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Christian Jaccard, une collection
Jaccard Christian ; Borer Alain ; Hilaire Michel ;
SNOECK
20,00 €
Épuisé
EAN :9789461617897
Le travail de Christian Jaccard repose la question de la définition du dessin. Son trait provient de la trace laissée par la mèche lente, c'est le suintement incandescent du goudron qui imprime la toile blanche. Ou bien les flammes elles-mêmes, vives, illuminant les murs, comme des dessins-installations. La boucle de cordon inflammable se transforme en couronne d'épines. L'oeuvre de Jaccard s'organise donc autour de deux axes (les noeuds, et la combustion) en spécifiant ses recherches sur les traces, les empreintes (qu'elles soit dues à l'estampage, la combustion, le pliage, la calcination ou le tressage). Dans ses deux cas, il utilise une méthode bien définie ; chacun de ses gestes, de ses actes est exercé avec rigueur, sans étourderies, sans désinvoltures, conceptualisé et contrôlé. Une des spécificités de Jaccard est également d'allier les mots à l'hymne du feu, de jouer sur les lettres, le vocabulaire. Ainsi, en 1997, il réalise des reportages photographiés sur des inscriptions en papier, placées sur l'herbe et brûlées. Ici, Maintenant, Rêve, Autrement, est cette suite de quatre photographies noir et blanc sur papier baryté... Les écritures sont incendiées, les mots brûlent, deviennent des lambeaux, des cendres...
Extrait de la préfaceLe boutefeu dialecticienOn appelle «flamme», dans le langage des philatélistes, les dessins ou maximes accompagnant le tampon qui oblitère une lettre, un colis. La flamme qui figure sur les courriers expédiés par les Beaux-arts de Paris est une maxime admirable, empruntée à Denis de Rougemont et souvent citée par Jean-Luc Godard: «Les uns pensent, dit-on, les autres agissent, mais la véritable condition de l'homme, c'est de penser avec ses mains». Même si, chez Rougemont, il est question avant tout de pensée et d'action politiques, Christian Jaccard pourrait certainement faire sienne cette devise, lui qui n'a cessé, depuis plus de quarante ans, d'interroger la mémoire du monde en manipulant de façon quasi obsessionnelle de la corde, du cuir, de la toile et - clin d'oeil du lexique - de la flamme: mais une vraie flamme, de celles qui chauffent ou brûlent, et qu'il importe de savoir maîtriser si on ne veut pas finir comme Ferdinand Griffon, le Pierrot le fou de Godard, en miettes ou en cendres. Afin d'acquérir les matériaux dangereux, notamment les mèches lentes (dites «cordon Bickford») qu'il utilisait dans ses oeuvres des années 1970 et 1980, Jaccard avait d'ailleurs dû obtenir une licence de boutefeu, le permis de manier les explosifs qu'on exige des artificiers: on apprendra ce détail, ainsi que mille autres informations passionnantes, dans le présent volume d'entretiens, Christian Jaccard, Conversations.La collection «Écrits d'artistes» a jusqu'ici privilégié la publication d'anthologies d'articles, d'essais ou de récits écrits par des artistes, excluant presque toujours les interviews et les correspondances. Si nous avons choisi de faire, sur sa proposition, une exception radicale pour Christian Jaccard, c'est que l'entretien, la conversation ou l'échange sont sa façon à lui d'écrire. Non qu'il soit incapable de tenir une plume, naturellement, mais parce qu'il a plus que quiconque besoin de confronter sa pensée à une autre pensée, dans la stricte continuité d'un travail qui est interaction permanente avec un matériau, dont il écoute la logique propre au moins autant qu'il lui impose ses propres vues. Jaccard est un empirique: «J'ai beaucoup plus de difficultés, avoue-t-il à William Mimouni, à dire qu'à faire», suggérant qu'avec ses Anonymes calcinés (tableaux figuratifs récupérés et soumis à différents processus de combustion) il avait fait ce que Duchamp disait («Readymade réciproque. Se servir d'un Rembrandt comme planche à repasser»). (En réalité Jaccard ne s'oppose pas à Duchamp, au contraire: ce dernier était, comme tous les grands artistes, avant tout un bricoleur, et sa méthode se révèle beaucoup plus empirique et manuelle que ne le prétendent ceux qui veulent à tort faire de l'art comme on fait du vélo, sans les mains... Et sans la flamme.)
