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La Licorne N° 92 : Kateb Yacine ou l'étoilement de l'oeuvre
Julien Anne-Yvonne ; Camelin Colette ; Authier Fra
PU RENNES
15,00 €
Épuisé
EAN :9782753511200
Je crois bien que je suis l'homme d'un seul livre", affirme Kateb Yacine en 1967, et il poursuit en ces termes:"A l'origine, c'était un poème qui s'est transformé en romans et en pièces de théâtre, mais c'est toujours la même oeuvre que je laisserai comme je l'ai commencée, c'est-à-dire à la fois à l'état de ruines et à l'état de chantier"(Revue Jeune Afrique). C'est cette unité en mouvement qui nous retiendra, unité rayonnante et mobile tout à la fois. Le texte Nedjma (1956) est une étoile filante, dont le scintillement a été de longue date annoncé, en particulier par les étincelles de Soliloques (1947) et qui fait fulgurer sa trajectoire dans toute l'oeuvre de Kateb; quant à la figure de Nedjma, elle ne se confond pas avec sa rayonnante apparition romanesque, elle reparaît sans cesse dans l'oeuvre katébienne. Elle change en étant"toujours la seule"-, et surtout se fait voix, chimère, cri, tout à la fois dans les univers du roman, du poème, du théâtre, dans les feuillets de L'Oeuvre en fragments (1986). Kateb,"Homme d'un seul livre"? Mais quel livre! Multiple sur le plan générique et sur le plan tonal - vocal même pourrait-on dire -, nourri de paroles légendaires qui n'étaient pas nécessairement destinées à consonner. Vingt ans après la mort du poète, il nous paraît opportun de proposer une lecture de cette oeuvre étoilée, à partir d'outils critiques diversifiés (narratologie, sociocritique, poétique des genres) et de nous intéresser à la manière dont les forgeries de l'écrivain, en prise sur la réalité de l'Histoire algérienne, témoignent d'une énergie du renouvellement, qui n'exclut pas le détour par le territoire des ancêtres qui étaient siens,"la plus forte des multitudes"."
Résumé : "L'Ouvre au Noir... une formule un peu énigmatique à forte résonance alchimique : l'oeuvre s'entend ici au masculin et désigne la phase première de la transmutation, la plus périlleuse, celle qui doit mener un jour à la réalisation du Grand Ouvre. Aucune lecture du roman ne saurait faire abstraction de ce symbolisme. Mais ce titre n'a-t-il pas le statut rhétorique d'un calembour lyrique ? Ce procédé littéraire trouve naturellement place dans le contexte seiziémiste appelé par la fiction. De cette figure signifiante, Marguerite Yourcenar propose une définition dans la préface de Feux, ouvrage de jeunesse - et de dilection pour l'auteur : "L'important est d'essayer de montrer dans ces jeux (où le sens d'un mot, en effet, joue dans sa monture syntaxique), non pas une forme délibérée d'afféterie ou de plaisanterie, mais comme dans le lapsus freudien et les associations d'idées doubles et triples du délire et du songe, un réflexe du poète aux prises avec un thème particulièrement riche pour lui d'émotions ou de dangers". Assurément, le titre du roman semble bien porter trace de ces effets de sémantisme pluriel. [... ]" Anne-Yvonne Julien.
Un essai : Etude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'?uvre : approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse. Un dossier : Bibliographie, chronologie, variantes, témoignages, extraits de presse. Eclaircissements historiques et contextuels, commentaires critiques récents. Un ouvrage efficace, élégant. Une nouvelle manière de lire.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour