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La guerre du sommeil
Jonke Gert ; Müller Uta ; Denjean Denis
VERDIER
15,22 €
Épuisé
EAN :9782864322160
La ville que parcourt en titubant le musicien Burgmüller n'est pas tout à fait, sous ses allures de cité baroque d'Europe centrale, une ville comme les autres. Son altitude varie selon l'heure du jour, ses façades peuvent sournoisement changer de forme, et l'on n'est jamais tout à fait sûr d'y retrouver une gare à l'emplacement où on l'a laissée la veille ! En proie au chagrin d'un amour perdu, Burgmüller en découvre les étranges habitants : des Caryatides et des Atlantes, que ses divagations passionnent et qui voudront bientôt apprendre de lui le secret de cette merveilleuse faculté qui leur est refusée depuis toujours : le sommeil. Bien d'autres aventures prodigieuses que l'on ne saurait résumer attendent le héros de ce livre, quand les inspirations fantasques de son amie retrouvée l'entraîneront, pour la plus grande joie du lecteur, dans des errances capables de mettre à mal nos certitudes les moins contestables sur la réalité de l'espace et du temps. Au fil des pages, la formidable puissance d'invention comique de Gert Jonke défie d'un même mouvement les lois de la perception, les conventions narratives, et tout ce qui, dans les discours, les idées, les comportements sociaux ou individuels, a trop vite conquis le rang d'évidence. Car il s'agit ici, comme chez Diderot, chez Jean-Paul ou chez Sterne, de nous mettre en garde : sait-on jamais qui écrit l'Histoire ? Et comment distinguer le vrai du faux ? Après L'Ecole du virtuose (dont la traduction française a été saluée en 1993 par le prix Laure-Bataillon), La Guerre du sommeil forme le dernier volet d'un triptyque commencé avec Musique lointaine, et consacré à l'exploration d'un univers où la fiction ne cesse de dénoncer ses propres lois. L'auteur, né en 1946, est désormais reconnu comme l'un des écrivains autrichiens les plus importants d'aujourd'hui. Son oeuvre, outre des récits, comporte plusieurs pièces de théâtre, et a été distinguée par le prix Ingeborg Bachmann en 1977 et par le prix Elias Canetti en 1982.
Résumé : Publié en 1969, Roman géométrique de terroir valut à Gert Jonke, alors âgé de 22 ans, d'être aussitôt reconnu comme l'un des principaux rénovateurs de la littérature de langue allemande. C'est que ce livre, jusque-là inédit en français, ne ressemble à aucun autre. Entre la satire, le roman expérimental, la fable politique et le poème, il décrit la vie d'un "village" aux mains d'une bureaucratie obsédée par l'ordre, les règles et les questionnaires. Mais cette volonté de rationalité et de contrôle, déjà menacée de l'intérieur par des lois qui prolifèrent jusqu'à l'absurde, est aussi battue en brèche par de mystérieuses forces extérieures - arbres, inondation, oiseaux destructeurs, ombres de la forêt... - qui viennent répandre le chaos, balaient les habitudes, disloquent les maisons, et font basculer le village et le livre dans une folie incontrôlable. Ne vous fiez pas à son titre ironique : Roman géométrique de terroir est une expérience de lecture unique, cosmique et hilarante.
Sillonner le monde en quête de rêve et de poésie... De la mythique cité fantôme de Pripiat dans la zone d'exclusion de Tchernobyl aux maisons ensablées de Kolmanskop en Namibie, en passant par le cosmodrome de Baïkonour, Jonk, photographe aventurier, amoureux de l'urbex, nous entraîne dans ce livre voyageur, à la découverte de zones interdites, de ruines dévorées par le temps où la nature reprend ses droits. Prisons, gares, palais, bâtiments militaires, découvrez trente-cinq sites délaissés par la société des hommes et réinvestis par la magie onirique de l'abandon.
Berlin, capitale du jeune Empire wilhelminien, s'impose au tournant de siècle 1900 comme centre incontesté de la mode en Allemagne. Le succès de la mode berlinoise ne repose pas sur des ateliers de grands couturiers, mais sur une industrie qui produit et vend des vêtements fabriqués en série selon des tailles standardisées (confection) à une clientèle bourgeoise et aux classes moyennes. S'intéresser à la confection berlinoise, c'est découvrir un pan de l'histoire de la mode encore méconnu en France. L'analyse de la culture matérielle et visuelle de ce secteur permet de comprendre la logique d'une production vestimentaire qui vise à vendre une mode à moindre coût et d'appréhender les stratégies commerciales de magasins que l'on ne connaît plus aujourd'hui. De nombreuses enseignes berlinoises réputées à l'époque contribuaient à cette culture de la mode par l'aménagement de leurs magasins, leurs vitrines, leurs réclames et leurs défilés, entraînant des changements sociaux dans la mode.
