Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
LA MALE-MORT ENTRE LES DENTS
JUHEL FABIENNE
BRUNO DOUCEY
19,50 €
Épuisé
EAN :9782362292699
Pour l'instant, il te faut étudier le terrain, parler avec les soldats. Collecter leurs paroles, leurs mots, surtout ne pas les trahir ? la trahison, les hommes n'en peuvent plus ! Tu voudrais, toi, le poète, que l'on sente la vermine grouiller entre les syllabes. Que l'on voie l'ergot de mort fleurir dans les bouches, la mâle-mort entre les dents. Tu voudrais des mots qu'ont de la gueule. Mots crus, vécus, poussés vent debout. Paroles de soldats dans leur trou de boue. Paroles d'indigènes bretons. Borborygmes de soudards d'une République qui ne leur fait pas confiance." Novembre 1870, Conlie. Un jeune homme malingre, affublé d'un uniforme trop grand pour lui, se fait passer pour un soldat et pénètre dans le camp où l'armée de Bretagne et ses milliers de soldats croupissent dans la faim, le froid et les maladies. Tristan Corbière ne vient pas se battre, il vient pour dénoncer, avec sa plume de poète, la plus monstrueuse trahison qui soit. Dans une langue aussi chatoyante et piquante que celle de Corbière, Fabienne Juhel nous invite à la découverte captivante d'une page honteuse et méconnue de l'histoire de France.
Au Malawi, le «Kusasa fumbi» désigne une tradition suivant laquelle les vierges sont déflorées par des hommes que l'on appelle les hyènes. Dans ce roman qui questionne la figure du paria autant que l'oppression sexuelle subie par les femmes, Fabienne Juhel suit successivement une jeune fille nubile, Elia, et un homme-hyène, Ladarius, qui se découvre malade du Sida.4e de couverture : Comme chaque matin depuis que la Terre supporte ce vieux continent noir de soleil, balafré de pistes poussiéreuses et bordées d'épineux, les femmes sont de corvée d'eau. Elia avec les autres, elle qui voudrait aller à l'école comme ses frères. Mais ce jour- là, les singes hurleurs, les barbicans et les pygargues vocifères accompagnent ses premiers pas hors du village, couvrant de leurs cris la musique creuse des bidons accrochés aux flancs de l'âne. Elia n'y prête pas attention. Peut-être devrait-elle. Peut-être leur ramage veut-il la mettre en garde. Car depuis que son premier sang menstruel a coulé, à son insu son sort en a été jeté. Elle sera, Elia, soumise au Kusasa fumbi, ce rite sexuel selon lequel les vierges sont déflorées par des hommes que l'on appelle les hyènes.Après La Chaise numéro 14, avec ce roman situé au Malawi, Fabienne Juhel interroge une nouvelle fois les rapports de force au sein d'une communauté et la figure du paria. Mais elle fait vivre aussi par la force de sa poétique si singulière un territoire riche d'espèces panchroniques, où l'homme n'est jamais bien loin de ses prédateurs, le monde même où s'est forgée l'humanité.Notes Biographiques : Née à Saint-Brieuc, Fabienne Juhel est professeure de lettres dans les Côtes-d'Armor. Son premier roman, La Verticale de la lune, a été publié en 2005 par Zulma, les suivants au Rouergue, dans « la brune » : Les Bois dormants (2007), À l'angle du Renard (2009) pour lequel elle a obtenu le Prix Ouest France / Étonnants Voyageurs, Les Hommes Sirènes (2011), Les Oubliés de la lande (2012) Julius aux alouettes (2014), La Chaise numéro 14 (2015) et La Femme murée (2018). En 2021 paraît Le Festin des hyènes, un roman sur l'oppression sexuelle infligée aux femmes et la figure du paria, situé au Malawi.
