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En dormant sur un cheval. Mémoire de poèmes
Jackson John E.
BELLES LETTRES
23,00 €
Épuisé
EAN :9782251450339
Une vie, une mémoire. Une vie passée à séjourner auprès de quelques poèmes aussi bien français qu'anglais, italiens qu'allemands, à la recherche de cette clef, ou comme dit Rimbaud, de cette "musique savante" qui saurait faire résonner le sens de l'existence. Depuis le jour où, adolescent à la dérive et s'ennuyant dans une classe d'école, il a été frappé par un sonnet de Baudelaire, John Jackson n'a cessé de demander aux poètes de l'aider à mieux saisir ce qu'il ne comprenait pas des faits les plus simples de la vie, qui sont aussi les plus fondamentaux, l'amour, la tristesse, le désir, l'amitié, le sentiment du vide ou de l'absence comme celui de la joie... Vous y rencontrerez Dante, Shakespeare, du Bellay, Goethe, Hölderlin, Mallarmé, Eliot, Celan, Bonnefoy, Yeats, Rimbaud, Nerval ou Kleist, à travers des poèmes qui évoquent, interrogent, ressassent les facettes d'une vie où la mémoire est moins un pas en arrière que le tremplin d'où s'élancer à la recherche d'un sens toujours à venir.
L'objet de ce livre est moins une définition du tragique que l'approche d'une réalité qui se rencontre fréquemment dans des ?uvres appartenant au genre de la tragédie. De l'Orestie à King Lear, d'Oedipe Roi à Phèdre ou encore des Bacchantes à Penthésilée, l'ambiguïté insiste à la manière d'une structure musicale. Que faut-il entendre par "ambiguïté"? Disons, en première approximation, la simultanéité d'aspects contradictoires de l'existence dont la pièce va déployer l'entrechoc. Cette simultanéité peut être située à plusieurs niveaux: elle peut se loger à celui de la structure dramatique, à celui du destin des protagonistes aussi bien qu'à celui du contenu de leur expérience. Elle peut se loger sur ces différents niveaux à la fois ou concerner encore le rapport que la tragédie entretient avec le genre auquel elle appartient. Si le heurt des aspects contradictoires permet de comprendre la prédilection pour ce genre théâtral dans la mesure où celui-ci trouve dans la conflictualité son ressort principal, l'ambiguïté ressortit à une dimension qui excède de beaucoup le plan générique. À ce titre, elle nous semble appartenir aux notions fondamentale de l'expérience littéraire.
Pourquoi les poèmes de Baudelaire donnent-ils une telle impression de présence, même plus d'un siècle et demi après leur rédaction? Pourquoi attestent-ils une telle fascination de ces images dont l'auteur disait qu'elles étaient "sa grande, son unique, sa primitive passion"? Quel rôle joue le bruit dans la musique des Fleurs du Mal? Pourquoi y croise-t-on autant de soldats et de démons? Quelle part y occupe le rêve? et Lesbos? Comment, enfin, reconstruire le dialogue silencieux mais essentiel que Baudelaire entretint avec Nerval? Telles sont les questions, nées d'une familiarité de plus de quarante années avec le poète, auxquelles on a cherché ici à apporter quelques réponses aussi provisoires sans doute que sont destinées à l'être toutes celles que la critique apporte, génération après génération, à un grand auteur.
