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Qui gardera nos enfants ? Les nounous et les mères
Ibos Caroline
FLAMMARION
21,00 €
Épuisé
EAN :9782081271746
Nounou noire et bébé blanc: une situation romanesque s'il en est, que l'on songe à Autant en emporte le vent ou à La Couleur des sentiments. C'est aussi devenu un tableau ordinaire des squares de nos villes et de nos foyers. Car, si l'engagement professionnel des femmes s'est accompagné du développement d'un véritable marché de la garde à domicile, à qui les couples de bobos hyperactifs confient-ils le plus souvent leurs enfants et leur appartement? La réponse est la même à Paris qu'à Londres ou à New York: des femmes migrantes, originaires du monde pauvre, laissent leurs propres enfants au pays pour venir prendre soin de ceux de la bourgeoisie occidentale. S'appuyant sur une enquête de terrain menée auprès de nounous africaines et de couples d'employeurs, Caroline Ibos analyse la relation dissymétrique entre ces deux femmes que tout oppose hors le souci de l'enfant: la mère et la nounou. Comment confier son enfant à une personne dont on ne sait rien? Qu'attendent les parents d'une "bonne nounou" et quels préjugés trahit leur façon de la recruter? Quelle est réellement la condition de la nounou, indispensable à l'harmonie de la famille mais sommée de passer sans laisser de traces? La réussite sociale des femmes aisées et éduquées serait-elle possible si d'autres femmes, précaires, vulnérables, déchirées entre ici et ailleurs, ne travaillaient pas pour elles? Au fil des entretiens et des confidences, ce livre dense et engagé nous montre le domicile familial, lieu supposé de l'harmonie et de la paix, comme le théâtre d'une expérience politique où se jouent des conflits de sexe, de "race", de classe; où s'opère une interaction cruciale entre microcosme et macrocosme, entre la sphère de l'intime et la logique de la mondialisation.
Jean-Marc Ibos et Myrto Vitart produisent une architecture mesurée, exacte dans son insertion, impeccable dans sa facture. Mais ce n'est là qu'une des faces de leur travail. Car ces artefacts parfaitement contrôlés ne sont pas que des objets fonctionnels, rationnels. Ce sont aussi de très efficaces, très précis, très sensibles "capteurs urbains". Ils sont conçus pour provoquer durablement nos émotions, solliciter notre imagination. Ce livre révèle cette dimension essentielle du travail d'Ibos et Vitart et son originalité. L'analyse de leurs projets et réalisations montre comment en travaillant à même la discipline de l'architecture, avec ses éléments fondamentaux : le plan, la coupe, la façade, et en maintenant premières les exigences fonctionnelles, les architectes ouvrent le projet à une nouvelle dimension que l'on peut appeler "fictionnelle".
Difficilement traduisibles en français, apparemment " importées " des Etats-Unis, les éthiques du care répondent à une préoccupation de plus en plus prégnante dans notre société, celle du soin, au sens ordinaire et non médicalisé du mot. Or, si le care est largement étudié outre-Atlantique, il a fait l'objet de peu de publications en France jusqu'à présent, alors même que depuis plus de quinze ans un vrai travail interdisciplinaire a été mené par les chercheurs français (philosophes, sociologues, psychologues, politistes, etc.). Le rayonnement de ces travaux au niveau international faisant d'ailleurs que l'on parle désormais d'" école française du care ". La perspective du care, encore peu connue, est un enjeu majeur de notre monde commun. Les auteures cherchent à la " médiatiser " afin que chacun puisse en percevoir les contours pour, in fine, y prendre sa part.
