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La peinture des Nabis
Jeancolas Claude
VAN WILDER
66,00 €
Épuisé
EAN :9782914304047
Ils étaient une dizaine. Ils avaient, vingt ans. Ils crurent au destin qu'ils s'étaient choisis : " Nabis " c'est-à-dire prophètes, voyants, inventeurs d'une nouvelle langue esthétique qui devait ouvrir la voie à l'art moderne. Complices dans leur entreprise de " dérèglement " de toutes les habitudes et de toutes les règles, ils se retrouvaient souvent et se lançaient des défis : c'était à celui qui produirait l'image la plus incroyable, la plus paradoxale, la plus étrange. Ils se nourrirent de la parole de Gauguin, des cultures d'ailleurs et d'autrefois, de la vigueur du primitif, des mystères sacrés. Pendant douze ans, ils connurent les fièvres et les exaltations que leur révolte, attisée par leur jeunesse, engendraient. Et le XXe siècle devait suivre.
Voici pour la première fois, les faits, les témoignages, les preuves rassemblés par l'acharnement intransigeant de Claude Jeancolas. 700 documents, pour une grande part inédits, retracent, année après année, la vie et l'?uvre d'Arthur Rimbaud : rapports de police restés secrets, manuscrits originaux et premières publications, portraits de ses amis ou de ses détracteurs, lettres qu'il a reçues ou envoyées... jusqu'aux objets intimes de son quotidien : l'atlas familial si souvent feuilleté ou la valise du dernier voyage à Marseille. De Charleville en Abyssinie, de ses maisons à la prison, dans les ports et les gares : sa vraie vie. Rimbaud était devenu une icône presque désincarnée. Cet ouvrage lui redonne son humanité entière.
Le génie de Rimbaud s'est nourri des dictionnaires et de la grammaire. Pour inventer une langue neuve, nécessaire à son projet de voyance, il puise dans les raretés des vocabulaires scientifiques, érotiques, argotiques, ardennais, maritimes, il emprunte à l'allemand et à l'anglais, il retient les sens marginaux, voire tombés en désuétude, des mots communs du français. Pour comprendre sa création, il faut retourner aux sens que ces mots avaient au XIX`"siècle. Claude Jeancolas a repris les dictionnaires qu'utilisait Rimbaud. Ce livre est une invitation à redécouvrir l'oeuvre. Lauteur a aussi ajouté des noms propres, villes et personnages tels que les voyait l'époque et les traductions des mots amhariques qui paraissent dans les lettres d'Afrique."
Avril était très doux sur l'île de Procida. J'avais fui le tumulte des préoccupations ordinaires. Mon père était mort. Il était temps d'envisager ma vie. Dix jours je lui parlai comme jamais, sans aucune crainte qu'il ne comprenne pas : "Voici ton fils, grâce à toi, malgré toi parfois, il est devenu une des variantes de ta vie, sa prolongation naturelle. " Dans la clarté de la vision, ce printemps fut un éveil. Cette autre fois, en plein juillet, je m'étais cloîtré dans un prieuré vieux pour forcer l'écriture. "Je ne peux imaginer ma vie sans toi. " Cette voix soudaine si proche, si grave, ces grands yeux noirs fixés sur moi ne pouvaient mentir. La confidence était promesse pour toujours et exigence aussi, attente. Colin avait neuf ans. Moi, très myope, je relevai le nez de mes écritures pour voir la vie, le monde, devant et, sans choisir à sa place, indiquer à l'enfant les lumières vraies et qui méritent tous désirs, les failles dans l'ombre où il ne faut pas tomber et les cimes factices aux rochers aiguisés à vif et qui blessent Le Livre de Colin est la prolongation naturelle de La Lettre au père. Le fils, par Colin, devient à son tour celui qui protège, guide, encourage. C'est le cycle du monde".
Sais-tu que tu possèdes la plus belle rade du monde ? - Ah ! et où donc ? demanda le sultan de Tadjoura - A Rais Ali-Alors, reprit le sultan,, j'avais la plus belle rade du monde, car à partir d'aujourd'hui, elle est à toi." II n'y avait ni l'eau, ni l'électricité. Jean-François Deniau y construisit sa maison. Dès lors et jusqu'à sa mort, il y passa plusieurs mois chaque année. Pourquoi cet attachement ? Que trouvait-il à ce lieu si hors du monde ? Comment vivait-il avec la communauté afar ? Il n'en parle pas dans ses livres. A-t-il, comme Rimbaud, un siècle plus tôt, succombé à l'envoûtement de la corne d'Afrique ? Quel est ce mystère ? C'est aussi l'occasion de rencontrer un Jean-François Deniau intime qui doute et s'interroge sur sa vie, ses écrits et ses actes. La poésie frise à chaque page à l'évocation de ces paysages bibliques, au carrefour d'un monde perdu entre enfer et paradis.