La culture dont il est ici question s'entend au sens des dispositions d'esprit et des convictions communes à un groupe et de nature à orienter les comportements de ses membres. S'agissant des armées, il existe incontestablement un socle de "? dispositions d'esprit ? " communes, inhérentes à l'état militaire eu égard à la spécificité du métier des armes. Pour reprendre en partie les mots du statut général des militaires, ce socle commun peut s'identifier comme une trilogie : esprit de sacrifice, dévouement au bien commun, esprit de discipline. Il s'agit là, pour les armées, d'une singularité au regard de bien des normes de comportement de nos sociétés, et cela est problématique. Quant aux "? convictions ? " , la moindre des difficultés n'est pas que ce même statut interdise pratiquement d'en faire état. Or le métier des armes, plus que tout autre, a besoin, précisément, de convictions autour de valeurs fortes. Le militaire contourne généralement cette difficulté en invoquant le "? service de la France ? " . Mais ce n'est là qu'une échappatoire qui masque des clivages profonds, souvent inconscients, issus des vicissitudes de l'histoire de France, notamment de l'immense tragédie de la défaite de 1940 et de l'Occupation. En vérité, les armées ont vocation à trouver leur inspiration dans l'humanisme qui a fait la France dans ce qu'elle a de meilleur, au long des siècles et au-delà des fractures de l'histoire. Elles sont porteuses de cet héritage pour l'Europe à construire.
Résumé : Les Français ne pensaient qu'à la revanche ; les poilus sont partis la fleur au fusil ; les offensives n'ont servi à rien ; les gaz de combat ont été la plus meurtrière des armes ; les poilus ont été envoyés ivres à l'abattoir ; les civils ont été épargnés ; la Marine n'a rien fait ; les tirailleurs sénégalais ont été sacrifiés pour sauver les Français ; les généraux étaient des planqués ; les Américains ont gagné la guerre ; les chars de combat ont permis la victoire ; l'humiliation de l'Allemagne a provoqué la Seconde Guerre mondiale... Autant d'idées reçues à propos de la Première Guerre mondiale qui ont la vie dure ! Dans cet essai stimulant, le général Elrick Irastorza descend dans cette "tranchée des poncifs" pour combattre ces mythes, ces contre-vérités et ces "fake news" de la Grande Guerre.
Résumé : Patrick Champenois est entré dans l'armée avec l'unique ambition de devenir chef de section parachutiste. Ayant atteint son objectif, il nous fait partager ce qu'il a vécu en sautant à la tête d'une section, d'une compagnie, d'un régiment de parachutistes puis au commandement de l'Ecole des troupes aéroportées. Dessinateur et aquarelliste, ses textes et ses images évoquent avec une simplicité empreinte de poésie la réalité vécue, de l'inconnu des premiers sauts aux exigences de la chute opérationnelle.
Résumé : Jusqu'au début du XXe siècle, les églises constituaient, avec les hôtels de ville, les seuls bâtiments présents dans chacune des communes de France. Mais les monuments aux morts érigés à la suite de la Grande Guerre surgirent ensuite, cicatrices indélébiles, au coeur de toutes les agglomérations du pays. Si leur qualité esthétique est inégale, leur diversité est frappante : pierres tombales, obélisques, obus guerriers, poilus l'arme au poing, mères de douleur... Leur portée symbolique varie grandement, selon l'inspiration de l'artiste convoqué et la sensibilité des populations : parfois flambards et parfois antimilitaristes, ils expriment le plus souvent le rappel du deuil assumé par des hommes qui ne se voulurent jamais, pour la plupart, que des citoyens sous l'uniforme, à la rencontre de la vaillance et de la douleur. Publié à l'occasion d'une exposition au Panthéon, cet album présente un ensemble de photographies réalisées par Raymond Depardon, mais aussi les photos collectées à travers la France entière depuis plus d'un an.
Résumé : Mardi 20 avril 1999, une heure du matin : sous un ciel bas, la plage de Cala d'Orzu est déserte. Deux gendarmes arrosent d'essence la paillote Chez Francis. Deux autres font le guet. Le cinquième les attend sur les hauteurs de ce petit coin de paradis corse. Ici commence une affaire d'Etat. Elle mène rapidement cinq gendarmes, un colonel commandant de légion, un directeur de cabinet du préfet, et bientôt le préfet de région en personne derrière les barreaux. Cinq jours plus tard, à Matignon, Lionel Jospin découvre l'ampleur du drame annoncé. Le Premier ministre comprend qu'il faut tailler dans le vif au rythme de l'enquête. Sans pitié, par crainte de voir resurgir les vieux démons de la " cellule élyséenne " en place sous François Mitterrand. Jean-Pierre Chevènement avait vu dans le préfet Bernard Bonnet " l'homme qu'il faut là où il faut ". Quatorze mois plus tard, l'action visant à purger vingt ans de gabegie en Corse ne se révèle-t-elle pas pire que le mal ? L'arrestation des assassins du préfet Claude Erignac a permis de gommer partiellement cette énorme bavure d'Etat. Mais Bernard Bonnet n'entend pas renoncer aux coups de théâtre qui ont rythmé son gouvernorat. Il ne cesse de promettre des révélations sur la "guerre des polices" et sur les chausse-trapes tendues pour entraver son action pendant ses quatorze mois de présence en Corse.
