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Jésus sous la plume des historiens juifs du XXe siècle. Approche historique, perspectives historiogr
Jaffé Dan ; Marguerat Daniel
CERF
36,00 €
Épuisé
EAN :9782204086950
Depuis la fin du XIXe siècle et durant tout le XXe siècle, de nombreux historiens juifs, européens, américains ou israéliens, ont travaillé sur la question de l'identité, de l'action et de l'enseignement de Jésus de Nazareth. Leur apport est considérable. Armés des outils interprétatifs propres à la littérature talmudique et midrashique, capables d'utiliser les sources souvent difficiles des textes classiques du judaïsme, ces auteurs ont jeté une lumière sans précédent sur le monde où vivait Jésus. Et leur intérêt pour le personnage de Jésus lui a permis de sortir de l'univers théologique et confessionnel chrétien dans lequel il était enfermé. Cet intérêt ne fut pas exempt de présupposés idéologiques, voire d'une volonté affichée de "récupération" identitaire de Jésus. On peut également s'interroger sur l'influence des convictions politiques ou idéologiques de ces historiens dans leurs recherches sur Jésus. Un militant sioniste et un juif libéral peuvent-ils en brosser le même portrait? Quelles mutations peut-on repérer dans la critique historique juive au long du XXe siècle? A-t-on pensé Jésus de la même manière avant et après la Shoah? La promulgation de l'Etat d'Israël a-t-elle eu une incidence sur les représentations juives de l'homme Jésus? De Joseph Salvador à Amy-Jill Levine, de Joseph Klausner à Paulo Fredriksen, en passant par David Flusser, Salomon Zeitlin, Shmuel Safrai ou Geza Vernies et tous les historiens marquants du siècle écoulé, c'est à une recherche historique, à une étude historiographique et à une analyse méthodologique que ce livre convie son lecteur.
Après la destruction du Temple en 70, la société juive était à reconstruire. C'est ce qu'entreprirent les Sages, successeurs des pharisiens. Toute une littérature, en hébreu, témoigne de cette période où judaïsme rabbinique et christianisme sont en gestation. Dan Jaffé se livre ici à l'étude et à une présentation critique de textes fondamentaux en utilisant avec rigueur les différentes disciplines universitaires requises pour une telle démarche. Ainsi dégage-t-il la perception que les Sages du Talmud ont des premiers chrétiens et disciples de Jésus. Il met en évidence le regard de ces mêmes Sages sur les textes sacrés et les pratiques des judéo-chrétiens. Il montre la réaction du judaïsme rabbinique dans ce moment de crise face aux déviants et à ses propres normes. On apprendra ainsi qu'avant les années 70, les Sages et les disciples du mouvement de Jésus se côtoyaient et pouvaient même interpréter la Loi communément. Cette lumière jetée sur les bouleversements qui ont engendré la séparation entre juifs et chrétiens ainsi que sur les relations souvent tendues au sein même du monde juif permet de voir aussi comment s'est opéré le passage d'une société pluraliste vers une société institutionnelle imposant ses normes et comment se sont constituées progressivement une orthodoxie et une hétérodoxie.
Entre identité et altérité, continuité et rupture, le cas de l'Eglise de Jérusalem entre les deux révoltes juives contre Rome (66-135) s'inscrit dans une réflexion globale sur le judéo-christianisme ancien. L'originalité de cet ouvrage réside dans son approche contextuelle du problème : il étudie la compréhension que les chrétiens de Jérusalem avaient d'eux-mêmes, à la lumière de leurs attitudes face aux événements dramatiques de cette époque : les insurrections contre Rome, la destruction du Temple, l'instauration du Fiscus Judaicus, etc. Cet essai historique brosse non seulement un tableau des réalités propres aux mouvements judéo-chrétiens mais il offre également un regard nouveau et original sur l'une des communautés les plus importantes de l'histoire du christianisme.