Résumé : S'installer à la terrasse d'un café, bavarder avec une romancière japonaise, poursuivre la conversation avec Peter Altenberg à Vienne ou avec Fernando Pessoa à Lisbonne, présenter l'actrice américaine Louise Brooks au philosophe Marcel Conche : ce sont quelques-uns des menus privilèges que réserve l'oisiveté. On peut également assister, navré, à l'incinération de sa mère, affronter Serge Koster ou Paul Audi au tennis de table, jouer aux échecs dans les salons d'un palace parisien, traîner dans les cinémas après avoir lu les chroniques de Skorecki dans Libération, ou discuter des mérites de la circoncision avec Clément Rosset ou Michel Polac. Ce journal d'un oisif, tenu du 23 mars 2000 au 26 novembre 2001, est celui d'un intellectuel qui dirige une collection aux PUF, d'un expert en nihilisme et d'un écrivain auquel on peut adresser tous les reproches, à l'exception de celui de se prendre au sérieux.
Résumé : Invité à donner une conférence sur Louise Brooks dans un Institut pour jeunes filles de la High Society, le narrateur hésite. Il décide de jeter sur le papier tout ce qui lui vient à l'esprit à propos de la fascination qu'elle exerça sur lui. Il découvre à cette occasion que Brooksie la stérile, c'est le surnom qu'elle se donnait, est sans doute la figure la plus accomplie du nihilisme érotique. Récit de la déchéance d'une star du muet et fragments d'une grande confession, cette "Conférence sur Louise Brooks" est aussi déroutante qu'inattendue.
Gillemon Danièle ; Draguet Michel ; Sojcher Jacque
Cet ouvrage propose de revisiter l'univers surréel du maître belge au gré de la collection particulière Pierre et Nicole Ghêne, articulée autour de six thèmes clefs abordés tout au long de sa carrière : la féminité - le mystère - le rêve - la théâtralité - l'évasion - le recueillement et la solitude. Huit auteurs - historiens d'art, philosophe, conservateur, professeurs d'université, critique - livrent leur interprétation personnelle des thèmes ciblés et offrent un cheminement libre et sensible à travers les sentiers insatiablement riches et étonnants de l'oeuvre de Paul Delvaux. Non-conformiste et original, ce livre vous invite à une redécouverte des voies oniriques et énigmatiques de l'art de Paul Delvaux et à apprécier la densité et la force poétique d'une oeuvre résolument magistrale.
Cette présentation d'une sélection d'oeuvres de la collection du Musée des beaux-arts de Gand permet de découvrir les principaux courants de l'art moderne belge entre 1880 à 1940, du symbolisme au surréalisme. Des oeuvres néerlandaises illustrent en outre les influences artistiques réciproques entre la Belgique et les Pays-Bas.
La Mésopotamie, le pars "entre les deux fleuves" Tigre et Euphrate, est le berceau de l'écriture avec laquelle commence l'histoire. C'est aussi le pays des premières villes et des plus anciens systèmes politiques et administratifs connus. A la recherche des origines de nos civilisations, de nos mythes ou de notre imaginaire, c'est eu Mésopotamie que l'on retrouve les plus anciens témoins concernant les villes, l'Etat, l'écriture, la comptabilité, les mathématiques, l'astronomie ou l'astrologie, dont nous ayons notamment hérité le découpage du temps, et bien d'autres inventions fondamentales. Elargissant une formule de Samuel Noah Kramer, l'exposition "L'histoire commence en Mésopotamie" présente ce qu'a pu être l'antique Mésopotamie depuis l'apparition de l'écriture à la fin du 4e millénaire jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand au IVe siècle avant notre ère. Trois mille ans d'histoire y sont racontés pour découvrir ses croyances, son économie, son cadre de vie urbain, ses rois, ses dynasties et ses empires mais encore son écriture et ce qu'elle nous dit, aussi bien de la société au quotidien, que des plus hautes sciences et lettres. C'est également l'occasion d'évoquer l'aventure de la redécouverte relativement récente de l'histoire mésopotamienne. L'exposition rappelle à la fois l'importance universelle du patrimoine mésopotamien et l'imaginaire plus ou moins fantasmé autour de cette vénérable civilisation, à qui nous devons tant et qui finit pas de fasciner.