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Les intermittences du sujet. Ecritures de soi et discontinu
Jouanny Sylvie ; Le Corre Elisabeth ; Guérin Jean-
PU RENNES
24,00 €
Épuisé
EAN :9782753548985
Cent ans après A la Recherche du temps perdu de Marcel Proust, les intermittences du coeur demeurent, mais les mots pour le dire s'inscrivent dans un nouveau paradigme, celui du discontinu. L'écriture de soi ne cesse d'imploser dans d'infinies intermittences génériques et scripturales qui témoignent d'un sujet désireux moins de se prendre infus et in cule que de se déprendre en privilégiant la recherche d'un soi à travers ses métamorphoses et ses virtualités. La notion de vérité se déplace, comme le montre déjà Michel Leiris cherchant sa vérité dans les tableaux de Cranach, ou Serge Doubrovsky, inventeur du terme "autofiction". Si la psychanalyse change la donne de la recherche de soi, la grande hache de l'Histoire entre pour une large part dans cette nouvelle écriture d'un soi comme exproprié de lui-même, notamment de son passé et de sa filiation, contraint, comme Jorge Semprun ou Alain Fleischer, à s'inventer. Théâtre, cinéma, arts plastiques et multimédias s'en font l'écho dans des pratiques comparables de bricolage et de recomposition, à l'image d'Agnès Varda, qui, dans ses films ou ses installations, met en scène l'éphémère et le précaire. L'originalité de cet ouvrage tient à sa problématique audacieuse, urgente, complexe autant que mouvante, à laquelle elle tente de répondre en interrogeant des oeuvres canoniques aussi bien que récentes grâce à des approches multiples et diverses qui mettent la littérature au coeur d'un dialogue avec les arts et la pensée de son temps.
La notion de marges, couramment utilisée pour caractériser le théâtre contemporain, doit être explicitée: que signifie-t-elle, au singulier, au pluriel et par rapport à quel(s) centre(s) se définit-elle? Si les théâtres en marge ont toujours existé (théâtre baroques, théâtres privés...), les auteurs contemporains ont radicalisé la notion en mettant en "pièces" écriture et représentation du monde. La parole "erre" - pour reprendre l'expression d'A. Gatti - et détourne le traditionnel texte de théâtre. Des spectacles ignorent le: dialogue, la spectacularité, tout autant que l'acteur, effaçant ainsi tout signe identifiant du genre. Causes ou conséquences, les lieux de spectacle s'ouvrent: villes, cafés, rues, appartements, friches industrielles ou squats. Les institutions elles-mêmes intègrent ces phénomènes, obscurcissant la limite entre la marge et le centre: associations et comités de lecture, éditions, actions en faveur de publics en marge (handicapés, malades hospitalisés, détenus) se multiplient. Une sorte de réseau "off" se met ainsi en place, qui constitue un centre incontournable de la création contemporaine. Penser le théâtre contemporain en termes de marges, c'est poser au plan philosophique, historique, esthétique et politique le rapport entre l'art et le monde, par l'intermédiaire d'un art éminemment social. Le Centre d'Études du Théâtre de l'Université de Paris XII a organisé le premier colloque international sur cette question les 19 et 20 septembre 2002, en collaboration avec PIUFM de Créteil. Le présent ouvrage en constitue les Actes. Sylvie Jouanny Professeur à l'Université de Paris XII-Val-de-Marn
Au moment où disparaissait Amadou Hampaté Bâ, par un de ces hasards auxquels se plaît parfois le sort, paraissait le premier volume de ses Mémoires. Une telle coïncidence a pu être considérée comme le gage de la pérennité d'une oeuvre qui, par sa richesse et sa diversité, appartient au patrimoine universel. C'est dans cet esprit qu'une journée d'études a été consacrée, en Sorbonne, à celui qui compte parmi les penseurs et les écrivains fondamentaux de l'Afrique du XXe siècle. Si, plutôt que sur les écrits scientifiques ou philosophiques, l'accent a été mis surtout sur l'Etrange Destin de Wangrin et sur Amkoullel l'enfant peul, c'est parce que ces deux livres complètent et illustrent admirablement l'apport des autres travaux d'Hampaté Bâ. L'histoire de l'Afrique précoloniale et coloniale, la religion et les rites, les récits épiques, la littérature orale, l'évocation des mécanismes de la promotion sociale ou du regard des enfants sur le monde des adultes, l'ethnographie vécue, en un mot, s'y trouvent associés aux mille petits faits de la vie quotidienne, grâce à l'art et au sens de l'humour d'un grand écrivain. Résolus à étudier des textes littéraires avec un regard de littéraires, les intervenants ont eu à coeur d'introduire à une meilleure connaissance de l'écrivain et le sentiment que, ce faisant, ils aideraient à rendre plus aisément perceptibles l'intérêt et la qualité d'une oeuvre qui n'a cessé d'associer ou de faire alterner la rigueur de l'ethnologue, la sagesse du penseur et l'art de l'écrivain.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.