Et si, contrairement aux idées reçues, judaïsme et christianisme ne s'étaient jamais vraiment séparés ? On croit souvent que, peu après la mort de Jésus de Nazareth, les deux religions ont emprunté des chemins diamétralement opposés. Or, loin des polémiques et des préjugés réciproques que l'historiographie a voulu leur attribuer, juifs et chrétiens entretiennent des contacts étroits et partagent de nombreux éléments culturels jusqu'au ve siècle de notre ère, voire au-delà. De la révolte de Bar Kokhba (132-135) à l'avènement de l'islam (viie siècle), ce sont cinq siècles de relations judéochrétiennes qu'explorent dans cet ouvrage une quinzaine d'experts internationaux renommés, offrant une approche pluridisciplinaire, complète et innovante de la question si débattue de la "séparation des chemins" . Un ouvrage de référence incontournable. Préface de Dan Jaffé Traduit de l'anglais par Françoise Michaut
Résumé : Contre toutes les idées reçues, la science révèle l'imbrication des juifs et des chrétiens aux premiers siècles de notre ère. Une somme internationale pour comprendre autrement aujourd'hui. Qui est le Jésus de l'histoire ? Comment désigner les premières communautés judéo-chrétiennes ? Quand s'est constitué le pouvoir des rabbins du Talmud ? Quels sont les critères de l'identité juive ? Et chrétienne ? Qu'en a-t-il été de chaque côté de la messianité et de la martyrologie ? Qu'indiquent les regards des littératures patristique grecque, latine et syriaque face au judaïsme ? Réciproquement, des textes antiques juifs face au christianisme ? Les meilleurs spécialistes internationaux sont rassemblés ici pour répondre à ces questions controversées. Dire l'essentiel en préservant la rigueur scientifique et embrasser cinq siècles d'histoire en s'attardant sur les notions fondamentales : voici le double objectif de cette odyssée des sources. Un traité historique sans précédent pour comprendre autrement aujourd'hui.
En ces temps de crise profonde, la relation entre les hommes et les femmes à l'intérieur de l'institution ecclésiale impose plus que jamais son actualité. Certes, le magistère entend, depuis quelques décennies, valoriser la part féminine de l'Eglise. Mais le constat s'impose : stéréotypes et préjugés sont demeurés intacts, tout comme des pratiques de gouvernance qui maintiennent les femmes sous le pouvoir d'hommes - des clercs en l'occurrence. Sortant de ces ornières, il s'agit d'éprouver ce que le " temps des femmes " qui cherche à advenir peut apporter de renouvellement dans l'intelligence des textes scripturaires qui ont modelé l'imaginaire en monde chrétien. Il s'agit aussi de montrer combien la prise en compte des femmes questionne à frais nouveaux l'identité de l'Eglise, l'économie en son sein du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, donc également les modalités de sa gouvernance. Un livre qui nous montre une série d'" éclats de féminin " pour suggérer les gains qui seraient ceux de cette ouverture. Et si, la femme était l'avenir de... l'église !
Résumé : Abus sexuels, concentration de la parole et du pouvoir, exclusion des femmes : comment ces faits ont-ils été rendus possibles au sein d'une institution née pour incarner la parole de Jésus ? Avec toute la vigueur de la colère et d'un attachement authentique au message évangélique, Loïc de Kerimel va à la racine du mal : l'Eglise ne produit pas privilèges et abus comme n'importe quelle institution de pouvoir le fait ; elle est fondée sur l'affirmation d'une différence essentielle entre une caste sacerdotale, sacrée, et le peuple des fidèles. Alors que Jésus dénonce le monopole des prêtres et de la hiérarchie lévitique du Temple dans l'accès au salut, l'Eglise chrétienne naissante se dote d'une organisation similaire. Alors même que le judaïsme naissant se convertit à une spiritualité sans prêtres ni sacrifices, l'Eglise donne au repas du Seigneur, l'eucharistie, une tournure sacrificielle. Or, c'est précisément autour du monopole sacerdotal, et masculin, de cette célébration que le cléricalisme a fait système et s'est installé dans l'histoire. Tenu à l'écart des réformes, il a généré les abus de pouvoir qui gangrènent l'Eglise aujourd'hui. Un livre passionnant et nécessaire. Loïc de Kerimel est agrégé de philosophie. Il a un rôle actif dans l'Amitié judéo-chrétienne de France et au sein de la Conférence catholique des Baptisé-e-s francophones
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Dans notre société laïque, la chrétienté constitue-t-elle encore un sujet pertinent pour l'histoire ? Plus que jamais, répond Françoise Hildesheimer. En explorant celle de l'Eglise sur le temps long, l'historienne retrace les origines et les développements du conflit d'influence entre religion et Etat qui a enfiévré l'Occident des siècles durant. Or c'est en France qu'il a connu son paroxysme. Doctrine politique originale, le gallicanisme a prôné dès le XIIIe siècle l'indépendance temporelle de l'Eglise de France vis-à-vis du pape ; une spécificité qui, via la rupture de la Séparation, a durablement marqué notre histoire. La France, fille aînée de l'Eglise ? De Clovis à Aristide Briand en passant par Charlemagne, Charles VII et Jeanne d'Arc, Louis XIV et Bossuet ou Napoléon, ce parcours passionnant entrecroise théologie, politique, récit historique et débats d'idées pour proposer une vision inédite de l'histoire de l'Eglise catholique en France.