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Etat sauvage
Jaubertie Stéphane
THEATRALES
12,50 €
Épuisé
EAN :9782842607364
Deux hommes, dans un parc. L'un et l'autre. Ils ne se connaissent pas, du moins l'un le pense. Mais l'autre connaît l'un (ou l'autre, cela fonctionne dans les deux sens) comme étant son alter ego humain. L'autre va pousser l'un dans ses derniers retranchements humains, justement. Au bout de la dignité, au bout de l'humanité. Un couple victime/bourreau, une réflexion sur notre barbarie intérieure, notre instinct de survie. Mais avant tout un duo de théâtre intense. Stéphane Jaubertie s'est interrogé après les attentats de janvier 2015 sur ce qu'il restait aux artistes comme espace pour parler du monde après ce drame. Et si ce texte n'évoque pas 2015 de façon frontale, c'est avec cet arrière-plan ou plus précisément cet état d'esprit qu'il traque notre barbarie intérieure, la violence, la banalité du mal.
Dans ce texte tendu comme un arc, Stéphane Jaubertie joue sur l'ambiguité. Qui est cette petite fille qui prétend s'extraire d'une famille pour disparaître, puis réapparaître? Une émanation irréelle chargée de révéler les choses à venir en creusant dans la mémoire des autres puis d'y semer l'oubli? Ou une petite demoiselle en fugue, enfant de parents séparés, coupée en deux, dont le trop-plein d'émotions a rejailli durant l'été? Un peu des deux, sans doute. Lecteurs et acteurs se reconnaîtront dans cette petite fable: on a tous le souvenir d'un doux été à flâner près d'un lac ou à la campagne. Mais Létée n'est pas triste: c'est un texte lumineux, lucide, qui décolle du réel. Un bonbon acidulé.
Lucienne Eden, une enfant à l'énergie insolente et à l'univers loufoque, vit presque seule sur une île préservée. Depuis que sa mère est partie, elle a pour unique voisin un mystérieux vieil homme. Un matin, elle découvre sur la plage un garçon de son âge rejeté par la mer au milieu de déchets plastiques. Peu à peu, ils s'apprivoisent. Lucienne lui fait découvrir son île fantastique où la nature a repris ses droits : forêt de brocolis géants, pandas mangeurs de grizzlis... Mais cet endroit idyllique aux parfums d'enfance est menacé : il va falloir se résoudre à le quitter pour le monde réel. Dans cette comédie écologique et amoureuse, Stéphane Jaubertie explore dans une langue vive les bouleversements de la preadolescence et la naissance du désir. Une apocalypse joyeuse pleine de rebondissements !
Livère porte bien son nom : c'est une jeune fille rude qui glace son entourage par son effronterie et son désir d'indépendance. Mais quand son père l'embarque dans sa nouvelle histoire d'amour, elle se voit imposer une belle-mère méfiante et un nouveau frère temporaire. Ce dernier est tout autant effrayé par l'adolescente qui l'entraîne dans ses jeux dangereux qu'attiré par la droiture de cette soeur lumineuse. Stéphane Jaubertie, en observateur tendre et piquant de la famille, s'attache dans ce texte aux allures de conte fantastique et intimiste à creuser cet amour complexe qu'est la fratrie, qu'elle soit de sang ou d'occasion. Son théâtre poétique et plein d'images bouscule et fascine comme à son habitude.
Laughton est né entre le froid de l'hiver et la chaleur de l'été. Il grandit tant bien que mal, ignoré de la Femme, sa mère, de l'Ours, son père, et de son tout petit frère. C'est seul qu'il tente de comprendre qui il est et d'où il vient, avec tout cet amour qui déborde de lui et que personne ne ramasse. Son père ne se penche que pour ratisser les feuilles mortes du jardin, et sa mère, pour noircir de sa plume des tas de feuilles blanches qui envahissent la maison. En rencontrant Vivi, une camarade de classe téméraire qui n'a pas sa langue dans sa poche, il décide de tenter de briser le silence en faisant voler en éclat les non-dits et les secrets de famille. Stéphane Jaubertie offre ici une parabole puissante sur la condition de l'enfant. Avec adresse, il tisse un conte familial où les visages, les saisons et les noms se mêlent pour mieux se reconnaître et apprendre à s'aimer.