Qui sont les musiciennes du Moyen Age ? Que chantent-elles ? De quels instruments jouent-elles ? Sont-elles de simples interprètes ? Des compositrices ? On connaît la mystique Hildegarde de Bingen ou la reine Aliénor d'Aquitaine. Elles sont pourtant bien plus nombreuses qu'on ne le pense : chanteuses, compositrices, instrumentistes, religieuses, copistes, ménestrelles, trobairitz et trouveresses, mécènes... Issues de toutes les strates de la société, familières des cours, des couvents ou arpentant les rues, elles sont ici étudiées sous un angle inédit, dans l'intimité de leur vie quotidienne. Du xiie siècle jusqu'au début du xve, voici racontées ces musiciennes oubliées, consacrées ou profanes, protectrices et dédicataires, ainsi que les grandes figures de la fiction : héroïnes de poèmes et de chansons, en France et en Europe. Une plongée inédite et passionnante au coeur de ce Moyen Age musical au féminin. Docteure en musicologie, chercheuse associée à l'IReMus (Sorbonne Université), Anne Ibos-Augé enseigne l'histoire de la musique et l'analyse musicale. Elle est l'autrice de plusieurs ouvrages sur la musique médiévale. Collaborant régulièrement au magazine Diapason, elle intervient également dans la "Tribune des Critiques" sur France Musique.
Partout dans le monde, les sciences sociales font aujourd'hui l'objet d'attaques politiques virulentes. Or, cet anti-intellectualisme est relayé par des universitaires qui récusent au nom de la neutralité de la science les savoirs critiques, jugés idéologiques, voire militants. Pourtant, de Max Weber à Pierre Bourdieu, les sciences sociales ont toujours déjà été politiques. Contre l'illusion de la neutralité, et au-delà des limites de la réflexivité, les épistémologies féministes visent moins à corriger des biais qu'à penser des savoirs situés. La critique des épistémologies conservatrices nous invite ainsi à dévoiler l'impensé de nos disciplines. Et s'il importe de prendre au sérieux, en même temps que les savoirs critiques, les libertés académiques qui en sont la condition de possibilité, c'est pour des raisons qui ne concernent pas seulement le monde universitaire : il en va de la démocratie.
Comment naissent les fake news, les théories du complot, les légendes urbaines ? Quelles personnes sont-elles susceptibles d'y croire ? Dans cet ouvrage regorgeant d'exemples, Gérald Bronner analyse les mécanismes sociologiques, ainsi que les biais cognitifs qui nous mènent à tirer des conclusions hâtives ou erronées, et à persister à y croire. Un ouvrage complet, passionnant et éclairant !
Avec la colaboration de Sabah Abouessalam4e de couverture : À défaut de donner un sens à la pandémie, sachons en tirer les leçons pour l'avenir.Un minuscule virus dans une très lointaine ville de Chine a déclenché le bouleversement du monde. L'électrochoc sera-t-il suffisant pour faire enfin prendre conscience à tous les humains d'une communauté de destin ? Pour ralentir notre course effrénée au développement technique et économique ?Nous voici entrés dans l'ère des grandes incertitudes. L'avenir imprévisible est en gestation aujourd'hui. Faisons en sorte que ce soit pour une régénération de la politique, pour une protection de la planète et pour une humanisation de la société : il est temps de changer de Voie.
Faire de la sociologie une science, tel était le souhait de Durkheim lorsqu'il publie en 1894 cet ouvrage dans la Revue philosophique. Appliquant le rationalisme scientifique aux phénomènes sociaux, la sociologie a pour vocation d'établir des lois de la vie sociale comme il existe des lois de la nature. Dans une introduction, François Dubet explique l'argument de Durkheim, ses lignes de force mais aussi les quelques aspects plus critiquables, plus d'un siècle après la publication du livre.
Ecologie, économie, politique... Il n'est pas de domaine qui ne soit hanté par l'idée de crise. Et pourtant, ce mot galvaudé, synonyme d'incertitude et de rupture, s'est comme vidé de l'intérieur, jusqu'à devenir " grossier et creux ". Avec clarté et sagesse, Edgar Morin tente de lui redonner un peu d'épaisseur et de faire émerger une conscience de la crise en analysant les bouleversements qui ont secoué le XXe siècle, pour réfléchir ensuite à notre entrée dans le XXIe siècle, entre chaos et renaissance. En envisageant la crise comme une sorte de laboratoire pour étudier in vitro l'évolution de la société, Edgar Morin interroge le destin de l'identité humaine et rend possible l'avènement d'une nouvelle vision du monde.