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Carnets du veilleur
Jossua Jean-Pierre
ARFUYEN
14,50 €
Épuisé
EAN :9782845900899
Dans une note en postface, Jean-Pierre Jossua explique les circonstances dans lesquelles ont été écrits ces Carnets du veilleur, à la suite d'une journée amicale au Centre Sèvres : "Je m'étais demandé s'il serait possible de tenter, après l'écriture du présent (journaux) et celle du passé (autobiographie), une écriture de l'avenir. Celle-ci se rendrait attentive à ce qui survient, inopiné, à ce qui surprend, mais aussi capterait ce qui s'annonce, ce qu'on espère, ce qui est promis. Un an après, j'ai commencé à noter des textes qui pourraient répondre à cette hypothèse, du moins dans une certaine mesure, car j'avais alors pensé à une écriture continue. Je l'ai fait sous une forme que je juge risquée, mais qui s'est imposée et que j'ai tenté de définir chemin faisant." Le livre qui résulte de cette recherche est frappant par sa liberté de ton et sa variété d'approches. Réflexions et méditations du moment, reliées uniquement par le mystère d'un destin. Sur le paysage : "Les gens meurent, les maisons s'écroulent, demeurent un bouquet de lilas et quelques iris d'un bleu profond qui témoignent de la présence humaine qui fut. Obscure fidélité végétale, encore plus méconnue que celle des bêtes." Sur la poésie : "L'expérience chrétienne n'est ni plus ni moins crédible que l'expérience poétique au nom de laquelle elle est parfois disqualifiée. Expériences spirituelles offrant un grand essor, elles peuvent être toutes deux niées et méprisées. L'une et l'autre supposent une même sorte de foi-confiance." Sur les poètes : "Comme Combray dans le roman de Proust, Giverny dans les peintures de Monet, Valsaintes n'est plus que dans les poèmes d'Yves. De cette trop grande maison, de ce pays, il a reçu immensément ; il leur a aussi donné une âme nouvelle. Quand nous y fûmes, après son départ, l'incarnation se manifestait encore. Aujourd'hui seul le nom l'y préserve. Les lieux, doublement profanés, sont vidés de la présence. La perte accroît-elle leur poids d'éternité ?" Sur Dieu : "Ne percevoir la Présence que comme absence, ce n'est pas se heurter au néant mais toucher à l'Eternité par la foi."
Résumé : " Une vie, c'est tout ce que l'on a. Vies si courtes, si diverses ! Pourtant, il doit bien y avoir en chacune la même expérience fondamentale d'humanité, sans qu'on puisse la formuler abstraitement. Je ne parle pas d'une structure anthropologique reliant le soi à l'universel, mais d'un sens ou d'un goût de vivre, d'une conscience de soi, d'une manière commune de respirer. Dans cette mesure, chacun vit tout l'humain... Ce qui m'importe, c'est d'écrire de façon plus vraie, plus nue, si possible plus belle que naguère, en les creusant davantage, quelques fragments de vie et de pensée - choix, espoirs, chances, intuitions, découvertes, échecs -, sans l'illusion de la globalité ni l'artifice de la chronologie, afin de découvrir s'il m'est encore possible d'avancer à soixante- dix ans. "
Le livre est écrit par un théologien qui est aussi un spécialiste de la littérature moderne. Il situe d'abord dans la culture actuelle les confrontations entre la religion, la foi, les quêtes d'absolu et la littérature. On s'y demande ensuite à quelles conditions peut naître une véritable "théologie littéraire" , qui étudierait dans les textes leur visée d'absolu, et l'on tente d'esquisser une poétique du "transcender" . Enfin cinq exemples, choisis dans diverses langues littéraires (espagnol, italien, anglais, allemand, français) et divers genres (essai, journal, roman, poésie), illustrent la mise en oeuvre de cette recherche. Ils 'agit d'une synthèse accessible, ni abstraite, ni érudite.
Ce petit livre sur Philippe Jaccottet est à la fois une présentation d'ensemble de son oeuvre poétique en prose et en vers, accessible à tout lecteur désirant la découvrir ou mieux la connaître et, sur quelques points énigmatiques ou controversés, une mise au point originale et pointue. Quelles sont les figures présentes dans cette oeuvre ? L'air, la lumière, la nuit, les eaux, la montagne et la neige, les arbres, les fleurs, les oiseaux ? Oui, et l'essentiel de ce livre leur est consacré. Les figures humaines en sont-elles pour autant absentes, comme on le dit parfois ? Dans quel pays est-elle située ? Seulement en Provence ? Qu'est donc devenue la mémoire du pays romand et, avec celle-ci, qu'en est-il de l'enfance et de la jeunesse du poète ? Peut-on dire que le paysage est la figure qui englobe toutes les autres, paysage où l'on cherche des traces, où l'on découvre des signes de l'Illimité, où l'on apprend à se tenir sur Son seuil ?
Les Editions Arfuyen ont publié en 2007 un ouvrage intitulé Etty Hillesum, "histoire de la jeune fille qui ne savait pas s'agenouiller", présentant pour la première fois trois lectures de cette oeuvre : juive (Claude Vigée), chrétienne (Dominique Sterckx) et laïque (Charles Juliet). Cet ouvrage donnait aussi pour la première fois la parole à la famille d'Etty, à travers le témoignage de notre cousine Liliane Hillesum, seule survivante de la famille Hillesum. La collection Ainsi parlait nous offre l'occasion de donner cette fois encore une approche très nouvelle de l'oeuvre d'Etty en revenant au plus près du texte original. Etty y apparaît dans toute l'urgence et la spontanéité de son écriture, écrivain toute débutante rassemblant dans des notes improvisées le matériau de ses futurs livres, quand la guerre serait finie. On trouve ici toute la force et la liberté de pensée de cette jeune femme extraordinaire, affrontée à l'extermination méthodique de tous les siens. De très nombreuses phrases admirables mais perdues dans l'énorme masse du Journal et des lettres (plus de 1000 pages) sont ici mises en relief dans un phrasé qui permet de retrouver un peu le naturel de cette voix. Au travers de ces écrits, ce qui frappe, c'est l'importance et la permanence de Rilke dans sa méditation quotidienne. Au camp de Westerbork, c'est Rilke encore qu'elle emporte (le Livre d'heures) avec la Bible et son dictionnaire de russe. Rilke maître à écrire, mais aussi maître de vie. Et c'est toute une nouvelle approche d'Etty qui apparaît là, sur la ligne de crête entre littérature et spiritualité.