Grosse patate est le surnom qu?on lui donne à l?école parce qu?elle mange tout le temps surtout quand elle s?ennuie. Elle, elle sait qu?elle est ronde et douce. Dans sa classe il y a Rosemarie la timide, sa meilleure amie, Rémi son souffre-douleur trouillard comme une fille, Hubert qui est très beau et très bête et dont tout le monde est amoureux. La maîtresse se fâche quand elle s?aperçoit qu?on maltraite Rémi, elle se fâche aussi lorsque Rémi, qui ne se laisse plus faire, devient général d?une armée secrète pas si secrète que ça. Grosse patate essaie de comprendre le monde à travers des exercices de maths où il ne faut pas multiplier les tomates et les bananes et en regardant Rémi qui a une ombre de petite fille. Dans ses rêves elle rencontre l?Homme en noir qui l?aide aussi à mieux comprendre. Grosse patate raconte tout cela dans son journal, la tristesse, le bonheur, les interrogations, les adultes qui répondent toujours n?importe quoi. Elle préfère être Arakis le chat qui parcourt le monde que Narcisse qui reste collé à son miroir. Elle sait qu?elle va devenir grande. Ce texte, le premier de Dominique Richard, est drôle, cruel comme l?enfance et traite, sans avoir l?air de rien, de sujets graves comme l?amitié, l?amour, le deuil, la différence, dans une langue vive et inventive.
Salvador, le narrateur raconte sa vie d'enfant des montagnes depuis sa naissance qui n'annonçait rien de bon puisqu'il ressemblait à un rat, jusqu'à son départ à la ville pour y poursuivre ses études. Dans ses souvenirs d'enfance pauvre, il y a sa mère qui se levait toujours la première, lavait le linge des riches, ses sept frères et soeurs, l'apprentissage de l'écriture et la décision de sa mère pour qu'il devienne écrivain. Il y a ses premiers émois devant la beauté de la Senora dont sa mère lave le linge et ses premiers chagrins lorsque le père s'en va et ne revient pas, tué lors d'une manifestation de paysans. Lorsque son frère aîné meurt, il devient à sept ans l'homme de la famille et se fait écrivain public pour mettre quelques sous dans la boîte aux économies de sa mère puis il monte trop tôt dans le train qui l'emmène pour ses études en ville. Dans cette pièce le récit passe subtilement au dialogue pour dire, simplement, la peur de la montagne, la peur du froid et du dernier morceau de pain. C'est surtout un magnifique hommage à la mère et à la vie qui distribue les bonheurs et les malheurs.
Des pluies diluviennes se sont abattues sur un petit village isolé. La vague de boue a éventré la salled'écriture, où des habitants se réunissaient pour recueillir les souvenirs; depuis l'exode de leurs enfants, ils avaient écrit leur histoire. Maintenant, tout est à refaire. Secondé par Danny-l'Enfant-Seul, l'unique enfant demeuré sur place, Samuel entreprend d'immortaliser l'?uvre de son groupe d'écrivains au moment même où ceux-ci s'apprêtent à l'abandonner. "Nos cultures et nos mémoires sont comparables à ces vieillards qui luttent contre une disparition inévitable. Un monde se meurt... De quoi sera fait le prochain?", interroge Michel Marc Bouchard. Un texte émouvant, une réflexion sur la mémoire et l'écriture, avec l'humour et la poésie que l'on connaît à l'auteur des Muses orphelines.
De temps en temps, Monsieur Barbe-Bleue sort de son conte où se rejoue indéfiniment la scène bien connue du meurtre de sa belle qui a ouvert la porte qu'il ne fallait pas ouvrir, et part en voyage. Ses voyages le mènent dans le monde d'aujourd'hui. Il y rencontre des personnages qui ont un coup de bleu: deux jeunes filles qui, après avoir volé une paire de chaussures, vont se noyer de honte, une vieille dame désespérée de ne plus habiter au bord de l'eau et qui va s'y laisser glisser... Dans le conte, soeur Anne ne voit jamais rien venir et le frère de la belle arrive toujours trop tard. Le grand K, ordonnateur des événements, suit Barbe-Bleue, du conte au monde d'aujourd'hui et finit par le tuer. Bruno Castan poursuit avec Coup de bleu sa confrontation des contes avec la réalité.