Depuis le jour où, adolescent, il a été saisi par un sonnet de Baudelaire, John E. Jackson n'a cessé de s'interroger sur ce qu'est la poésie dans l'espoir d'en dégager les qualités distinctives chez des écrivains que tout oppose a priori. Qu'y a-t-il en effet de commun, notre émotion de lecteur mise à part, entre les chansons du troubadour Jaufré Rudel et le minimalisme inquiet d'un Samuel Beckett ? entre François Villon, celui de la "ballade pour prier Nostre-Dame" , et un Paul Celan qui, écrivant après Auschwitz, profère une sorte de louange à Personne ? et même entre Sapho et Labé, Ronsard et Rückert, Racine et Goethe, Hölderlin et Dante, Eliot, Apollinaire, Shakespeare, Bonnefoy ou Mallarmé ? Aussi familier que Jackson soit de cette constellation de poètes, l'énigme foncière de la poésie lui résiste ; elle mérite néanmoins qu'il y ait consacré le gros de ses efforts d'interprète, ne serait-ce que pour reconnaître l'énormité de la dette affective contractée auprès de ces oeuvres qui l'ont accompagné toute sa vie. Dans les différents chapitres de ce nouvel essai, Jackson appréhende plusieurs facettes du mystère. Dans le premier, intitulé "Musiques du sens" , il fait l'hypothèse que la musique des mots prend le relais de notre désir de compréhension frustré "en instituant des modes de signification qui révèlent des dimensions allusives ou imageantes du langage que la parole ordinaire a tendance à recouvrir ou à masquer" . Dans un deuxième chapitre, convaincu qu'un poète est avant tout une voix, il s'efforce de la définir : "elle n'est pas, ou pas seulement, une façon de parler, elle est l'accent particulier qu'une dimension presque insaisissable donne à cette façon, une modulation qui fait frémir les mots mais sans se laisser réduire à eux" . Il constate ensuite que la poésie, aussi bien médiévale que moderne, a toujours eu besoin des dieux, et se penche sur les raisons de ce nécessaire souci de la transcendance avant d'aborder la question difficile de la réalité que le poème est en mesure de cerner. Bien loin d'être un pur miroir de la psyché de son auteur, la poésie se nourrit pour lui "d'une ambition ontologique qu'il convient d'analyser même si c'est pour reconnaître en elle le caractère inachevable d'une dialectique de l'objectif et du subjectif" . Cet essai vaut par aussi pour l'émouvante profession de foi critique à laquelle Jackson se livre in fine ; cet art de la lecture qu'il défend exige précision et respect de la parole du poète : "Ce qu'il importe de se rappeler quand on cherche à interpréter de la poésie, c'est que celle-ci, quand elle est authentique, n'est jamais que la recherche d'une réalité ou d'une vérité dont son auteur dispose d'autant moins qu'il n'a, précisément, que son poème pour la chercher lui-même. ''La réalité, écrivait Paul Celan, n'est pas. La réalité demande à être cherchée et conquise. '' L'acte de l'interprétation ne peut être, au mieux, qu'une tentative seconde".
Résumé : Faire l'histoire de peuples et de pays qui jusqu'au XVIIIe siècle ont tout ignoré de l'Inde et des Indes, et dont beaucoup ont ignoré l'idée même de l'histoire, tel est le pari de ce livre. En 1888, John Strachey écrivait dans son India : "Il n'y a pas, et il n'y a jamais eu d'Inde, ou même un pays, l'Inde, qui, selon les idées européennes, aurait possédé quelque unité, physique, politique, sociale ou religieuse." L'inde était un artefact crée par l'impérialisme européen. Cela était vrai à la fin du XIXe siècle et pour le passé, mais aujourd'hui l'inde, partie des Indes, existe : être indien est à la fois une réalité et une prétention ; c'est aussi une exclusion, dont témoignent les violents débats historiques qui passionnent l'Asie du Sud. Pour retracer la longue histoire de ce pays promis à devenir une des grandes puissances du monde, Michel Angot réussit un véritable tour de force : embrasser plusieurs milliers d'années et un espace aux dimensions de l'Europe, avoir recours aux sources les plus étendues et tenir ensemble les traces du temps, de l'Antiquité à nos jours, qui font de cette histoire une fabrique de l'Histoire.
Résumé : Ispahan, Boukhara, Samarcande... Un rêve d'Orient. La Perse médiévale de l'islamisation à l'invasion mongole, du VIIe au XIIIe siècle. Un territoire beaucoup plus vaste que l'Iran actuel, une civilisation déjà millénaire entre monde méditerranéen et Asie. Rapidement, la Perse fut bien plus qu'une simple province de l'Empire musulman : elle aussi conquit son farouche vainqueur. Ce guide culturel met en lumière ce que lui doit la civilisation musulmane, des institutions aux productions intellectuelles et artistiques. Ce qui ne fut pas sans conséquences, y compris sur la géopolitique contemporaine.
Résumé : La Chine vient à nous : des textes prestigieux sont désormais traduits, des tournées théâtrales nous introduisent dans la légende et dans l'Histoire, le fengshui arrive en Europe. Mais que savons-nous de la civilisation qui leur a donné naissance ? La Chine classique est extraordinairement vivante sous ses habits modernes. La méconnaître serait voyager en aveugle là où il y a tant à voir.