Dans un Paris dévasté par une catastrophe (accident nucléaire, cataclysme naturel, guerre de religion ?), un groupe de jeunes gens arpentent les rues, tentent de survivre en mangeant ce qu'ils trouvent, chantent des airs de John Holiways et fuient la violence de leurs ennemis en cherchant un ailleurs. Car ce monde en lambeaux, il s'agit malgré tout de l'habiter, de s'y vêtir et d'y trouver des raisons d'espérer. Comment tenir ? Comment trouver en soi de quoi réjouir la vie quand tout a sombré? Ce sont les questions que se posent, avec humour et cruauté, les protagonistes de cette aventure.
Bashõ est l'une des figures majeures de la poésie classique japonaise. Par la force de son oeuvre, il a imposé dans sa forme l'art du haiku, mais il en a surtout défini la manière, l'esprit : légèreté, recherche de la simplicité et du détachement vont de pair avec une extrême attention à la nature. Le haiku naît donc au bord du vide, de cette intuition soudaine, qui illumine le poème, c'est l'instant révélé dans sa pureté.La vie de ce fils de samourai, né près de Kyoto en 1644, fut exclusivement vouée à la poésie. Agé de treize ans, il apprend auprès d'un maître du haikai les premiers rudiments de ce genre. Plus tard, après avoir lui-même fondé une école et connu le succès à Edo (l'actuelle Tokyo), il renonce à la vie mondaine, prend l'habit de moine, et s'installe dans son premier ermitage. Devant sa retraite, il plante un bananier, un bashõ, offert par l'un de ses disciples - ce qui lui vaudra son pseudonyme. Sa vie est dès lors faite de pauvreté, d'amitiés littéraires et de voyages. Osaka sera le dernier. Après avoir dicté un ultime haiku à ses disciples éplorés, il cesse de s'alimenter, brûle de l'encens, dicte son testament, demande à ses élèves d'écrire des vers pour lui et de le laisser seul. Il meurt le 28 novembre 1694. Sur sa tombe, on plante un bashõ.
Paul, ou Saül de Tarse, ou saint Paul ; par la puissance spéculative et la vigueur du verbe, le vrai fondateur du christianisme. A Jérusalem, il fut l'élève du plus grand des maîtres, Rabban Gamliel. Zélateur farouche, persécuteur des nazaréens, il cachait mal une inquiétude grandissante ; la crise éclata sur la route de Damas, ce fut la révélation. Paul avait vingt-cinq ans. De persécuteur, il devint apôtre. Nourri de culture hébraïque, parlant grec, Paul livre un texte souvent obscur, comme si l'hébreu, par une pression souterraine, en défigurait le sol. Son discours sur la Loi (Torah), crucial et si moderne, en est un exemple, mais encore ses doctrines de la mort et de la résurrection, et de la grâce. Dans notre essai, nous avons voulu, par-delà des siècles de théologie et d'études néotestamentaires, remonter à la source ; la source pharisienne, le Midrach et la Michna. Nous nous sommes gardés autant que possible des points de vue rétrospectifs et nous nous sommes, pour ainsi dire, transportés jusqu'à lui sans bagages. Là, nous avons découvert combien la question messianique agite l'histoire occidentale, et gît encore au coeur de tout véritable humanisme.
Car un laque décoré à la poudre d'or n'est pas fait pour être embrassé d'un seul coup d'oeil dans un endroit illuminé, mais pour être deviné dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l'un ou l'autre détail, de telle sorte que, la majeure partie de son décor somptueux constamment caché dans l'ombre, il suscite des résonances inexprimables. De plus, la brillance de sa surface étincelante reflète, quand il est placé dans un lieu obscur, l'agitation de la flamme du luminaire, décelant ainsi le moindre courant d'air qui traverse de temps à autre la pièce la plus calme, et discrètement incite l'homme à la rêverie. N'étaient les objets de laque dans l'espace ombreux, ce monde de rêve à l'incertaine clarté que sécrètent chandelles ou lampes à huile, ce battement du pouls de la nuit que sont les clignotements de la flamme, perdraient à coup sûr une bonne part de leur fascination. Ainsi que de minces filets d'eau courant sur les nattes pour se rassembler en nappes stagnantes, les rayons de lumière sont captés, l'un ici, l'autre là, puis se propagent ténus, incertains et scintillants, tissant sur la trame de la nuit comme un damas fait de ces dessins à la poudre d'or." Publié pour la première fois en 1978 dans l'admirable traduction de René Sieffert, ce livre culte est une réflexion sur la conception japonaise du beau.