devenu une simple référence historiographique, avait perdu de son acuité. Les questions qu'il soulève, leur résonance aujourd'hui avaient besoin d'une traduction nouvelle et d'une relecture pour notre temps. C'est chose faite. Nous y verrons mieux.