Présentation de l'éditeur Dans une maison bretonne, entourée d'un immense parc boisé, habitent trois femmes. La narratrice est une enfant rêveuse et menteuse que sa mère abandonne souvent à Teresa, la bonne mexicaine. L'enfant compte pour amis la poupée Nadine qu'elle aime surtout martyriser, Teresa dont elle apprécie les rondeurs et la cuisine gourmande et puis les arbres, auxquels elle est liée presque charnellement. Parmi ces arbres, il y a le grand hêtre, son arbre à rêves, son confident. Elle dont l'esprit fourmille de fables et qui comprend peu à peu qu'elle est une enfant du mensonge, à qui on cache un secret, a noué avec la nature qui l'environne un lien vrai, sincère. Aussi, quand un bûcheron est engagé pour nettoyer le parc, c'est tout son royaume qui est menacé. Comme elle, il connaît les arbres, mais il les tue. Incapable de rester inerte face au massacre de ses compagnons, gardienne jalouse de son petit temple de femmes, elle va faire de celui qu'elle surnomme "l'Indien" l'ennemi à abattre. Est-elle une sorcière toute-puissante ou une enfant fantasque et innocente, jouet de ses propres illusions ? Porté par la voix inquiétante et cruelle d'un personnage aussi inventif qu'audacieux, le premier roman de Fabienne Juhel aborde le passage à l'âge adulte dans ce qu'il a de plus troublant.
Le Gouëfflec Arnaud ; Cario Daniel ; Juhel Fabienn
Le Gonidec était un petit homme chauve et rond et, sous le nez, il portait une moustache, petite feutrine sans âge qui lui donnait des airs de flic des brigades du tigre. Il travaillait à Brest, dans un bureau du port de commerce et nous n'en dirons pas plus, parce que franchement, la vie de bureau, et surtout cette vie de bureau-là, n'offre aucun intérêt. Il travaillait dos à la mer, dans un bâtiment plein de semblables bureaux. Il était libre à cinq heures et fêtait ça rituellement, d'une petite bière moussue prise au comptoir d'un bar du front de mer. C'aurait dû être l'occasion de se faire des amis, mais Le Gonidec n'aimait pas les contacts humains. C'était un petit homme chauve, rond, et d'une timidité maladive. Au point qu'il s'était contenté de cette petite vie sans relief, qu'il ne risquait jamais à frotter à celle des autres, sauf de loin, au bout de ce comptoir, solidement arrimé à son verre. A cinq heures, le bistrot se remplissait : les travailleurs avaient cessé de travailler. Chacun tombait le masque, la cravate. Boniments, rires, éclats de voix. Pour accompagner la nuit qui tombe, rien de tel que l'alcool. Le Gonidec buvait, mais sa bière ne descendait qu'à la lenteur d'un long sablier. Il s'abreuvait surtout d'autre chose, quelque chose qui le réjouissait en secret. Car tout le temps que durait l'apéritif, son visage s'éclairait d'un sourire, qui fronçait la moustache en feutrine...
Résumé : À la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans une petite ville bretonne, une jeune fille est tondue par son ami d'enfance, devant le village, pour avoir vécu une histoire d'amour avec un officier allemand. Après cette humiliation publique, elle décide de se venger. Un magnifique portrait de femme libre.
Ligne 8, direction Balard : Liberté - Bastille - Filles du Calvaire - Strasbourg Saint-Denis - Opéra. Ligne 3 : Père Lachaise... Chaque jour des millions d'hommes et de femmes se croisent dans le métro parisien, les yeux rivés à l'écran de leur téléphone mobile, pressés d'arriver à destination. Et pourtant, il y a tant à voir et tant à vivre dans ce monde souterrain. Tant de livres à déchiffrer sur les visages que l'on côtoie. Tant de scènes à filmer avec la caméra de l'empathie. Tant de jeunes et de vieux, de malades et de bien-portants, de riches et de pauvres emportés dans le même voyage. Il fallait un regard de poète pour mettre au jour l'inépuisable richesse de ces transports en commun. Ce regard, c'est une femme venue de Syrie qui nous l'offre, dans ces Métropoèmes écrits directement en français. La poésie aussi est un service public.
Le courage... Les Editions Bruno Doucey ne pouvaient rêver d'une thématique plus appropriée pour leur dixième anniversaire ! Non qu'il y ait une forme de bravoure à éditer des poètes, mais parce que toutes les valeurs portées par la maison depuis une décennie se trouve condensées en un seul terme drapé de lumière et de nuit : mettre du coeur à vivre et à chanter la vie, trouver la force de dire non, vivre en insoumis, se battre contre la maladie, surmonter le deuil, apprendre à fuir quand il le faut, oser être soi, se risquer vers l'autre, admettre sa fragilité, dépasser ses peurs, danser au bord du vide les bras tendus vers étoiles, et puis aimer encore, aimer à perdre la raison. En " dix variations sur le courage et un chant de résistance ", cette anthologie scelle un pacte avec la vie.