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L'honneur du guerrier. Guerre ethnique et conscience moderne
Ignatieff Michael
LA DECOUVERTE
14,94 €
Épuisé
EAN :9782707132307
Dix ans après la chute du Mur de Berlin, l'euphorie et l'espoir d'une paix mondiale et d'une humanité réconciliée ont pris fin. Les guerres civiles et les conflits interethniques se multiplient aux quatre coins de la planète. En réponse à cette nouvelle situation, les démocraties occidentales ont placé le fameux " devoir d'ingérence " au centre de leur politique étrangère. Dans cet essai provocateur, Michael Ignatieff s'efforce d'interroger la signification et la portée de ce nouvel engagement moral. Depuis le début des années quatre-vingt-dix, il a parcouru les zones de conflits de la planète, l'Ex-Yougoslavie, l'Angola, le Rwanda, l'Irlande du Nord ou l'Afghanistan. Sa rencontre avec les diplomates, les journalistes, les organisations humanitaires, les soldats de la paix, mais aussi les nouveaux " seigneurs de la guerre " et autres paramilitaires, nourrit une réflexion vivante sur les limites de la morale et de la justice dans un monde en guerre. Livre choc, passionné, L'honneur du guerrier est à la fois un compte rendu et une réflexion sur ce face-à-face entre la guerre ethnique, devenue un " mode de vie ", et le discours universaliste des droits de l'homme. C'est la tentative faite par un homme sincère pour " saisir la contradiction qui habite nos principes, de comprendre la faiblesse de nos engagements, la division et le cynisme qui, dans nos c?urs, nous ont amenés à trahir la promesse de liberté que nous avons entrevue si brièvement en 1989 ".
Résumé : " Ils avaient vu le monde ensemble, mais de trop près pour en comprendre le sens. Ils se sentaient parfois comme les spectateurs d'une pièce de théâtre d'une terrible violence. Ils auraient bien voulu monter sur scène et tout arrêter, mais on ne peut mettre un terme à ce genre de représentation. " Plus rien n'impressionne Charlie Johnson, ancien correspondant de guerre au Viêt-nam. Jusqu'au jour où, alors qu'il couvre un conflit dans les Balkans, il assiste, impuissant, au meurtre gratuit de la femme qui l'a hébergé. Convaincu d'être en partie responsable de cet acte, le journaliste quitte sa place d'observateur et se lance à la poursuite du coupable. La chasse à l'homme est ouverte. Enquête haletante servie par un style incisif, Requiem pour Charlie Johnson s'inscrit dans la tradition du polar. A une chose près : le crime n'a d'autre mobile que la haine, irrationnelle, sans visage, implacable. Dans ce récit court et tendu qui s'inspire de sa propre expérience des pays en guerre, Michael Ignatieff propose au lecteur de s'interroger sur la violence, sa réalité effroyable et la façon dont les médias l'abordent, l'interprètent et la banalisent.
Par quelle incroyable alchimie sociale les Irlandais fuyant la misère et l'oppression dans leur pays ont-ils fini, pour une bonne part d'entre eux, par soutenir le régime de suprématie blanche régnant aux Etats-Unis ? Pourquoi, loin d'apporter leur soutien aux luttes des Afro-Américains pour leur émancipation, ont-ils pris le parti de leurs maîtres ? Bref, comment ceux qui étaient les "Noirs de l'Europe" sont-ils devenus des "Blancs" dans leur pays d'adoption ? C'est à ces questions que Noel Ignatiev, revenant sur l'histoire du XIXe siècle états-unien, s'efforce de répondre dans ce livre qui a fait date et qui éclaire sous un jour nouveau la fameuse question : pourquoi n'y a-t-il pas, aux Etats-Unis, de mouvement socialiste comparable au socialisme européen ?
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.