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Se réorienter dans la pensée. Femmes, philosophie et arts, autour de Michèle Le Doeuff
Jeannelle Jean-Louis ; Lasserre Audrey
PU RENNES
24,99 €
Épuisé
EAN :9782753578845
Qu'est-ce que "se réorienter dans la pensée", se demande Michèle Le Doeuff ? C'est "s'apercevoir qu'on est en train de se promener quelque part avec une carte qui n'est pas la bonne parce qu'on n'a pas pris en compte où l'on était". L'Etude et le Rouet (1989) est le récit d'un tel geste, à savoir reconnaître qu'en condamnant les femmes à n'être qu'un simple objet de réflexion, voire en les excluant de son champ, la philosophie "échoue à tenir sa promesse fondamentale de constituer une rationalité-en-commun". Alors que la réflexion sur la sexualité et le genre s'est trouvée parasitée par les polémiques nées des débats sur le "Mariage pour tous" (2013), il est essentiel de revenir sur certaines des étapes ayant scandé l'histoire de la pensée féministe en France ces dernières années : l'oeuvre de Michèle Le Doeuff constitue l'une de ces étapes. Son réexamen s'inscrit dans la possible généalogie d'une voie française vers les études sur les sexualités et le genre.
On a jusqu'ici ignoré la fonction essentielle impartie après la Seconde Guerre mondiale au mémorable : notre intérêt exclusif pour les écrits de l'intime nous la cache. Sont ici examinées dans un premier temps trois figures à travers lesquelles le mémorable a pris forme après la Libération : le militant avec Victor Serge, le dirigeant avec le général de Gaulle et l'intellectuel avec Simone de Beauvoir. Il en a néanmoins résulté, de la part d'écrivains, une hostilité manifeste à l'égard d'un genre autrefois dominant. Une deuxième partie du présent ouvrage est consacrée à ces manifestations d'animosité : stratégique, de la part de Céline retournant l'arme des Mémoires contre les détenteurs de mémoire officielle, ou de principe en ce qui concerne Jean-Paul Sartre et Louis Aragon se refusant l'un et l'autre à l'injonction mémoriale, tout en y répondant de manière détournée. Brandi ou refusé, le genre des Vies mémorables a fait preuve d'une extraordinaire adaptabilité : la partie finale porte sur les récits de désaveu d'anciens militants communistes, le retour discret des Mémoires feints, en particulier grâce aux Bienveillantes de Jonathan Littell, enfin le recours chez Daniel Cordier au journal factice afin de combler la distance qui sépare tout récit mémorial des faits vécus.
Jean-Louis Jeannelle: Maître de conférences à l'université Paris-Sorbonne et membre de l'Institut universitaire de France, il est l'auteur d'une étude consacrée au Miroir des limbes: Malraux, mémoire et métamorphose et d'Ecrire ses Mémoires au XXe siècle: déclin et renouveau (Gallimard, 2006 et 2008).
Premier volume en 1958 d'un cycle qui s'achèvera avec La Cérémonie des adieux en 1981, Mémoires d'une jeune fille rangée raconte l'histoire d'une libération et l'accomplissement d'un destin, confirmant ainsi l'intuition de la jeune Simone de Beauvoir qui notait dans son journal intime le 30 mai 1929 : "Quelle plus belle oeuvre que cette destinée que j'accomplis ? " De son éducation dans un milieu familial et scolaire étouffant, Beauvoir a tiré une analyse précise de l'arrangement des sexes, implacable police des genres dont résultait pour les jeunes filles de la bourgeoisie catholique une fausse alternative : le mariage "arrangé" ou le célibat forcé. Portée par un formidable goût de bonheur, la jeune Simone passe du Cours Désir aux amphithéâtres de la Sorbonne et conquiert son autonomie grâce à l'agrégation de philosophie. A chacune de ces étapes, ce sont dans les mots, lus et écrits, qu'elle trouve les ressources nécessaires à son parcours - au prix néanmoins d'un sacrifice : celui de son amie Zaza, morte de n'avoir pu s'arracher à son milieu, mais à laquelle l'autobiographie confère une nouvelle existence faite de mots. Au coeur de ce récit de vocation se trouvent les linéaments d'une pensée où l'existence s'appréhende à travers le corps et les aspirations d'un être sexué. Synthèse des travaux les plus récents sur l'oeuvre autobiographique de Simone de Beauvoir, le présent volume rassemble les contributions des meilleurs spécialistes, parmi lesquels les artisans de l'édition des Mémoires dans la Bibliothèque de la Pléiade. Il a été pensé comme un ouvrage complet et incontournable pour permettre la réussite des candidats à l'agrégation de lettres.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.