L'homme vaut ce que vaut son drame intérieur" Lacordaire. Peut-on débattre sereinement et publiquement de religion, du sacré et du rapport aux armes au sein de l'institution militaire en 2008 ? Inflexions en a fait le pari audacieux. Et le résultat est à la hauteur de l'ambition de la revue de favoriser la libre expression entre militaires et civils. Car l'échange permet de rapprocher les points de vue, d'éclairer sur la singularité de l'autre et d'enrichir sa propre réflexion : le dialogue engendre le respect. Le silence, l'autisme, le non-dit sont la source de toutes les frustrations. Ils génèrent le repli sur soi et les crispations identitaires. Refuser de comprendre l'intime, et plus grave encore, ne pas admettre l'intime chez l'autre, c'est risquer l'incompréhension profonde et la rupture irrémédiable de la confiance. Or, sur la question religieuse, pour nous militaires, il s'agit bien toujours de trouver cet équilibre entre la reconnaissance chez chacun de son identité - dont la foi, l'agnosticisme ou l'athéisme sont l'expression la plus singulière - et l'exigence d'efficacité collective qui ne peut se diluer dans les particularismes. Le statut général des militaires de 2005 me semble donner une réponse à la fois suffisamment précise pour fixer des règles de comportement à chacun, sans pour autant nier au fait religieux des fonctions régulatrices au sein de l'institution militaire. L'article 1 fait référence à des notions qui sont communes au registre religieux et militaire : "l'état militaire exige en toute circonstance esprit de sacrifice pouvant aller jusqu'au sacrifice suprême, discipline, disponibilité, loyalisme et neutralité" . L'article 4, révèle quant à lui toute la difficulté du sujet en mettant en perspective des idées en apparence contradictoires, entre les exigences de l'état militaire qui impose "le devoir de réserve" , et la "liberté individuelle" ainsi que "la liberté de culte" dont les principes sont réaffirmés.
Résumé : " Les subordonnés doivent considérer les ordres de leurs supérieurs comme directement émis par l'empereur. Toute désobéissance prend le caractère d'un sacrilège". Rester trente ans dans la jungle en croyant que la guerre continue : le sous-lieutenant Onoda n'a jamais capitulé. Envoyé aux Philippines en 1944, dans l'île de Lubang, pour organiser la guérilla, cet officier japonais refuse d'admettre que l'empire aurait perdu la guerre et mène une résistance inlassable contre un ennemi fantôme jusqu'en 1974. A cette date seulement, après avoir perdu ses trois compagnons d'armes et vécu dans une solitude absolue, Onoda consent à renouer avec le fil de l'histoire et à sortir de la jungle...
Résumé : Au mois de juillet 2019, l'Unesco va inscrire les plages du Débarquement au patrimoine de l'Humanité. L'occasion de revenir sur cet épisode qui constitue l'événement le plus marquant de la Seconde Guerre mondiale. Les auteurs, un reporter chercheur en histoire, et un dessinateur de presse, se sont associés pour nous raconter comment fut pensé le Débarquement de Normandie, la plus grande offensive de tous les temps, comment il s'est déroulé et ce qu'il en reste d'un point de vue mémoriel sans oublier le business fait autour du D-Day. Les dessins répondent aux textes de manière amusante et émouvante à la fois. La petite histoire côtoie toujours la grande, nous offrant des récits originaux et attachants, des anecdotes et des détails insolites, du Débarquement à la bataille de Normandie. Cet ouvrage, s'il peut susciter le sourire, voire le rire, a également vocation à provoquer l'empathie et l'interrogation. Il peut aussi se lire comme un hommage à tous ceux, civils et militaires, qui ont participé à cet événement majeur de notre histoire.
Grant R-G ; Degorce Cécile ; Soudais Stéphanie ; H
Résumé : De la première bataille de l'histoire, entre les Égyptiens et les Palestiniens à Megiddo vers 1468 av. J-C, jusqu'à l'ère moderne des armes nucléaires, en passant par la guerre en Chine, au Japon, en Inde et en Amérique latine, Batailles propose une analyse détaillée de 5 000 ans de conflits armés. Avec sa présentation chronologique plus de 2000 documents et cartes en couleur, ce livre offre une vision d'ensemble cohérente des batailles, des guerriers et des technologies dont l'histoire a conservé l'empreinte. L immense champ géographique et chronologique couvert révèle d'édifiantes similitudes entre les batailles.